Une vue excentrée

Regards de la périphérie

L’alternative pour Créteil

Posted by olivier_anthore on 10th février 2014

Lorsque je me suis engagé en politique en 2007, mon choix s’était porté sur une parole libre qui osait dire non. Un parole qui refusait de dire ce que l’on croyait bon pour les Français et qui disait haut et fort ce qui leur serait utile de savoir.

La parole d’un homme d’abord, François Bayrou. D’un parti ensuite, le Modem. Nous avons porté, contre vents et marrées, ce discours. Cette aventure passionnante quoi que dure électoralement, ce chemin d’indépendance et de vérité, je l’ai suivi avec passion. Accompagné par l’équipe d’un nouveau souffle pour Créteil, j’ai appris au contact des Cristoliens ce que la politique voulait dire.

La politique, pas le spectacle télévisé qui en tient trop souvent lieu.Tenir un discours contre vents et marrées et l’incarner au quotidien, voici ce qui fait pour moi l’engagement politique.

Marier l’analyse des dossiers sur le financement et sur les projets urbanistiques avec le contact quotidien des Cristoliens. Faire cet aller retour permanent entre la technique et la vie quotidienne. L’investissement personnel dans les comités de quartiers avec cette joie de faire ensemble.

C’est aussi participer et proposer dans le cadre des projets numériques de la ville sans s’arrêter à des considérations partisanes.

C’est ce travail qui fait vraiment la politique selon moi.

Arrive ensuite le moment de faire un choix pour les années à venir. Un choix à faire pour ma ville mais aussi pour ceux qui m’ont accompagné sur cette route.

Pour moi l’essentiel était de participer à un projet de ville fidèle à ce que nous avions défendu tout au long de ces six années et porteur d’avenir.

Face à une municipalité enfermée dans ses certitudes et qui s’assoupit sur la certitude d’une victoire facile, il faut apporter un changement.

Dès le début, il nous est apparu que seul le rassemblement de toutes l’opposition était en mesure de faire changer les choses.

Las, les ego ont souvent plus de poids en politique que celui de l’intérêt général. Après des mois à essayer de trouver un partenaire désireux de réellement faire changer les choses, nous avons enfin trouvé.

Les idées rapprochent mais il faut des personnes pour un accord. Cette personne c’est Sylvie Smaniotto-Gruska.

C’est pourquoi j’ai décidé, ainsi que le Modem Créteil, de soutenir et rejoindre Sylvie pour cette belle campagne qui s’annonce.

 

Vous pouvez suivre l’actualité de Sylvie sur son blog de campagne

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Réflexion sur un 8 mai

Posted by olivier_anthore on 9th mai 2013

Il y a toujours quelque chose d’étrange pour ceux qui comme moi n’ont jamais vécu une guerre de se rendre aux cérémonies de souvenirs d’une guerre passée. Surtout qu’à coté de soi, il y a très souvent des gens qui eux l’ont vécus et parfois durement dans leur chair même.
La passion de l’histoire, l’intérêt pour la mémoire ne peuvent remplacer l’intensité du regard d’un homme vous racontant une embuscade dans une oasis où il avait la « position du fusillé » pendant que ses camarades avaient, eux, trouvé les abris qui les protégeaient des tirs.
Alors pourquoi s’y rendre ? Peut être justement pour rencontre de tels hommes. Aussi pour se rendre compte que bien que notre quotidien se déroule nonchalamment des hommes se battent et souffrent au nom de notre pays. Ce 8 mai justement deux d’entre eux ont été décoré de la croix du combattant.
Tout ceci donne un relief particulier à cette période difficile qui a amené la France au bord du gouffre. Un moment où seule l’union nationale a pu préserver notre pays à la fois de la domination nazie mais aussi de l’étouffante présente de nos amis, tout prêt à nous reconstruire selon leurs préceptes. Quand ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n’y croyaient pas combattaient côte à côte, l’espoir n’était plus un vain mot. Il a fallu en combattre des divisions, de radicales oppositions pour arriver à mettre à la même table ceux qui cinq ans auparavant étaient prêt à se tirer dessus. C’est ce qui a fait la grandeur de notre pays, sa capacité à s’unir. Il y eu le CNR justement rappelé par le député-maire. Mais surtout cette belle certitude rappelée par le poète :

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Aragon – La Rose et le Réséda (Extrait)

C’est peut être la raison principale pour laquelle il est bon d’être présent à cette cérémonie. Bien sur nos temps sont moins tragiques. Mais ils sont tout autant difficile pour ceux qui ont peu et qui peine à se maintenir. Et notre responsabilité à tous est bien de savoir faire fi du calcul pour s’unir et faire face.
Alors oui, il y a toujours les ayatollah de la pureté idéologique, les calculs mesquins de préséance qui s’opposent à l’union. La situation n’est sans doute pas assez tragique pour faire taire ceux qui veulent faire parler leur intransigeance au lieu de leur intelligence.

