Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Val de Marne : Bilan des sénatoriales 2017

Posted by olivier_anthore on 25th septembre 2017

Je n’ai pas l’habitude de faire des billets sur les résultats électoraux. Sans doute à tort, j’ai longtemps pensé qu’en tant que partie prenante des élections un avis post électoral tenait plus de la justification que de l’explication.

Les mauvais résultats pour les sénatoriales m’obligent cependant à sortir de cette réserve.

Tout d’abord, je tiens à féliciter Laurent Lafon qui a pu reconquérir un siège pour le centre dans un département historiquement très à gauche. Avec un grand pragmatisme, le futur ex-maire de Vincennes a su rassembler autour de lui de nombreuses sensibilités du centre du Modem à LR. Sa personnalité et la clarté de ses choix, surtout lors de ce début de séquence électoral, ont sans doute énormément contribué à ce succès.

J’aimerai pouvoir tenir le même discours en ce qui concerne les listes LREM et Modem.
Unies, ces deux listes totalisent 215 voix. Pour un département comme le Val de Marne, pour espérer avoir un élu, il en faut au moins 250 me direz-vous. Cependant, même dans ce genre d’élection, il existe une dynamique électorale. Et, pour en avoir discuté avec quelques-uns, la disparition du centre dans le Val de Marne lors des dernières sénatoriales a poussé des grands électeurs à voter utile. Ceci se ressent par la poussée notable sur le nombre de voix reçues par la liste menée par M. Lafon.

L’incapacité à trouver un accord a enclenché la machine à perdre.

Avec plusieurs représentants du Modem, nous avions averti les responsables Modem et LREM que nous allions vers un « accident industriel » alors que nous pouvions espérer avec un choix judicieux de faire largement plus que les 250 voix.

L’obstination côté Modem d’imposer une personne plutôt que de ne demander que la tête de liste s’est heurté au refus catégorique de LREM de se voir imposer cette tête de liste.

La volonté d’imposer une femme en tête de liste côté LREM les a amené à choisir une candidate qui n’a pas su faire l’union du centre et de la gauche modérée derrière elle.

Les ego d’un côté, l’erreur de casting de l’autre ont été les Charybde et Sylla de cette élection pour notre département.

N’étant pas candidat aux sénatoriales, je pourrais me contenter de secouer tristement la tête en méditant sur la vanité de chacun.

Mon problème, et je pense celui de tous ceux qui sont engagé dans la majorité présidentielle, c’est que nous devons d’urgence changer nos manières de penser. Outre la nécessité de pacifier nos relations, il nous faut changer nos mentalités pour travailler ensemble à de vrais projets locaux.

Nous connaissons maintenant le prix de la division, et nos concitoyens nous le feront payer encore plus rudement lors des échéances à venir.

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Colbert et Lee, même combat ?

Posted by olivier_anthore on 21st septembre 2017

Il est parfois navrant de voir à quel point les intellectuels français sont à la remorque des États-Unis. La récente tribune visant Colbert parue dans Le Monde en est une illustration caricaturale.

Des mouvements américains se sont mobilisés pour demander l’éviction des statues rappelant l’existence de grandes figures de la lutte des confédérés esclavagistes ? Il leur apparaît donc nécessaire d’en faire autant et, tant qu’à faire, autant taper haut pour qu’on soit sûr du bruit médiatique.

L’attaque est tellement caricaturale que ce qu’il y a de moins recommandable parmi les milieux racistes s’en donne à cœur joie. Ce qui permettra de noyer ceux qui pensent cette demande stupide dans la boue de ces réactionnaires. Tactique qui a parfaitement fonctionné pour l’extension du mariage aux homosexuels, il n’y a donc pas de raison de s’en priver.

Clarifions d’abord les choses, je pense que ce qui se passe aux États-Unis est une bonne chose. Non que je pense que le général Lee était un esclavagiste. Il ne l’était que « par héritage » et a plus accepté son commandement par patriotisme que par volonté de perpétuer un crime contre tous les humains.  Mais tout simplement parce que ces statues ont été élevées bien des années après par des gens qui refusaient l’égalité des droits entre tous les américains. Elles ont pour but de montrer dans l’espace public le refus de l’égalité.

