Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Une femme est morte, une mémoire reste

Posted by olivier_anthore on 1st juillet 2017

Mme Simone Veil a été pour la France une de ses figures tutélaires européennes.
Elle portait dans sa chair la trace de l’horreur qui avait ravagé notre continent. Elle avait fait partie de ceux qu’on désignait comme Untermenschen. Et elle avait survécu. Sans doute par rage autant que par détermination. Elle le reconnaissait lors d’une interview : les doux mourraient dans les camps. Il fallait être dur. Mais, et c’est ce qui fait d’elle un être exceptionnel, on pouvait être dur sans cesser d’être humain. Je me rappelle le témoignage d’une déportée parlant d’elle avec émotion et du cadeau d’une robe qu’elle lui avait faite.
Les camps ne l’avaient pas brisé. Elle est revenue vivre ce que la barbarie voulait lui retirer. Et quelle vie de femme a-t-elle eu ! Magistrate d’abord. Elle s’est intéressée aux prisons et aux conditions de détentions ensuite. Tocqueville l’avait fait aussi. Ce qui l’a amené à la politique.
Et c’est sans doute là que l’on peut voir que, malgré son fichu caractère, elle n’a jamais perdu le sens de la mesure. Appelée au gouvernement par un premier ministre de droite, Jacques Chirac, elle pris rapidement une position centriste dont elle ne s’est jamais départie.
Elle incarnait ce centrisme soucieux des valeurs humaines, historique et ouvert à la modernité. Elle pouvait dans un gouvernement de droite défendre et faire passer des lois identifiées à la gauche.
Car ce qui compte n’est pas de savoir d’où vient l’idée mais ce qu’elle peut apporter à nos frères humains.
Elle fut donc la ministre du droit à l’avortement. C’est ainsi que j’entendis la première fois son nom. A la radio, dans la voiture de mon père, je me souviens de cela. Du commentaire du journaliste dont je comprenais difficilement les mots, mais d’où ressortait une image d’une femme seule face à une assemblée hostile. Je me souviens des images au journal télévisée de cette dame élégante assise attentive devant des hommes parlant à la tribune. Calme, fermeté, ce sont des images qui marquent l’enfance.
Et puis il y eut Simone Veil porteuse de la cause des femmes. Avec la mise en place des femmes-relais. Simone Veil l’Européenne, première femme présidente du parlement européen et ce mémorable emportement lors de la guerre de la guerre de Yougoslavie. Simone Veil écrivaine et académicienne qui témoigna de notre passé tourmenté avec force et élégance.
Quelle vie. Quelle belle vie ! Quel cadeau fut elle pour notre pays !
Quelle immense tristesse de la voir partir.
Mais il nous reste une chose importante sur laquelle elle insistait avec obstination : la mémoire. C’est son leg et, si nous avons pour elle un sentiment d’admiration, c’est ce que nous devons faire fructifier.
La route est devant nous.
Aujourd’hui, 60 ans après, un nouvel engagement doit être pris pour que les hommes s’unissent au moins pour lutter contre la haine de l’autre, contre l’antisémitisme et le racisme, contre l’intolérance.
Les pays européens qui, par deux fois, ont entraîné le monde entier dans des folies meurtrières, ont réussi à surmonter leurs vieux démons.
C’est ici, où le mal absolu a été perpétré, que la volonté doit renaître d’un monde fraternel, d’un monde fondé sur le respect de l’homme et de sa dignité.
Venus de tous les continents, croyants et non croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la communauté des hommes.
Nous devons être vigilants, et la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes.
Nous, les derniers survivants, nous avons le droit, et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le  » plus jamais ça  » de nos camarades devienne réalité.
Extrait de l’Allocution de Mme Simone Veil au nom des anciens prisonniers juifs à l’occasion de la cérémonie internationale de commémoration du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau- Auschwitz – Birkenau (Pologne) – jeudi 27 janvier 2005

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Une soirée avec François Bayrou

Posted by olivier_anthore on 15th juillet 2011

Un peu débordé ces derniers temps, je n’ai même pas eu le temps de mettre en ligne le « livetweet » d’un discours de François Bayrou fait le 23/ mai 2011. Petites notes prisent à la volées et limitées à 140 caractères, ce livetweet n’a pas la prétention de rendre compte du discours mais de faire ressortir quelques petits traits saillants.

Vous y trouverez beaucoup des thèmes familiers à ses discours : la désindustrialisation, l’éducation et, de manière transverse, l’exigence de justice.

Je vous laisse vous faire votre idée :

Direction le Plessis Trévisse pour la rencontre entre François #Bayrou et les militants du 94

Arrivée de François #Bayrou et discours souvenirs de J. J. Jegou

Je ne suis pas connu pour dire du bien de tout le monde. Je sais être sévère avec ceux qui le mérite. #Bayrou

Comme Jean Jacques je ne mets pas la carrière politique au dessus des idées. #Bayrou

Vous savez que notre pays va mal ce qui est un mystère pour moi. Car nous avons tellement d’atouts inexploités. #Bayrou

En France l’égalité des chances n’existe pas : seul le hasard joue pour le « bas » de la pyramide. #Bayrou

La France vis une série de traumatisme profond qui semble ne pas vouloir s’arrêter. #Bayrou

Madame Lagarde a menti devant la commission des finances de l’assemblée nationale sur le montant donné à Tapie. #Bayrou

Un pays a besoin d’avoir confiance dans leur gouvernant. Pas pour faire des miracles mais pour leur dire la vérité. #Bayrou

15 jours après avoir porté plainte contre elle, Aubry et Hollande la soutiennent pour le FMI ! #Bayrou

Petit gag : François #Bayrou répond sur le portable d’une dame et premier rang

Les députés aujourd’hui ont leur mandat non par le peuple mais par le président et la vague de l’élection. #Bayrou

Moi ça m’irait bien qu’il y ait de vrai sondage mais pas des manipulations qui n’ont plus de sens. #Bayrou

Nous avons besoin d’un changement tranquille et profond pour la France. C’est notre premier enjeu #Bayrou

Le deuxième enjeu pour notre pays est de lutter contre notre appauvrissement. #Bayrou

Le problème ce n’est pas le salaire car les salaires allemands sont plus élevés qu’en France. #Bayrou

La différence de prix entre un jean turc et français serait de 4€. Alors pourquoi ne pas le faire ? #Bayrou

On peut sans changer de style de vie économisé 15% de notre consommation d’énergie : en changeant de conduite. #Bayrou

Il n’y a aucune bataille perdue dans la production industrielle en France. #Bayrou

Le troisième enjeu est de rendre à notre pays l’éducation qu’elle mérite : la meilleure ! #Bayrou

Le plus gros problème dans les familles ce n’est pas de ne pas parler le français mais de ne pas parler aux enfants. #Bayrou

Je suis persuadés que ce qui se passe au sud de la méditerranée va faire bouger au nord comme en espagne. #Bayrou

On ne peut pas mener un pays où les gens vivent avec 700€ par mois. #Bayrou

Il n’y a pas de baguette magique mais il y a une volonté et une bataille à mener. #Bayrou

