Une vue excentrée

Regards de la périphérie

un urbanisme démocratique et durable

Posted by olivier_anthore on 22nd février 2011

cheret

Samedi dernier nous sommes allés à la rencontre des cristoliens pour présenter ma candidature. Moment essentiel de la vie de l’élu, cette rencontre est toujours pleine de surprises. C’est en effet le moment où vous sortez des dossiers et des chiffres pour « entrer dans le réel ».

En discutant avec une commerçante du centre commercial Chéret, elle me demandait si quelque chose ne pouvait pas être fait pour rendre un peu plus attractif la petite place au cœur de ce centre.

En discutant avec elle de ce qui serait souhaitable, je me suis vite rendu compte que sa demande était beaucoup plus profonde qu’un simple coup de pinceau. L’état des trottoirs, qui sont un parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite, sont déjà un indicateur du travail à faire. Sa demande était aussi de rendre ce quartier plus vivable en transformant ce lieu de passage en lieu de vie. La comparaison qui est souvent venue était de comparer ce centre au quartier de Créteil Village.

Ceci amène une réflexion de fond sur la manière dont les institutions pensent l’urbanisme dans notre ville et notre département. J’étais présent au comité de quartier des Bleuets lors de la présentation du réaménagement de la place des bouleaux. Déjà à ce moment, j’avais mesuré que les idées qui gouvernaient l’ensemble du projet conservaient la sacro-sainte séparation entre piétons et voitures et oubliait d’autres modes de circulation douce comme le vélo.

Bien entendu, la promesse est faite de mettre des panneaux de limitation de vitesse. Mais la conception de ces projets n’intègre ni ralentisseur, ni tracé de route empêchant des vitesses excessives, ni même un espace dédié aux vélos. Les aménagements ultérieurs seront à faire à la charge du comité de quartier.

Des réunions sont organisées, les citoyens amenés à se prononcer sur chaque projet. Mais lorsqu’une proposition est faite, aucune alternative n’est proposée. Vous pouvez vous prononcer, certes, mais sur les aménagements à la marge comme le positionnement des arbres. Pour la ville, aucune concertation sur le Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.) n’est aujourd’hui organisée. Au niveau départemental, depuis le bilan des déplacements de 2009, pas de rapport d’étape annoncés ni de concertations avec les habitants.

Pourtant, nous avons tous a gagné à changer la manière dont notre ville a été conçu jusqu’ici. Les déplacements vont coûter de plus en plus cher. Les « petits commerces » vont reprendre de l’importance car ils rendent de grands services. Les grandes chaînes de distributions l’ont très bien anticipé : elles réinvestissent en force les surfaces moyennes.

Il est de notre rôle de prévoir les impacts de ces changements et d’adapter les investissements en conséquence. Par exemple, en réfléchissant avec les habitants de la rue Chéret, sans oublier les commerçants du centre, pour rendre le centre commercial plus facile d’accès et plus agréable à vivre. C’est ce que je veux pour ce canton.

Posted in Cantonales 2011 | Commentaires fermés sur un urbanisme démocratique et durable

Ceux qui restent

Posted by olivier_anthore on 11th octobre 2010

Vous trouverez ici l’éditorial de ma lettre cantonale du mois d’août.

La trêve estivale tire à sa fin. On ne peut qu’espérer que le plus haut sommet de l’état retrouve la sérénité qui devrait être la sienne. Cette sérénité et la raison qui auraient dû étouffer dans l’oeuf de vaines polémiques pour que le débat se concentre sur les vrais sujets.

Dans l’indifférence quasi générale, peu de place a été faite au plan canicule et aux actions de terrain pour apaiser les quartiers sensibles. Car si une minorité décide de rester, la
majorité de ceux qui restent en ville le font par obligation.

Si pour les jeunes des animations sont prévues, ces animations, qui s’apparentent souvent à de la bonne conscience, ne tiennent que tant que les départements et les communes sont en capacité de les financer. Et la tentation est grande, dans le cadre de la réorganisation
des Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports, de faire des économies.

Mais plus inquiétante est la situation des personnes fragiles vivant seules. Depuis 2003, un effort a été fait, financé en partie par lajournée de solidarité, pour l’équipement des structures d’accueil.
Seulement ces fonds alimentent essentiellement des structures telles que les maisons médicalisées. Ironiquement c’est dans ses maisons que la canicule de 2003 s’est avérée la moins
meurtrière.
Pour autant, la situation des personnes préférant rester indépendantes n’est pas vraiment réglée. Chaque commune maintient un registre où peuvent s’inscrire les personnes fragiles afin de se faire connaître pour les plans canicules.
Cependant, l’information sur l’existence de ce registre et les conditions d’inscription ne
sont pas connues par tous et rien n’est fait pour un recensement réel des besoins.
Finalement, comme trop souvent, les pouvoirs publics se contentent d’annonce de mesures
en se gardant bien de parler moyens.