Et c’est d’ailleurs là que se trouve le nœud du sujet pour moi.

Les statues de Colbert n’ont pas été érigées pour célébrer l’esclavage. Les établissements publics n’ont pas été nommés pour honorer un homme qui aurait eu une haine viscérale des noirs.

Colbert est présent dans notre espace public parce qu’il a été un serviteur de l’État. Un grand et bon serviteur de l’État qui l’a fait en suivant ce qu’il pensait être le bien. Cette vision du bien qui déclare comme inférieure par naissance une part de l’Humanité a été contestée et mise à bas depuis. Il reste qu’à son époque Colbert n’en avait pas conscience.

Pour mémoire, la fameuse controverse de Valladolid pris fin en 1951. Soit 68 ans avant la naissance de Colbert. Il ne fallut pas moins de deux mois à l’époque pour que les européens admettent que les Amérindiens avaient une âme et devaient être considérés comme des êtres humains. C’est dire si nous partions de loin.

Est-il bon de garder mémoire de ces errements de la pensée européenne ? Oui. Cette mémoire est notre assurance pour éviter les monstruosités dont notre continent a été si friand jusqu’au XXème siècle.

Pour autant, faut-il effacer de l’espace publique la trace de tous les hommes de cette époque ? Non car ce serait nous assurer que cet oubli arriverait d’autant plus vite. Nous ne devrions que nous assurer que quand nous parlons de Colbert, Montesquieu, Voltaire et de tous les grands hommes de ces âges nous n’oublions pas que même eux ont pu trouver cette monstruosité normale. Et c’est notre leçon trop vite oubliée : le mal peut être banal.

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Créteil 11ème ville la plus dynamique de France selon le Figaro

Posted by olivier_anthore on 27th août 2017

Quand le Figaro classe Créteil comme la onzième ville la plus dynamique de France sur cent treize, il y a de quoi être étonné. Le Figaro n’est pas le journal le plus favorable à la ligne politique qui a dominé la ville depuis 1977. On peut y voir là une obligation due à l’honnêteté.
Cependant, tout classement ne prends sa signification qu’à travers les critères qui ont été retenus.
Créteil est première pour la couverture 4G. Il est difficile d’y voir le fruit d’une volonté déterminée de la mairie.
Notre ville est aussi huitième pour la création des entreprises. C’est excellent mais encore une fois, difficile d’y voir un effet de la politique municipale. C’est un effet essentiellement de la vitalité de notre population. Surtout que, le taux de survie a 5 ans est catastrophique : nous sommes 111ème sur 113. Ce chiffre demande des analyses plus poussées mais mon expérience de la ville montre que nous souffrons ici plus qu’ailleurs du manque de structures adaptées pour aider les entreprises à croître.
Surtout que notre ville depuis 2010 construit de moins en moins malgré des grands projets qui masquent la réalité. Surtout que notre ville a très peu de logement de vacants. De quoi expliquer les plaintes régulières de nos concitoyens qui constatent que leurs enfants doivent partir de Créteil. Et qui justifie le discours amer quand ils voient arriver dans les logements sociaux de la ville des personnes d’autres départements.
Créteil a deux chances : être une préfecture et être proche de Paris. Nous sommes les passagers clandestins d’une prospérité générale. Il y a un potentiel énorme dans cette ville. Il faut juste se donner les moyens de le faire fructifier. Être une des villes les plus dynamique de France donne plus d’obligation pour les responsables politiques que de motif d’auto-célébration.

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Je Me Souviens

Posted by olivier_anthore on 11th janvier 2016

Je me souviens, et je me souviendrais longtemps, de ce 11 janvier. Cette foule incroyable, ces gens étonnés d’être là. Des gens gardant avec peine le contact de ceux qui les accompagnaient tellement la presse était forte.

