Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Encore une rentrée…

Posted by olivier_anthore on 5th septembre 2012

C’est la rentrée ! Ce grand moment de notre imaginaire collectif qui structure à ce point notre temps qu’il en devient un début d’année. En France, la prédominance du parcours scolaire dans la carrière professionnelle est telle qu’il n’y a finalement rien d’étonnant. Tous les témoignages des parents vont dans le même sens : l’avenir professionnel et social de leurs enfants est liés au parcours scolaire. Je trouve cela regrettable mais l’enracinement de cette croyance est tel qu’il serait vain de la faire disparaître à cours terme.

Pour un démocrate, comme le rappelle justement Laurent Watrin, l’école est aussi un élément essentiel mais dans la construction du citoyen. C’est pour cela, que ce sujet est un incontournable aussi pour nous.

Le nouveau pouvoir cherche aussi à se distinguer du précédent dans ce domaine. C’est heureux. Je ne peux malheureusement pas m’affranchir d’un doute quand j’entends les fameux « éléments de langages » utilisés qui ne semblent finalement que les symétriques de ceux des précédents ministres. Tout semble donner l’impression que le l’on passe d’un discours de ressources humaines de grandes entreprises à un discours volontaristes basés sur les moyens sans réflexions sur les organisations.

En effet, dans les deux cas, les décisions sont toujours prisent au sommet et aucune analyse sérieuse des différents rapports de bilan fait ne semble devoir être prise en compte. Aurons-nous en ce domaine, comme dans tant d’autres, une nouvelle mission interministérielle ou, mieux, un Grenelle de l’Education ? Tout cela faisant fi, bien entendu, de ce qui les a précédé.

Un exemple sur notre région a été la répartition des postes supplémentaires. J’avais déjà signalé que Paris était très richement doté par rapport aux autres départements et en particulier le 93 et le 94. Et pourtant, dans un silence étonnant, Paris a eu le droit à sa ration de postes supplémentaires.

Je ne m’oppose pas par principe à la création de poste. Ce qui me trouble c’est de me rendre compte que le niveau baisse sans qu’aucune réflexion sur les méthodes d’enseignement soit faite. Nous avons certes de grands théoriciens de la pédagogie en France. Selon la couleur du président, ces grands théoriciens via les ministères arrivent à faire partiellement appliquer leurs réformes muries au fond de leurs bureaux. Jusqu’à ce que la couleur du président change, ou tout simplement qu’il quitte par usure de l’âge, et les nouveaux conseillers du prince viennent avec leurs idées remplacer les précédentes.

Les enseignants résistent plus ou moins à la pression au nom de leur autonomie pédagogique. Ce qui entraine que l’enseignement devient illisible pour les non initiés. Or ceci est de moins en moins bien supporté dans une époque qui demande de la transparence et de la communication.

D’où des stratégies d’évitement via le privé et le jeu des adresses pour être dans un collège ou un lycée à bonne réputation. Il est toujours troublant de se rendre compte le nombre croissant de professeurs qui pratiquent ces stratégies pour leurs propres enfants.

Plutôt qu’une réforme de l’enseignement, il serait peut être opportun de penser à un plan stratégique pour l’école en remettant au centre les professeurs comme prescripteurs et en pensant à une évaluation systématique des méthodes. Notre baisse inexorable dans toutes les évaluations internationales devraient nous convaincre de l’importance d’un sursaut national sur ce sujet.

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L’éducation dans la campagne : un silence assourdissant

Posted by olivier_anthore on 1st mai 2012

Si je devais ne retenir qu’un phénomène dans la manière dont cette campagne présidentielle se déroule c’est la manière dont les journalistes et la majeure partie des candidats s’acharnent à éviter les sujets de fonds.

Toutes l’année dernière avec les pays arabes et avec les indignés grecs, espagnols et même canadiens actuellement, la question de la démocratie a été posée. Force est de constater que cette question a été soigneusement évitée si l’on excepte Mélenchon et Bayrou. Vaguement, mollement devrais je dire, Hollande semble vouloir aborder ce sujet. Nous verrons ce que les mois qui viennent amèneront.

Mais une des conditions de cette démocratie est l’éducation. Or nous constatons que cette condition se dégrade en France. Petit à petit notre pays lâche prise et ceci se voit dans les classements de notre pays au niveau mondial.

C’est pour cela que je suis étonné que le rapport de la cour des comptes caractérisants la répartition inégalitaire des moyens de l’éducation nationale ait fait aussi peu de bruit. On apprend en lisant l’article du Monde des choses que je trouve effrayantes.

