Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Archive for the 'Réflexions' Category

Je Me Souviens

Posted by olivier_anthore on 11th janvier 2016

Je me souviens, et je me souviendrais longtemps, de ce 11 janvier. Cette foule incroyable, ces gens étonnés d’être là. Des gens gardant avec peine le contact de ceux qui les accompagnaient tellement la presse était forte.

Il y avait comme une dimension ridicule et incroyable d’être resté pendant trois heures à moins de 100 mètres de la place de la République et de n’avoir jamais pu s’y rendre. Il fallait tenter les rues de traverses pleines elles aussi pour espérer avancer.

Nous aurions pu être une foule informe et sans leitmotiv. Une masse sombre et menaçante et pourtant… Dès que les premiers mots de la Marseillaise étaient prononcés, des centaines de bouches, bientôt des milliers l’entonnaient à gorge déployées. Nous nous regardions mutuellement avec une bienveillance rare. Nous nous parlions. Nous riions. Nous étions ensemble. Nous étions ce peuple qui se levait en masse face aux menaces. Nous étions les Français et nous répondions à l’appel de la République comme nos pères et les pères de nos pères.

Peuple querelleur depuis la nuit des temps, nous avons toujours su faire front. La France n’est réellement elle-même que si elle est au premier rang. Et ce jour là nous l’avons été. Face au massacre de nos frères et de nos sœurs, il y eut la levée en masse pour rappeler que si nous sommes souvent divisé entre nous, notre pays reste indivisible. Mais une levée aux antipodes des espoirs de ceux qui l’avaient provoquer.

C’est une consolation sans égale de savoir que ce jour là la cellule terroriste de Verviers, en Belgique, regardait l’écran de télévision et encaissait le coup de notre mobilisation. La division qu’ils rêvaient d’établir entre nous ne prenait pas. Nous avions des images d’imams et de rabbins se jetant dans les bras les uns des autres. Des prêtres en habit sacerdotaux veillant sur la tranquillité de la prière musulmane. Des messes dites pour le repos de bouffeurs de curés notoires.

Oui ce jour ne pouvait pas durer. Nous aimons trop la querelle pour cela. Mais ce jour a existé. Mes enfants l’ont vu, y ont participé. Et je porterai longtemps témoignage que la France vit toujours malgré les cyniques et les déclinistes.

Nous sommes ce peuple qui a pensé que la Fraternité méritait de figurer au fronton de nos édifices avec la Liberté et l’Égalité. C’est dans cette Fraternité que nous sommes invincibles. Nous sommes ce peuple qui porte ce témoignage au Monde. Cela fait nous des cibles. Mais nous devons rester debout et fier de ce que nous sommes.

Je me souviens que ce jour là j’ai été le plus passionnément Français qu’aucun autre jour de ma vie…

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Visite Berlinoise

Posted by olivier_anthore on 30th août 2013

Aller visiter Berlin pendant les vacances d’été n’est pas le premier réflexe de tout un chacun. J’avoue qu’en l’annonçant, j’ai eu plusieurs réactions surprises. Certains sont même aller imputer cette envie à un vieux fond de jansénisme familial.

Peu m’importe en fait car Berlin ne m’a pas déçue. Culturellement, architecturalement, urbanistiquement et, bien sur, culinairement c’est une ville qui vaut le détour. Et bien entendu, le séjour s’est avéré trop court pour ne faire ne serait ce que la moitié de ce que je voulais y faire. Peu importe, j’y retournai.

J’avais réservé une visite au Reichstag, vieux souvenir de cours d’histoire et envie de voir de près l’architecture de ce qui abrite un des modèles démocratique occidentaux. On oublie trop souvent que les bâtiments marquent dans l’espace physique l’imaginaire d’une nation.

Je reviendrai peut être plus tard sur le Reichstag, et son dôme transparent, mais je voudrais parler d’un monument qui se trouve non loin.

Soyons honnête, j’ai d’abord été attiré par le nom de la rue qui le longe. Un peu comme une plaisanterie mais comment résister dans une ville ou les rues portent des noms comme Kant ou Marx à rendre hommage à la rue Hannah Arendt ?