Questions de la salle. #Bayrou

Je ne comprends pas qu’on puisse payer des charges sociales, des impôts et se voir refuser des papiers ! #Bayrou

Je pense qu’un des enjeux de la campagne à venir va être de tirer le pays vers le haut. #Bayrou

Je pense que nous devons considérer les français comme des responsables et pas des consommateurs à manipuler. #Bayrou

Une mesure concrète que je veux défendre pour l’éducation c’est une école des parents. #Bayrou

Il faut remettre en route les RASED. #Bayrou

Morin et Borloo ? Ce sont des sornettes ! Après 9 ans d’approbation on ne peut pas s’opposer ainsi ! #Bayrou

Il y a une solidarité européenne de fait mais ma responsabilité c’est de penser pour la France. #Bayrou

Il faudra de nouvelles recettes à condition qu’elles soient justes. Une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu est à étudier. #Bayrou

Il y a en France des milliardaires qui ne payent pas d’impôts ! #Bayrou

Je pense que le financement de la dépendance doit être prise moitié sur la solidarité nationale et moitié sur l’assurance. #Bayrou

Fin de l’intervention de François #Bayrou. Direction le buffet :)

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Identité et construction européenne

Posted by olivier_anthore on 14th mai 2011

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens.

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique  et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France. Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de la rendre possible.

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens. 

 

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

 

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

 

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

 

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

 

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

 

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

 

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

 

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique  et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

 

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

 

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

 

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

 

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

 

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France ; Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de le rendre possible.

Quand l’aventure de l’union Européenne a commencé tout était simple dans les objectifs et rien ne semblait évident dans les moyens.

 

Après deux guerre mondiale qui virent l’effondrement économique et morale du continent européen, après des massacres dont on peine encore aujourd’hui à imaginer l’ampleur et la sauvagerie, l’obsédant cri de ralliement du « Plus jamais ça !» jaillissait de toutes les bouches. L’objectif était clair mais comment y parvenir enfin ?

 

Une poignée d’homme trouvèrent un chemin à travers la C.E.C.A. d’abord, la C.E. ensuite et enfin l’ U.E. Il y eut bien sur des orages et des échecs mais nous avons maintenant un parlement, une certaine coordination des politiques nationales et nous sommes suffisamment sur de nos voisins pour leurs ouvrir largement nos frontières. Toutes choses inimaginables le 8 mai 1945.

 

Oui vraiment autant l’objectif était simple et le chemin compliqué, autant il semble qu’aujourd’hui se soit exactement l’inverse. Nous disposons de moyens pour que tous les pays agissent de concert et dans le respect de chacun mais il semblerait que nous ne sachions plus où aller.

 

La paix nous semble assurée et les orages qui se lèvent parfois semblent tous destiné à s’apaiser à plus ou moins long terme. Mais, vice de lecteur compulsif, j’ai gardé en mémoire un très vieil essai qui portait le nom provocateur « De la prochaine guerre avec l’Allemagne ». De cet essai j’ai gardé en mémoire la thèse de l’auteur qui était de dire que notre rapport avec l’histoire, et notre identité, était diamétralement opposée de chaque coté du Rhin. Il en déduisait de manière assez convaincante que l’ignorance de ce paramètre pouvait inciter nos deux nations à se replier chacun sur sa rive avant de se tourner à nouveau l’une contre l’autre.

 

Que dire maintenant de chaque pays de l’Union alors que nous sommes 27 et que nous avons une histoire commune et nationale aussi riche que compliquée à assumer ? Je serais tenter de voir le début de ce repli dans les coup de canif donné à l’accord de Schengen.

 

La question que je me pose c’est que finalement nous ne savons pas où aller car nous avons perdus de vue qui nous sommes. Qu’est ce qu’être Européen ? Qu’est ce qui fait notre différence par rapport aux autres régions du globe ? Et pas seulement par rapport à l’Amérique du Nord. Et, d’ailleurs, sommes nous réellement différents en tant qu’entité ?

 

Emmanuel Todd ne disait il pas que la structure familiale allemande était plus proche de la structure familiale japonaise que n’importe quelle structure européenne ?

 

A contrario, aucune nation européenne ne peut se targuer d’être née en tant que nation. Chaque nation s’est constituée au bout d’un lent et continu processus d’accumulation d’influence et de population qui se sont ensuite harmonisée. Ce qui nous a permis de nous constituer a été très souvent le partage d’une langue commune. Même si des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique et la Finlande sont des contre-exemples plus ou moins heureux de construction continuellement multilingue.

 

Alors seront nous capable de définir une langue commune européenne ? Laquelle ? Une langue inscrite dans notre histoire tourmentée mais qui ne donne pas la prédominance à un état sur un autre. Une langue qui ne remplace pas les langues actuelles mais les complète quand il est nécessaire.

 

Pour ma part, je n’en vois qu’une : le latin.

 

Langue née dans les profondeurs de notre Histoire commune, portée aux quatre coins de l’Europe par l’empire Romain d’abord et l’Église ensuite. Langue rejetée ensuite tellement elle avait été utilisée comme instrument pour asservir par l’ignorance les populations.

 

Mais une langue n’est qu’un outil. Elle ne véhicule que ce qu’on lui demande de véhiculer. Et, je suis persuadé que cette langue peut être la langue de la renaissance Européenne comme l’Hébreu a pu être la langue de la renaissance d’Israël.

 

Il n’y a rien de plus difficile que de définir un destin commun, nous en sommes témoins aujourd’hui en France ; Alors que dire lorsque nous n’avons même pas conscience d’une identité commune ? Cette identité, cette culture commune, nous devons la créé, la partager, la promouvoir et seul un langage commun sera capable de le rendre possible.

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3ème rencontre des marianne de la diversité : une laïcité désirable ? (2/3)

Posted by olivier_anthore on 3rd mai 2011

Deuxièmes parties de mes réflexions suite aux rencontres des Marianne de la diversité.

Une autre question c’est qu’est ce qui a pu rendre la laïcité désirable en France et aussi incompréhensible ailleurs. En effet, Olga Trostiansky signalait, lors de son intervention, la difficulté de faire comprendre le concept de laïcité « à la française » même parmi les autres pays européens.

Classiquement, l’émergence du concept de laïcité en France est lié aux guerres de religion et à la mise en place des édits de tolérances. Mais l’Allemagne a connu des guerres de religions aussi dévastatrices que la France et n’a pas la même conception de la laïcité. Joseph II a édicté un édit de tolérance dans toutes les possessions des Habsbourgs (Pays Bas, Belgique, Autriche et Hongrie) et pourtant là aussi la conception de la laïcité n’est pas la même.

Faut il y voir un effet de notre centralisme ? En effet, l’Allemagne n’existait pas en tant qu’entité politique unitaire à l’époque de la guerre de trente ans. Le Saint Empire romain germanique dans lequel l’Allemagne actuelle était incluse, se caractérisait par une grande latitude des princes à gérer chacun leurs affaires. La solution apparaissait alors, jusqu’à Joseph II, de considérer que le prince faisait la religion de son état. Catholique ou Luthérien, selon la religion du prince (cujus regios, ejus religio).