Tout d’abord que l’Éducation Nationale peut se permettre de ne pas communiquer des informations à la cour des comptes. Comment peut on parler de surveillance du fonctionnement de l’État si la cour des comptes ne dispose pas des informations nécessaires ? Parle t’on d’enquête administrative ? Non. De sanction en cas de rétention d’information avérée ? Encore moins. Tout se passe comme si chacun admettait que l’Éducation Nationale n’est pas tenue de donner de manière impérative les informations à la cour des comptes.

Mais avec les informations fournies, la cour des comptes arrive à démontrer qu’il n’est pas bon d’être élève dans l’académie de Créteil. Je m’étais déjà étonné de l’incohérence des suppressions de postes annoncés l’année dernière dans l’académie.

Le rapport de la cour des comptes ne fait que confirmer que quelque chose ne va pas. Et lire que pour M. Jean-Michel Blanquer : « son affectation des moyens tient compte des nécessités de compensation » et que son mode d’attribution est « complexe mais pas opaque » me fait littéralement bondir. La simplicité et la lisibilité des actions de l’État sont aussi une des conditions de la démocratie. Car, sans cela, comment les citoyens peuvent ils se prononcer en conscience sur les grands choix de la Nation ?

La responsabilité de l’État est énorme et, ce que je crains, c’est qu’aucun des deux candidats ne s’attaquent sérieusement à ce problème.

Que feront 60 000 postes supplémentaires s’ils ne sont pas affectés là où les besoins sont réels ? Sans compter que leur financement me parait toujours très hypothétique

Que donneront des heures supplémentaires si elles sont effectuées par des professeurs dans des zones où les besoins sont déjà largement couverts ? Et là aussi le financement ne tient que sur une hypothèse de croissance que le FMI ne valide pas.

Il est regrettable que le seul capable d’avoir un discours cohérent sur ce qui déterminera notre avenir démocratique ai été aussi peu entendu dans cette campagne. Entendre des responsables d’associations de parents d’élèves ou des adversaires politiques le regretter n’a été qu’une faible consolation pour moi.

Bref, je vais suivre attentivement très attentivement le débat du 2 mai mais j’avoue que, sauf arguments nouveaux sur la répartitions des moyens de l’éducation, la tentation de les renvoyer dos à dos sera grande.

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L’étrange agitation sur le genre

Posted by olivier_anthore on 2nd septembre 2011

La rentrée approche, les professeurs s’acheminent vers les écoles et pendant ce temps l’actualité politique semble vouloir focaliser sur les programmes.

Pendant que Luc Chatel souhaite rétablir la morale dans les programmes, une lettre de 80 députés UMP lui a été adressée. M. Copé a d’ailleurs repris à son compte l’inquiétude exprimée de l’apparition des « gender studies » dans certains manuels scolaires destinés aux classes de premières.

Cette inquiétude n’est pas nouvelle. Déjà, au mois de Juin, l’épiscopat français et la direction de l’enseignement catholique s’étaient émus de formulations maladroites présentes dans un manuel sur l’influence de la culture dans l’identité sexuelle.

Je trouves étonnante de cette lettre et cette polémique. En effet, contrairement à ce qui est demandé dans cette lettre, le ministère ne contrôle pas les manuels scolaires quelle que soit la matière. Ces députés, à tout le moins M. Copé, devraient le savoir. Sur ce point, il serait bon de rappeler la liberté de choix du manuel de l’enseignant et, encore plus important, sur sa liberté de prendre la distance qu’il juge utile vis à vis de ce manuel.

Nous avons là clairement une instrumentalisation d’un débat obtenue en tordant la signification des mots. « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » disait Camus, nous en voyons là une nouvelle illustration. En effet, nous passons de la notion d’identité sexuelle, cœur d’étude des gender studies, à la notion de pratique sexuelle. Ce qui est dit, dans les extraits cités dans cette lettre, est que le fait de se sentir masculin ou féminin, et la manière de le ressentir, est aussi une construction culturelle. Il n’est donc rien dit des pratiques sexuelles.

Le plus piquant est que ce point de vue est aussi admis par Monseigneur Ginoux : « Il faut d’abord reconnaître que, effectivement, la culture, ce qui est acquis, participe à la construction de notre sexualité ». Son inquiétude se situant sur une utilisation de ces études pour nier la différence biologique entre homme et femme.

