Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Archive for janvier, 2011

L’appel de l’A.J.E.F.

Posted by olivier_anthore on 24th janvier 2011

Voici le texte de ma dernière chronique sur Fréquence Orange. Le podcast est disponible cette fois ci.

Je vais peut être vous choquer mais je suis toujours très méfiant face aux démarches trans-partisanes. Bien sur, en France, nous avons un exemple phare de ce que ce genre de démarche avec le Conseil National de la Résistance. Cependant, cet exemple, si positif, a tendance à faire oublier, un peu rapidement, d’autres démarches qui se résument à la défense d’intérêts biens compris d’élus de gauche comme de droite et de leurs clientèles.

C’est dire si j’ai abordé l’appel de l’Association des Jeunes Élus de France avec une méfiance certaine. Je dois admettre que j’ai été agréablement surpris par cet appel. Je l’ai trouvé bien fait et avec des éléments de débat intéressant.

Pour passer rapidement sur les points qui m’ont fait tiquer, je ne signalerai que ce qui me parait une contradiction. Il s’agit du maintient de la péréquation horizontale et de la liberté totale des collectivités locale de fixer l’impôt. En effet, j’y vois pour ma part une contradiction majeure car certaine collectivité locale serait alors naturellement portée à baisser les impôts. Ceci leur permettraient de se soustraire partiellement à la péréquation calculée sur leurs recettes réelles et non sur leur possibilité de recette. Il faudrait alors que l’État intervienne plus directement à travers les subventions. Or, et c’est un danger qui va se renforcer au niveau départemental, le payeur a une tendance naturelle à vouloir imposer la manière dont son argent est dépensé.

Ce que je trouve plus intéressant, c’est que, comme quelques sénateurs, les jeunes élus sentent à quel point la réforme va créer une coupure entre les départements et l’échelon communal. Ils proposent d’y remédier en créant une sorte d’instance de coordination qui tenterait de remédier à cette coupure. Pour être franc, je doute de l’efficacité de ces instances de coordination. D’un coté des élus communaux sous-pression directe de l’électorat, de l’autre des élus départementaux des appareils politique auront toujours du mal à accorder leurs violons. Ils ne seront tout simplement pas dans le même tempo. Toutefois, ça ne sera qu’un pis-aller dans ce qui sera, selon moi, la conséquence la plus négative et la plus durable de cette réforme.

Eux même sentent ce danger en insistant sur l’importance de conforter les trois échelons (communal, départemental et régional) dans leurs missions spécifiques.

La fiscalité n’est pas oubliée dans cet appel. Ils exhument ce vieux serpent de mer, déjà remonté à la surface lors du rapport Balladur, de l’actualisation des valeurs locatives. Sachant que la dernière révision date de 1970, je vous laisse deviner les bonnes et les très mauvaises surprises que cela augure. J’attends avec une certaine désillusion celui qui sera capable de mettre enfin cette simple mesure de bon sens à l’agenda parlementaire.

Toujours sur la fiscalité, ils n’oublient pas contrairement au gouvernement qu’une clause de revoyure était prévue pour regarder l’adaptation de la remplaçante de la Taxe Professionnelle au besoin des collectivités locales. « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient » aurait dit le pas si regretté Charles Pasqua.

Enfin, et c’est le point le plus important selon moi, ils remettent sur la table le sujet du statut de l’élus. Sceptique par habitude diriez-vous, mais je ne crois pas à ceux qui veulent faire de la politique autrement. Il n’y a qu’une manière de faire de la politique : être élu et exercer son mandat. Si l’on veut changer la politique, c’est là qu’il faut porter le fer : changer le cadre dans lequel la politique s’exerce en imposant de changer ses habitudes tellement ancrées de cumuls et de petits arrangements avec les devoirs moraux qui doivent unir élus et électeurs.

Lien vers l’appel de l’A.J.E.F.

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Rapport Bockel : un symptôme intéressant

Posted by olivier_anthore on 20th janvier 2011

Vous trouverez ci-dessous le texte de ma chronique diffusée sur Fréquence Orange. Malheureusement, toujours pas de podcast disponible. La situation devrait s’améliorer dans le futur.

Ce qu’il y a de gênant quand on parle des différents rapports produits pour l’État, c’est qu’ils sont souvent résumés à une ou deux idées chocs qui ouvrent le journal de 20h.

Il s’agit là bien sûr de ceux qui arrivent à percer la chape d’indifférence sous laquelle la plupart finissent par retourner.

Très peu font encore parler d’eux passés les six mois. Ils sont une sorte d’aristocratie et portent, en général, le nom de celui qui a présidé à leur rédaction : Rocard, Attali, Balladur… Il leur est parfois accolé une précision sur l’objet quand il est le fruit d’un « serial-rapporteur » mais tous ces rapports partagent la caractéristique d’être très peu lu.