L’unification les a conduit à trouver un modus vivendi loin de notre vision de ce qu’est la laïcité. Ce modus vivendi peut se résumer à ce que l’état fédéral continue de maintenir les positions acquises des différentes religions allemandes en leur reversant à travers l’impôt les subsides que leur versait les princes.

Finalement aurions nous eu la laïcité si nous n’avions pas été un seul royaume sous un seul roi ?

Pour les pays arabo-musulman, la question est différente puisqu’il n’y a plus eu de guerre de religion depuis les croisades. C’est d’ailleurs tellement sensible que c’est systématiquement le concept qui revient dans les esprits des extrémistes musulmans quand ils sont confrontés à une autre religion.

Une réflexion de Mme Kriegel m’a alors particulièrement interpellée :  « je pense qu’il y a une dimension universelle à la laïcité française »

En effet, selon elle, certaines idéalités sont nées d’un particularisme mais ont réussi à devenir universelles. Par exemple les mathématiques sont indiennes, arabes et grecques mais maintenant elles sont devenues universelles.

En y réfléchissant, je suis vite arrivé sur le constat que ce qui a rendu les mathématiques universelles c’est qu’elles ont une dimension profondément désirable. En effet, les mathématiques donnent une capacité de maîtrise à ceux qui les utilisent sur leur environnement. Alors la question vient de savoir en quoi la laïcité est elle capable de se rendre désirable ?

Pour reprendre l’exemple du monde arabo-musulman, cette question se pose de manière particulière devant le fait que de nombreuses femmes éduquées se sont remises à porter le voile et à tourner le dos à la modernité occidentale. Elles ne tournaient pas nécessairement le dos à la laïcité mais de fait la laïcité faisait partie de ce qu’elles rejetaient.

Cujus regio, ejus religio

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Assistons à la chute bien poliment

Posted by olivier_anthore on 9th mai 2010

assistons

Si vous n’avez jamais lu l’indispensable Manuel du savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis , l’actualité récente outre Quiévrain devrait vous amenez à le lire, tel qu’il convient de le faire avec tous les textes de Pierre Desproges, avec une gaieté grave ou avec une gravité gaie. Chacun de ses textes semblent en effet l’illustration de cette maxime d’Oscar Wilde : « sachez traiter sérieusement les choses légères et légèrement les choses sérieuses »

 

Le texte auquel je pense est précisément celui qui s’intitule : « Comment déclencher une guerre civile bien poliment » où vous pourrez trouver par exemple ce petit bijou de goujaterie élégante « Comment font les Bordelais pour être aussi laid alors que leurs femmes sont aussi girondes ? »

 

Tout en riant de ces phrases apparemment absurdes, peut être que comme moi vous vous mettrez à penser brutalement à ce qui a pu pousser la Belgique dans cette situation aussi absurde. Se retrouver à nouveau à se passer de gouvernement suite à une querelle linguistique qui nous échappe totalement.

 

Or donc, la décomposition de l’état Belge s’accentue. Décomposition favorisée semble t’il par le fait que les Belges identifient de moins en moins l’utilité de l’état Belge car de plus en plus l’Europe et les gouvernements locaux remplissent les missions anciennement assurées par l’état fédéral.

 

Il est probable que si un référendum avait lieu aujourd’hui, le rattachement de la Wallonie à la France, de la partie germanophone à l’Allemagne et l’indépendance de la Flandre feraient la course en tête. Après tout, après avoir défendu l’indépendance du Kosovo contre la Serbie, nous ne devrions pas trouver à y redire au nom du sacro-saint principe des peuples à disposer d’eux même.

 

C’est là où la lecture de Desproges amène à réfléchir sur cette notion qui est finalement tout à fait arbitraire. Qu’est ce qu’un peuple finalement ?

 

Le plus simple est de dire qu’un peuple c’est une langue avant tout. En effet, la France c’est le peuple Français parlant le français certes mais aussi le breton, le corse, le basque. Y a t’il un peuple français ou plusieurs peuples français ? Voilà un débat qui a fait beaucoup coulé d’encre chez nous. Il a aussi réveillé chez nous des craintes et avivé des divisions que nous voudrions tant abolir.

 

Le cas des flamands belges est assez significatif. En tant que flamands ils parlaient la même langue que les néerlandais ce qui ne les a pas empêché de faire sécession lors de l’indépendance et de ne pas envisager de retourner dans le giron néerlandophone en se séparant de la Wallonie.

 

La langue n’est peut être pas finalement un bon indicateur de ce qu’est un peuple.

 

Mon intuition est qu’un peuple n’existe que lorsqu’il a conscience de lui-même et d’une mission commune et l’exemple de la France de ce point de vue est assez significatif.

 

Ce qui est drôle chez Desproges, c’est l’idée que nous pourrions nous battre contre les Bourguignons ou les Bordelais sous le prétexte d’une différence qui ne nous apparaît jamais nettement. Pourtant comme le note Michel Serres dans son article « Culture générique » du N° 145 de la revue le débat (un grand merci à la bibliothécaire qui me l’a déterré de la réserve municipale) les « cultures premières » de la France sont des cultures régionales, territoriales dont il est issu. Elles n’auraient pas trouvé étranges de se méfier voir de se défendre contre ces cultures allogènes et potentiellement dangereuse comme le démontrèrent par exemples les révoltes chouannes.

 

La culture française, sa visée universaliste, a permis d’y mettre une certaine harmonie toujours plus ou moins contestée mais globalement acceptée comme un acquis positif sauf par quelques extrémistes. Cependant, comme le remarque toujours Michel Serres cette culture deuxième n’a pas su éviter pour autant les boucheries des deux guerres mondiales.

 

Contrairement à la France, la Belgique ne semble pas avoir réussi à mettre en place cette culture deuxième peut être parce que personne n’a su en faire la synthèse. De ce point de vue le bilinguisme a sans doute joué un grand rôle que la France a pu éviter par l’imposition du parlé François au détriment des autres langues et des variantes de cette langue. Et le fait que, les journaux flamands ne titrent que sur les médailles flamandes aux jeux olympiques montre à quel point il n’y a plus cette conscience d’une communauté de destin.

 

Je crois surtout que ce qui a manqué à la Belgique ça a été de grands hommes. Hommes d’états mais aussi artistes capables de donner aux Belges une conscience d’eux-mêmes et de leur devoir vis à vis de l’Europe. Et l’envie de boycotter les élections montre à quel point les Belges ne croient plus à leur système politique.

 

Car quand vous regardez du coté de Bruxelles, vous regardez l’Europe. La Belgique en est le siège mais il est aussi le prototype de ce que pourrait être la communauté européenne déchirée par des égoïsmes locaux.

 

Cela fait des années que les histoires belges ne me font plus rire mais celle là me donne parfois envie de pleurer.