Cette rue borde le monument dédié au souvenir de la Shoah. J’avais encore un vague souvenir des polémiques qui avait eu lieux pour son édification.

Quand on le regarde de l’extérieur, ce monument a quelque chose d’anodin. Il ressemble à un alignement bien sage et ordonné de bloc de bétons. On pourrait presque passer à coté, noter sa présence, sans plus sans émouvoir.

Mais en s’approchant, il y a quelque chose de véritablement étrange à regarder ses alignements bien droits de blocs.

L’état d’étrangeté s’installe au fur et à mesure qu’on s’en approche. Le soleil est là mais l’ombre qui se dessine entre les blocs fait mentir le coté anodin du monument vu de loin.

On se sent presque happé dans ces allées dans lesquelles on s’enfonce presque à son corps défendant, les blocs que l’on domine de l’extérieur prennent alors l’ascendant. Chacun d’eux vous domine.

J’ai vu des traces de chaussures de gens qui ont visiblement essayé de monter au sommet des blocs. Les traces s’arrêtaient à mi-hauteur. Au milieu de ses blocs, là où la lumière du soleil ne vous atteins plus, il n’y a pas d’échappatoire par le haut.

Il faut continuer, presque en baissant la tête sous le poids, pour enfin sortir du ventre du monstre. Ce qui est étrange c’est la douceur de ces blocs qui vous écrasent. Ils n’ont rien de rêche et, sauf l’absence de chaleur, on a la sensation de toucher une peau en les effleurant.

Les blocs finissent par perdre de leur hauteur et la pente de l’allée ramène au niveau de la rue. On se retrouve alors face au grand parc du centre de Berlin sous un beau soleil d’été. En se retournant, on a alors l’impression que ce que l’on vient de vivre n’a pas pu se passer. Les blocs sont toujours là sous un soleil souriant. Il est impossible de dire si ce que l’on vient de vivre c’est bien passé.

J’ai longuement lu le livre de Thimothy Snider « Terres de sang ». Ce monument, même s’il n’est dédié qu’à une part des massacres européens, m’a aidé à comprendre ce qu’il y écrivait. Il m’a aussi rappelé que même ce qu’il y a de plus monstrueux ne peut pas échapper à l’explication et à l’analyse. C’est la meilleure garantie pour pouvoir garder notre humanité. Cette humanité que n’a cessé de défendre Hannah Arendt justement.

Je retournerai à Berlin, voir beaucoup d’autres choses, mais je repasserai aussi par cette rue. Et par ce monument.

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Réflexion sur un 8 mai

Posted by olivier_anthore on 9th mai 2013

Il y a toujours quelque chose d’étrange pour ceux qui comme moi n’ont jamais vécu une guerre de se rendre aux cérémonies de souvenirs d’une guerre passée. Surtout qu’à coté de soi, il y a très souvent des gens qui eux l’ont vécus et parfois durement dans leur chair même.
La passion de l’histoire, l’intérêt pour la mémoire ne peuvent remplacer l’intensité du regard d’un homme vous racontant une embuscade dans une oasis où il avait la « position du fusillé » pendant que ses camarades avaient, eux, trouvé les abris qui les protégeaient des tirs.
Alors pourquoi s’y rendre ? Peut être justement pour rencontre de tels hommes. Aussi pour se rendre compte que bien que notre quotidien se déroule nonchalamment des hommes se battent et souffrent au nom de notre pays. Ce 8 mai justement deux d’entre eux ont été décoré de la croix du combattant.
Tout ceci donne un relief particulier à cette période difficile qui a amené la France au bord du gouffre. Un moment où seule l’union nationale a pu préserver notre pays à la fois de la domination nazie mais aussi de l’étouffante présente de nos amis, tout prêt à nous reconstruire selon leurs préceptes. Quand ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n’y croyaient pas combattaient côte à côte, l’espoir n’était plus un vain mot. Il a fallu en combattre des divisions, de radicales oppositions pour arriver à mettre à la même table ceux qui cinq ans auparavant étaient prêt à se tirer dessus. C’est ce qui a fait la grandeur de notre pays, sa capacité à s’unir. Il y eu le CNR justement rappelé par le député-maire. Mais surtout cette belle certitude rappelée par le poète :

