Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Archive for the 'Chroniques' Category

une évolution de la démocratie française

Posted by olivier_anthore on 9th décembre 2012

La première de mes nouvelles chroniques sur la web radio 133b. A retrouver chaque semaine le mercredi à 8h10 puis 17h50

Notre pays est dans une situation assez particulière. Pour la première fois depuis 2007, nous n’aurons pas d’échéance électorale prévue avant deux ans. Et, surtout, pour la première fois depuis les années 70, un parti concentre la plupart des pouvoirs en ses mains.

Pouvoir exécutif et législatif d’abord. Mais aussi la quasi totalité des régions, la majorité des départements et des grandes villes ont à leur tête des élus du parti socialiste.

Au niveau de l’administration, le nombre de haut fonctionnaire se réclamant de ce parti est élevé. Ceci devrait assurer la parfaite maîtrise de cette lourde machine sans laquelle il serait illusoire de vouloir gouverner.

Faut il s’en effrayer ? Après tout, les circonstances n’appellent elles pas à ce que le pouvoir ne perdent pas de temps dans de vaines arguties et bénéfice d’une certaine cohérence d’action.

La difficulté, et cela pose une vraie question, c’est que l’on remarque vite que sous une unité de façade, l’actuelle majorité est comme un manteau d’arlequin et que le pouvoir exorbitant du président ne fait pas tout. Même en France.

En fait, l’analyse est qu’il n’y a plus de parti socialiste, ni même d’UMP d’ailleurs, mais bel et bien deux écuries présidentielles se positionnant l’une par rapport à l’autre et regroupant en leurs seins diverses nuances qui s’opposent parfois radicalement sur certains sujets.

Cette transformation n’est pas nouvelle. Il est possible de la situer même assez précisément à gauche le début de cette transformation avec le congrès d’Épinay. La droite mis un peu de temps à comprendre qu’elle avait besoin de se positionner par rapport à ce qui est devenu depuis le bloc adverse mais l’UMP fut finalement créé.

La conséquence directe de cette transformation est que le travail idéologique disparaît peu à peu de ces structures. En fait, il se retrouve sous-traité auprès d’organisme spécialisé les fameux « Think tank » ou laboratoire d’idée. Un autre effet est que les militants des partis ne sont plus amené à participer à la production d’idée mais sont relégué au rôle d’arbitre des tendances et de petits soldats lors des campagnes.

C’est une transformation radicale de notre démocratie. En fait, il faut bien l’admettre, il s’agit d’un alignement sur le système politique américain. Notre mode de scrutin ne permet d’ailleurs plus d’inverser cette tendance. Cet état de fait a même été renforcé par le relèvement à 12,5% des inscrits pour l ‘éventuel maintien au deuxième tour ce qui enlève aux autres partis un élément de négociation pour leur survie.

Constat que certains estimeront pessimistes mais les faits sont têtus.

Ce qui m’intrigue c’est que cette évolution me paraît paradoxale. Face à un monde dont nous découvrons chaque jour la complexité, résumer la démocratie à deux blocs paraît simpliste. Ceci me donne envie de creuser ce sujet de ce qui fait la démocratie et des formes qu’elle peut prendre. Parfois malgré un système politique qui n’a de cesse que de la corseter.

C’est à cette investigation que j’ai envie de vous convier cette année. Encore et toujours la démocratie car la démocratie n’est jamais acquise et arrêter de la rechercher c’est assurer sa mort à court terme.

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Chassez le naturel !

Posted by olivier_anthore on 7th février 2012

Vous trouverez ci-dessous le texte de ma chronique diffusée sur www.133b.fr

 

S’il y a un mot qui bénéficie d’un fort sentiment de sympathie de nos jours c’est bien naturel. Comment s’en étonner dans une période où toutes les technologies sont sujettes au soupçon ? Pourtant la définition, issue de Wikipedia, du mot naturel laisse rêveur. En effet ce mot « qualifie effectivement parfois un objet ou une substance qui n’a pas été transformé, mélangé ou altéré par un artifice quelconque ». Car parler de naturel a-t-il un sens ?

C’est ce que soulevait déjà le sociologue Ulrich Beck dans une tribune du Monde en écrivant « on parle de “catastrophes naturelles” et de “dangers pour l’environnement” à un moment de l’histoire où n’existe précisément plus quelque chose comme une “pure nature” que l’on pourrait opposer à la technique et à la société. »

Cette notion de naturel devient encore plus floue quand on parle de nourriture. Un exemple troublant est celui de l’eau minérale. Pourtant, en apparence, il n’y a rien de plus simple et de moins transformable que l’eau. La première chose qu’il faut comprendre est que l’eau que vous consommer est soumise à une réglementation assez stricte. C’est assez rassurant de se dire que l’Etat n’a pas envie que nous buvions de l’eau de mauvaise qualité.