 

Liens intéressants :

Des extraits du manuel de savoir-vivre de Desproges

Téléchargement (payant) de l’article de Michel Serres

Tags technorati

 politique, europe, belgique

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Mémoires

Posted by olivier_anthore on 25th avril 2010

Le 24 avril 2010 était un jour de mémoire. C’est la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation. Comme chaque année, se sont réunis pour se souvenir anciens combattants, survivants combattants et civils de ce qui restera l’acmé du suicide de la civilisation européenne célébrée par Stefan Zweig dans « Le Monde d’Hier ». Depuis mon enfance j’assiste à ces commémorations qui se passent au pied de mon immeuble. Moment étrange où un passé barbare remonte à la surface d’un quotidien si pacifié.

Le discours prononcé à cette occasion rappela le courage et la nécessité pour ceux qui avaient choisi le camp de l’humanité de se battre sans faiblir contre ceux qui avaient choisi le camp de l’inhumanité. Paroles qui faisaient échos aux inscriptions du monument, citations de poète et d’écrivains fidèles à cette résistance à l’innommable. Tout ici est symbole, cette terre éclatée de Jean Cardot qui porte ces messages du passé au cœur d’une ville moderne. Trait d’union entre ce qui fut et ce qui sera.

En assistant à cette cérémonie, en écoutant le chant des marais et celui des partisans, en regardant ceux en lesquels la flamme de la vie avait refusé de s’éteindre et qui restait témoigner, on ne pouvait que se demander : quelle leçon cette mémoire nous enseigne t’elle ?

Depuis Hannah Arendt, nous savons qu’il y a une banalité du mal, que rester humain demande un effort incessant. Effort de mémoire mais aussi de réflexion pour ne plus rendre possible les conditions d’un tel naufrage de la raison.

C’est cet élan qu’avait su insuffler le traité de Rome et qui malgré les vicissitudes nous a doté d’institutions communes, d’un parlement et même d’une monnaie. Toutes choses précieuses pour assurer la paix et nous protéger de la barbarie.

Car n’oublions pas que ce qui a rendu possible les naufrages Italiens et Allemands qui nous ont entraînés à leur suite sont autant les égoïsmes nationaux que la volonté de rechercher des coupables avant des solutions.

Si aujourd’hui est un jour de tristesse, pour éviter qu’il ne soit qu’une simple réunion de commémoration mais une occasion de donner du fruit pour nous et nos enfants, nous devrions réfléchir à deux fois sur le chemin que prends l’Europe aujourd’hui et le repli insidieux de chacun dans son pré carré.

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Ceux qui traversent l’eau

Posted by olivier_anthore on 10th novembre 2009

9395

Nous venons, en grandes pompes, de célébrer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, et notre grand président, ou M. Guaino, n’a pas manqué l’occasion de signaler qu’il restait des murs à faire tomber à travers le monde.

Beaucoup, à cette occasion ont pensé au mur qu’Israël érigeait pour se séparer de la la Palestine. D’autres, peut être, auront pensé au mur de séparation entre catholique et protestant en Irlande du Nord.

Mais combien ont pensé à ce mur quasi-invisible et bien plus meurtrier que le mur de Berlin qui entoure l’Europe ? Face au 300 morts du mur de la honte (1 135 selon certaines sources) pendant toute son existence que valent les plus de 900 morts rien qu’en Espagne en 2007, de la forteresse Europe ?

Je me souviens d’une conversation, avec un ami américain datant de 2006, alors que la France et les Etats Unis prenaient parallélement des décisions concernant l’immigration. A l’époque cet ami me disait : « Oui, je suis pour que tous ceux qui le veulent viennent aux Etats Unis et y travaillent et s’y construisent une meilleure vie pour eux même mais ils doivent être tenus aux même règles que ceux qui y ont toujours vécu sinon c’est injuste. C’est le plus gros problème avec ça, la drogue ou la porte ouverte aux terroristes c’est secondaire et ne laisse pas GW te dire autre chose. Les taxes c’est tout ce qu’il veut. »

Le point de vue français lui est de considéré que l’immigré vient forcément profiter de notre système et ne peut qu’occasionnellement apporter au pays d’accueil. Cette vision a commencé à être exposé par Michel Rocard avec son tristement célèbre : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » dont le complément trop souvent oublié « , mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part.» ne corrige qu’à peine l’utilisation qui en a été faite.

Cependant, il serait injuste de penser que cette mentalité est propre à la France, de nombreux pays européen ont la même attitude vis à vis de l’immigration. En effet, dans notre construction et de par notre histoire, chaque pays européen est fermement convaincu qu’il est composé de population qui ont toujours vécu dans ses frontières. Les invasions barbares et les mouvements de populations qui ont jalonné l’histoire européenne ne semblent réveiller aucun souvenir. Qui aime d’ailleurs se rappeler ces périodes rarement heureuses ?

L’autre point, c’est que nous avons basé toute notre société sur un système protégeant le citoyen et lui offrant une qualité de vie et un confort rarement égalé. Seulement faute d’avoir su le faire évoluer, il se trouve maintenant en quasi faillite et payé à crédit. N’est-il pas plus facile de penser que l’étranger est le problème plutôt que notre propre apathie ?

Aux Etats Unis, pays ou l’immense majorité a conscience d’être venu d’ailleurs pour profiter de ce droit au bonheur que garanti la constitution ce raisonnement n’a presque pas lieu d’être. Il serait angélique de croire qu’il est inexistant et qu’il n’y a pas son influence mais les régularisations régulières des clandestins illustre que cette position n’est pas majoritaire aux Etats Unis.

Même si nous européens avons souvent du mal à l’admettre, les Etats Unis nous donne une leçon à leur manière. L’étranger, si on lui laisse sa chance et s’il accepte les régles du pays est avant tout une chance pour ce pays.

Quel qu’il soit et d’où qu’il vienne.

Lien intéressant :

Un retour de Michel Rocard sur l’exploitation de sa citation

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Twittorama de la Grande Motte 3/4 – 06/09/2009

Posted by olivier_anthore on 10th septembre 2009

Après vendredi et samedi et avant un billet d’analyse sur l’utilisation de Twitter, voici la clôture de l’université de rentrée avec le petit morceau de bravoure qu’est le twitt en quasi temps réel des discours.

Si d’aventure vous souhaitez vous y essayer je vous conseille un échauffement des pouces. Pour ma part, je ne peux que me féliciter de ne m’être lancée dans ce pari qu’après deux jours d’échauffement.

Pas de grandes nouveautés dans ce twittorama par rapports à ceux de la journée précédente mais encore des réactions variées sur les messages passés. Parfois hostiles mais toujours riches d’enseignement pour notre projet.

En avant pour le troisième et dernier acte de cette université de rentrée.