Il y avait comme une dimension ridicule et incroyable d’être resté pendant trois heures à moins de 100 mètres de la place de la République et de n’avoir jamais pu s’y rendre. Il fallait tenter les rues de traverses pleines elles aussi pour espérer avancer.

Nous aurions pu être une foule informe et sans leitmotiv. Une masse sombre et menaçante et pourtant… Dès que les premiers mots de la Marseillaise étaient prononcés, des centaines de bouches, bientôt des milliers l’entonnaient à gorge déployées. Nous nous regardions mutuellement avec une bienveillance rare. Nous nous parlions. Nous riions. Nous étions ensemble. Nous étions ce peuple qui se levait en masse face aux menaces. Nous étions les Français et nous répondions à l’appel de la République comme nos pères et les pères de nos pères.

Peuple querelleur depuis la nuit des temps, nous avons toujours su faire front. La France n’est réellement elle-même que si elle est au premier rang. Et ce jour là nous l’avons été. Face au massacre de nos frères et de nos sœurs, il y eut la levée en masse pour rappeler que si nous sommes souvent divisé entre nous, notre pays reste indivisible. Mais une levée aux antipodes des espoirs de ceux qui l’avaient provoquer.

C’est une consolation sans égale de savoir que ce jour là la cellule terroriste de Verviers, en Belgique, regardait l’écran de télévision et encaissait le coup de notre mobilisation. La division qu’ils rêvaient d’établir entre nous ne prenait pas. Nous avions des images d’imams et de rabbins se jetant dans les bras les uns des autres. Des prêtres en habit sacerdotaux veillant sur la tranquillité de la prière musulmane. Des messes dites pour le repos de bouffeurs de curés notoires.

Oui ce jour ne pouvait pas durer. Nous aimons trop la querelle pour cela. Mais ce jour a existé. Mes enfants l’ont vu, y ont participé. Et je porterai longtemps témoignage que la France vit toujours malgré les cyniques et les déclinistes.

Nous sommes ce peuple qui a pensé que la Fraternité méritait de figurer au fronton de nos édifices avec la Liberté et l’Égalité. C’est dans cette Fraternité que nous sommes invincibles. Nous sommes ce peuple qui porte ce témoignage au Monde. Cela fait nous des cibles. Mais nous devons rester debout et fier de ce que nous sommes.

Je me souviens que ce jour là j’ai été le plus passionnément Français qu’aucun autre jour de ma vie…

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Réflexion sur un 8 mai

Posted by olivier_anthore on 9th mai 2013

Il y a toujours quelque chose d’étrange pour ceux qui comme moi n’ont jamais vécu une guerre de se rendre aux cérémonies de souvenirs d’une guerre passée. Surtout qu’à coté de soi, il y a très souvent des gens qui eux l’ont vécus et parfois durement dans leur chair même.
La passion de l’histoire, l’intérêt pour la mémoire ne peuvent remplacer l’intensité du regard d’un homme vous racontant une embuscade dans une oasis où il avait la « position du fusillé » pendant que ses camarades avaient, eux, trouvé les abris qui les protégeaient des tirs.
Alors pourquoi s’y rendre ? Peut être justement pour rencontre de tels hommes. Aussi pour se rendre compte que bien que notre quotidien se déroule nonchalamment des hommes se battent et souffrent au nom de notre pays. Ce 8 mai justement deux d’entre eux ont été décoré de la croix du combattant.
Tout ceci donne un relief particulier à cette période difficile qui a amené la France au bord du gouffre. Un moment où seule l’union nationale a pu préserver notre pays à la fois de la domination nazie mais aussi de l’étouffante présente de nos amis, tout prêt à nous reconstruire selon leurs préceptes. Quand ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n’y croyaient pas combattaient côte à côte, l’espoir n’était plus un vain mot. Il a fallu en combattre des divisions, de radicales oppositions pour arriver à mettre à la même table ceux qui cinq ans auparavant étaient prêt à se tirer dessus. C’est ce qui a fait la grandeur de notre pays, sa capacité à s’unir. Il y eu le CNR justement rappelé par le député-maire. Mais surtout cette belle certitude rappelée par le poète :