Là où les choses se compliquent un peu est que selon la qualification de l’eau en bouteille, eau de source ou minérale, la réglementation n’est pas la même. Cette qualification, et cette obligation de qualité, impose déjà au producteur d’effectuer un certains nombres de contrôle pour mériter son appellation. Jusque là, pas de transformation me direz vous. Mais que se passe t’il quand, par exemple, un producteur se rend compte que la qualité de son eau évolue suite aux méthodes d’agriculture utilisée dans sa région de production ? C’est exactement ce qui s’est passé avec l’eau de Vittel où la société exploitante s’est rendue compte de l’augmentation des taux de nitrate de sa source. Il faut savoir que la loi définie, dans ce cas, un périmètre de protection des sources qui peut amener à contraindre les propriétaires des terrains dans ce périmètre. En l’occurrence, la société exploitante a travaillé en concertation avec la chambre locale d’agriculture. Des ingénieurs agronomes, des chercheurs furent mobilisés pour aider les agriculteurs à changer leurs méthodes.

Cela ressemble à une « success story » car avec de la bonne volonté de tous, et pas mal de moyens, la qualité minérale de la source a été préservée. Là où les choses se compliquent un peu c’est que nous avons quitté se faisant la notion de naturel. En effet, même si la qualité de l’eau n’est pas modifiée après captage, c’est en amont que les mesures sont prises pour la maintenir dans un état qui est légalement acceptable.

Nous avons donc une transformation qui apparaît certes de bon sens mais une transformation quand même. Que dire aussi des transformations post extraction avec par exemple, pour certaines eaux gazeuses, une injection de gaz afin d’en uniformiser le pétillement ?

Ce que je cherche à illustrer là c’est combien la citation de Beck est lourde de sens. Si nous prenions par exemple les produits biologiques. Certains veulent voir dans ces produits, des produits naturels au sens cité au début de cette chronique. Ce serait là encore une erreur encore plus lourde que pour l’eau minérale. Car biologique veut dire que certains produits sont interdits mais certainement pas qu’aucun traitements n’est effectué. Ne serait ce que pour des raisons de législations, l’agriculture biologique est une activité tout aussi anti-naturelle qu’une autre au sens retenu ici.

Bien entendu, je ne cherche pas à poser le problème des bienfaits réels ou supposés de ce type de culture. Des études contradictoires ont été faites et je serais tenté d’attendre qu’un consensus scientifique se dégage avant de prendre parti.

Ce qui devient gênant en fait, c’est qu’une confusion se met en place entre les notions de naturels et de bienfaits. L’utilisation du mot nous pousse à croire que le naturel est forcément bon et que ce qui ne l’est pas forcément mauvais. Cette dérive est inquiétante car elle tue tout débat. Si le naturel est le bien, comment ne pas se soumettre ? Le problème est que non content de ne pas exister, ce que l’on prétend naturel n’est pas nécessairement bon. Une eau minérale naturelle, par exemple, serait considérée comme non potable si elle sortait de votre robinet. De quoi faire réfléchir n’est ce pas ?

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La sécurité et la violence

Posted by olivier_anthore on 16th novembre 2011

Voici le texte de ma cinquième chronique sur 133b

Que peut on raisonnablement attendre de l’équipement des forces de sécurité ? Voilà une des questions de la démocratie qui apparaît rarement ainsi dans le débat démocratique. Pourtant, vous avez entendu parler de ce problème dès que vous avez entendu parler des débats autour du Taser.

Sans rentrer dans le débat sur la dangerosité de cette arme, il faut comprendre que son arrivée dans les forces de sécurité correspond à un mouvement de fond qui a accompagné la mise en place de la démocratie.

En effet, le 13 Vendémiaire par exemple, quand Barras demanda au jeune Bonaparte de contenir une émeute royaliste, il le fit en tirant sur la foule au canon et au fusil. Difficile d’envisager aujourd’hui ce type de maintien de l’ordre.

Donc, petit à petit, le maintien de l’ordre s’est démilitarisé et, en parallèle de la démocratisation, l’arsenal du maintien de l’ordre s’est considérablement transformé. En effet, même turbulent, la république ne pouvait pas durablement maltraiter ceux qu’elle était sensé représenter.

Les forces de polices vont petit à petit sortir du giron purement militaire pour les missions de maintient de l’ordre. Ceci va se traduire par un changement dans leur équipement. Il faudra attendre un siècle pour voir le préfet Lépine, celui du concours, équiper en 1893 les policiers de bâton appelé matraque. Mot originaire d’Algérie d’où justement ce préfet républicain revenait d’avoir été gouverneur général.

La matraque restait une arme contondante, mais ce changement avait un sens profond. Les forces de police, même si elles pouvaient exercer la force, n’avaient pas pour vocation de tuer. Ceci est même fixé, en 1944, dans les règles d’utilisation des armes à feu pour les policiers : la légitime défense de soi-même ou d’autrui. A noter que la gendarmerie, faisant partie de l’armée, n’avait pas les mêmes contraintes.