 

Troisième jour

 

Recherche plage désespérément :) 9:01 AM Sep 6th from mobile web
 
Atelier gouvernance des entreprises #ur09 9:45 AM Sep 6th from mobile web
Fin du discours d’olivier Lecomte #ur09 9:47 AM Sep 6th from mobile web
discours Stéphane Cosse #ur09 9:52 AM Sep 6th from mobile web
Passage en revue des mesures possibles sur les rémunérations variables SC #ur09 9:55 AM Sep 6th from mobile web
Le salaire maximum ? SC #ur09 9:58 AM Sep 6th from mobile web
Le lissage sur plusieurs années ? SC #ur09 9:59 AM Sep 6th from mobile web
La réduction de l’effet de levier par l’indexation sur les fonds propres ? SC #ur09 10:00 AM Sep 6th from mobile web
Le rétablissement de la séparation entre banque de dépôt et d’investissement ? SC #ur09 10:02 AM Sep 6th from mobile web
 
Discours d’Alain Villemeur #ur09 10:03 AM Sep 6th from mobile web
Des rémunérations excesssives payées par les contribuables alors que les bas salaires n’augmentent pas AV #ur09 10:06 AM Sep 6th from mobile web
Question de la salle : n’est on pas en retard d’une guerre ? #ur09 10:15 AM Sep 6th from mobile web
Question de la salle : comment gérer les prises de risques avec un système complexe ? #ur09 10:17 AM Sep 6th from mobile web
Nous devrions mettre en place une constitution des marchés financiers. Pas plus de 40 articles OL #ur09 10:19 AM Sep 6th from mobile web
Comment faire la différence entre un bon et un mauvais risque ? Mehdi Benchoufi #ur09 10:21 AM Sep 6th from mobile web
C’est loin d’être évident c’est pour cela que je crois à l’efficacité du contrôle des rémunérations AV #ur09 10:23 AM Sep 6th from mobile web
Question de la salle : ne faut il pas limiter la taille des banques ? #ur09 10:24 AM Sep 6th from mobile web
C’est une très bonne idée et elle est suffisament simple et pragmatique pour que les anglo saxons adhèrent SC #ur09 10:26 AM Sep 6th from mobile web
La vrai question est l’utilité du système financier pour l’économie : toute innovation n’est pas bonne AV #ur09 10:31 AM Sep 6th from mobile web
Remarque de la salle : il y a deux catégories de solution sur les symptômes et la maladie. Nous devons axer sur la maladie #ur09 10:39 AM Sep 6th from mobile web
Échange dans la salle : il faut arrêter de céder au chantage sur l’expatriation #ur09 10:45 AM Sep 6th from mobile web
Fiscalité confiscatoire ? #ur09 10:49 AM Sep 6th from mobile web
Question de la salle : le problème n’est il pas ce qu’on prend en compte dans le calcul de la performance et l’échelle de temps ? #ur09 10:54 AM Sep 6th from mobile web
Une très bonne idée serait, à partir d’un certain seuil, de ne plus permettre la déductibilité du salaire des dirigeants OL #ur09 10:56 AM Sep 6th from mobile web
Conclusion de l’atelier : une charte européenne sur l’utilité sociale de la finance un état présent mais pas envahissant #ur09 11:09 AM Sep 6th from mobile web
 
Sous la tente pleinière dans l’attente des discours #ur09 11:22 AM Sep 6th from mobile web
@PhilippeGonon révolutionnaire à condition de ne pas connaître netmeeting qu’utilise déjà énormément d’entreprises à travers le monde :) 11:25 AM Sep 6th from mobile web
Smael_Sebti @abadinte le hash tag des UR est #ur09 et sinin tu peux suivre @URdemocrate @olivier_anthore @PhilippeGonon 11:46 AM Sep 6th from Seesmic in reply to abadinte
Standing ovation pour l’arrivée de François Bayrou : un modem fort et unis #ur09 11:51 AM Sep 6th from mobile web
  Vincent Loustalot^^ pa tt compri

6 septembre, à 11:53

 
Discours de François Bayrou #ur09 11:53 AM Sep 6th from mobile web
2 000 participants payants à cette université, merci à vous tous pour votre engagement FB #ur09 11:55 AM Sep 6th from mobile web
  Céline Normand aime ça
Nous sommes l’objet de l’attention de vous les partis car nous sommes la seule force en mouvement FB #ur09 11:56 AM Sep 6th from mobile web
  Vincent Loustalottt a fai daccor!!!!

6 septembre, à 12:00

La vie n’est pas autre chose que prendre des risques pour créer un monde nouveau FB #ur09 11:58 AM Sep 6th from mobile web
Remerciement aux organisateurs de l’université et annonce du bilan carbone qui sera compensé par la plantation d’arbres FB #ur09 12:00 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Franck Faveur #ur09 12:01 PM Sep 6th from mobile web
Nous sommes pour un projet avec vous les démocrates de ce pays. Nous sommes fier de notre indépendance mais pas être seuls FF #ur09 12:04 PM Sep 6th from mobile web
Avant d’imposer de nous imposer de nouvelles taxes l’état devrait se poser des questions sur la justice sociale FF #ur09 12:07 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Jean Luc Benhamias #ur09 12:10 PM Sep 6th from mobile web
  Patrick Nahum mais que signifie la justice sociale???6 septembre, à 12:09
  Olivier AnthoreParticipation à l’effort dans la proportion de ses moyens et égalité des chances principalement

6 septembre, à 16:07

  Patrick NahumAlors la première partie c’est de la solidarité quant à la seconde partie c’est beau sur le papier mais la France est culturellement un pays de classe et de caste…et même dans les partie politique, le énarque coptent les énarques, les avocats etc…Pour construire il faudrait déconstruire et ça peu le veulent sincèrement, j’ai fait le tour de la question.
Merci pour la réponse sur mesure

6 septembre, à 18:28

  Olivier AnthoreL’histoire montre à quel point la France s’est passionnée pour l’égalité.
Oui c’est une lutte qui n’est pas finie et oui elle est tout sauf facile.
Mais l’honneur ne commande t’il pas de refuser la soumission ?
De rien : la retransmission en « quasi direct » étaient faite pour permettre le débat et j’étais obligé à la concision des 140 caractères :)

6 septembre, à 19:03

 

  Patrick NahumCa ressemble à de la poésie c’est beau.
Mais la réalité c’est que: »on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » La France s’en contre fiche de l’égalité et tous les sloggan ». La France veut juste plus consommer, car le citoyen gavé par le marketing est convaincu que être et avoir sont les mêmes choses, le reste c’est soi de la naiveté soi des tentation du pouvoir ou peut-être quelque espoir d’en percevoir les avantages. Peut-être abscon, ce que je raconte là…

6 septembre, à 19:19

  Olivier AnthoreC’est un constat que l’on peut partager.
Ce qui me fait penser qu’il n’est pas possible de s’y résoudre c’est cette intuition que le peuple de 89, des barricades et de la résistances n’est pas mort et qu’il n’attends qu’un signal pour se lever.
C’est une intuition certe, mais le jeu n’en vaut il pas la chandelle ?