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Aragon – La Rose et le Réséda (Extrait)

C’est peut être la raison principale pour laquelle il est bon d’être présent à cette cérémonie. Bien sur nos temps sont moins tragiques. Mais ils sont tout autant difficile pour ceux qui ont peu et qui peine à se maintenir. Et notre responsabilité à tous est bien de savoir faire fi du calcul pour s’unir et faire face.
Alors oui, il y a toujours les ayatollah de la pureté idéologique, les calculs mesquins de préséance qui s’opposent à l’union. La situation n’est sans doute pas assez tragique pour faire taire ceux qui veulent faire parler leur intransigeance au lieu de leur intelligence.

C’est sans doute ce qui fait des centristes une famille politique autant conspuée. Elle a toujours cru essentielle la préservation de l’unité dans le respect de la diversité. C’est une famille qui a toujours obstinément refusée l’idéologie de tous bords.

C’est dans la tragédie qu’elle trouve sa justification. C’est ainsi et le rôle de pivot du MRP pour la sortie du marasme de la fin de la guerre n’en est qu’une confirmation. C’est cet esprit qui continue de nous animer en toutes circonstances. Cet esprit est notre force et notre croyance en dehors de la tragédie, il reste notre boussole dans les choix qui s’annoncent.

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Un monde où l’argent bouge plus facilement que les hommes

Posted by olivier_anthore on 27th mai 2012

Après la séquence navrante de la droitisation extrême de l’UMP, les premiers signes de ces législatives montrent que l’ambiance risque de ne pas changer. Même si le discours reste apparemment ferme au sommet, la base de l’UMP semble se rapprocher de plus en plus du FN.

Un des discours qui semble rapprocher ces deux partis est celui de l’immigration. C’est pour cela que je voudrais attirer votre attention sur un débat qu’organise le vendredi premier juin le CCFD – Terre solidaire.

Car, aidé par des images appropriées, il est facile de faire croire à un envahissement de l’Europe par des hordes venues du Sud. Nous sommes tous dominés par l’idée que la chute de l’Empire Romain était liée à la venue de hordes de l’Est. Mais il est intéressant de se confronter aux chiffres de temps en temps.

L’estimation par les Nations Unies du nombre de migrants dans le monde est de 230 millions. Seulement, ces migrations sont majoritairement d’un pays du Sud vers un autre pays du Sud. L’émigration vers un pays développé ne concerne que 40% de ce chiffre soit 90 millions. Si on imaginait que ces « hordes » arrivant sur l’Europe, il faut se rappeler que nous étions 502 millions en 2011. On ne peut pas dire que nous risquions d’être débordés.

Cependant, pour la France, la seule émigration qui génère la peur est celle issue de l’Afrique. Il est intéressant dans ce cas de remarquer que seulement 1% de la population Africaine vit en Europe. Soit 9,2 millions de personnes si je me réfère à la démographie du continent Africain en 2005.  Bref pas de quoi effrayé les 63,6 millions de personnes de nationalités françaises.

Nous voyons là que tous raisonnement faisant premier l’immigration n’est pas rationnel.

Par contre, il est clair que la perte générée par l’évasion fiscale, 590 milliards d’euros, largement plus élevée que le budget de la sécurité sociale. Elle est donc plus impactante sur notre modèle de société que l’immigration.

Je serais donc présent à ce débat, curieux de voir ce qu’il s’y dira.

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Que se passe-t-il en Syrie ?

Posted by olivier_anthore on 10th février 2012

Un massacre lent, méthodique, sadique d’une ville entière, la ville de Homs se déroule sous nos yeux. Sous nos yeux car le régime Syrien ne se cache même plus. Au contraire, il semblerait qu’il ait décidé de montrer ostensiblement sa capacité à massacrer.

Rappelez-vous que c’est sur la possibilité d’un tel massacre à Misrata en Lybie que nous sommes intervenus.

Et là ? Rien.

Ou si peu. En fait, la Russie mis son veto à la dernière résolution. Pourquoi ? Pour beaucoup de raisons. Car, finalement, cette élimination systématique et impitoyable d’une ville entière ne heurte que les sentiments humains pas les États.