Toujours sous l’impulsion du préfet Lépine, les gaz lacrymogènes firent leur apparition dès 1912. Mais c’est surtout à partir des années 30 qu’ils furent utilisés pour disperser les foules.

A la fin des années 60, le besoin d’autres armes dite non létales se fit jour essentiellement aux Etats Unis suite à des morts dans des manifestations contre la guerre du Vietnam. Apparurent alors, les bâtons caoutchoutés, les balles en plastiques, les flash-ball et enfin les Tasers.

On voit que l’équipement n’a fait qu’accompagner une volonté claire des démocraties de faire baisser l’intensité des violences lors du maintien de l’ordre. Parallèlement est apparu aussi le besoin de protéger les forces de l’ordre des violences. En effet, plus vous cherchez à limiter la violence, plus vous vous rapprochez des opposants et devenez vulnérables. Les casques et les boucliers furent la première réponse. Ils n’ont pas cessé d’évoluer, de plus en plus enveloppant et protecteur, ils deviennent aussi une barrière psychologique entre le policier et son opposant. Pour renforcer cela, les protections individuelles, gilet pare-balle et les protections des membres, apparurent aussi, transformant les policiers en véritables soldats en armures.

C’est finalement le coté paradoxal de cette évolution, alors que dans les faits la répression est de moins en moins mortelle, elle en devient de plus en plus effrayante et déshumanisée.

Le problème est aussi que cet équipement devient général. En effet, que des manifestants violents se retrouvent face à une force organisée et effrayante, je serais tenté de dire : c’est le jeu. Ce qui est plus inquiétant c’est de voir des policiers avec un équipement aussi peu rassurant patrouiller dans les cités. Cela renforce l’idée que, contrairement à ce que montre les statistiques, nous serions face à une augmentation dramatique de la violence.

L’équipement n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg et, tout en s’assurant du niveau correct de nos forces de polices, il serait peut-être temps de se poser la question de la doctrine d’emploi de ces forces et de leur équipement. Un débat trop souvent laissé de coté et pourtant essentiel à la démocratie.

Liens intéressants :

Historique des armes de la police nationale (site Police Nationale) : http://www.policefr.com/docs/arme_PN.pdf

L’article de l’encyclopédie Larousse sur l’histoire de la police française : http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Histoire_de_la_Police_en_France/11005570

Interview de Bernard Huyghe « Il est normal de réfléchir sur les armes non létales » : http://www.fluctuat.net/6807-Armes-non-letales-entretien-avec-Bernard-Huyghe

Les quartiers ont ils la police qu’ils méritent, un débat sur France Culture dans l’émission du grain à moudre : http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-les-quartiers-ont-ils-la-police-qu-ils-meritent-2011-10-27.html

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Un réseau neutre ?

Posted by olivier_anthore on 31st octobre 2011

Voici le texte de ma quatrième chronique diffusée sur 133b

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui hante votre quotidien sans que vous en ayez forcément conscience : la neutralité du réseau ou neutralité du net.

En quelques années, vous avez tous appris à vous familiariser avec internet et, sans être de grand spécialistes, vous avez déjà entendu parler des techniques qui tournent autour. Même si vous ne savez pas toujours ce que cela veut dire, ADSL, fibre optique, HTML sont des mots que vous avez pu rencontrer dans l’univers du net. Vous savez aussi qu’Internet est un réseau qui maille maintenant la plupart des continents et dont les premières branches sont apparues dans les années 70 aux États-Unis.

Alors qu’est ce que cette fameuse neutralité et à quoi peut elle bien servir ? En fait, la première chose à comprendre, c’est que, dans la conception d’internet, les ingénieurs ont utilisé un modèle, dit modèle OSI, qui répartissait tous les éléments qui font un réseau en couche indépendante entres elles. Ce modèle découpe en 7 couches les composantes d’un réseau de la couche physique, la base, à la couche applicative, celle que vous utilisez sur le net.

La neutralité concerne en fait toutes les couches entre ces deux couches. En effet, pour des raisons historiques, les réseaux physiques appartenait à des opérateurs privés pour la plupart et Internet s’est construit en s’appuyant sur ces réseaux physiques. Le principe de neutralité, à cet époque, à permis de développer internet car il consiste essentiellement à mettre en place des protocoles de communications non propriétaires et ouverts.

En clair, il s’agissait de permettre à des ordinateurs qui n’étaient pas fabriqués par les mêmes constructeurs et qui n’utilisaient pas les mêmes systèmes de se parler quand même. Pour cela il fallait que la manière de se parler soit connue de tous, qu’elle n’avantage personne et qu’elle ne puisse pas être modifié au profit de l’un et au détriment de l’autre. Si l’on voulait que tous les ordinateurs puissent aller sur internet, il fallait que tous puisse y aller. C’était simple et évident.