6 septembre, à 19:32

 

Nous faisons de la politique différemment et intelligemment JLB #ur09 12:11 PM Sep 6th from mobile web
Nous voulons créer une alternative crédible et nous sommes suffisament réalistes pour savoir que ce ne sera pas seul JLB #ur09 12:13 PM Sep 6th from mobile web
Les verts tout bio et tout gentil ? Bio pas toujours et gentil… Ben ils dont de la politique ! ^^ JLB #ur09 12:15 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons créer la force politique au centre de l’alternative politique de ce pays JLB #ur09 12:17 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Jacqueline Gourault #ur09 12:18 PM Sep 6th from mobile web
Je suis fier d’avoir contribuer à barrer le passage au front national même en elisant un socialiste à la présidence dans ma région JG #ur09 12:21 PM Sep 6th from mobile web
Ce qui compte c’est pour quoi on vote pas pour qui JG #ur09 12:22 PM Sep 6th from mobile web
Il y a des gens courageux même à l’UMP et nous sommes prêt à travailler avec eux pour le bien de tous JG #ur09 12:24 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons être libre et indépendant pour moderniser la vie politique française JG #ur09 12:26 PM Sep 6th from mobile web
Rappelle la mémoire de Pierre Sudreau et le cite en exemple JG #ur09 12:28 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Jean-Marie Vanlerenberghe #ur09 12:30 PM Sep 6th from mobile web
L’image l’emporte sur le message : avec mauvaise foi on nous présente à gauche JMV #ur09 12:32 PM Sep 6th from mobile web
Urdemocrate RT @olivier_anthore Discours de Jean-Marie Vanlerenberghe #ur09 12:32 PM Sep 6th from twidroid
À Arras nous allons à deux pas de Lille notre programme en lettre de feux. Martine Aubry va être servie à domicile JMV #ur09 12:34 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons devenir un parti d’élus militants JMV #ur09 12:35 PM Sep 6th from mobile web
Les militants sont au coeur de la campagne des régionales pour la stratégie et le programme JMV #ur09 12:37 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons permettre à toute une nouvelle génération d’émerger JMV #ur09 12:38 PM Sep 6th from mobile web
Je repart de cette université avec un grand espoir pour la construction de la france de demain JMV #ur09 12:40 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Corinne Lepage #ur09 12:40 PM Sep 6th from mobile web
Le rapport d’un an de travail des commissions disponible sur internet CL #ur09 12:41 PM Sep 6th from mobile web
Nous avons un devoir d’exemplarité dans nous fonctionnement interne CL #ur09 12:42 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons trouver les meilleurs solutions et les mettre en pratique en sortant d’une vision hiérarchique CL #ur09 12:44 PM Sep 6th from mobile web
L’opposition à un homme et sans intérêt. Nous devons mur opposer à un modèle de société en échec CL #ur09 12:46 PM Sep 6th from mobile web
Personne ne pourra payé les conséquences de la crise d’un monde fini. CL #ur09 12:47 PM Sep 6th from mobile web
Je crois à la nécessité d’une contribution climat énergie reversée selon des critères sociaux CL #ur09 12:49 PM Sep 6th from mobile web
La question des bonus est un hochet qui détourne l’attention du vrai sujet sur la finance mondiale CL #ur09 12:51 PM Sep 6th from mobile web
Je préfère l’intégration positive à la discrimination même positive CL #ur09 12:53 PM Sep 6th from mobile web
HADOPI pose plus les bases du contrôle d’internet que la protection de la création CL #ur09 12:54 PM Sep 6th from mobile web
Un pays qui ne pose pas la séparation des pouvoirs comme une nécessité n’a pas de constitution CL #ur09 12:56 PM Sep 6th from mobile web
Nous faisons face à un pouvoir qui a remplacer la réalité par la communication CL #ur09 12:57 PM Sep 6th from mobile web
Ni à gauche ni à droite. Devant ! CL #ur09 12:58 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours de Marielle de Sarnez CL #ur09 1:00 PM Sep 6th from mobile web
Il n’y aura pas d’alternance sans projet MS #ur09 1:00 PM Sep 6th from mobile web
Nous manquons en france de dialogue social MS #ur09 1:03 PM Sep 6th from mobile web
Faire bénéficier les sous traitants de l’intéressement des grandes entreprises MS #ur09 1:05 PM Sep 6th from mobile web
Je regrette l’idée d’un emprunt franco français MS #ur09 1:06 PM Sep 6th from mobile web
Croire que nous nous en sortirons seuls sans les autres européens c’est se raconter des histoires MS #ur09 1:09 PM Sep 6th from mobile web
Nous avons besoin d’un régulateur européen MS #ur09 1:09 PM Sep 6th from mobile web
Nous avons fait l’europe pour la solidarité contrairement à ce que pense Fillon MS #ur09 1:12 PM Sep 6th from mobile web
  Claude RainaudiEh bien c’est raté. Je suis assez souvent en Bulgarie et en Roumanie…

6 septembre, à 14:40

Nous sommes pour le droit de vote aux étrangers aux élections locales MS #ur09 1:14 PM Sep 6th from mobile web
La fiscalité verte doit aider les plus modestes à ne plus être dépendant du pétrole MS #ur09 1:15 PM Sep 6th from mobile web
  Claude RainaudiOn leur offrira un cheval ?

6 septembre, à 14:39

Les pays riches doivent s’engager auprès des pays pauvres pour la lutte contre la pollution MS #ur09 1:18 PM Sep 6th from mobile web
Nous voulons un état impartial loin de la personnalisation du pouvoir MS #ur09 1:19 PM Sep 6th from mobile web
Nous devons être les pionniers d’un monde nouveau plus juste et plus durable MS #ur09 1:21 PM Sep 6th from mobile web
 