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Aragon – La Rose et le Réséda (Extrait)

C’est peut être la raison principale pour laquelle il est bon d’être présent à cette cérémonie. Bien sur nos temps sont moins tragiques. Mais ils sont tout autant difficile pour ceux qui ont peu et qui peine à se maintenir. Et notre responsabilité à tous est bien de savoir faire fi du calcul pour s’unir et faire face.
Alors oui, il y a toujours les ayatollah de la pureté idéologique, les calculs mesquins de préséance qui s’opposent à l’union. La situation n’est sans doute pas assez tragique pour faire taire ceux qui veulent faire parler leur intransigeance au lieu de leur intelligence.

C’est sans doute ce qui fait des centristes une famille politique autant conspuée. Elle a toujours cru essentielle la préservation de l’unité dans le respect de la diversité. C’est une famille qui a toujours obstinément refusée l’idéologie de tous bords.

C’est dans la tragédie qu’elle trouve sa justification. C’est ainsi et le rôle de pivot du MRP pour la sortie du marasme de la fin de la guerre n’en est qu’une confirmation. C’est cet esprit qui continue de nous animer en toutes circonstances. Cet esprit est notre force et notre croyance en dehors de la tragédie, il reste notre boussole dans les choix qui s’annoncent.

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Encore une rentrée…

Posted by olivier_anthore on 5th septembre 2012

C’est la rentrée ! Ce grand moment de notre imaginaire collectif qui structure à ce point notre temps qu’il en devient un début d’année. En France, la prédominance du parcours scolaire dans la carrière professionnelle est telle qu’il n’y a finalement rien d’étonnant. Tous les témoignages des parents vont dans le même sens : l’avenir professionnel et social de leurs enfants est liés au parcours scolaire. Je trouve cela regrettable mais l’enracinement de cette croyance est tel qu’il serait vain de la faire disparaître à cours terme.

Pour un démocrate, comme le rappelle justement Laurent Watrin, l’école est aussi un élément essentiel mais dans la construction du citoyen. C’est pour cela, que ce sujet est un incontournable aussi pour nous.

Le nouveau pouvoir cherche aussi à se distinguer du précédent dans ce domaine. C’est heureux. Je ne peux malheureusement pas m’affranchir d’un doute quand j’entends les fameux « éléments de langages » utilisés qui ne semblent finalement que les symétriques de ceux des précédents ministres. Tout semble donner l’impression que le l’on passe d’un discours de ressources humaines de grandes entreprises à un discours volontaristes basés sur les moyens sans réflexions sur les organisations.

En effet, dans les deux cas, les décisions sont toujours prisent au sommet et aucune analyse sérieuse des différents rapports de bilan fait ne semble devoir être prise en compte. Aurons-nous en ce domaine, comme dans tant d’autres, une nouvelle mission interministérielle ou, mieux, un Grenelle de l’Education ? Tout cela faisant fi, bien entendu, de ce qui les a précédé.

Un exemple sur notre région a été la répartition des postes supplémentaires. J’avais déjà signalé que Paris était très richement doté par rapport aux autres départements et en particulier le 93 et le 94. Et pourtant, dans un silence étonnant, Paris a eu le droit à sa ration de postes supplémentaires.

Je ne m’oppose pas par principe à la création de poste. Ce qui me trouble c’est de me rendre compte que le niveau baisse sans qu’aucune réflexion sur les méthodes d’enseignement soit faite. Nous avons certes de grands théoriciens de la pédagogie en France. Selon la couleur du président, ces grands théoriciens via les ministères arrivent à faire partiellement appliquer leurs réformes muries au fond de leurs bureaux. Jusqu’à ce que la couleur du président change, ou tout simplement qu’il quitte par usure de l’âge, et les nouveaux conseillers du prince viennent avec leurs idées remplacer les précédentes.