Internet a pris depuis un essor à peine imaginable et il nous semble maintenant tellement évident que, dans les conversations, le « je l’ai vu sur le net » remplace maintenant le « je l’ai vu à la télé ». En 2009, Benjamin Bayart, tenant compte de l’évolution des techniques a alors posé quatre principes qui permettent de s’assurer que cette neutralité puisse être garantie au bénéfice de tous.

  • Transmission des données par les opérateurs sans en examiner le contenu
  • Transmission des données sans prise en compte de la source ou de la destination des données
  • Transmission des données sans privilégier un protocole de communication
  • Transmission des données sans altérer le contenu

Pourquoi ces quatre principes ?

On peut reconnaître facilement dans les deux principes centraux ce qui a fait internet et lui a permis de s’imposer. Permettre a tout ordinateur d’utiliser le réseau et de communiquer avec n’importe quel ordinateur du réseau. Pourtant ces deux vénérables principes sont remis en question par les opérateurs. Leur argument est assez simple : aujourd’hui des entreprises comme Google ou Facebook utilise une grande partie de la bande passante sans supporter les coût de déploiement de cette bande passante. Petite précision de vocabulaire, la bande passante, pour schématiser, c’est la grosseur du tuyau disponible pour faire passer les données. Plus elle est grande, plus vous pouvez faire passer beaucoup de données rapidement. Or plus nous sommes nombreux, et plus nous utilisons le réseau, plus les opérateurs doivent investir. Pour se maintenir, ces opérateurs souhaiteraient donc pouvoir proposer des sortes de forfaits premium garantissant à ceux prêt à payer plus un débit minimum.

Le premier et le quatrième principe semblent moins liés à la définition originelle de la neutralité mais sont tout aussi essentiels. En effet, ces deux principes vous garantissent que votre fournisseur d’accès ne va pas s’amuser à vous empêcher d’accéder à certains type de contenu. Lui ou l’état dont il dépend.

Cela est bel et bon me direz vous mais, dans une démocratie, ces principes sont ils vraiment nécessaires ? Une première réponse est de dire que c’est justement parce que de tels principes existent que nous somme en démocratie. Un autre point est, qu’en France, des sociétés comme Free et Cegetel n’ont pas hésité à mettre à mal cette neutralité lors de négociations avec d’autres sociétés pour leur mettre la pression. Le non-respect de cette neutralité fait de vous, à votre corps défendant, un argument de négociation non pas dans votre intérêt mais de celui de votre fournisseur. De quoi faire réfléchir et être attentif aux arguments des défenseurs de cette neutralité ne croyez vous pas ?

Lien intéressant :

Dossier de l’association « La Quadrature du net » sur la neutralité

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L’enfermement planétaire

Posted by olivier_anthore on 27th octobre 2011

Voici le texte de la troisième chronique diffusée sur 133b

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais je suis très souvent fasciné par les images de la conquête spatiale. En particulier quand on parle de la colonisation de Mars.

Tout ceci a un petit parfum de merveilleux qui rappelle furieusement les chroniques martiennes de Ray Bradbury. Et puis, incidemment, cette conquête ne serait elle pas la solution à tous nos problèmes environnementaux ?

Ne pourrait on pas aller dans la ceinture d’astéroïdes chercher les minéraux manquants  sur Terre ? Ne trouverons nous pas sur Mars un havre pour absorber le surplus de la population humaine ? Et, une fois le système solaire conquis, pourquoi ne pas envisager d’en sortir ?

Tout n’est malheureusement pas si simple.

Parlons prix d’abord, pour envoyer 5 à 6 personnes sur la lune, le coût serait d’à peu près 100 milliards de dollars. On peut comprendre le peu d’entrain du président Obama à financer le programme de vol habité. En temps de crise, il y a certainement de meilleures manières d’utiliser une telle somme. Quand on sait que Mars est 194 fois plus éloignées de la Terre que la Lune, le coût pour y emmener ne fusse que la population d’une petite ville doit être proprement astronomique.

Ensuite, il faut comprendre que l’espace en dehors de notre Terre est un espace hostile. La Terre avec son atmosphère et son magnétisme, nous protège des vents solaires et autres radiations venues de l’espace. Hors de notre cocon protecteur, nous serions livrés à un bombardement intense source de cancers. Il suffirait peut être de faire des engins blindés contre ces radiations ? Le remède serait alors pire que le mal. En effet, les particules du blindage seraient transformées en projectiles par l’effet de ces radiations. Bref, nous n’avons pas aujourd’hui de solutions techniques qui nous permettent de sortir de la proche banlieue de notre planète.

Ces constats ont été exposés au public français par Serge Brunier, journaliste scientifique, et surtout par André Lebeau, ancien directeur du Centre National d’Études Spatiales (CNES).

Chacun en tire ses conclusions qui ne sont pas forcément contradictoire. Le premier tirant les conséquences des impossibilités techniques, pousse pour que la conquête de l’espace continue par l’intermédiaire des robots dans les siècles à venir.

