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Une vue excentrée » histoire

Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Colbert et Lee, même combat ?

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olivier_anthore on 21st septembre 2017

Il est parfois navrant de voir à quel point les intellectuels français sont à la remorque des États-Unis. La récente tribune visant Colbert parue dans Le Monde en est une illustration caricaturale.

Des mouvements américains se sont mobilisés pour demander l’éviction des statues rappelant l’existence de grandes figures de la lutte des confédérés esclavagistes ? Il leur apparaît donc nécessaire d’en faire autant et, tant qu’à faire, autant taper haut pour qu’on soit sûr du bruit médiatique.

L’attaque est tellement caricaturale que ce qu’il y a de moins recommandable parmi les milieux racistes s’en donne à cœur joie. Ce qui permettra de noyer ceux qui pensent cette demande stupide dans la boue de ces réactionnaires. Tactique qui a parfaitement fonctionné pour l’extension du mariage aux homosexuels, il n’y a donc pas de raison de s’en priver.

Clarifions d’abord les choses, je pense que ce qui se passe aux États-Unis est une bonne chose. Non que je pense que le général Lee était un esclavagiste. Il ne l’était que « par héritage » et a plus accepté son commandement par patriotisme que par volonté de perpétuer un crime contre tous les humains.  Mais tout simplement parce que ces statues ont été élevées bien des années après par des gens qui refusaient l’égalité des droits entre tous les américains. Elles ont pour but de montrer dans l’espace public le refus de l’égalité.

Et c’est d’ailleurs là que se trouve le nœud du sujet pour moi.

Les statues de Colbert n’ont pas été érigées pour célébrer l’esclavage. Les établissements publics n’ont pas été nommés pour honorer un homme qui aurait eu une haine viscérale des noirs.

Colbert est présent dans notre espace public parce qu’il a été un serviteur de l’État. Un grand et bon serviteur de l’État qui l’a fait en suivant ce qu’il pensait être le bien. Cette vision du bien qui déclare comme inférieure par naissance une part de l’Humanité a été contestée et mise à bas depuis. Il reste qu’à son époque Colbert n’en avait pas conscience.

Pour mémoire, la fameuse controverse de Valladolid pris fin en 1951. Soit 68 ans avant la naissance de Colbert. Il ne fallut pas moins de deux mois à l’époque pour que les européens admettent que les Amérindiens avaient une âme et devaient être considérés comme des êtres humains. C’est dire si nous partions de loin.

Est-il bon de garder mémoire de ces errements de la pensée européenne ? Oui. Cette mémoire est notre assurance pour éviter les monstruosités dont notre continent a été si friand jusqu’au XXème siècle.

Pour autant, faut-il effacer de l’espace publique la trace de tous les hommes de cette époque ? Non car ce serait nous assurer que cet oubli arriverait d’autant plus vite. Nous ne devrions que nous assurer que quand nous parlons de Colbert, Montesquieu, Voltaire et de tous les grands hommes de ces âges nous n’oublions pas que même eux ont pu trouver cette monstruosité normale. Et c’est notre leçon trop vite oubliée : le mal peut être banal.

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En mémoire des enfants du Vel’ d’Hiv’

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olivier_anthore on 16th juillet 2017

Je me demande s’il faisait chaud ces jours là. Et, comme beaucoup, je me demande comment j’aurais réagis si la police était venu chercher les voisins. Ou bien s’ils étaient venus me chercher moi et ma famille.

C’était il y a 75 ans. Si loin et pourtant si proche. Les humains n’ont pas tellement changés. Depuis l’expérience de Stanford, on sait que des gens tout à fait normaux peuvent devenir les pires tortionnaires. Hannah Arendt en a même expliqué le fondement : la banalité du mal.