Ceux qui restent font rarement parler d’eux sauf, malheureusement, quand il est trop tard.

Posted in Créteil | Commentaires fermés sur Ceux qui restent

Sécurité routière et cadre de vie

Posted by olivier_anthore on 5th juillet 2010

Il ne vous a pas échappé qu’à l’occasion de la mise en place du Cristolib, le débat sur les conditions de circulation et sur la sécurité routière à Créteil n’a pas, ou peu, été abordé.

Les principes d’urbanismes du Canton Ouest sont directement hérités des années 70. L’effet de ces principes est la création de grandes tranchées totalement dévouées aux voitures : RNIL 186, N19, avenue du général de Gaulle. Ce n’est pas une surprise si ces axes, propices aux vitesses excessives, sont aussi les axes les plus accidentogènes de notre commune, selon les statistiques départementales.

La mise en place de Cristolib devrait être l’occasion de remettre en cause cette domination sans partage de la chaussée par la voiture. En effet, si cela n’est pas fait, ce sont les piétons qui devront céder la place sur les trottoirs ce qui serait assez paradoxal.

Des solutions existent, mais la première condition semble être un meilleur dialogue entre le département et la ville. La mise en place de double-sens cyclable par la ville ou l’autorisation de la chaussée du TVM aux vélos n’auraient de sens que suite à une concertation des deux collectivités pour assurer la cohérence du plan de circulation.

L’exemple de la RNIL186 où, de part et d’autres, lycée, collège et lieu de culte sont situés sur les abords immédiats, montre à quel point il est urgent de trouver un moyen de diminuer la vitesse sur ce tronçon. La seule proposition de franchissement étant une passerelle trop éloignée et inadaptée à l’usage des riverains. Est-il besoin de préciser que cela empire si vous avez une mobilité réduite ?

Ceci est aggravé par le fait que cet axe sert d’itinéraire de délestage de l’A86 quand elle est saturée.

Mais toutes demandes se heurte au fait que, si la RNIL dépend du département, ses abords dépendent de la mairie.

Voilà un exemple de concertation concrète qui semble être de bon sens mais qui pour autant ne donne pas beaucoup de résultats visibles.

(éditorial publié dans la lettre cantonale du Canton Ouest Créteil de Juin)

Posted in Créteil | Commentaires fermés sur Sécurité routière et cadre de vie

Liberté, Liberté chérie

Posted by olivier_anthore on 12th novembre 2009

lib_nums

Pour ceux qui ont assisté l’année dernière aux universités populaires du Mouvement Démocrate, le nom de Paul Mathias et son livre sur les libertés numériques ne doivent pas être totalement inconnus.

La thèse de départ de ce livre est assez dérangeante et, rien que pour elle, ce livre mérite d’être lu. En effet, Paul Mathias en bon philosophe s’interroge sur la liberté apparente que semble offrir Internet en analysant les conditions de cette liberté.
Ce qu’il démontre en analysant la construction de l’Internet est que cette liberté est pour le moins relative car Internet s’est construit au fil des ans par le biais de choix plus autoritaires de quelques uns que technique et encore moins par des choix démocratique de tous les utilisateurs.

Bien sur, ces constructeurs de l’Internet n’étaient pas des despotes malfaisants, heureusement d’ailleurs, mais cette analyse écorne singulièrement l’idée d’un Internet nouvelle frontière qui donnerait à tous une liberté inconnue jusqu’alors.

Il montre assez bien selon moi que s’il existe bien une certaine liberté sur le net, cette liberté est relative et fragile. Ce qui peut expliquer la virulence de certains quand l’apparente neutralité du net est remise en cause.

Selon certains, l’apparition du net et de l’ordre d’une quatrième révolution de notre perception de la réalité. Après Galilée, Darwin et Freud, la numérisation de la vie, dont Internet n’est qu’un prodrome, va engendrer un changement radical de notre perception du réel. Comme j’avais essayé de le formaliser dans un billet précédent, le virtuel n’existe pas car tout simplement il est une partie de notre conscience du réel.

A mon sens, ce livre n’est par parfait car l’usage intensif d’un langage technique philosophique peut s’avérer gênant parfois pour bien saisir les subtilités du raisonnement.
Sur la fin j’ai eu l’impression que l’auteur se perdait un peu dans son analyse mais pour autant la question de notre liberté réelle sur Internet et bientôt sur l’Internet des objets est posée.