Le second, plus radical, développe une théorie de l’enfermement planétaire où l’espèce humaine doit radicalement changer ses modes de vies car elle n’aura pas d’autres planètes à disposition.

Bien sur, ces conclusions ne sont tirées qu’à partir d’un état des connaissances actuelles. Une découverte exceptionnelle d’une technologie particulière pourrait changer la donne. Il ne faut jamais désespérer du génie humain. Et après tout, Magellan et Colomb s’embarquant sur des navires fragiles n’ont ils pas contribué à amener des changements qui rendent aujourd’hui la Terre si petite ?

Mais, la prochaine fois que, comme moi, vous rêverez sur des images de Mars terra-formée, garder à l’esprit que tout cela risque de ne rester qu’un beau rêve. Avant que nous puissions envisager de nous sortir de la banlieue terrestre nous devrons régler nos problèmes ici et maintenant.

Liens intéressants :

Planète Mars, rouge, rouille, bleue ? émission scientifique indispensable du lundi, Continent Science parle de la planète mars

« L’enfermement planétaire » Présentation du livre de André (livre dont la présentation m’a donnée l’idée de cette chronique)

« Le tourisme spatial est la preuve que les vols habités ne servent à rien » Une interview décapante de Serge Brunier

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Et si on parlait de science économique ?

Posted by olivier_anthore on 25th octobre 2011

Ma deuxième chronique diffusée sur 133b

C’est la crise. Combien de fois déjà avons nous entendu cette phrase ? Avons nous souvenir d’une période où justement ce n’était pas la crise ? Pour ma part, depuis ma naissance, je suis né en 1970, ou du moins depuis que j’ai conscience du monde, j’ai l’impression que la crise est un état permanent.

Or, par définition la crise est passagère correspondant au passage d’un état vers un autre. Alors quid ? La France, patrie des armes et des lois, aurait elle inventé la crise permanente à défaut de la révolution permanente ?

Ou alors serait-ce pas que nous vivons en permanence dans un pays où discours politique et réalité seraient en déconnexion permanente depuis plus de trente ans ?

Cette déconnexion est rendue criante par l’apparente incapacité des hommes politique à parler clairement d’économie. Des petites phrases sont jetées en pâtures aux médias et, sans s’attacher au fond, nous n’arrivons à retenir que la forme. Force de la formule, misère de la réflexion.

Il y a pourtant des grandeurs simples qui permettent de comprendre rapidement un problème : Produit Intérieur Brut (PIB), inflation, valeur importée et exportée.

Mais ces quelques grandeurs ne prennent sens que si on admet quelques hypothèses. Une de ces hypothèse est que nous vivons dans un monde ouvert. Cette hypothèse peut être contestée, c’est une hypothèse et donc elle peut être soumise à un choix politique.

La question, si l’on souhaitait la remettre en cause, serait de définir un espace clos ou quasi-clos à dimension nationale ou européenne.

Nous retrouverions cette tentation récurrente de l’autarcie. Autarcie qui générerait alors ses propres problèmes, il n’y a pas de solution miracle, comme par exemple un coût beaucoup plus élevé des importations et donc un changements assez radical de mode de vie. Un choix démocratique qui mériterait d’être débattu donc en particulier sur les aspects de sa faisabilité.

Faisabilité car, pour la mettre place il faut savoir sur quel territoire on se base. Une dimension nationale stricte semble aujourd’hui difficile pour la majorité. Ce serait le glas de l’Union Européenne, ce qui peut être encore un choix politique mais qui apparaîtrait contre le sens de l’histoire au vu des grands blocs qui structurent le monde d’aujourd’hui.

Alors au niveau européen ? L’idée est séduisante. En effet, avec ses 27 pays, 33 avec les potentiels entrants, nous aurions un marché suffisant et des capacités de production permettant, presque, de nous passer du reste du monde.

Mais il apparaît difficile à la France de décider seule, quand bien même nous serions convaincu, car, pour le coup, on comprendrait que sur un tel sujet seule l’unanimité serait juste. Une économie comme l’Allemagne, tournée vers le monde avec près de 30% de ses importations et 25% de ses exportations hors d’Europe en 2006, se remettrait difficilement d’un tel choix.

On voit ici un des enjeux qui se dessinent dans les débats économiques. C’est une question de choix, que sommes nous prêt à accepter comme évolution pour notre pays ? L’illusion serait de croire que ces choix soient sans incidences sur notre quotidien. Encore pire serait l’illusion de croire que l’un d’entre eux nous ramènerai à une époque bénie, et illusoire, où coulait le lait et le miel.

Fondamentalement, ce qui explique l’apparence complexité du discours sur l’économie, c’est que contrairement au discours sur l’économie, l’économie a changée. Les choix sont alors de décider de nous adapter résolument à la nouvelle donne comme l’Allemagne et le Royaume Uni ou de nous y opposer partiellement ou totalement. Pour ce dernier choix, il faudra juste réaliser que nous serons les seuls en Europe à faire ce choix et en tirer les conséquences.