Les hommes, les femmes et les enfants qui ont été raflés les 15 et 16 juillet ont été désignés par la France. Ils ont été enlevés et séquestrés par la France. Et c’est la France qui les a livré aux nazis. C’est un fait entendu depuis la déclaration historique du président Jacques Chirac. A peine une centaine de survivant sur les treize mille raflés. Aucun enfant n’a survécu.

Mais ces décisions et ces actes ont été portés par des hommes. Des hommes qui n’ont pas refusés ce rôle. Des hommes qui ont fait si peu pour gêner la machine. Bien sûr certains ont été jugés. Le préfet de police Émile Hennequin a été condamné à 8 ans de travaux forcés à la libération. Il fut gracié un an plus tard. Pierre Laval a été fusillé. Jacques Doriot, lui, est mort dans un mitraillage en Allemagne où il avait suivi les troupes allemandes.

Mais René Bousquet a échappé à l’épuration et a été assassiné par un raté avant que son procès ne puisse se tenir. De même Jean Legay mourut avant son procès. Mais André Tulard ? Il n’a même pas perdu sa légion d’honneur. Et les chevilles ouvrières de cette organisation ont échappé à tout procès. Car il faut des gens pour donner des ordres, organiser les camps et en assurer la logistique.

La France reconnaît sa culpabilité mais je n’ai pas entendu parler d’une enquête sérieuse pour établir toutes les responsabilités. Pas de commission d’enquête pour dire qui a fait, qui a porté ces actes.

Non pas que je veuille m’instituer procureur dans une affaire dans laquelle je n’ai aucune légitimité. Mais je ne peux accepter que mon pays, et donc moi-même, soit considéré comme coupable d’un crime sans en connaître toutes les responsabilités.

Il faut la mémoire. C’est important. Mais il faut la justice aussi. Car qu’est ce que la mémoire sans la justice ? De quoi faisons nous mémoire si nous oublions qui a porté ces actes et si nous ne mettons pas une bonne fois pour toute au jour tous les faits ?

Si je dois léguer cette douloureuse mémoire à mes descendants, je leur doit une mémoire complète. Ce ne sont pas des fantômes qui ont agit mais des êtres de chair et de sang. Même si comme le soutien Hannah Arendt, beaucoup ont cédé à la banalité du mal, c’est justement pour établir cette banalité que la justice prends du sens.

C’est en ayant une plaine connaissance de la mécanique de déshumanisation que nous pourrons garder une mémoire utile pour les générations futures. C’est la méconnaissance qui permet la reproduction.

Pour que plus jamais des enfants soient enlevés un jour d’été pour être engloutis dans une nuit étouffante.

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Une femme est morte, une mémoire reste

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olivier_anthore on 1st juillet 2017