Oh ! bien sur, les professionnels de la profession, quelques journalistes et des étudiants devant rédiger un mémoire les lisent plus ou moins intensément. Mais très rare sont les citoyens qui prennent le temps d’aller au-delà des fameux gros titres du 20h.

Cependant, même sur des sujets aussi propice à la polémique que la sécurité, il est possible de trouver des pépites intéressantes qui apportent des éclairages inattendus sur des sujets connexes.

Pour ma part, le sujet connexe est bien entendu les collectivités locales et leur réforme.

En première ligne pour ces questions est bien entendu le maire qui dispose de pouvoir de police. Tout d’abord clarifions ce point, car avoir des pouvoirs de police ne transforme pas le maire en commissaire de police. Ces pouvoirs lui donnent en fait le pouvoir d’édicter ce qu’on appelle des règlements de police et de faire dresser des amendes aux contrevenants.

Ces pouvoirs, au nombre de huit, ont pour simplifier traits au maintient de l’ordre public et d’assurer la sécurité sanitaire et alimentaire sur le territoire de la commune.

Dans ce cadre, nous rappelle fort utilement ce rapport, le maire a été fait le chef de file de la prévention de la délinquance par la loi du 5 mars 2007 sur ce sujet. Dans la grande tradition française la définition des moyens a été reportée à une date ultérieure.

Toutefois, il lui a été donné la possibilité de créer un Conseil pour les droits et devoir des familles (CDDF) qui pourrait être un premier cran institutionnel à l’action préventive.

En l’état ce conseil pourrait même être un outil très intelligent d’alerte sociale pour permettre au département, par définition moins impliqué dans la vie communale, d’orienter au mieux ses actions.

Las, à part quelques mises en œuvre prometteuses, ce dispositif est boudé par la plupart des maires.

Là où je trouve l’analyse que mène ce rapport c’est, sans doute à son corps défendant, qu’il prend littéralement à rebrousse poil la réforme en cours sur les collectivités locale.

En effet, l’un des principes fort de cette réforme est de dire que le département ne peut plus exister que comme une émanation de la politique régionale.

Or il apparaît vite, au moins sur le traitement social de la prévention de la délinquance, qu’il est impératif que le département se rapproche de l’échelon communal.

Toute la question en fait est de savoir ce qu’il convient de privilégier entre l’efficacité de l’appareil de l’état ou de sa mise sous tutelle.

Car le rapprochement département-région permettra surtout de mieux les contraindre par l’arme du contrôle budgétaire.

Travailler sur un rapprochement département commune, voir décider que le département prenne à terme le rôle de l’intercommunalité (ce qui serait pour le coup une révolution), assurerai un service au citoyen en prenant compte au plus près de ses besoins.

Finalement, ce rapport est un symptôme intéressant qui montre que de tous bords ce débat n’est pas clos. Depuis la révolution l’organisation et la répartition des pouvoirs a toujours hésité entre centralité et décentralisation. Saurons-nous trancher avant 2089 ?

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Suppression de postes : quelle cohérence ?

Posted by olivier_anthore on 19th janvier 2011

clementguyard

La nouvelle est tombée en début d’année comme un couperet, 571 postes vont êtres supprimés dans notre académie. Ceci veut dire 546 postes d’enseignants de moins à la rentrée prochaine. Le comité technique  paritaire, qui met autour de la table l’académie et les syndicats, s’est réunie et a précisée l’étendue des suppressions.

Pour le Val de Marne, les suppressions se concentre sur l’école primaire seuls les collèges échappent au lots communs avec 3 postes créés. A la dernière rentrée, 10 postes avaient été supprimés dans le second degré. Le solde est donc négatif alors que le nombre d’élève est en constante augmentation.

Nous vivons en direct la conséquence de la décision purement comptable de supprimer un fonctionnaire sur deux.

L’État doit s’adapter à l’évolution du monde. C’est une nécessité. Il ne faut pas pourtant que cette adaptation se fasse de manière aveugle et sans stratégie.

Le gouvernement a choisi de ne pas préserver l’éducation et l’enseignement de nos enfants du mouvement général de réduction des déficits.  Il n’y a donc pas d’analyse, de choix, de discernement  dans la réduction des moyens accordés à l’éducation nationale.

La première conséquence est que ces suppressions vont augmenter le nombre d’élève par classe. Nous savons que cette augmentation fragilise en premier les enfants des classes populaires.

La réduction du nombre d’adultes dans l’enceinte scolaire peut rendre également plus « tentant » les intrusions dans l’enceinte scolaire  transformant nos collèges et écoles en lieu ouvert aux règlements de compte. Notre département a déjà été le lieu de plusieurs faits divers de cette nature.