La Russie défend ses intérêts, ou ce qu’elles croient en tenir lieu. Une base, un régime favorable. Mais elle n’est pas la seule à jouer sur le dos du peuple Syrien. La résolution rejetée n’était pas exempt de critiques. Et surtout le précédent Libyen et les libertés prisent avec la parole donnée, ont de quoi refroidir des États autoritaire peu favorable à toute démocratie.

Mais, me direz-vous, pourquoi aiderions-nous un peuple qui a toute les chances de se réfugier dans l’islamisme comme l’ont fait les pays récemment libérés ?

Si vous avez regardé les images, la réponse viendra naturellement. Ce que nous voyons là à l’œuvre est la même folie meurtrière qui a présidée à l’anéantissement de Varsovie et de Guernica. Nous, Européens, savons ce que ces mots veulent dire. Nous, Européens, savons ce qu’il en coûte de laisser faire.

Alors intervenir militairement sans mandat de l’ONU ? C’est une très mauvaise solution.

L’Armée Libre de Syrie serait alors assimilée à des collaborateurs de puissances étrangères. Leur donner les moyens de se battre, ce que nous n’avions pas fait pour les républicains espagnols, serait sans doute préférable.

Mais, face à l’armement de ceux resté encore fidèle à la famille Hassad, ce ne sera sans doute pas suffisant. Il faudra au moins faire intervenir l’aviation.  Et les pilotes qui oseront le faire n’auront pas une partie facile. La famille Hassad n’a pas que des obus pour les civils mais une collection complète d’armes anti-aérienne russe.

Alors intervenir quand même ? Envers et contre tout sachant que ce sera une vraie guerre ? Sachant que l’ONU n’autorisera jamais cette action ?

Je crois qu’il arrive un moment où le seuil de l’insoutenable est franchi et que seule la conscience doit être notre guide. Après avoir entendu les témoignages, après avoir vu les images, et surtout avoir constaté jour après jour le cynisme du régime de Damas, un acte doit être posé. Un acte fort, indiscutable, un message qui fasse comprendre que l’inacceptable est atteint que chaque enfant massacré à Homs aura un prix.

Liens intéressants :

Une vidéo prise du coté de l’armée du régime qui date du mois d’août

Chronique de Bernard Guetta : le Guernica multiplié par 6 de la Syrie

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Ces nuits terribles d’Octobre 61

Posted by olivier_anthore on 18th octobre 2011

Une démocratisation effective peut toujours se mesurer à ce critère essentiel la participation et l’accès aux archives, à leur constitution et à leur interprétation

Jacques Derrida – Mal d’archives

 

Hier soir je me suis rendu à l’avant première du documentaire de Yasmina Adi, « Ici on noie des Algériens » organisée par les sections de Créteil et Bonneuil de la LDH.

Le parti pris de ce film est de ne montrer que la répression consécutive aux manifestations du 17 et 19 octobre 1961. Le bilan officiel de cette répression peut faire rire ou pleurer : entre 2 et 30 mort selon la période. Il suffit de réaliser que la préfecture de la Seine a ouvert pas moins de 60 informations judiciaires suite aux cadavres trouvés dérivants pour se dire que ces bilans sont au mieux des farces cyniques et au pire complices.

Ce film est dur. Pas nécessairement dans les images mais dans ce qu’il remonte à la surface à travers la parole des témoins. Le témoignage d’une voix si douce et brisée par l’émotion, après toutes ces années, d’une femme dont le mari a disparu probablement embarqué dans les ratissages a de quoi remuer au plus profond. Sa recherche éperdue du père de ses enfants, l’aide vaine de ses voisins et le mépris gêné des autorités de l’époque, rien ne ressemble à ce que nous pouvons aimer de la France.

Le pire de cette affaire est que la répression n’avait pas commencé pour ces manifestations mais qu’elles ont été l’occasion de l’amplifier jusqu’à un degré inouï en France métropolitaine.

Combien de mort ? 60, 200, 400 ? Difficile de dire faute d’archives à confronter. Car le problème est bien là finalement. La plupart des acteurs de ces événements sanglants sont couverts par les amnisties mais les familles des disparus ne peuvent toujours pas savoir ce qui est vraiment arrivé à leurs proches.