Mme Simone Veil a été pour la France une de ses figures tutélaires européennes.
Elle portait dans sa chair la trace de l’horreur qui avait ravagé notre continent. Elle avait fait partie de ceux qu’on désignait comme Untermenschen. Et elle avait survécu. Sans doute par rage autant que par détermination. Elle le reconnaissait lors d’une interview : les doux mourraient dans les camps. Il fallait être dur. Mais, et c’est ce qui fait d’elle un être exceptionnel, on pouvait être dur sans cesser d’être humain. Je me rappelle le témoignage d’une déportée parlant d’elle avec émotion et du cadeau d’une robe qu’elle lui avait faite.
Les camps ne l’avaient pas brisé. Elle est revenue vivre ce que la barbarie voulait lui retirer. Et quelle vie de femme a-t-elle eu ! Magistrate d’abord. Elle s’est intéressée aux prisons et aux conditions de détentions ensuite. Tocqueville l’avait fait aussi. Ce qui l’a amené à la politique.
Et c’est sans doute là que l’on peut voir que, malgré son fichu caractère, elle n’a jamais perdu le sens de la mesure. Appelée au gouvernement par un premier ministre de droite, Jacques Chirac, elle pris rapidement une position centriste dont elle ne s’est jamais départie.
Elle incarnait ce centrisme soucieux des valeurs humaines, historique et ouvert à la modernité. Elle pouvait dans un gouvernement de droite défendre et faire passer des lois identifiées à la gauche.
Car ce qui compte n’est pas de savoir d’où vient l’idée mais ce qu’elle peut apporter à nos frères humains.
Elle fut donc la ministre du droit à l’avortement. C’est ainsi que j’entendis la première fois son nom. A la radio, dans la voiture de mon père, je me souviens de cela. Du commentaire du journaliste dont je comprenais difficilement les mots, mais d’où ressortait une image d’une femme seule face à une assemblée hostile. Je me souviens des images au journal télévisée de cette dame élégante assise attentive devant des hommes parlant à la tribune. Calme, fermeté, ce sont des images qui marquent l’enfance.
Et puis il y eut Simone Veil porteuse de la cause des femmes. Avec la mise en place des femmes-relais. Simone Veil l’Européenne, première femme présidente du parlement européen et ce mémorable emportement lors de la guerre de la guerre de Yougoslavie. Simone Veil écrivaine et académicienne qui témoigna de notre passé tourmenté avec force et élégance.
Quelle vie. Quelle belle vie ! Quel cadeau fut elle pour notre pays !
Quelle immense tristesse de la voir partir.
Mais il nous reste une chose importante sur laquelle elle insistait avec obstination : la mémoire. C’est son leg et, si nous avons pour elle un sentiment d’admiration, c’est ce que nous devons faire fructifier.
La route est devant nous.
Aujourd’hui, 60 ans après, un nouvel engagement doit être pris pour que les hommes s’unissent au moins pour lutter contre la haine de l’autre, contre l’antisémitisme et le racisme, contre l’intolérance.
Les pays européens qui, par deux fois, ont entraîné le monde entier dans des folies meurtrières, ont réussi à surmonter leurs vieux démons.
C’est ici, où le mal absolu a été perpétré, que la volonté doit renaître d’un monde fraternel, d’un monde fondé sur le respect de l’homme et de sa dignité.
Venus de tous les continents, croyants et non croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la communauté des hommes.
Nous devons être vigilants, et la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes.
Nous, les derniers survivants, nous avons le droit, et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le  » plus jamais ça  » de nos camarades devienne réalité.
Extrait de l’Allocution de Mme Simone Veil au nom des anciens prisonniers juifs à l’occasion de la cérémonie internationale de commémoration du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau- Auschwitz – Birkenau (Pologne) – jeudi 27 janvier 2005

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Visite Berlinoise

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olivier_anthore on 30th août 2013

Aller visiter Berlin pendant les vacances d’été n’est pas le premier réflexe de tout un chacun. J’avoue qu’en l’annonçant, j’ai eu plusieurs réactions surprises. Certains sont même aller imputer cette envie à un vieux fond de jansénisme familial.

Peu m’importe en fait car Berlin ne m’a pas déçue. Culturellement, architecturalement, urbanistiquement et, bien sur, culinairement c’est une ville qui vaut le détour. Et bien entendu, le séjour s’est avéré trop court pour ne faire ne serait ce que la moitié de ce que je voulais y faire. Peu importe, j’y retournai.

J’avais réservé une visite au Reichstag, vieux souvenir de cours d’histoire et envie de voir de près l’architecture de ce qui abrite un des modèles démocratique occidentaux. On oublie trop souvent que les bâtiments marquent dans l’espace physique l’imaginaire d’une nation.

Je reviendrai peut être plus tard sur le Reichstag, et son dôme transparent, mais je voudrais parler d’un monument qui se trouve non loin.

Soyons honnête, j’ai d’abord été attiré par le nom de la rue qui le longe. Un peu comme une plaisanterie mais comment résister dans une ville ou les rues portent des noms comme Kant ou Marx à rendre hommage à la rue Hannah Arendt ?

Cette rue borde le monument dédié au souvenir de la Shoah. J’avais encore un vague souvenir des polémiques qui avait eu lieux pour son édification.