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Science et démocratie

Posted by olivier_anthore on 5th octobre 2011

Vous trouverez ci-dessous le texte de la chronique diffusée cette semaine sur la webradio 133b

 

Je reprends avec plaisir un cycle de chroniques pour partager avec vous le fruit de mes lectures et de mes réflexions.

L’année dernière, j’avais axé ces chroniques sur les collectivités locales et leur organisation, je souhaitai cette année changer de domaine et parler plus de science et de démocratie.

Rapprochement étrange en apparence mais qui vous apparaîtra plus clairement à la fin de cette chronique. En effet, ce que je veux faire c’est illustrer ce en quoi science et technologie ont besoin d’un réel débat démocratique.

Mais, me direz vous, ce débat existe déjà ! Par exemple, un Grenelle de l’environnement a eu lieu. Les mouvements contre les OGM, type faucheurs volontaires, et contre l’extraction des gaz de schistes sont très présents dans les médias.

Or ces deux types de débats engagent, à chaque fois, des franges minoritaires de la population et se règlent dans des cadres qui sont, à chaque fois, éloignés du vote.

Ceci est devenu tellement systématique que vous trouverez des penseurs politiques qui vous expliqueront, doctement, qu’il est impossible qu’il en soit autrement.

Parmi ces penseurs vous trouverez des extrémistes « anti-démocratiques », comme Hans Jonas, William Ophuls [1] et Robert Heilbroner. Pour eux, le temps et l’espace démocratique ne permettent pas une prise en compte des enjeux scientifique dans des délais compatibles avec l’urgence. Ils professent donc une sorte « d ‘écolo-terrorisme » basé sur l’utilisation de « mots obus » afin de pousser par la peur le peuple dans la bonne direction.

D’autres, beaucoup plus modérés, comme MM. Dominique Bourg et Kerry Whiteside, professent une adaptation de la démocratie représentative afin de lui permettre de s’adapter aux changements d’échelles des problèmes[2]. En fait, en lisant leurs propositions, il s’agit essentiellement de mettre en place un pouvoir supplémentaire basé sur l’expertise. Cette expertise proviendrait d’un collège de scientifique, expertise théorique, et des Organisations Non Gouvernementales écologiques, expertise pratique.

Ce qui me frappe dans ces deux visions, que je pense sincères, c’est de vouloir faire le bien du peuple sans lui demander son avis. L’Histoire est pleine de ces utopie dont la réalisation a amené les plus sinistres catastrophes.

Mais il est facile de réaliser que les gens autour de nous, et nous même, nous sentons vite dépassé lorsqu’il est question de science. Impression étrange de se retrouver à l’époque de la démocratie balbutiante en France où le peuple, sans éducation, sentait intuitivement ce qui était bon pour lui mais se trouvait incapable de formaliser ce qu’il voulait.

Pourtant, si nous voulons redonner au débat politique ses lettres de noblesses, il me paraît impensable de ne pas donner les éléments de réflexions nécessaires au peuple. Toute la difficulté est d’essayer d’aborder les sujets sans affects, de faire l’effort de comprendre les arguments de chacun et surtout d’être simple sans être simpliste.

C’est mon ambition pour ce cycle de chroniques.


Références :

  1. Gilles Paquet – Gouvernance restaurée pour le nouveau millénaire (2010)
  2. Le Débat, n°164, mars-avril 2011 – Autour de Vers une démocratie écologique de Dominique Bourg et Kerry Whiteside

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La défense des positions électorales acquises

Posted by olivier_anthore on 28th février 2011

Le texte de loi sur la réforme des collectivités locales a fini par passer alors que le tumulte soulevé par la le texte sur les retraites s’était à peine apaisé.

On reconnait là la technique, appliquée avec constance, de tout faire bouger en même temps dans tous les sens, ce qui empêche de prendre le temps de regarder ce qui se passe sur l’image d’ensemble.

Pour ma part, je trouve la méthode regrettable et ce d’autant plus que le texte qui a fini par passer le sénat est une régression par rapport à l’accord qui avait été finalement trouvé sur le sujet à la suite du débat parlementaire. Pourquoi certains ont fini par accepter ce qui était inacceptable quelques mois plus tôt ? Mystère parlementaire. Pour en être représentant du peuple, on en est pas moins hommes et, suite à des pressions amicales, être amené à changer d’avis.

Mais, me direz vous, est ce si grave ? Après tout, cette loi ne rentrera en vigueur en 2014 et il sera possible d’y revenir suite aux élections de 2012 si le peuple exprime suffisamment fort sa volonté.

Pour tempérer cet optimisme, je voudrais attirer votre attention qu’au moins une partie de cette loi s’appliquera dès 2011. En effet, outre le découpage électoral notoirement connu pour ne pas respecter la cohérence démographique et géographique, le relèvement à 12,5% des inscrits la condition pour se maintenir au deuxième tour pose question.