Les enseignants résistent plus ou moins à la pression au nom de leur autonomie pédagogique. Ce qui entraine que l’enseignement devient illisible pour les non initiés. Or ceci est de moins en moins bien supporté dans une époque qui demande de la transparence et de la communication.

D’où des stratégies d’évitement via le privé et le jeu des adresses pour être dans un collège ou un lycée à bonne réputation. Il est toujours troublant de se rendre compte le nombre croissant de professeurs qui pratiquent ces stratégies pour leurs propres enfants.

Plutôt qu’une réforme de l’enseignement, il serait peut être opportun de penser à un plan stratégique pour l’école en remettant au centre les professeurs comme prescripteurs et en pensant à une évaluation systématique des méthodes. Notre baisse inexorable dans toutes les évaluations internationales devraient nous convaincre de l’importance d’un sursaut national sur ce sujet.

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Un monde où l’argent bouge plus facilement que les hommes

Posted by olivier_anthore on 27th mai 2012

Après la séquence navrante de la droitisation extrême de l’UMP, les premiers signes de ces législatives montrent que l’ambiance risque de ne pas changer. Même si le discours reste apparemment ferme au sommet, la base de l’UMP semble se rapprocher de plus en plus du FN.

Un des discours qui semble rapprocher ces deux partis est celui de l’immigration. C’est pour cela que je voudrais attirer votre attention sur un débat qu’organise le vendredi premier juin le CCFD – Terre solidaire.

Car, aidé par des images appropriées, il est facile de faire croire à un envahissement de l’Europe par des hordes venues du Sud. Nous sommes tous dominés par l’idée que la chute de l’Empire Romain était liée à la venue de hordes de l’Est. Mais il est intéressant de se confronter aux chiffres de temps en temps.

L’estimation par les Nations Unies du nombre de migrants dans le monde est de 230 millions. Seulement, ces migrations sont majoritairement d’un pays du Sud vers un autre pays du Sud. L’émigration vers un pays développé ne concerne que 40% de ce chiffre soit 90 millions. Si on imaginait que ces « hordes » arrivant sur l’Europe, il faut se rappeler que nous étions 502 millions en 2011. On ne peut pas dire que nous risquions d’être débordés.

Cependant, pour la France, la seule émigration qui génère la peur est celle issue de l’Afrique. Il est intéressant dans ce cas de remarquer que seulement 1% de la population Africaine vit en Europe. Soit 9,2 millions de personnes si je me réfère à la démographie du continent Africain en 2005.  Bref pas de quoi effrayé les 63,6 millions de personnes de nationalités françaises.

Nous voyons là que tous raisonnement faisant premier l’immigration n’est pas rationnel.

Par contre, il est clair que la perte générée par l’évasion fiscale, 590 milliards d’euros, largement plus élevée que le budget de la sécurité sociale. Elle est donc plus impactante sur notre modèle de société que l’immigration.

Je serais donc présent à ce débat, curieux de voir ce qu’il s’y dira.

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Le troupeau aveugle de l’UMP contre une alternative centrale

Posted by olivier_anthore on 8th mai 2012

François Hollande a été élu. Résultat inéluctable, annoncé sur tous les tons par les sondeurs, depuis que la route s’est singulièrement dégagée devant lui l’année dernière. Nous verrons où il nous mènera mais la surprise, pour certains, a été LA décision de François Bayrou.

Surprise très relative pour ceux qui s’étaient donné la peine de lire ses livres depuis 2006 qui tous tendaient à s’opposer de manières frontales aux valeurs que défendait Nicolas Sarkozy. Je parle bien de valeurs et non pas de personne et c’est là tout le drame.

Maintenant qu’il est à peu près certain que nous ne verrons pas de sitôt M. Sarkozy sur la scène politique, il reste l’idéologie dominante de l’UMP dont il n’était que le porteur. Le rapprochement avec le FN devient de plus en plus évident, au grand dam de Mme Jouanno, et la volonté d’éliminer toutes voix discordantes se fait sentir.