Quand on le regarde de l’extérieur, ce monument a quelque chose d’anodin. Il ressemble à un alignement bien sage et ordonné de bloc de bétons. On pourrait presque passer à coté, noter sa présence, sans plus sans émouvoir.

Mais en s’approchant, il y a quelque chose de véritablement étrange à regarder ses alignements bien droits de blocs.

L’état d’étrangeté s’installe au fur et à mesure qu’on s’en approche. Le soleil est là mais l’ombre qui se dessine entre les blocs fait mentir le coté anodin du monument vu de loin.

On se sent presque happé dans ces allées dans lesquelles on s’enfonce presque à son corps défendant, les blocs que l’on domine de l’extérieur prennent alors l’ascendant. Chacun d’eux vous domine.

J’ai vu des traces de chaussures de gens qui ont visiblement essayé de monter au sommet des blocs. Les traces s’arrêtaient à mi-hauteur. Au milieu de ses blocs, là où la lumière du soleil ne vous atteins plus, il n’y a pas d’échappatoire par le haut.

Il faut continuer, presque en baissant la tête sous le poids, pour enfin sortir du ventre du monstre. Ce qui est étrange c’est la douceur de ces blocs qui vous écrasent. Ils n’ont rien de rêche et, sauf l’absence de chaleur, on a la sensation de toucher une peau en les effleurant.

Les blocs finissent par perdre de leur hauteur et la pente de l’allée ramène au niveau de la rue. On se retrouve alors face au grand parc du centre de Berlin sous un beau soleil d’été. En se retournant, on a alors l’impression que ce que l’on vient de vivre n’a pas pu se passer. Les blocs sont toujours là sous un soleil souriant. Il est impossible de dire si ce que l’on vient de vivre c’est bien passé.

J’ai longuement lu le livre de Thimothy Snider « Terres de sang ». Ce monument, même s’il n’est dédié qu’à une part des massacres européens, m’a aidé à comprendre ce qu’il y écrivait. Il m’a aussi rappelé que même ce qu’il y a de plus monstrueux ne peut pas échapper à l’explication et à l’analyse. C’est la meilleure garantie pour pouvoir garder notre humanité. Cette humanité que n’a cessé de défendre Hannah Arendt justement.

Je retournerai à Berlin, voir beaucoup d’autres choses, mais je repasserai aussi par cette rue. Et par ce monument.

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Réflexion sur un 8 mai

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olivier_anthore on 9th mai 2013

Il y a toujours quelque chose d’étrange pour ceux qui comme moi n’ont jamais vécu une guerre de se rendre aux cérémonies de souvenirs d’une guerre passée. Surtout qu’à coté de soi, il y a très souvent des gens qui eux l’ont vécus et parfois durement dans leur chair même.
La passion de l’histoire, l’intérêt pour la mémoire ne peuvent remplacer l’intensité du regard d’un homme vous racontant une embuscade dans une oasis où il avait la « position du fusillé » pendant que ses camarades avaient, eux, trouvé les abris qui les protégeaient des tirs.
Alors pourquoi s’y rendre ? Peut être justement pour rencontre de tels hommes. Aussi pour se rendre compte que bien que notre quotidien se déroule nonchalamment des hommes se battent et souffrent au nom de notre pays. Ce 8 mai justement deux d’entre eux ont été décoré de la croix du combattant.
Tout ceci donne un relief particulier à cette période difficile qui a amené la France au bord du gouffre. Un moment où seule l’union nationale a pu préserver notre pays à la fois de la domination nazie mais aussi de l’étouffante présente de nos amis, tout prêt à nous reconstruire selon leurs préceptes. Quand ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n’y croyaient pas combattaient côte à côte, l’espoir n’était plus un vain mot. Il a fallu en combattre des divisions, de radicales oppositions pour arriver à mettre à la même table ceux qui cinq ans auparavant étaient prêt à se tirer dessus. C’est ce qui a fait la grandeur de notre pays, sa capacité à s’unir. Il y eu le CNR justement rappelé par le député-maire. Mais surtout cette belle certitude rappelée par le poète :