Discours télévisé de François Bayrou #ur09 1:22 PM Sep 6th from mobile web
Annonce des nomination au bureau exécutif approuvée par le conseil national FA #ur09 1:23 PM Sep 6th from mobile web
Le but de cette université : des idées claires pour le modem et les français FB #ur09 1:26 PM Sep 6th from mobile web
Les signataires de la charte de l’écologie s’oppose à la taxe sans que personne ne le remarque FB #ur09 1:29 PM Sep 6th from mobile web
Je ne suis pas contre Sarkozy mais je suis contre tout ce qu’il veut faire en france. C’est une question de pays pas de personne FB #ur09 1:31 PM Sep 6th from mobile web
Où est l’égalité quand ceux qui ont le plus sont mis à l’abri des efforts de ceux qui ont moins ?FB #ur09 1:33 PM Sep 6th from mobile web
Le pouvoir a commencé à prendre la main sur tout les contre pouvoirs de notre société. C’est historique FB #ur09 1:35 PM Sep 6th from mobile web
La commission d’Outreau décide d’une chose à l’unanimité et le pouvoir décide l’inverse. Tout cela au profit du pouvoir en place FB #ur09 1:37 PM Sep 6th from mobile web
  Laetitia Le Thanh aime ça.
Les institutions sont faites d’abord pour protéger les hommes de leurs faiblesses FB #ur09 1:39 PM Sep 6th from mobile web
On nous aligne sur un modèle dominant en contradiction avec toutes les valeurs historique de la france FB #ur09 1:43 PM Sep 6th from mobile web
Oui à un procureur qui mène l’enquête mais seulement à la condition qu’il soit indépendant de tout pouvoir FB #ur09 1:44 PM Sep 6th from mobile web
Urdemocrate RT @olivier_anthore Les institutions sont faites d’abord pour protéger les hommes de leurs faiblesses FB #ur09 1:44 PM Sep 6th from twidroid
Ça fait 7 ans que les mêmes s’occupent de la sécurité et c’est de pire en pire FB #ur09 1:45 PM Sep 6th from mobile web
L’agriculture française traverse une crise d’une ampleur jamais vue et nous ne devons pas laisser faire FB #ur09 1:47 PM Sep 6th from mobile web
L’éducation nationale a fait la france et elle est tellement atteinte qu’elle doute FB #ur09 1:49 PM Sep 6th from mobile web
Il n’y a pas une crise en france mais 20 : banlieue, santé, retraite… Le pays doit se resaisir pour faire face FB #ur09 1:51 PM Sep 6th from mobile web
Une société tellement complexe qu’elle ne favorise que ceux qui savent au détriment de ceux qui ne savent pas FB #ur09 1:53 PM Sep 6th from mobile web
Les jeunes de 20 ans aujourdhui devront payer pendant 20 la dette que l’emprunt va créer FB #ur09 1:55 PM Sep 6th from mobile web
Notre programme doit être écris au nom des jeunes cas un pays c’est une famille FB #ur09 1:57 PM Sep 6th from mobile web
Nous croyons qu’un pays marche mieux quand il est solidaire FB #ur09 1:59 PM Sep 6th from mobile web
Il n’y a pas de solidarité sans une répartition plus juste des efforts FB #ur09 2:00 PM Sep 6th from mobile web
Notre devoir est de construire une alternance crédible : nous devons dialoguer avec tout ceux qui veulent cette alternative FB #ur09 2:05 PM Sep 6th from mobile web
  Laetitia Le Thanh aime ça.
Madame Aubry je n’ai pas à vous présenter mes papiers. Nous avons besoins de tout je mode pour rendre l’espoir aux français FB #ur09 2:07 PM Sep 6th from mobile web
  Laetitia Le Thanh aime ça.
Tous nous faisons des erreurs, moi le premier. Nous avons besoin de tous. FB #ur09 2:09 PM Sep 6th from mobile web
EU, Japon c’est les démocrates qui dont avancer les choses car nous ne considérons pas l’autre en ennemis même dans le désaccords FB #ur09 2:12 PM Sep 6th from mobile web
Revue des points de désaccords avec le PS sur l’économie FB #ur09 2:14 PM Sep 6th from mobile web
Construisons un parlement de l’alternance avec des débats publics FB #ur09 2:15 PM Sep 6th from mobile web
Tous les sectaires travaillent pour je maintient du pouvoir actuel FB #ur09 2:18 PM Sep 6th from mobile web
Présentation des axes des 12 propositions qui constituent l’alternance FB #ur09 2:20 PM Sep 6th from mobile web
Urdemocrate RT @olivier_anthore Présentation des axes des 12 propositions qui constituent l’alternance FB #ur09 2:23 PM Sep 6th from twidroid
Pour la taxe carbone je ne renie rien de ce que j’ai signé. Il faut faire ce qu’il faut faire et refuser c’est trahir FB #ur09 2:24 PM Sep 6th from mobile web
Mais tout le monde semble oublier que le prix du pétrole n’est pas stable ce qui annonce des accidents FB #ur09 2:27 PM Sep 6th from mobile web
Il faut utiliser cette taxe pour aider les plus modestes et le faire au niveau européen. FB #ur09 2:31 PM Sep 6th from mobile web
Nous sommes prêt à soutenir le gouvernement va dans le bon sens sur la réforme des collectivités locales FB #ur09 2:32 PM Sep 6th from mobile web
Nous allons aux régionales sur des listes autonomes et nous déciderons ensemble nationalement de la stratégie d’alliance FB #ur09 2:34 PM Sep 6th from mobile web
  Laetitia Le Thanh aime ça.
Marseillaise pour conclure :) #ur09 2:37 PM Sep 6th from mobile web
Batterie en cours de recharge grâce au café de la gare de Montpellier #ur09 4:04 PM Sep 6th from mobile web
Dans le tgv de retour à la maison je vais pouvoir reposer mes pouces <:o) #ur09 4:23 PM Sep 6th from mobile web
  Céline Normand et Jean-Philippe Borra aiment ça.
Smael_Sebti @olivier_anthore #ur09 merci c’est comme si j’y etais 5:09 PM Sep 6th from Viigo in reply to olivier_anthore
Au bar du tgv : discussion entre les militants #ur09 5:18 PM Sep 6th from mobile web
  Baptiste Julien Blandet aime ça.
@Smael_Sebti : de rien ça fait plaisir :) 5:21 PM Sep 6th from mobile web
Home sweet home 8:36 PM Sep 6th from mobile web

Posted in Universités de rentrée 2009 | Commentaires fermés sur Twittorama de la Grande Motte 3/4 – 06/09/2009

Il était un petit navire

Posted by olivier_anthore on 31st août 2009

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S’il existe une constante dans l’histoire humaine, c’est la quête de sens.

 

Face à des phénomènes incompréhensibles avec nos moyens de l’époque, nous avons créé des dieux, des mythologies, des légendes. Parfois contradictoires, parfois tellement inscrites dans un moment particulier de notre histoire qu’elles en devenaient ridicules ou incompréhensibles quelques années plus tard.

 

Toujours, nous avons eu besoin de mettre une cohérence à ce qui nous entourait en faisant appel, le cas échéant, au merveilleux. Toujours, comme je le signalais dans un billet précédent, nous éprouvons ce besoin d’un discours qui donne un sens à notre environnement et à notre histoire personnelle.

 

En acceptant que, peu ou prou, tout discours sur notre société est obligé de laisser une part au merveilleux, il est intéressant de se demander, dans le discours dominant, quelles sont les éléments de merveilleux et s’ils sont encore crédibles.

 

Un élément de merveilleux du discours dominant depuis les années 80 est le mythe de la croissance infinie. Ce mythe a été particulièrement bien illustré par la finance qui a réussi à faire croire qu’à la bourse les immeubles pouvaient monter jusqu’au ciel. A croire que le mythe de Babel a été oublié.

 

Ce qui rendait ce discours crédible, c’est que malgré la violence sociale qu’engendrait cette course à la croissance infinie, tout le monde semblait en profiter. La crise a mis par terre ce discours mais pour autant, rien de nouveau ne semble émerger de manière tangible.

 

En fait, une parabole qui parait pertinente serait celle d’un bateau à vapeur au milieu de l’Océan. Le capitaine, constatant que les vents et les courants contraires faisait reculer le bateau, réussit à convaincre l’équipage et les passagers qu’il faut que la chaudière dégage plus de chaleur. Comme il n’y a pas de combustibles supplémentaires, la solution tombe naturellement : il faut bruler les canots de sauvetages.