Les archives ont été partiellement ouvertes mais il pèse un soupçon fort de « nettoyage ». Par exemple, il serait intéressant de savoir ce que sont devenus les archives de la brigade fluviale de cette époque. Sont elles vraiment perdues comme certains l’affirment ? Ce serait une faute inexcusable de l’administration française.

Car, des traces, il y en a forcément. Pour déployer autant de forces de sécurités, il y a des plans opérationnels, des ordres de déploiement. On peut donc savoir quelles unités ont été déployées et où. On peut aussi savoir quelles armes et quelles quantités de munitions ont été distribuées et à qui. On peut aussi savoir combien de munitions ont été rendues…

Enfin, puisque la plupart des acteurs sont encore là et ne peuvent plus être inquiété, la France se grandirait à mettre en place une commission vérité et réconciliation. Appuyé sur les archives, couvert par les amnisties, rendre aux familles ce minimum de savoir quand, où et pourquoi leur proche leur a été enlevé.

Ne fus-ce que pour la mémoire de Fatima Bédar, 15 ans, dont le corps fut retrouvé flottant dans le canal Saint-Martin. Plus jeune victime recensée de ces nuits terribles d’Octobre 61.

Pour aller plus loin :

Le site du film avec la bande annonce, des interviews et surtout des repères chronologiques qui remettent bien le film dans son contexte (je regrette que le film ne le fasse pas assez) : http://www.icionnoielesalgeriens-lefilm.com/

La page Facebook du film pour tous les événements autour : http://www.facebook.com/17octobre1961

 

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L’exécution de Troy Davis

Posted by olivier_anthore on 22nd septembre 2011

Troy Davis a été exécuté cette nuit. Par cette étrange raison qu’on appelle l’empathie, la mort de cet étranger m’a touché. Je ne savais pas s’il était opportun d’en parler. Après tout que peuvent maintenant réparer les mots ?

Mark Mc Phail, policier tué à une station de bus, était amèrement pleuré par sa famille. Maintenant, la famille de Troy Davis, accusé et condamné pour ce meurtre, pleure la mort de Troy. Une vie pour une vie ? Non. Deux morts, deux familles qui pleurent la mort de celui qui leur a été arraché.

« Œil pour œil et le monde finira aveugle » disait Gandhi.

Il a donc été exécuté à 23h08 heure locale. Et ce devant la famille du policier tué. Jusqu’au bout il a clamé son innocence, jusqu’au bout il a imploré la clémence du Seigneur sur ceux qui lui donnait la mort.

Alors, devant cette absurdité du monde que faire ? Que dire ? Une parole ou un acte rendront ils le policier Mc Phail à ses deux enfants et à sa femme ? Non. Comme rien ne pourra plus réparer le mal fait à Troy Davis. Ce qui serait définitivement horrible, c’est que l’innocence, proclamée par beaucoup, de Troy soit avérée.

Alors, encore une fois, pourquoi parler devant cette absurdité de la peine de mort et notre impuissance à faire évoluer ceux qui la pratique ?

Depuis ce matin je me retournai cette question quand j’ai entendu la voie calme et lumineuse de Mme Sandrine Ageorges-Skinner.

Sandrine Ageorges-Skinner par franceinter

Son mari est condamné à mort au Texas

Cette dame m’a rappelé cette vérité simple, cette évidence qui m’est venue à l’esprit, le silence tue plus surement que l’impuissance.

Elle nous rappelle que les États tuent encore et pas qu’au États-Unis et que même si on ne peut plus rien pour Troy Davis, Lawrence Brewer et Alireza Molla-Soltani d’autres attendent d’être exécuté.

Alors je résignerai les pétitions d’Amnesty. Sans hésiter, sans me poser la question de l’innocence ou de la culpabilité du condamné. Je continuerai à dire que partout, et en toute circonstance, aucun état au monde ne doit s’arroger le droit de vie et de mort sur ses citoyens.

Je sais le malaise de certains devant le bruit fait sur un cas particulier comme celui de Troy. Mais, si personne ne crie jamais, c’est le silence et la mort qui gagneront.

