Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Un quartier numérique

Posted by olivier_anthore on 15th décembre 2013

Quand on a découvert dans le même temps, lors d’un stage à l’INRIA, la puissance de l’internet et l’indifférence française dans les années 90, on mesure mieux les progrès accomplis. Aujourd’hui, Créteil cherche à mettre en place un quartier numérique. C’est tard ? Peut être. Trop tard ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Il y a dans la démarche de mise en place quelque chose de neuf par rapport au projets habituels. Plutôt que de fomenter un outil loin des yeux des citoyens, l’idée a été d’impliquer des utilisateurs volontaires dès la conception de l’outil. Le choix, qui peut paraître anecdotique, de tenir des séances en dehors des heures de travail assurerait de plus que toutes les volontaires pouvaient y participer. Je rêve que les enquêtes d’utilités publiques aient le même soucis d’inclure tous les citoyens.

L’ancrage au quartier semble paradoxal pour un outil destiné à améliorer la relation des citoyens avec leur ville. Il faut se rappeler que Créteil reste une ville en pleine croissance. Un ville dont la population bouge et où le tissu urbain mute en permanence. Le quartier reste un point d’attache fort. On est « de la Croix des Mèches, « de la Habette », « du Palais », « du Halage », etc…

De l’ancrage ferme, il est possible de faire une base pour se projeter dans la ville. De ce point de vue, le quartier numérique est un bon outil pour faire ville. J’utilise ce terme de « faire ville » car une ville n’est pas une collection de grappes de constructions.La ville est un nœud de flux, une zone d’échange avec le monde et ses habitants mais aussi un lieu de mémoire. La régulation de ses flux, leurs ordonnancements, et la préservation de sa mémoire , c’est ce qui constitue chaque ville de manière unique.

Flux, un mot qui paraît abstrait, mais qui se traduit aisément concrètement. Les transports du domicile au travail, le traitement des ordures, des eaux usées, tous sont des flux. Visibles ou invisibles, leur dysfonctionnement peut étouffer la ville. Leur fonctionnement est vitale au corps qu’elle constitue.

Ce que je trouve intéressant dans ce projet c’est qu’il rend visible certains de ces flux. Il permet au citoyen de s’approprier l’organisation de la ville. Informations sur les travaux, possibilités de signaler des dysfonctionnements, ces outils permettront à chacun de savoir et donc d’être en capacité de participer aux décisions.

Autre point, la volonté de construire collectivement la mémoire de la ville. La communauté urbaine n’est pas qu’un présent, c’est aussi un passé qu’elle transporte et qu’elle transmet. La question dans ce genre de projet est de savoir ce qui doit faire mémoire et surtout quel doit être le processus de choix.

Un vrai projet qui avance donc et qui ouvre des perspectives passionnantes pour l’avenir. Je pense qu’il faudra suivre de prêt la mise en place pour ne pas trahir les belles promesses qu’il recèle.

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un urbanisme démocratique et durable

Posted by olivier_anthore on 22nd février 2011

cheret

Samedi dernier nous sommes allés à la rencontre des cristoliens pour présenter ma candidature. Moment essentiel de la vie de l’élu, cette rencontre est toujours pleine de surprises. C’est en effet le moment où vous sortez des dossiers et des chiffres pour « entrer dans le réel ».

En discutant avec une commerçante du centre commercial Chéret, elle me demandait si quelque chose ne pouvait pas être fait pour rendre un peu plus attractif la petite place au cœur de ce centre.

En discutant avec elle de ce qui serait souhaitable, je me suis vite rendu compte que sa demande était beaucoup plus profonde qu’un simple coup de pinceau. L’état des trottoirs, qui sont un parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite, sont déjà un indicateur du travail à faire. Sa demande était aussi de rendre ce quartier plus vivable en transformant ce lieu de passage en lieu de vie. La comparaison qui est souvent venue était de comparer ce centre au quartier de Créteil Village.

Ceci amène une réflexion de fond sur la manière dont les institutions pensent l’urbanisme dans notre ville et notre département. J’étais présent au comité de quartier des Bleuets lors de la présentation du réaménagement de la place des bouleaux. Déjà à ce moment, j’avais mesuré que les idées qui gouvernaient l’ensemble du projet conservaient la sacro-sainte séparation entre piétons et voitures et oubliait d’autres modes de circulation douce comme le vélo.