 

Idée géniale, le bateau s’allège et les chaudières dégageant plus d’énergie, le bateau avance beaucoup plus vite. Évidemment, il ne faudrait pas que le bateau coule car ceux qui ne savent pas nager risquent de trouver très saumâtre l’annonce du naufrage.

 

Cependant, tout va bien et, dans le mouvement, on continue de dépecer le bateau de tout ce qu’il contient de bois. Les cabines de deuxième et de troisièmes classes sont les premières à être supprimées, on en arrive même à remettre en cause la nécessité du pont du bateau et déjà en plusieurs endroits l’équipage et les passagers ont fait sauter des lattes.

 

Arrive une tempête et là ça devient beaucoup moins drôle. Pire, le bateau tangue dangereusement et on se rend compte que le pont du bateau avait quand même l’avantage de contenir l’eau des vagues en dehors du bateau.

 

Tout le monde dans le bateau fragilisé par les prélèvements effectués sur son infrastructure souffre du mauvais temps mais le soleil fini par revenir. Dans les cabines de premières classes on retrouve vite le sourire. Tout cela n’était finalement pas si grave. Voire…

 

Le problème est que dans le reste du bateau, les autres passagers doivent toujours vivre avec les paquets d’eau embarqués par le

bateau lors de la tempête et ils n’ont guère les moyens d’écoper. Les écopes étaient elles aussi en bois…

 

J’arrête là la parabole et je reviens dans le monde réel où, normalement, nous devrions considérer ce type de comportement comme aberrant.

 

Cependant, en considérant que la croissance était un objectif en soi sans même se poser la question de la durabilité de notre raisonnement, n’avons-nous pas commencé à bruler notre bateau ? Lieu commun que celui là si l’on écoute les discours de tous les horizons, mais rien de concret ne semble changer pour maintenir le bateau à flot.

 

Cependant, la croissance a l’air de repartir et les banques, présentées comme agonisantes il y a moins de six mois, se préparent à des lendemains qui chantent. Bien sur l’embellie de cet été est fragile pour ne pas dire artificielle. Bien sur les bénéfices des banques sont dus à des salles de marchés équipées à neufs d’ordinateur qui anticipent les demandes d’achat sans créer de richesses. Comme au temps de Potemkine, il ne faut pas regarder de trop près les riants paysages.

 

Mais, dans le reste du bateau, c’est beaucoup moins roses et la colère gronde. En Grèce, la jeunesse se révolte face à un manque de perspectives. En Chine, les « restructurations » ne passent plus. La montée globale de la violence envers les patrons et les cadres en France montrent à quel point. Partout, la petite musique de cette croissance a de moins en moins de crédits.

 

Quelle conséquence en tirer ? Il me semble qu’il faut d’urgence réactiver un projet de société qui remette deux idées anciennes dans leur formulation mais toujours neuves dans leurs applications : l’Égalité et la Fraternité.

 

Sans elles, aucune Liberté ne peut avoir de sens. Une société basée uniquement sur la Liberté serait comme un poulailler libre où les renards libres vivraient à coté des poules libres.

 

Vivant dans un monde fini, il faudra nous poser la question essentielle qui va dominer les années à venir sur la répartition des ressources entre chacun de la manière la plus égale et la plus juste possible. Et, pour finir de compliquer les choses, cette réflexion se devra d’être internationale.

 

Il est facile de se rendre compte que ce genre de position peut vite devenir un vœu pieu plein de bons sentiments. C’est pour cela, les hommes ne changeant pas, qu’il me parait nécessaire de remettre en avant sur le long terme l’idée de l’Europe puissance.

 

Si nous voulons changer les choses et ne pas couler avec le navire, il nous faudra être fort pour remettre le bateau dans le bon sens.

Article intéressant :

 

 

Une crise qui ne règle pas les problèmes qui l’ont générée, par Daniel Cohen

 

Posted in politique, Réflexions | Commentaires fermés sur Il était un petit navire

Du spectacle politique…

Posted by olivier_anthore on 23rd avril 2009

marco_porcio_caton_major
Mercredi Jean Sarkozy, le fils qui marche sur les traces de son père, a eu le droit à sa manifestation rien que pour lui.

N’étant qu’au début de sa carrière seulement 10 manifestant s’était déplacés toutefois plus du double de journalistes étaient présent.

Même si cette manifestation avait semble t’il un véritable fond revendicatif, j’ai eu en écoutant le Cartier libre de ce matin, qui y était consacré, une profonde impression de malaise. Mon malaise est venu du constat de la journaliste Mathilde de Radio Nova sur le nombre de journaliste : « C’est normal, c’est fun ».

Quelque part la société de spectacle semble perdurer car, si vous voulez vous faire entendre, il faut être spectaculaire. Selon vos envies et vos moyens, soit vous allez faire un joyeux happening ou détruire une sous-préfecture, peut importe. Le tout est que ce soit spectaculaire.

Encore une fois, mains sur le cœur, les journalistes vont affirmer qu’ils ne font pas l’actualité mais qu’ils choisissent ce qu’on leur propose mais cela parait un peu faible.

J’ai eu l’immense plaisir en Octobre dernier de visiter les bâtiments du parlement Européen à Bruxelles où nous avons pu parler avec les députés MoDem : Jean-Luc Bennahmias Marielle de Sarnez et Bernard Lehideux. Un de leur constat était le profond désintérêt des rédactions nationales pour l’Europe à tel point qu’aucune chaine de télévision française n’avait de correspondant permanent auprès du parlement Européen. Les Anglais, grands européens devant l’éternel, si.

Depuis quelques jours, je constate toutefois que France 2 tente régulièrement de faire un sujet européen par journal de 20h. Mais force est de constater que face aux politiques, les journalistes sont plus tentés de leur poser des questions franco-françaises qu’européennes. Sans céder à l’imitation de Jacques Chancel, j’aimerais que les journalistes rappellent à ceux qui prennent la parole que le 7 juin des élections vont avoir lieu en leur demandant « Et l’Europe dans tout ça ? ». Ces élections vont avoir une influence sur le choix du président de la commission de Bruxelles et, au vu de la situation mondiale, nous devons avoir un président à la hauteur.

Un parlement fort et légitimé par une forte participation à son élection, voilà ce qui permettrait à l’Europe de prendre un véritable virage démocratique. Oui des présidents de rencontre peuvent, presque malgré eux, donner l’impression d’une construction européenne mais passé l’agitation que reste t’il ?

Il faut une action de longue durée qui sache influer sur l’évolution de l’Europe comme a su le faire un Jacques Delors en son temps. Mais pour cela il faut présenter les enjeux au Français, qu’ils sentent en quoi les décisions prisent à Bruxelles peuvent être notablement influencées par les députés européens. Pour preuve, la loi Hadopi tant décriée va se trouver bloquer au niveau européen par un rappel simple à un principe fondamental : on ne peut pas condamner quelqu’un sans jugement.

Caton l’ancien ne terminait jamais un discours sans conclure qu’il fallait détruire Carthage (Et ceterum censeo Carthaginem esse delendam). Pour ma part, je pense en outre qu’il faut construire l’Europe.

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