Retournons à la prise en main de ce débat par la droite populaire. Cette polémique apparaît comme une sorte de tradition que l’UMP semble vouloir créer lors de l’été des discours chocs à connotations rétrograde. Après l’échec du discours sécuritaire, aurons-nous une tentative de remise au pas de ce qui doit être enseigné aux lycéens ? Où alors, ceci permet de créer le bruit nécessaire pour faire oublier des « repérages » qui violent manifestement la loi.

Pour ma part, je souscris à la vision d’un lycée où se construit une architecture de connaissances et de capacités ainsi qu’une autonomie de jugement. Proposer, en élément de réflexions, la notion de genre aux lycéens apparaît donc comme propre à les aider à construire les choix qu’ils seront amenés à faire en tant que citoyen. Cette réflexion étant accompagnée par un enseignant qui permet la mise à distance de ce que peux affirmer un simple manuel.

Il est essentiel de clarifier ces points car ces confusions participent aux débordements homophobes que nous avons à déplorer trop souvent. Car bien nommer les choses participent à atténuer les malheurs du monde.

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Une soirée avec François Bayrou

Posted by olivier_anthore on 15th juillet 2011

Un peu débordé ces derniers temps, je n’ai même pas eu le temps de mettre en ligne le « livetweet » d’un discours de François Bayrou fait le 23/ mai 2011. Petites notes prisent à la volées et limitées à 140 caractères, ce livetweet n’a pas la prétention de rendre compte du discours mais de faire ressortir quelques petits traits saillants.

Vous y trouverez beaucoup des thèmes familiers à ses discours : la désindustrialisation, l’éducation et, de manière transverse, l’exigence de justice.

Je vous laisse vous faire votre idée :

Direction le Plessis Trévisse pour la rencontre entre François #Bayrou et les militants du 94

Arrivée de François #Bayrou et discours souvenirs de J. J. Jegou

Je ne suis pas connu pour dire du bien de tout le monde. Je sais être sévère avec ceux qui le mérite. #Bayrou

Comme Jean Jacques je ne mets pas la carrière politique au dessus des idées. #Bayrou

Vous savez que notre pays va mal ce qui est un mystère pour moi. Car nous avons tellement d’atouts inexploités. #Bayrou

En France l’égalité des chances n’existe pas : seul le hasard joue pour le « bas » de la pyramide. #Bayrou

La France vis une série de traumatisme profond qui semble ne pas vouloir s’arrêter. #Bayrou

Madame Lagarde a menti devant la commission des finances de l’assemblée nationale sur le montant donné à Tapie. #Bayrou

Un pays a besoin d’avoir confiance dans leur gouvernant. Pas pour faire des miracles mais pour leur dire la vérité. #Bayrou

15 jours après avoir porté plainte contre elle, Aubry et Hollande la soutiennent pour le FMI ! #Bayrou

Petit gag : François #Bayrou répond sur le portable d’une dame et premier rang

Les députés aujourd’hui ont leur mandat non par le peuple mais par le président et la vague de l’élection. #Bayrou

Moi ça m’irait bien qu’il y ait de vrai sondage mais pas des manipulations qui n’ont plus de sens. #Bayrou

Nous avons besoin d’un changement tranquille et profond pour la France. C’est notre premier enjeu #Bayrou

Le deuxième enjeu pour notre pays est de lutter contre notre appauvrissement. #Bayrou

Le problème ce n’est pas le salaire car les salaires allemands sont plus élevés qu’en France. #Bayrou

La différence de prix entre un jean turc et français serait de 4€. Alors pourquoi ne pas le faire ? #Bayrou

On peut sans changer de style de vie économisé 15% de notre consommation d’énergie : en changeant de conduite. #Bayrou

Il n’y a aucune bataille perdue dans la production industrielle en France. #Bayrou

Le troisième enjeu est de rendre à notre pays l’éducation qu’elle mérite : la meilleure ! #Bayrou

Le plus gros problème dans les familles ce n’est pas de ne pas parler le français mais de ne pas parler aux enfants. #Bayrou

Je suis persuadés que ce qui se passe au sud de la méditerranée va faire bouger au nord comme en espagne. #Bayrou

On ne peut pas mener un pays où les gens vivent avec 700€ par mois. #Bayrou

Il n’y a pas de baguette magique mais il y a une volonté et une bataille à mener. #Bayrou

Questions de la salle. #Bayrou

Je ne comprends pas qu’on puisse payer des charges sociales, des impôts et se voir refuser des papiers ! #Bayrou