Bien entendu, la promesse est faite de mettre des panneaux de limitation de vitesse. Mais la conception de ces projets n’intègre ni ralentisseur, ni tracé de route empêchant des vitesses excessives, ni même un espace dédié aux vélos. Les aménagements ultérieurs seront à faire à la charge du comité de quartier.

Des réunions sont organisées, les citoyens amenés à se prononcer sur chaque projet. Mais lorsqu’une proposition est faite, aucune alternative n’est proposée. Vous pouvez vous prononcer, certes, mais sur les aménagements à la marge comme le positionnement des arbres. Pour la ville, aucune concertation sur le Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.) n’est aujourd’hui organisée. Au niveau départemental, depuis le bilan des déplacements de 2009, pas de rapport d’étape annoncés ni de concertations avec les habitants.

Pourtant, nous avons tous a gagné à changer la manière dont notre ville a été conçu jusqu’ici. Les déplacements vont coûter de plus en plus cher. Les « petits commerces » vont reprendre de l’importance car ils rendent de grands services. Les grandes chaînes de distributions l’ont très bien anticipé : elles réinvestissent en force les surfaces moyennes.

Il est de notre rôle de prévoir les impacts de ces changements et d’adapter les investissements en conséquence. Par exemple, en réfléchissant avec les habitants de la rue Chéret, sans oublier les commerçants du centre, pour rendre le centre commercial plus facile d’accès et plus agréable à vivre. C’est ce que je veux pour ce canton.

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Sécurité routière et cadre de vie

Posted by olivier_anthore on 5th juillet 2010

Il ne vous a pas échappé qu’à l’occasion de la mise en place du Cristolib, le débat sur les conditions de circulation et sur la sécurité routière à Créteil n’a pas, ou peu, été abordé.

Les principes d’urbanismes du Canton Ouest sont directement hérités des années 70. L’effet de ces principes est la création de grandes tranchées totalement dévouées aux voitures : RNIL 186, N19, avenue du général de Gaulle. Ce n’est pas une surprise si ces axes, propices aux vitesses excessives, sont aussi les axes les plus accidentogènes de notre commune, selon les statistiques départementales.

La mise en place de Cristolib devrait être l’occasion de remettre en cause cette domination sans partage de la chaussée par la voiture. En effet, si cela n’est pas fait, ce sont les piétons qui devront céder la place sur les trottoirs ce qui serait assez paradoxal.

Des solutions existent, mais la première condition semble être un meilleur dialogue entre le département et la ville. La mise en place de double-sens cyclable par la ville ou l’autorisation de la chaussée du TVM aux vélos n’auraient de sens que suite à une concertation des deux collectivités pour assurer la cohérence du plan de circulation.

L’exemple de la RNIL186 où, de part et d’autres, lycée, collège et lieu de culte sont situés sur les abords immédiats, montre à quel point il est urgent de trouver un moyen de diminuer la vitesse sur ce tronçon. La seule proposition de franchissement étant une passerelle trop éloignée et inadaptée à l’usage des riverains. Est-il besoin de préciser que cela empire si vous avez une mobilité réduite ?

Ceci est aggravé par le fait que cet axe sert d’itinéraire de délestage de l’A86 quand elle est saturée.

Mais toutes demandes se heurte au fait que, si la RNIL dépend du département, ses abords dépendent de la mairie.

Voilà un exemple de concertation concrète qui semble être de bon sens mais qui pour autant ne donne pas beaucoup de résultats visibles.

(éditorial publié dans la lettre cantonale du Canton Ouest Créteil de Juin)

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Easy riders sur Seine

Posted by olivier_anthore on 23rd août 2009

Pour ceux qui ont regardé le 66 minutes de M6 (à partir de la 34ème minute), il y a matière a une petite réflexion sur la place du vélo en ville en France.

Si on passe sur la dramatisation évidente (le titre : dossier noir du vélo, ton de la présentatrice qui ferait passer une personne à vélo pour un dangeureux criminel), il y a quand même un certains nombres de fait qui sont indéniables.