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Aragon – La Rose et le Réséda (Extrait)

C’est peut être la raison principale pour laquelle il est bon d’être présent à cette cérémonie. Bien sur nos temps sont moins tragiques. Mais ils sont tout autant difficile pour ceux qui ont peu et qui peine à se maintenir. Et notre responsabilité à tous est bien de savoir faire fi du calcul pour s’unir et faire face.
Alors oui, il y a toujours les ayatollah de la pureté idéologique, les calculs mesquins de préséance qui s’opposent à l’union. La situation n’est sans doute pas assez tragique pour faire taire ceux qui veulent faire parler leur intransigeance au lieu de leur intelligence.

C’est sans doute ce qui fait des centristes une famille politique autant conspuée. Elle a toujours cru essentielle la préservation de l’unité dans le respect de la diversité. C’est une famille qui a toujours obstinément refusée l’idéologie de tous bords.

C’est dans la tragédie qu’elle trouve sa justification. C’est ainsi et le rôle de pivot du MRP pour la sortie du marasme de la fin de la guerre n’en est qu’une confirmation. C’est cet esprit qui continue de nous animer en toutes circonstances. Cet esprit est notre force et notre croyance en dehors de la tragédie, il reste notre boussole dans les choix qui s’annoncent.

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Ces nuits terribles d’Octobre 61

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olivier_anthore on 18th octobre 2011

Une démocratisation effective peut toujours se mesurer à ce critère essentiel la participation et l’accès aux archives, à leur constitution et à leur interprétation

Jacques Derrida – Mal d’archives

 

Hier soir je me suis rendu à l’avant première du documentaire de Yasmina Adi, « Ici on noie des Algériens » organisée par les sections de Créteil et Bonneuil de la LDH.

Le parti pris de ce film est de ne montrer que la répression consécutive aux manifestations du 17 et 19 octobre 1961. Le bilan officiel de cette répression peut faire rire ou pleurer : entre 2 et 30 mort selon la période. Il suffit de réaliser que la préfecture de la Seine a ouvert pas moins de 60 informations judiciaires suite aux cadavres trouvés dérivants pour se dire que ces bilans sont au mieux des farces cyniques et au pire complices.

Ce film est dur. Pas nécessairement dans les images mais dans ce qu’il remonte à la surface à travers la parole des témoins. Le témoignage d’une voix si douce et brisée par l’émotion, après toutes ces années, d’une femme dont le mari a disparu probablement embarqué dans les ratissages a de quoi remuer au plus profond. Sa recherche éperdue du père de ses enfants, l’aide vaine de ses voisins et le mépris gêné des autorités de l’époque, rien ne ressemble à ce que nous pouvons aimer de la France.

Le pire de cette affaire est que la répression n’avait pas commencé pour ces manifestations mais qu’elles ont été l’occasion de l’amplifier jusqu’à un degré inouï en France métropolitaine.

Combien de mort ? 60, 200, 400 ? Difficile de dire faute d’archives à confronter. Car le problème est bien là finalement. La plupart des acteurs de ces événements sanglants sont couverts par les amnisties mais les familles des disparus ne peuvent toujours pas savoir ce qui est vraiment arrivé à leurs proches.

Les archives ont été partiellement ouvertes mais il pèse un soupçon fort de « nettoyage ». Par exemple, il serait intéressant de savoir ce que sont devenus les archives de la brigade fluviale de cette époque. Sont elles vraiment perdues comme certains l’affirment ? Ce serait une faute inexcusable de l’administration française.