Je pense qu’un des enjeux de la campagne à venir va être de tirer le pays vers le haut. #Bayrou

Je pense que nous devons considérer les français comme des responsables et pas des consommateurs à manipuler. #Bayrou

Une mesure concrète que je veux défendre pour l’éducation c’est une école des parents. #Bayrou

Il faut remettre en route les RASED. #Bayrou

Morin et Borloo ? Ce sont des sornettes ! Après 9 ans d’approbation on ne peut pas s’opposer ainsi ! #Bayrou

Il y a une solidarité européenne de fait mais ma responsabilité c’est de penser pour la France. #Bayrou

Il faudra de nouvelles recettes à condition qu’elles soient justes. Une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu est à étudier. #Bayrou

Il y a en France des milliardaires qui ne payent pas d’impôts ! #Bayrou

Je pense que le financement de la dépendance doit être prise moitié sur la solidarité nationale et moitié sur l’assurance. #Bayrou

Fin de l’intervention de François #Bayrou. Direction le buffet :)

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Apprendre les langages informatiques comme une langue ?

Posted by olivier_anthore on 6th mai 2011

Ce billet est une réaction à la tribune de Mehdi Benchoufi et d’Éric Legrandic parue dans le Monde « Inscrire les langues informatiques dans les programmes scolaires ». Le Monde n’autorisant les commentaires qu’à ses abonnés, j’ai envoyé ce texte à un des auteurs et je le publie sur mon blog.

La première chose qui m’a étonné, pour dire le moins, est la confusion apparente qui est faite entre langage et langue. Je voudrais proposer deux définitions pour expliquer mon étonnement.

Un langage informatique est un ensemble de mots-clés univoque (un mot n’a qu’un sens) destiné à agir sur une machine. Un langage informatique est certes doté d’une grammaire, peut s’enrichir de mots spécifiques par la création de fonctions, même dans certains cas voir un mot changer de sens avec le supersede autorisé dans certains langages.

Une langue est un langage naturel c’est à dire un ensemble de mots qui peuvent être multivoque destiné à interagir avec quelqu’un, ou quelque chose.

Je vois dans l’opposition entre les deux qui est faite dans cette tribune une opposition artificielle qui ne peut avoir d’autres buts, je l’espère, que de provoquer un débat.

De quel débat est il alors question ? Il semblerait que les auteurs veulent pointer le retard français au niveau technologique. Mais de quel retard est il question ? Car si retard il y a, en l’occurrence il n’est fait état que du retard dans le numérique. Notre pays peut s’enorgueillir d’une avance certaine dans quelques domaines mais il serait épuisant et vain d’être en avance partout. Quand on est la cinquième puissance économique mondiale et qu’on ne s’inscrit pas dans un ensemble plus vaste, en clair européen, il faut faire des choix.

Si l’on regarde les derniers résultats de l’enquête PISA, il est d’ailleurs beaucoup significatif de constater le recul constant des résultats en science des élèves français. Ceci est même sensible sur les mathématiques, matières devenues honnies comme étant porteuses de sélection après avoir été considérée comme l’honneur de l’esprit français.

De même que les mathématiques ne méritaient ni tant d’honneurs ni son indignité actuelle, il serait d’une efficacité douteuse de réduire, dès le plus jeune age, l’informatique à travers le langage à un apprentissage de base au même sens que l’éducation civique.

Tout au plus en feront nous un langage mort avant d’être né. En effet, la force de ce langage est la capacité qu’il donne à agir dans un but donné. Mais quels buts peuvent être fixé à l’élève si au départ on donne lui donne pas la possibilité de le comprendre ? Définir un but cela demande de la culture qu’elle soit scientifique ou littéraire.

Pour conclure, je rappellerai à ceux qui on vu le film « The Social Network » que la grande force de Marc Zuckerberg n’a pas été de coder Facebook, mais de définir ce qu’il devait être et d’établir sa stratégie de diffusion. Le codage a été laissé à un obscur programmeur dont la présence fantomatique est vite évacuée dans le film. Et ce n’est pas un hasard.

Les « pisseurs de codes » sont rarement les héros de l’innovation. Une leçon à ne pas oublier si on veut compenser un retard.