Faut il que le département compense cet abandon des collèges ? Avec quels moyens et pour quoi faire ? Bien évidement les interventions du conseil Général ne peuvent concerner que les moyens matériels, la construction et l’entretien des collèges étant de sa compétence.

Il est vrai que notre département pourrait faire plus et mieux en matière de moyens matériels accordés aux collèges.

La tentation de remplacer les adultes par des grilles et des caméras est forte. Mais cela ne règle pas la question de l’enseignement qui relève de la compétence seule de l’Etat et limite notre action à une débauche de moyens sécuritaires dont nous doutons de l’efficacité.

La logique productiviste du « faire plus avec moins » ne peut pas fonctionner quand il s’agit d’éducation.

Il existe des mesures dont le coût est faible : restaurer le prestige de l’enseignement et de l’enseignant. Respecter le savoir et ceux qui l’enseigne, récompenser les élèves méritant, responsabiliser les parents qui sont les seuls responsables de l’éducation de leurs enfants, consacrer le principe que les enseignants les plus expérimentés doivent assurer leur mission dans les secteurs les plus en difficulté.

Des mesures sont plus coûteuses mais nécessaires : revaloriser le salaire des enseignants ! D’ailleurs n’avait-on pas promis qu’en diminuant le nombre des fonctionnaires ces derniers seraient mieux payés ?

La politique du gouvernement doit être revue : les moyens qui assurent l’avenir de notre Nation ne peuvent pas faire les frais d’une décision idéologique. Nous ne pouvons pas l’accepter pour la jeunesse de notre département.

Au conseil général je défendrai cette priorité qu’est l’éducation et l’enseignement de nos enfants.

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Déclaration de candidature

Posted by olivier_anthore on 18th janvier 2011

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Un vent nouveau

Posted by olivier_anthore on 15th janvier 2011

republique

Il y a des manifestations qu’aucuns démocrates ne peut rater c’est celle où l’on soutient un peuple dans son irrésistible marche vers la liberté. Je ne pouvais qu’aller au rassemblement pour soutenir le peuple Tunisien place de la République.

Surprise réconfortante, la foule était là et pas que de Tunisiens. Les drapeaux de parti bien Français flottaient aux vents. Ces drapeaux étaient générateurs de sourires désabusés de la part des gens venus là soutenir dans un moment de vérité et de souffrance un peuple. Mais enfin c’est, paraît il, un mal nécessaire.

Je me suis étonné du nombre de drapeaux Algérien auprès d’un ami écrivain. Il m’a expliqué alors qu’une autre marche avait fusionnée avec celle soutenant du peuple Tunisien. Cette marche devenait donc une marche de soutien des peuples du Maghreb en lutte pour la justice et la démocratie.

Grâce à cet ami, j’ai pu discuter rencontrer et parler avec des gens avides de « vider leurs sacs ». Je trouvais d’ailleurs que l’ambiance générale de cette manifestation, en dehors des slogans conspuant la dictature, était vraiment tournée vers ce besoin d’une prise de parole populaire. Tous voulaient dire ce que devaient être la Tunisie ou l’Algérie. Parole parfois à la limite de l’élucubration mais paroles libres enfin !

Il y a là comme un immense espoir qui se lève dans un ciel de nuages noirs. Une parole qui prend enfin forme dans un peuple si longtemps et si violemment réduit au silence. Bien sur rien n’est fait et il reste encore beaucoup d’interrogations sur l’avenir.

Une discussion avec une Française de mère Algérienne m’a édifié sur la situation des campagnes Algérienne et la violence sourde qui s’y accumule. Sous pression économique avec la crise, des populations jeunes et assez éduquées pour comprendre la spoliation dont ils sont victimes rongent leur frein. La secousse Tunisienne ne pourrait être qu’un prélude même si le gouvernement Algérien a mieux anticipé ses réponses.

Les souvenirs de la guerre civile doivent continuer aussi à travailler en profondeur cette société meurtrie. Ca pourrait être paradoxalement un élément apaisant : peu sont près à revivre sans frémir les années où on ne savait plus qui tuait et pourquoi.

Enfin, beaucoup d’espoir quand même a recouvert ces inquiétudes et je veux garder cet espoir au cœur. La Tunisie a les moyens intellectuels et humains de réussir la démonstration qu’il n’y a pas de fatalité de la dictature dans un pays Arabe. Cette réussite, démenti flagrant du pessimisme ambiant, montrait aussi qu’on ne construit pas une démocratie avec des armes étrangères mais par la volonté du peuple seule.

« Nul explosif n’est plus puissant que l’âme d’un peuple libre » disait Churchill, j’espère que nous aurons bientôt une nouvelle démonstration de cette maxime.

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