Car, des traces, il y en a forcément. Pour déployer autant de forces de sécurités, il y a des plans opérationnels, des ordres de déploiement. On peut donc savoir quelles unités ont été déployées et où. On peut aussi savoir quelles armes et quelles quantités de munitions ont été distribuées et à qui. On peut aussi savoir combien de munitions ont été rendues…

Enfin, puisque la plupart des acteurs sont encore là et ne peuvent plus être inquiété, la France se grandirait à mettre en place une commission vérité et réconciliation. Appuyé sur les archives, couvert par les amnisties, rendre aux familles ce minimum de savoir quand, où et pourquoi leur proche leur a été enlevé.

Ne fus-ce que pour la mémoire de Fatima Bédar, 15 ans, dont le corps fut retrouvé flottant dans le canal Saint-Martin. Plus jeune victime recensée de ces nuits terribles d’Octobre 61.

Pour aller plus loin :

Le site du film avec la bande annonce, des interviews et surtout des repères chronologiques qui remettent bien le film dans son contexte (je regrette que le film ne le fasse pas assez) : http://www.icionnoielesalgeriens-lefilm.com/

La page Facebook du film pour tous les événements autour : http://www.facebook.com/17octobre1961

 

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3ème rencontre des marianne de la diversité : une laïcité désirable ? (2/3)

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olivier_anthore on 3rd mai 2011

Deuxièmes parties de mes réflexions suite aux rencontres des Marianne de la diversité.

Une autre question c’est qu’est ce qui a pu rendre la laïcité désirable en France et aussi incompréhensible ailleurs. En effet, Olga Trostiansky signalait, lors de son intervention, la difficulté de faire comprendre le concept de laïcité « à la française » même parmi les autres pays européens.

Classiquement, l’émergence du concept de laïcité en France est lié aux guerres de religion et à la mise en place des édits de tolérances. Mais l’Allemagne a connu des guerres de religions aussi dévastatrices que la France et n’a pas la même conception de la laïcité. Joseph II a édicté un édit de tolérance dans toutes les possessions des Habsbourgs (Pays Bas, Belgique, Autriche et Hongrie) et pourtant là aussi la conception de la laïcité n’est pas la même.

Faut il y voir un effet de notre centralisme ? En effet, l’Allemagne n’existait pas en tant qu’entité politique unitaire à l’époque de la guerre de trente ans. Le Saint Empire romain germanique dans lequel l’Allemagne actuelle était incluse, se caractérisait par une grande latitude des princes à gérer chacun leurs affaires. La solution apparaissait alors, jusqu’à Joseph II, de considérer que le prince faisait la religion de son état. Catholique ou Luthérien, selon la religion du prince (cujus regios, ejus religio).

L’unification les a conduit à trouver un modus vivendi loin de notre vision de ce qu’est la laïcité. Ce modus vivendi peut se résumer à ce que l’état fédéral continue de maintenir les positions acquises des différentes religions allemandes en leur reversant à travers l’impôt les subsides que leur versait les princes.

Finalement aurions nous eu la laïcité si nous n’avions pas été un seul royaume sous un seul roi ?

Pour les pays arabo-musulman, la question est différente puisqu’il n’y a plus eu de guerre de religion depuis les croisades. C’est d’ailleurs tellement sensible que c’est systématiquement le concept qui revient dans les esprits des extrémistes musulmans quand ils sont confrontés à une autre religion.

Une réflexion de Mme Kriegel m’a alors particulièrement interpellée :  « je pense qu’il y a une dimension universelle à la laïcité française »

En effet, selon elle, certaines idéalités sont nées d’un particularisme mais ont réussi à devenir universelles. Par exemple les mathématiques sont indiennes, arabes et grecques mais maintenant elles sont devenues universelles.

En y réfléchissant, je suis vite arrivé sur le constat que ce qui a rendu les mathématiques universelles c’est qu’elles ont une dimension profondément désirable. En effet, les mathématiques donnent une capacité de maîtrise à ceux qui les utilisent sur leur environnement. Alors la question vient de savoir en quoi la laïcité est elle capable de se rendre désirable ?