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Favoriser lʼinsertion de nos enfants pour accroitre leur chance de réussite

Posted by olivier_anthore on 16th mars 2011

Notre devoir est d’offrir à nos enfants les meilleures chances de réussite scolaire, en particulier, pendant la phase délicate du collège. Nous voulons favoriser l’insertion de nos enfants dans la société, les aider à devenir des citoyens responsables et  soutenir les plus défavorisés. Il faut aussi poursuivre l’effort de rénovation des collèges sur l’ensemble du département.

  • Nous voulons qu’un objectif clair de rénovation des collèges Issaurat et Guyard soit fixé.
  • Nous voulons privilégier l’informatisation des collèges : nos enfants utiliseront plus l’ordinateur que la calculatrice.
  • Nous voulons favoriser l’engagement des jeunes dans les actions de développement. Chaque jeune doit pouvoir être valorisé dans ce qu’il peut faire. Agir concrètement et apporter de l’aide aux autres, c’est rendre un jeune fier et conscient de son potentiel.
  • Concevoir un plan collège privilégiant la création d’établissements de taille réduite pour les zones défavorisées et expérimentant un « collège des parcours diversifiés » répondant aux atouts et exigences de chacun,
  • Déployer une offre de prêts à taux zéro pour les étudiants.

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Suppression de postes : quelle cohérence ?

Posted by olivier_anthore on 19th janvier 2011

clementguyard

La nouvelle est tombée en début d’année comme un couperet, 571 postes vont êtres supprimés dans notre académie. Ceci veut dire 546 postes d’enseignants de moins à la rentrée prochaine. Le comité technique  paritaire, qui met autour de la table l’académie et les syndicats, s’est réunie et a précisée l’étendue des suppressions.

Pour le Val de Marne, les suppressions se concentre sur l’école primaire seuls les collèges échappent au lots communs avec 3 postes créés. A la dernière rentrée, 10 postes avaient été supprimés dans le second degré. Le solde est donc négatif alors que le nombre d’élève est en constante augmentation.

Nous vivons en direct la conséquence de la décision purement comptable de supprimer un fonctionnaire sur deux.

L’État doit s’adapter à l’évolution du monde. C’est une nécessité. Il ne faut pas pourtant que cette adaptation se fasse de manière aveugle et sans stratégie.

Le gouvernement a choisi de ne pas préserver l’éducation et l’enseignement de nos enfants du mouvement général de réduction des déficits.  Il n’y a donc pas d’analyse, de choix, de discernement  dans la réduction des moyens accordés à l’éducation nationale.

La première conséquence est que ces suppressions vont augmenter le nombre d’élève par classe. Nous savons que cette augmentation fragilise en premier les enfants des classes populaires.

La réduction du nombre d’adultes dans l’enceinte scolaire peut rendre également plus « tentant » les intrusions dans l’enceinte scolaire  transformant nos collèges et écoles en lieu ouvert aux règlements de compte. Notre département a déjà été le lieu de plusieurs faits divers de cette nature.

Faut il que le département compense cet abandon des collèges ? Avec quels moyens et pour quoi faire ? Bien évidement les interventions du conseil Général ne peuvent concerner que les moyens matériels, la construction et l’entretien des collèges étant de sa compétence.

Il est vrai que notre département pourrait faire plus et mieux en matière de moyens matériels accordés aux collèges.

La tentation de remplacer les adultes par des grilles et des caméras est forte. Mais cela ne règle pas la question de l’enseignement qui relève de la compétence seule de l’Etat et limite notre action à une débauche de moyens sécuritaires dont nous doutons de l’efficacité.

La logique productiviste du « faire plus avec moins » ne peut pas fonctionner quand il s’agit d’éducation.

Il existe des mesures dont le coût est faible : restaurer le prestige de l’enseignement et de l’enseignant. Respecter le savoir et ceux qui l’enseigne, récompenser les élèves méritant, responsabiliser les parents qui sont les seuls responsables de l’éducation de leurs enfants, consacrer le principe que les enseignants les plus expérimentés doivent assurer leur mission dans les secteurs les plus en difficulté.

Des mesures sont plus coûteuses mais nécessaires : revaloriser le salaire des enseignants ! D’ailleurs n’avait-on pas promis qu’en diminuant le nombre des fonctionnaires ces derniers seraient mieux payés ?

La politique du gouvernement doit être revue : les moyens qui assurent l’avenir de notre Nation ne peuvent pas faire les frais d’une décision idéologique. Nous ne pouvons pas l’accepter pour la jeunesse de notre département.

Au conseil général je défendrai cette priorité qu’est l’éducation et l’enseignement de nos enfants.

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