Ce débat là doit être ouvert de toute urgence.

Posted in Lectures | Commentaires fermés sur Liberté, Liberté chérie

L’aveuglement de la peur

Posted by olivier_anthore on 19th septembre 2009

400_f_7665683_z64o1omn0bobkmietrwrzfanvr4evm1v

Un petit billet pour attirer votre attention sur l’excellente émission « Rue des entrepreneurs » de cette semaine.

Le sujet est particulièrement d’actualité puisqu’il est question du principe de précaution principe devenu constitutionnel et remis en cause, entre autre, dans le rapport Attali sur la libération de la croissance.

« Gouverner, c’est prévoir » nous répète t’on à l’envie mais l’impression, comme le dit justement un des intervenants de cette émission, est que le principe de précaution « c’est un peu l’histoire du type qui cherche ses clés sous le réverbère non parce qu’il les a perdu là mais parce qu’il y a de la lumière ».

Tout se passe comme si ce principe de précaution devenait un magnifique paravent pour les dirigeants. Une excuse qui permet de s’abriter derrière l’incertitude et de se cantonner à un rôle de simple gestionnaire de l’existant. Quitte à en faire des tonnes lors d’événements, certes préoccupant, mais cyclique comme les pandémies de grippes.

Pourtant la technologie et la science continue d’avancer et de produire sans cesse non pas de nouvelles menaces mais de nouvelles possibilités. Dans ce cadre, le rôle du politique ne serait il pas d’anticiper les transformations sociales de ces changements plutôt que de voir la recherche et l’innovation comme un énorme service de recherche et développement d’une entreprise.

Car force est de constaté que le politique depuis des années se contente de réagir aux implications du progrès mais semble littéralement incapable d’en anticiper les impacts sociaux. Les réactions toujours très passionnées voir violentes autour des OGM en sont une des trop nombreuses illustrations.

Et la vision des évolutions de notre quotidien devrait nous inviter à sortir un peu de l’actualité pour regarder le futur très proche comme par exemple cette vision issue de l’Orange Labs

 Sekai Camera (second prix de l\’innovation Net Explorateur 2009)

Posted in Réflexions | 3 Comments »

La paille et la poutre

Posted by olivier_anthore on 8th septembre 2009

Un petit billet rapide sur un point d’actualité.

Il semblerait que Lubna Ahmed al-Hussein ait été libérée ce qui est une très bonne nouvelle.

Mais, plutôt que conspuer le Soudan et sans justifier une loi qui choque par sa bêtise, j’aimerais que nous regardions la poutre qui est dans notre œil.

Tout d’abord en découvrant que comme le note Jérôme sur son blog, le pantalon est toujours interdit pour les femmes en France. Une autre information intéressante vient de l’émission, « Du grain à moudre » où on apprend que suite à de fortes de pression des sponsors, aucune joueuse de tennis n’a plus joué en short en compétition depuis Martina Navrátilová.

La manière dont les guignols de l’info traitent une joueuse comme Amélie Mauresmo depuis qu’elle a publiquement révélé son homosexualité montre à quel point une femme, sportive qui plus est, n’a pas intérêt à s’écarter de la norme de l’hyperféminité.

Finalement, notre société est tout aussi normative que le Soudan. La différence tient uniquement à ce qu’on utilise des méthodes moins brutales mais, à mon avis, tout aussi détestable.

Plutôt que de nous moquer de la paille dans l’œil de notre voisin…

Posted in Réflexions | 2 Comments »

A votre santé

Posted by olivier_anthore on 2nd septembre 2009

41h3umiy2bol_sl500_aa240_

Nous le savons tous, depuis Desproges, l’ennemi est à nos portes contrairement au géranium qui lui est à nos fenêtres.

L’ennemi du jour nous le savons tous aussi depuis Roselyne Bachelot c’est la grippe A et, puisque pour elle le combat est une fête un superbe plan de défense a été mis en place qui boutera certainement le méchant virus hors de France dans la joie la plus totale.

La question que je me pose est : quelle sera la pertinence de ce plan sachant qu’au final, le gros du système d’alerte reposera sur les médecins généralistes ?

Ce qui amplifie mon scepticisme ? La lecture de ce témoignage d’un médecin que je vous invite fortement à lire.

Question subsidiaire : que peux réellement organiser un gouvernement sachant qu’au global il va rapidement manquer des informations pour coordonner ses actions sur le sujet ?