Pour reprendre l’exemple du monde arabo-musulman, cette question se pose de manière particulière devant le fait que de nombreuses femmes éduquées se sont remises à porter le voile et à tourner le dos à la modernité occidentale. Elles ne tournaient pas nécessairement le dos à la laïcité mais de fait la laïcité faisait partie de ce qu’elles rejetaient.

Cujus regio, ejus religio

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D’où vient le département ?

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olivier_anthore on 18th décembre 2010

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Vous trouverez ci-dessous le premier volet des trois chroniques diffusées sur Frequence Orange sur l’histoire des départements (deuxième volet, troisième volet). Malheureusement les ennuis de podcast font que la version audio n’est pas disponible.

Selon un sondage IPSOS de novembre 2009, 80% des Français se déclarent attachés à leur département. La bronca, relayée par certains parlementaire, sur la suppression des numéros départementaux des plaques minéralogique est une autre preuve de cet attachement.

Etrangement  peu seraient capable d’expliquer d’où viennent les départements et la raison de leur création. Imagineriez-vous les départements, « enfants chéris de la révolution », issus de l’Ancien Régime ? C’est pourtant avec Philippe Auguste, le grand père de Saint Louis, que l’on doit des baillages, circonscriptions administratives du domaine royal, à la fin du XIIème siècle. C’est les débuts des départements.

Le souci du roi était de reprendre le contrôle de son territoire sans dépendre de seigneurs féodaux prompts à tourner casaques et monnayant leurs participation dans sa lutte contre les grands princes du royaume. Il lui fallait donc un instrument de contrôle territorial qui, lui devant tout, ne pouvait refuser son soutient et lui permettrait de tirer le meilleur parti de son territoire.

Il mit à la tête de ces territoire un bailli, officier royal directement inspiré par les Plantagenêt. Cette famille, que nous connaissons tous par la lutte fratricide entre Richard cœur de lion et Jean sans terre, contrôlait les duchés d’Aquitaine et de Normandie en plus du royaume d’Angleterre. Vous réalisez à l’époque l’organisation que cela demandait ? Le bailli sera donc celui qui, sur le territoire royal, gérera aussi bien l’administration royale locale, en fait surtout les impôts, que la justice et contrôlera même la police avec les prévôts. L’équivalent moyenâgeux du commissaire divisionnaire. Il est donc un officier de l’état qui préfigure il y a neuf siècles le préfet d’aujourd’hui mais avec de plus larges pouvoirs.

Comme souvent en France, cette institution n’a pu que se rajouter aux institutions existantes (évêchés, fiefs, marches, duchés) sans que les limites territoriales soient forcément cohérentes. Sous Louis XIV, un premier projet de réforme proposant de créer des départements et la remise en cohérence de l’ensemble sera rapidement enterré. L’amour de la réforme était déjà fort dans notre beau pays. Ce projet ressorti de l’oubli avec l’assemblée constituante qui fit naître, le 15 janvier 1790, les départements que nous connaissons actuellement.

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Fêtes des indépendances : lendemain difficile

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olivier_anthore on 13th décembre 2010

Les éotilés

Samedi j’ai eu le plaisir de répondre à l’invitation d’une association d’entraide « Les mains ensembles » qui organisait une journée de fête autour des indépendances africaines.

La date choisie était hautement symbolique puisqu’il s’agissait du jour anniversaire des cinquante ans du Burkina Faso (ex Haute Volta).

A cette occasion était diffusé un film d’Anice Clément et Jacques Merlaud, Akwaba les éotilés à livre ouvert. Le film tournait autour du travail de Claude-Héléne Perrot avec une ethnie minoritaire de Côte d’Ivoire, les éotilé, et du livre sur leur histoire dont elle venait faire la restitution au peuple dont il était le sujet.

Ce film est un vrai film de rencontre pas un film ethnologique. Il parle de gens simples et fiers de leurs racines. Conscient aussi de leur fragilité, la langue éotilé n’est plus correctement parlée que par six personnes.