Ce qui est gênant dans cette mesure c’est qu’elle est clairement faite pour rendre quasiment impossible les triangulaires dans les élections à faible taux de participation. Comme par exemple les élections cantonales de 2011.

Ce qui rend dubitatif sur cet objectif c’est qu’il s’agirait de rendre le vote plus lisible pour les citoyens. En effet, les législateurs, dans leurs immenses bontés, ont visiblement peur que le peuple soit tenté de mal voté s’il lui était proposé autre chose qu’un choix binaire au deuxième tour.

En clair, l’UMP a peur de perdre des sièges et des départements suite à un éparpillement des voix au deuxième tour.

Ce qui est finalement gênant à ce sujet, comme j’ai pu l’écrire par ailleurs, c’est que ce genre de mesure ne fait que renforcer les positions acquises et empêche toute respiration démocratique.

En effet, en période de stabilité, il est relativement normal que la situation politique se stabilise relativement autour de deux voir de trois pôles. L’Histoire en apporte de nombreuses confirmations.

Cependant, quand l’équilibre est remis en question, il y a deux attitudes : tenter de geler la situation ou accompagner le changement. Encore une fois l’Histoire montre que la tentative de gel ne fait qu’à amener un éclatement encore plus dévastateur que le changement craint.

Cette petite mesure, passée presque en catimini, se positionne clairement comme une tentative de geler une évolution défavorable aux positions acquises du PS et de l’UMP.

Il reste à espérer que les électeurs sauront échapper à cette volonté de les mettre au pas et à passer un message clair sur ce qui s’apparente à une manœuvre de dernière minute pour préserver les intérêts d’un pouvoir aux abois.

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Les Agences Régionales de Santé : les grandes discrètes

Posted by olivier_anthore on 19th février 2011

Le docteur Élisabeth Hubert, ancienne ministre d’Alain Juppé, a rendu le 26 novembre dernier un rapport au chef de l’état concluant la mission de concertation sur la médecine de proximité. Vous devez en avoir entendu parler à propos des aspects les plus médiatiques que sont le développement de la télémédecine et de la lutte contre la désertification médicale.

Le but de cette chronique étant plus de parler des collectivités locales, j’ai donc lu ce rapport avec un angle d’approche différent pour y débusquer la présence d’institutions relativement discrète jusqu’ici : les Agences Régionales de Santé ou ARS.

Relativement discrète car au moins une de ces agences a fait parler d’elle jusqu’à présent. Je veux parler de l’Agence d’Ile de France, et de son président Claude Evin, qui courant Septembre a lancé une étude pour envisager de ne garder qu’un service d’urgence ouvert par département la nuit en dehors de Paris et a annoncé son projet de fermeture de la chirurgie cardiaque à l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

La création de ces agences avait envisagé dans le rapport Balladur sur la réforme des collectivités locales. Elles furent créées par la loi Hôpital Patients Santé Territoires du 21 juillet 2009. Ceci me permet de vous conseiller de lire ce rapport Balladur au vu des impacts qu’il ne cesse d’avoir sur l’organisation de notre pays.

Les ARS ont été créées le 1er avril 2010 dans toutes les régions.

Ses missions sont brièvement décrites sur le site du ministère de la santé :

  • Promotion de la santé et de la prévention,
  • Veille et sécurité sanitaire,
  • Organisation des soins hospitaliers et ambulatoires,
  • Organisation des pratiques soignantes et des modes de recours aux soins des personnes,
  • Accompagnement médico-social.

Ces agences fusionnent différents organismes (DRASS, DDASS, ARH, URCAM, Missions Régionales de Santé) et fusionnaient déjà les niveaux régionaux et départementaux. Il est déjà assez visible, du point de vue de la santé et du social du moins, que les jours des départements sont comptés.

Le détail piquant est que ces agences régionales ont été mise en place un mois après les élections régionales. Est-ce une manière de dire que la région n’a finalement que peu de chose à dire sur la santé ?

Impression renforcée lorsque l’on considère que le conseil de surveillance de 24 membres est présidés par le préfet de région, donc l’État, et qu’il n’y a que 4 représentant des collectivités locales. Elles sont normalement plus représentées au niveau de la conférence régionale de la santé et de l’autonomie. Reste à savoir comment leurs avis seront entendus à l’avenir.

Revenons au rapport du docteur Hubert qui peut nous servir de rapport d’étape sur ces fameuses ARS.

La première inquiétude vient de la demande de mettre à disposition de l’ARS des données actualisées et qu’en plusieurs endroits le rapport souligne que les chiffres sont imprécis et que les définitions ne sont pas les mêmes selon les acteurs et les régions. Pour le moins on peut se dire que le pilote est un peu dans le brouillard.