Au final, cela rappelle étrangement une canicule de 2003 de sinistre mémoire ou le gouvernement était déjà passé à coté pour la simple raison qu’il n’avait aucun chiffre pour l’alerter sur la situation.

A votre santé…

Posted in politique | Commentaires fermés sur A votre santé

Easy riders sur Seine

Posted by olivier_anthore on 23rd août 2009

Pour ceux qui ont regardé le 66 minutes de M6 (à partir de la 34ème minute), il y a matière a une petite réflexion sur la place du vélo en ville en France.

Si on passe sur la dramatisation évidente (le titre : dossier noir du vélo, ton de la présentatrice qui ferait passer une personne à vélo pour un dangeureux criminel), il y a quand même un certains nombres de fait qui sont indéniables.

Un jour un bel esprit a affirmé qu’il suffit de mettre un volant entre les mains de quelqu’un pour diviser par quatre son intelligence. Il lui n’aura qu’à visionner ce reportage pour se rendre compte que cela marche aussi avec un guidon et même, tout simplement à pied.

Le vrai problème est sans doute plus dans notre attitude dans les lieux publics. Dans un pays qui se gargarise de fraternité et de solidarité, il suffit de nous écouter parler pour avoir des doutes sur notre éducation au vivre ensemble.

En effet, en France, on emprunte pas la route, on la prend. Et gare à celui qui cherche à nous prendre notre route !

Dans d’autres pays, des expériences sont menées pour un meilleur partage de la route et une relation plus pacifiées entre les différents usagers. Comme en Hollande par exemple.

Si nous voulons vraiment que les choses évoluent dans le bon sens, avec une place grandissante du vélos comme à Copenhague, il y a certes des choix à faire en faveur du vélo mais il y a aussi un changement d’attitude global de tous ceux qui partagent la rue. et c’est très loin d’être une utopie comme le montre cette vidéo sur Copenhague :

Copenhagen – City of Cyclists from Colville Andersen on Vimeo.

Car selon les objectifs de part du vélo dans les déplacements urbains, on ne pourra espérer qu’une part allant de 30 à 50% (50% c’est l’objectif de Copenhague à l’horizon 2015 sachant qu’ils sont déjà à 37%).

Vu l’étalement urbain et la difficulté d’adapter les transports en communs aux zones peu denses, la voiture a une utilité difficilement substituable pour une part non négligeable de nos citoyens.

Quoi qu’il arrive, il nous faudra apprendre à vivre ensemble dans la rue.

Posted in Réflexions | Commentaires fermés sur Easy riders sur Seine

Le virtuel n’existe pas

Posted by olivier_anthore on 28th juin 2009

Matrix

« Le virtuel possède une pleine réalité, en tant que virtuel. »

Gilles Deleuze, Différence et Répétition.

Voilà un titre qui semble enfoncer une porte ouverte. Aujourd’hui, il est communément admis que le virtuel s’oppose au réel. Le réel est ce qui existe, ce qui se voit, ce qui se touche, ce qui influe directement sur notre environnement. Le virtuel serait alors tout le reste, ce qui n’existe pas, ce qui n’a aucune influence sur la réalité.

Frank Beau dans son livre Culture d’Univers, le définit ainsi : « Le virtuel c’est l’inconnu, l’invisible, l’intangible. […] On dit des rencontres sur l’internet qu’elles sont virtuelles. On ne dit pas de personnes qui se parlent au téléphone qu’elles sont dans le virtuel. ». Nous appelons virtuels ce que nous ne comprenons pas. De notre difficulté à appréhender les choses vient la tendance à minimiser, à croire que le sujet n’est ni sérieux ni important.

En lisant ces articles d’Internet Actu (ici et ici), vous serez peut être amené à remettre en cause la vision de ce que nous appelons aujourd’hui le virtuel.

Bien sur les jeux ne sont pas substantiels, tous jeux, même basé sur des jouets, est essentiellement une construction de l’esprit. De même les relations sur internet se basent aussi pour une part importante sur une intellectualisation. Mais ces relations sont des formes de communications et de même qu’une conversation téléphonique n’est considérée par personne comme virtuelle, ces communications sont de même nature.

Cependant, ce ne sont pas des communications aussi riches. En effet, il est communément admis que 80% de la communication dans une conversation ne se fait pas de manière verbale (avec des mots).

Lors d’une communication « in real life » (je n’ai pas trouvé d’équivalent français à cette expression), la manière de s’habiller, l’odeur, le ton avec lequel vous allez vous adresser à la personne mets une sorte de substance dans votre message et habille votre communication verbale.