Merci Mme Ageorges-Skinner de nous rappeler ces vérités simples.

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Domination et séduction : l’illusion collective

Posted by olivier_anthore on 22nd mai 2011

« Il aidait ses amis jusque dans leurs entreprises injustes » Plutarque – Vie d’Agésilas

Il y a des événements auquel il est difficile d’échapper et après tout tant mieux. L’arrestation du président du FMI au motif d’une agression sexuelle fait partie de ces événements.

Entendons nous tout de suite sur quelques points : je n’ai aucune information me permettant de mettre en doute la version de la présumée victime ou du présumé coupable. Je reste donc dans l’expectative avec la seule certitude qu’il s’est passé quelque chose dans cette chambre ce samedi midi et que seul un long, et pénible, procès sera capable d’en donner une version qui tienne.

Ce qui a été d’entrée de jeu troublant dans cette affaire ce furent les réactions. Passe encore que les Strauss-Khanien fanatiques défendent bec et ongles leur futur ex-candidat. Mais entendre une autorité morale comme Robert Badinter, ou intellectuelle comme Sylviane Agacinsky se focaliser sur le traitement de Dominique Strauss-Khan, oubliant la femme de chambre, a quelque chose de troublant. Passons aussi sur les réactions quasi ordurières de messieurs Lang et Khan. L’hémiplégie est inquiétante de leur part que l’on se sent obligé de rappeler que si elle dit vrai ce qu’elle a subit est infiniment pire

D’entrée de jeu, M. Strauss-Khan nous a été présenté comme un grand séducteur, un homme à femme, et donc certainement pas comme un violeur. Seulement la légende du grand séducteur s’étiole petit à petit. Sans fouiller dans les poubelles, on peut rappeler le billet de  Jean Quatremer, journaliste à Libération, qui le classait dans les dragueurs lourds. Cet billet avait entraîné des pressions de l’entourage de M. Strauss-Khan pour qu’il le corrige. On est déjà loin du grand séducteur mais pas dans le violeur. L’autre point troublant est la fameuse lettre de la jeune femme avec laquelle M. Strauss-Khan a eu son aventure au FMI. Tout en louant sa grande compétence, elle signalait quelle avait fini par céder à ses avances suite à son agressive insistance et de son utilisation de sa position hiérarchique.

Là le portrait change radicalement, nous ne sommes plus devant un grand séducteur mais quelqu’un qui utilise sa position de pouvoir pour arriver à ses fins.

Cette lettre a entraîné des mesures strictes au FMI. La mesure la plus symbolique a été qu’il ne devait plus rester seul avec une femme dans les bureaux du FMI porte fermée. Le sketch un peu lourd de Stéphane Guillon apparaît dès lors comme en dessous de la réalité. Il était donc de notoriété publique que M. Strauss-Khan avait un problème avec les femmes.

Alors pourquoi cette cécité collective ? Car Dominique Strauss-Khan présidentiable, que nous votions ou pas pour lui, nous y avions tous cru.

L’accusation facile serait de tout mettre sur le dos des journalistes. Ils ont été très léger c’est un fait mais nous ? Voulions nous qu’ils creusent plus? Je ne crois pas : les Français ont une représentation de la séduction trop lié au pouvoir pour se formaliser de ces excès là.

Rappelons nous que nous sommes dans un pays où une femme se fait violer tout les quart d’heure et où très peu porte plainte. Pourquoi ?

Parce que dans notre culture, c’est normal qu’une femme dise non et que l’homme n’en tienne pas compte. Parce que chez nous quand un prof d’université met la pression sur une de ses élèves, ou un chef sur une de ses subordonnées, pour coucher avec elle, nous classons ça plus aisément dans la séduction, ou la drague, que dans le harcèlement.

Très rapidement on assimilera un violeur à un pervers, or un violeur c’est un peu monsieur tout le monde hélas. Pour vous en convaincre, représenter vous le nombre de femme violée chaque année en France : 75 000 femmes. Imaginez-vous que nous serions dans un pays où autant de pervers serait en liberté ?