Élément intéressant de ce rapport, c’est qu’il reprécise le rôle de ces ARS comme pilote et non comme acteur de la politique de santé sur le territoire. Sachant que le président de l’ARS dispose de pouvoir assez étendu sur les professionnels de santés par ses compétences d’évaluation et de contrôle, il s’agit au moins d’un pilote qui a les moyens juridiques de pilotage.

Cependant, et cela pondère largement cette dernière constatation, je ne résiste pas à la tentation de citer la conclusion de ce rapport sur le rôle des ARS : « Nous ne répéterons jamais assez que pour se donner toutes les chances de succès, des moyens financiers et humains doivent être affectés à ces agences, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui comme si, quelque part, l’État regrettait ce qu’il a créé par la Loi. »

Le courage législatif n’est pas d’inscrire un texte de loi plus ou moins ambitieux en le parant des épithètes de réforme, historique etc…. Le courage législatif c’est d’assumer pleinement la loi une fois promulguée et de ne pas s’y engager s’il n’est pas certains de la faire appliquer. Leçon trop souvent oubliée et qui risque encore d’être prise en défaut avec ces agences si discrètes.

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L’appel de l’A.J.E.F.

Posted by olivier_anthore on 24th janvier 2011

Voici le texte de ma dernière chronique sur Fréquence Orange. Le podcast est disponible cette fois ci.

Je vais peut être vous choquer mais je suis toujours très méfiant face aux démarches trans-partisanes. Bien sur, en France, nous avons un exemple phare de ce que ce genre de démarche avec le Conseil National de la Résistance. Cependant, cet exemple, si positif, a tendance à faire oublier, un peu rapidement, d’autres démarches qui se résument à la défense d’intérêts biens compris d’élus de gauche comme de droite et de leurs clientèles.

C’est dire si j’ai abordé l’appel de l’Association des Jeunes Élus de France avec une méfiance certaine. Je dois admettre que j’ai été agréablement surpris par cet appel. Je l’ai trouvé bien fait et avec des éléments de débat intéressant.

Pour passer rapidement sur les points qui m’ont fait tiquer, je ne signalerai que ce qui me parait une contradiction. Il s’agit du maintient de la péréquation horizontale et de la liberté totale des collectivités locale de fixer l’impôt. En effet, j’y vois pour ma part une contradiction majeure car certaine collectivité locale serait alors naturellement portée à baisser les impôts. Ceci leur permettraient de se soustraire partiellement à la péréquation calculée sur leurs recettes réelles et non sur leur possibilité de recette. Il faudrait alors que l’État intervienne plus directement à travers les subventions. Or, et c’est un danger qui va se renforcer au niveau départemental, le payeur a une tendance naturelle à vouloir imposer la manière dont son argent est dépensé.

Ce que je trouve plus intéressant, c’est que, comme quelques sénateurs, les jeunes élus sentent à quel point la réforme va créer une coupure entre les départements et l’échelon communal. Ils proposent d’y remédier en créant une sorte d’instance de coordination qui tenterait de remédier à cette coupure. Pour être franc, je doute de l’efficacité de ces instances de coordination. D’un coté des élus communaux sous-pression directe de l’électorat, de l’autre des élus départementaux des appareils politique auront toujours du mal à accorder leurs violons. Ils ne seront tout simplement pas dans le même tempo. Toutefois, ça ne sera qu’un pis-aller dans ce qui sera, selon moi, la conséquence la plus négative et la plus durable de cette réforme.

Eux même sentent ce danger en insistant sur l’importance de conforter les trois échelons (communal, départemental et régional) dans leurs missions spécifiques.

La fiscalité n’est pas oubliée dans cet appel. Ils exhument ce vieux serpent de mer, déjà remonté à la surface lors du rapport Balladur, de l’actualisation des valeurs locatives. Sachant que la dernière révision date de 1970, je vous laisse deviner les bonnes et les très mauvaises surprises que cela augure. J’attends avec une certaine désillusion celui qui sera capable de mettre enfin cette simple mesure de bon sens à l’agenda parlementaire.

Toujours sur la fiscalité, ils n’oublient pas contrairement au gouvernement qu’une clause de revoyure était prévue pour regarder l’adaptation de la remplaçante de la Taxe Professionnelle au besoin des collectivités locales. « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient » aurait dit le pas si regretté Charles Pasqua.

Enfin, et c’est le point le plus important selon moi, ils remettent sur la table le sujet du statut de l’élus. Sceptique par habitude diriez-vous, mais je ne crois pas à ceux qui veulent faire de la politique autrement. Il n’y a qu’une manière de faire de la politique : être élu et exercer son mandat. Si l’on veut changer la politique, c’est là qu’il faut porter le fer : changer le cadre dans lequel la politique s’exerce en imposant de changer ses habitudes tellement ancrées de cumuls et de petits arrangements avec les devoirs moraux qui doivent unir élus et électeurs.

Lien vers l’appel de l’A.J.E.F.

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