M. Copé veut la peau de François Bayrou. Personne ne parle encore de croc de boucher mais on entend d’ici le bruit des couteaux qu’on affûte. Je ne m’inquiète pas pour François Bayrou, il en a vu d’autres.

Cela dénote juste l’état de décomposition idéologique de l’UMP. Aucune remise en question sur ce qui a pu pousser autant de gens à se détourner ainsi de ce parti. Mon bureau de vote, traditionnellement centre droit, a ainsi offert une majorité confortable à François Hollande. Du jamais vu ici.

Pourquoi ?

Il est clair que ce n’est pas pour le programme économique du président Hollande. Je serais d’ailleurs bien en peine de le défendre. Mais je pense que, comme moi, beaucoup se sont dit que l’on peut négocier un programme économique mais qu’on ne négocie pas avec l’Honneur.

« Tout est perdu sauf l’Honneur » écrivait à sa mère François Ier après Pavie. Et ce qui me navre c’est que visiblement l’UMP n’a pas su retenir cette leçon. Pour être plus direct, je reprendrais les paroles de Michel Volle, quand on prétend que le but de la politique c’est de gagner les élections, il ne faut pas s’étonner que trahison et prostitution deviennent la norme.

Notre opposition aux thèses du FN n’est pas une fausse pudeur. Elle est l’âme même de notre combat politique. Car, du MRP d’hier au Modem d’aujourd’hui, solidarité et fraternité font parties de notre ADN politique. La rigueur dans la gestion des comptes publics est une constante chez nous mais uniquement pour servir ces objectifs supérieurs.

J’ose rêver que certains à l’UMP se ressaisiront et sauront s’opposer. Ce troupeau aveugle qu’est devenu l’UMP va vers la désintégration de la droite républicaine. Je suis pessimiste. La logique d’appareil est souvent trop forte contre les individus. Mais s’il existe des esprits libres, qu’ils sachent qu’il y a une alternative et un rassemblement possible au centre.

C’est ce que nous devons construire dans les années à venir.

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L’éducation dans la campagne : un silence assourdissant

Posted by olivier_anthore on 1st mai 2012

Si je devais ne retenir qu’un phénomène dans la manière dont cette campagne présidentielle se déroule c’est la manière dont les journalistes et la majeure partie des candidats s’acharnent à éviter les sujets de fonds.

Toutes l’année dernière avec les pays arabes et avec les indignés grecs, espagnols et même canadiens actuellement, la question de la démocratie a été posée. Force est de constater que cette question a été soigneusement évitée si l’on excepte Mélenchon et Bayrou. Vaguement, mollement devrais je dire, Hollande semble vouloir aborder ce sujet. Nous verrons ce que les mois qui viennent amèneront.

Mais une des conditions de cette démocratie est l’éducation. Or nous constatons que cette condition se dégrade en France. Petit à petit notre pays lâche prise et ceci se voit dans les classements de notre pays au niveau mondial.

C’est pour cela que je suis étonné que le rapport de la cour des comptes caractérisants la répartition inégalitaire des moyens de l’éducation nationale ait fait aussi peu de bruit. On apprend en lisant l’article du Monde des choses que je trouve effrayantes.

Tout d’abord que l’Éducation Nationale peut se permettre de ne pas communiquer des informations à la cour des comptes. Comment peut on parler de surveillance du fonctionnement de l’État si la cour des comptes ne dispose pas des informations nécessaires ? Parle t’on d’enquête administrative ? Non. De sanction en cas de rétention d’information avérée ? Encore moins. Tout se passe comme si chacun admettait que l’Éducation Nationale n’est pas tenue de donner de manière impérative les informations à la cour des comptes.

Mais avec les informations fournies, la cour des comptes arrive à démontrer qu’il n’est pas bon d’être élève dans l’académie de Créteil. Je m’étais déjà étonné de l’incohérence des suppressions de postes annoncés l’année dernière dans l’académie.