La plupart sont des monsieur tout le monde qui n’ont pas su s’arrêter. Le taux de récidive faible, quoi qu’on essaye de vous faire croire, de ce genre de criminels le montre assez clairement. Une fois les idées bien remise en place, ils ne recommencent pas. Nous pourrions alors regretter que l’apprentissage du respect ne se soit pas fait avant pour éviter ce gâchis de deux vies : celui de la victime et du coupable.

J’aimerai citer la très belle phrase de Denise Bombardier à propos de cette affaire : « Réalisez vous que le silence ne profite qu’aux puissants ? » Cette phrase est sans doute la plus juste que nous puissions dire sur cette affaire. Le silence, le fait de laisser passer des attitudes de plus en plus déplacées, aide à laisser croire que l’on peut tout faire et que tout est acceptable.
Denise Bombardier par franceinter

J’en viens à espérer que cette affaire aide chacun à faire cet examen de conscience et à rompre le silence. Qu’au moins cette affaire apporte du positif à notre pays.

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Identité et construction européenne

Posted by olivier_anthore on 14th mai 2011

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens.

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique  et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France. Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de la rendre possible.

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens. 

 

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

 

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

 

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

 

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

 

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

 

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

 

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

 

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique  et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

 

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

 

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

 

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

 

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

 

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France ; Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de le rendre possible.

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens.

 

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

 

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

 

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

 

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

 

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

 

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

 

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

 

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

 

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

 

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

 

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

 

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

 

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France ; Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de le rendre possible.

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De la corrida et du meurtre animal

Posted by olivier_anthore on 11th mai 2011

La corrida a été mise au patrimoine culturel immatériel de la France. Beaucoup de réactions parfois très virulentes des deux cotés on accueilli cette annonce.

Petite pierre à jeter dans la mare, je voulais donner mon avis sur la question. Je trouve cette pratique profondément immorale car elle compte pour rien le respect du à toute vie.

Je n’ai pas d’argument à la mise au patrimoine. Il s’agit d’une pratique hyper locale, moins de cinq pour cent du territoire, mais le simple fait que des français la considère comme faisant partie de leurs traditions et l’antériorité de la pratique légitime cette inscription.

Cependant, comme le remarquait plaisamment Muriel Marland-Militello députée UMP, ce n’est pas parce que les combats de gladiateur sont une pratique ancestrale qu’il faut continuer à encourager le meurtre dans des arènes.

Car finalement qu’y a-t-il de choquant dans la corrida ? Tous les jours des animaux sont tués dans les abattoirs. Les conditions de mort sont certes beaucoup plus hygiéniques mais je doute que la mort d’un animal même dans ces conditions soit plus jolie à voir.

Mais il faut distinguer la mort donnée par nécessité et la mort donnée par plaisir. Le simple fait de se maintenir en vie implique de devoir tuer. S’il faut vous en convaincre, posez-vous la question de ce qui se passe quand un virus essaye de coloniser votre corps.

Cependant, nous sommes des êtres moraux et il nous incombe de distinguer les cas où la nécessité nous autorise à tuer, pour nous défendre ou nous nourrir, et les cas où cette nécessité n’existe pas. La corrida n’entre pas dans la catégorie des morts données non-nécessaires.

La seule raison qui me pousse à n’en pas demander l’interdiction c’est que cette pratique est en déclin et que l’interdiction risque de lui donner une aura qu’elle ne mérite pas.

Cependant cela ne justifie pas de financer une pratique que la morale réprouve. Et la mise au patrimoine pourrait justement justifier ce financement. C’est simplement inacceptable. Réunir une troupe d’homme pour tourmenter un animal et finalement, après plusieurs minutes de souffrances, le tuer n’est pas précisément ce que j’appellerai une bonne utilisation des fonds publics.

Certes la corrida fait partie de notre histoire, voir du patrimoine culturel de l’humanité, via Picasso, Hemingway et Manet. Que l’art soit capable de la magnifier, n’est ce pas finalement le propre de l’art ? Devrons-nous justifier les répressions des mouvements démocratiques au prétexte des magnifiques peintures de Francisco de Goya ?

Nous devrions laisser la corrida s’éteindre doucement et sans regrets comme une pratique issue d’un passé lointain. Vouloir la protéger, c’est se tromper entre la victime et le bourreau.

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