Ce film montre une Côte d’Ivoire loin de ce que l’on peut entendre par les informations. Elle montre une Côte d’Ivoire avec des problèmes criants d’infrastructure : manque de médecin, manque d’école.

Un pays réel loin des discours tels qu’on peut en être abreuvé. Cela aide aussi à comprendre pourquoi le peuple Ivoirien n’a pas voulu donner quitus à l’ancien président Gbagbo de son mandat.

On y voit aussi comment les communautés traditionnelles sont maintenant misent sous contrôle de l’état Ivoirien. Lors de la cérémonie d’intronisation d’un chef de village éotilé, était présent le préfet mais aussi madame Gbagbo elle-même. Comme le notait madame Perrot, ceci était nouveau. Il y a même cinq ans, si le préfet avait été présent, il n’aurait pipé mot. Mais là, avant que le chef signe le papier officialisant sa charge, il eut le droit à un discours de la préfet lui fixant précisément ses responsabilité et l’attitude qu’il se devait d’avoir.

On voit par là que le déni de démocratie que constitue le refus de l’ancien président d’obéir aux urnes n’est pas un acte désespéré et sans lendemains. Il s’inscrit dans une perspective de long terme de prise en main de la société Ivoirienne au moins au Sud.

Longtemps ce pays a été considéré comme la Suisse de l’Afrique de l’Ouest. Il est à craindre que malgré la volonté de changement du peuple exprimé par l’élection de monsieur Ouattarra ce temps soit du passé.

Il reste un espoir que sous pression internationale, la voix du peuple soit enfin écoutée et que la Côte d’Ivoire ait enfin un gouvernement digne d’elle. Un gouvernement qui saura s’occuper de ses besoins, un gouvernement qui saura stopper la spirale régressive dans laquelle elle s’enfonce.

Je ne peux qu’espérer que le président Ouattarra aura les moyens et la volonté de cette noble ambition.

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Les débats révolutionnaires autour des départements

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olivier_anthore on 13th octobre 2010

Voici le texte de la troisième chronique que j’ai faite sur Fréquence Orange, téléchargeable ici. Il s’agit du deuxième volet d’une série de chronique sur l’histoire des départements. Le troisième volet est téléchargeable ici et le texte est ici.

Remettre en cohérence un ensemble territorial est toujours une source inépuisable de débats. N’allez pas croire que se soit uniquement par envie de briller, l’organisation territoriale est ce qu’il y a de plus structurant dans notre manière de voir le monde.

Lors des débats de l’assemblée révolutionnaire pour la création des départements, deux vues se sont opposées : une vue rationaliste et une vue historique.

Du coté rationaliste, vous trouverez Thouret et surtout Sieyès, le constitutionaliste et auteur du serment du jeu de Paume. Pour eux, il fallait créé un maillage géométrique du territoire qui aurait par sa forme institué une égalité de fait. Pour cela on aurait découpé le territoire en 80 départements carrés de 18 lieues de côtés divisés en 9 communes, ou districts, eux-mêmes divisés en 9 cantons. A priori absurde, (que se serait il passé si une limite de département avait coupé une rue ou une maison ?) la vision était celle de ne plus tenir compte du passé mais seulement de la nécessaire égalité de tout citoyen face à l’Etat.

Mirabeau, qui souhaitait garder une continuité historique, préférait passer par  un découpage négocié avec les représentant locaux, « qui ne paraisse pas une trop grande nouveauté » et finalement beaucoup moins technocratique.

Ce fut elle qui l’emporta. Cette division réussit à supprimer les incohérences de l’Ancien Régime et de permettre à tout citoyen de se trouver à une distance raisonnable, au plus une journée de cheval, des différentes institutions. Sa permanence malgré les vicissitudes montre sont efficacité.

Nous verrons dans une prochaine chronique les détails et l’évolution des institutions départementales.

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