Un jour un bel esprit a affirmé qu’il suffit de mettre un volant entre les mains de quelqu’un pour diviser par quatre son intelligence. Il lui n’aura qu’à visionner ce reportage pour se rendre compte que cela marche aussi avec un guidon et même, tout simplement à pied.

Le vrai problème est sans doute plus dans notre attitude dans les lieux publics. Dans un pays qui se gargarise de fraternité et de solidarité, il suffit de nous écouter parler pour avoir des doutes sur notre éducation au vivre ensemble.

En effet, en France, on emprunte pas la route, on la prend. Et gare à celui qui cherche à nous prendre notre route !

Dans d’autres pays, des expériences sont menées pour un meilleur partage de la route et une relation plus pacifiées entre les différents usagers. Comme en Hollande par exemple.

Si nous voulons vraiment que les choses évoluent dans le bon sens, avec une place grandissante du vélos comme à Copenhague, il y a certes des choix à faire en faveur du vélo mais il y a aussi un changement d’attitude global de tous ceux qui partagent la rue. et c’est très loin d’être une utopie comme le montre cette vidéo sur Copenhague :

Copenhagen – City of Cyclists from Colville Andersen on Vimeo.

Car selon les objectifs de part du vélo dans les déplacements urbains, on ne pourra espérer qu’une part allant de 30 à 50% (50% c’est l’objectif de Copenhague à l’horizon 2015 sachant qu’ils sont déjà à 37%).

Vu l’étalement urbain et la difficulté d’adapter les transports en communs aux zones peu denses, la voiture a une utilité difficilement substituable pour une part non négligeable de nos citoyens.

Quoi qu’il arrive, il nous faudra apprendre à vivre ensemble dans la rue.

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Rêver la ville de demain

Posted by olivier_anthore on 13th juillet 2009

Dans le cadre de la biennale de Venise l’année dernière, un concours avait été lancé pour des projets sur la ville de demain.

Beaucoup de projets pouvaient retenir l’attention, pour ma part j’en ai retenu un : Beautiful EveryVille.Everyville
Je me suis permis d’en faire une traduction très libre que je vous livre ci-dessous :

« L’urbanisme à EveryVille (au traditionnel du terme) a échoué.
L’urbanisme traditionnel se compose d’un réseau complexe et des interactions entre l’activité et le lieu. La cohérence de ces deux facteurs a façonné notre pré-connaissance de l’urbanité au fil des générations, même si cette cohérence n’était pas sensible pas au cours du dernier millénaire. Dans les aménagements urbains, comme EveryVille, cette façon «issue du passé» de percevoir l’urbanité échoue car ces lieux ne sont plus déterminés par cette association entre l’activité et le lieu. Ici, le lieu est maintenant associée avec le temps. Ces caractéristiques de l’évolution urbaine contemporaine doivent être prises en compte et être mise à profit.
En ce qui concerne EveryVille, un moyen de toucher l’attention des populations de la ville doit être trouvé. Ce projet offre différentes actions pour EveryVille qui aideront à créer une identité urbaine, sans reproduire les éléments traditionnels de l’urbanisme. EveryVille a pris conscience de ses propres spécificités. Les éléments typique de la banlieue contribueront à la promotion de ces stratégies.
Les stratégies proposées utilisent la subversion, la guérilla et la communication officielle classique.
Pour apporter les services publics au plus près, un container se déplace dans EveryVille, qui change son emplacement en fonction de l’heure et de la fréquentation prévue. Au début, il est recouvert des attributs connus de la municipalité pour obtenir le maximum de reconnaissance. Le revêtement doit être adapté à la mairie du lieu et évolue au fur et à mesure du temps.
D’autres campagnes, comme «Space Invaders» profite du grand nombre d’espaces non utilisés temporairement. Tant qu’ils sont inutilisés des intervenantss peuvent les utiliser pour leurs propres fins.
Il existe également des stratégies que les gens risquent de ne pas reconnaître à la première vue. «Déviation» les guide à leur insu vers certains événements d’Everyville et la campagne «EveryGuerilla » par des actions inopinées (parfois pendant des heures) fait découvrir aux citoyens des aspect inconnus d’EveryVille.
EveryVille est belle! »

Bien sur rien n’est à appliquer tel quel mais rien que des services administratifs mobiles qui se positionnent au plus près des gens selon la journée ça mérite d’y réfléchir non ?

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