Le rapport de la cour des comptes ne fait que confirmer que quelque chose ne va pas. Et lire que pour M. Jean-Michel Blanquer : « son affectation des moyens tient compte des nécessités de compensation » et que son mode d’attribution est « complexe mais pas opaque » me fait littéralement bondir. La simplicité et la lisibilité des actions de l’État sont aussi une des conditions de la démocratie. Car, sans cela, comment les citoyens peuvent ils se prononcer en conscience sur les grands choix de la Nation ?

La responsabilité de l’État est énorme et, ce que je crains, c’est qu’aucun des deux candidats ne s’attaquent sérieusement à ce problème.

Que feront 60 000 postes supplémentaires s’ils ne sont pas affectés là où les besoins sont réels ? Sans compter que leur financement me parait toujours très hypothétique

Que donneront des heures supplémentaires si elles sont effectuées par des professeurs dans des zones où les besoins sont déjà largement couverts ? Et là aussi le financement ne tient que sur une hypothèse de croissance que le FMI ne valide pas.

Il est regrettable que le seul capable d’avoir un discours cohérent sur ce qui déterminera notre avenir démocratique ai été aussi peu entendu dans cette campagne. Entendre des responsables d’associations de parents d’élèves ou des adversaires politiques le regretter n’a été qu’une faible consolation pour moi.

Bref, je vais suivre attentivement très attentivement le débat du 2 mai mais j’avoue que, sauf arguments nouveaux sur la répartitions des moyens de l’éducation, la tentation de les renvoyer dos à dos sera grande.

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Le spaghetti le plus long du Monde

Posted by olivier_anthore on 9th avril 2012

L’ambiance de cette campagne est proprement surréaliste. Il semblerait que la France, comme le signale The Economist, s’enfonce de plus en plus dans le déni de réalité.

Pas moins de trois candidats se sont précipités devant les micros avides pour défendre un permis de moins en moins cher pour arriver au permis gratuit. Un peu comme une compétition de spaghetti le plus long où chaque concurrent tire un peu plus pour gagner un millimètre sur son voisin.

Il n’y a plus qu’à attendre celui qui proposera de payer ceux qui le passent.

Il est cependant à craindre que le spaghetti casse à force de tirer dessus.

Loin de moi l’idée de dénier l’importance d’avoir son permis ! Mais, comme le remarquait plaisamment Jérôme Charré sur Twitter, pour que son permis soit utile il faut que l’économie fonctionne.

Finalement, tout est à l’avenant. Une série de mesures qui s’empilent avec un soi-disant chiffrage basé sur une hypothèse de croissance de 2,5%. Michel Rocard affirmait le 13 février dernier que cette hypothèse était « non plausible » et, surtout, que le pire était à venir.

Ne trouvez vous d’ailleurs pas étrange qu’aucun journaliste ne se soit aventuré à poser la question aux deux grands prometteurs ?

Mais il faut faire rêver ! Mais il faut du spectacle ! Confirmation risible de ce qu’annonçait, déjà, en 1967 Guy Debord. Notre société est devenu un spectacle où seule compte la marchandise.

Pour qu’un programme ait du sens, il faut partir d’un constat de l’état actuel de la société. Le baser sur un état probable n’a pas de sens dans la période d’incertitude que nous vivons. Compter sur la croissance, c’est jouer à la roulette russe sans savoir combien de balles sont dans le barillet.

Notre constat est d’abord l’impossibilité à continuer sans une remise en ordre profonde de nos finances. Une fois que l’hémorragie aura été jugulée, alors nous aurons les marges de manœuvres.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille rien promettre. Cela veut juste dire qu’il s’agit de promettre ce qui est utile et que nous sommes capable de financer effectivement.

Et, surtout, comme le défend François Bayrou, cela implique que l’on retrouve un débat démocratique sain qui laisse de coté l’accessoire pour ne tenir compte que de l’essentiel.

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