En clair, un « je vous aime » prononcé par un homme (ou une femme selon vos préférences) sale, mal habillé, puant et manifestant tous les signes de l’alcoolisme ne sera pas compris de la même manière que prononcé par une personne bien habillée, dégageant une odeur agréable et avec un accent de sincérité. Et ce même si les motivations profondes de chacun peuvent être à l’inverse des apparences.

En théorie, le virtuel empêche cette partie de la communication. Cependant, très rapidement, les utilisateurs ont tourné cette difficulté en enrichissant rapidement les conversations virtuelles. En effet, il y a un langage non verbal dans les communications électroniques. Cela passe, par exemple, par la présence ou non de fautes de frappes ou d’orthographe manifestes dans le texte et par l’utilisation des majuscules. De plus en plus les messages transmis via mail ou messagerie instantanée s’habille d’émoticon, de couleur, voir d’avatar permettant de personnaliser l’expéditeur, voir l’objet mail en lui-même comme dans le cas de la messagerie 3D Mailbox (élue pire application Web par TechCrunch).

Même si le langage non verbal est radicalement différent dans les relations électroniques, il est pourtant présent et même s’il est plus contrôlé par l’émetteur il ne l’est guère plus que dans la communication directe.

Pour en revenir, à mon propos de départ, je trouve qu’il est artificiel de séparer le « réel » du virtuel tel qu’il est fait en ce moment à propos des relations. Une communication, même à travers un jeu, reste une communication.

Ce qui en fait la valeur reste la sincérité et la capacité de chacun des interlocuteurs de l’enrichir et de s’enrichir de cette communication.

A partir de cet enrichissement personnel, l’influence sur le réel se fait par la modification du comportement dans sa vie de tous les jours par les interlocuteurs. Modification qui peut aller de ses habitudes d’achats (grâce au forum et aux avis des autres acheteurs), de vote (comme pour la campagne contre le traité constitutionnel) ou tout simplement en aidant une personne à prendre des décisions structurelles sur sa vie.

Finalement où est la différence ? La distance ?

Le courrier permettait déjà une conversation asynchrone (un des interlocuteurs parle, et attends la réponse de l’autre interlocuteur) avec des gens parfois situé à l’autre bout du monde.

Depuis Graham Bell et l’invention du téléphone, la conversation synchrone était déjà possible à distance aussi.

Le principe des réseaux sociaux qui permettent de mettre en relation des gens partageant des connaissances communes ou ayant fréquenter les mêmes endroits existait aussi. Ainsi que le regroupement par centre d’intérêt.

Ce qui change, par rapport à ces moyens, c’est la simplicité de mise en place et la massification. L’informatique et le réseau fluidifient et facilitent la prise de contact. Ils aident aussi à recomposer rapidement ses contacts selon l’évolution de sa vie et de ses envies.

C’est peut être finalement ce qui pose le plus de problème et donne l’envie de déconsidérer les relations « virtuelles ». Elles sont aussi faciles à rompre qu’à mettre en place. Mais, et les statistiques sur les divorces en sont un indicateur, n’en est il pas de même dans la vie dite réelle ?

Finalement, lorsque l’on veut parler de virtuel, il faut garder en tête la définition qu’en donne Pierre Lévy : le virtuel est une potentialité.

Cette potentialité n’est pas neutre mais pour autant elle n’est ni totalement bénéfique ni totalement maléfique. Et, s’il faut faire preuve de prudence c’est sans doute là que le danger est tapis.

Car, très souvent pour des raisons idéologiques ou commerciale, les potentialités du réseau sont orientés à l’insu même de l’utilisateur.

Que ce soit sur Amazon, lorsque l’on vous conseille un livre lu par un autre utilisateur, ou bien sur Facebook, qui vous suggère régulièrement de nouveaux amis que vous pourriez connaître, des algorithme aveugle cherchent selon des critères de ressemblances à vous faire connaître d’autres gens. Ils obéissent à la même logique, cherchant à rassembler tous ceux qui, au niveau phénotypique, sont semblables.

Sous une apparence de liberté totale, les mondes virtuels pourraient nous enfermer dans des castes tout aussi rigides que celles de l’Inde brahmanique.

Liens intéressants :

L’article communication de wikipedia

World of Warcraft passe la barre des 9 millions d’abonnés

Texte en ligne de Pierre Lévy sur le virtuel

Un texte en ligne qui m’a permis de réactualiser cet article

Tag Technorati :

internet, vie quotidienne, société

Posted in Réflexions | 2 Comments »

 
Visit Us On TwitterVisit Us On Facebook