C’est sans doute ce qui fait des centristes une famille politique autant conspuée. Elle a toujours cru essentielle la préservation de l’unité dans le respect de la diversité. C’est une famille qui a toujours obstinément refusée l’idéologie de tous bords.

C’est dans la tragédie qu’elle trouve sa justification. C’est ainsi et le rôle de pivot du MRP pour la sortie du marasme de la fin de la guerre n’en est qu’une confirmation. C’est cet esprit qui continue de nous animer en toutes circonstances. Cet esprit est notre force et notre croyance en dehors de la tragédie, il reste notre boussole dans les choix qui s’annoncent.

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une évolution de la démocratie française

Posted by olivier_anthore on 9th décembre 2012

La première de mes nouvelles chroniques sur la web radio 133b. A retrouver chaque semaine le mercredi à 8h10 puis 17h50

Notre pays est dans une situation assez particulière. Pour la première fois depuis 2007, nous n’aurons pas d’échéance électorale prévue avant deux ans. Et, surtout, pour la première fois depuis les années 70, un parti concentre la plupart des pouvoirs en ses mains.

Pouvoir exécutif et législatif d’abord. Mais aussi la quasi totalité des régions, la majorité des départements et des grandes villes ont à leur tête des élus du parti socialiste.

Au niveau de l’administration, le nombre de haut fonctionnaire se réclamant de ce parti est élevé. Ceci devrait assurer la parfaite maîtrise de cette lourde machine sans laquelle il serait illusoire de vouloir gouverner.

Faut il s’en effrayer ? Après tout, les circonstances n’appellent elles pas à ce que le pouvoir ne perdent pas de temps dans de vaines arguties et bénéfice d’une certaine cohérence d’action.

La difficulté, et cela pose une vraie question, c’est que l’on remarque vite que sous une unité de façade, l’actuelle majorité est comme un manteau d’arlequin et que le pouvoir exorbitant du président ne fait pas tout. Même en France.

En fait, l’analyse est qu’il n’y a plus de parti socialiste, ni même d’UMP d’ailleurs, mais bel et bien deux écuries présidentielles se positionnant l’une par rapport à l’autre et regroupant en leurs seins diverses nuances qui s’opposent parfois radicalement sur certains sujets.

Cette transformation n’est pas nouvelle. Il est possible de la situer même assez précisément à gauche le début de cette transformation avec le congrès d’Épinay. La droite mis un peu de temps à comprendre qu’elle avait besoin de se positionner par rapport à ce qui est devenu depuis le bloc adverse mais l’UMP fut finalement créé.

La conséquence directe de cette transformation est que le travail idéologique disparaît peu à peu de ces structures. En fait, il se retrouve sous-traité auprès d’organisme spécialisé les fameux « Think tank » ou laboratoire d’idée. Un autre effet est que les militants des partis ne sont plus amené à participer à la production d’idée mais sont relégué au rôle d’arbitre des tendances et de petits soldats lors des campagnes.

C’est une transformation radicale de notre démocratie. En fait, il faut bien l’admettre, il s’agit d’un alignement sur le système politique américain. Notre mode de scrutin ne permet d’ailleurs plus d’inverser cette tendance. Cet état de fait a même été renforcé par le relèvement à 12,5% des inscrits pour l ‘éventuel maintien au deuxième tour ce qui enlève aux autres partis un élément de négociation pour leur survie.

Constat que certains estimeront pessimistes mais les faits sont têtus.

Ce qui m’intrigue c’est que cette évolution me paraît paradoxale. Face à un monde dont nous découvrons chaque jour la complexité, résumer la démocratie à deux blocs paraît simpliste. Ceci me donne envie de creuser ce sujet de ce qui fait la démocratie et des formes qu’elle peut prendre. Parfois malgré un système politique qui n’a de cesse que de la corseter.

C’est à cette investigation que j’ai envie de vous convier cette année. Encore et toujours la démocratie car la démocratie n’est jamais acquise et arrêter de la rechercher c’est assurer sa mort à court terme.

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Encore une rentrée…

Posted by olivier_anthore on 5th septembre 2012

C’est la rentrée ! Ce grand moment de notre imaginaire collectif qui structure à ce point notre temps qu’il en devient un début d’année. En France, la prédominance du parcours scolaire dans la carrière professionnelle est telle qu’il n’y a finalement rien d’étonnant. Tous les témoignages des parents vont dans le même sens : l’avenir professionnel et social de leurs enfants est liés au parcours scolaire. Je trouve cela regrettable mais l’enracinement de cette croyance est tel qu’il serait vain de la faire disparaître à cours terme.

Pour un démocrate, comme le rappelle justement Laurent Watrin, l’école est aussi un élément essentiel mais dans la construction du citoyen. C’est pour cela, que ce sujet est un incontournable aussi pour nous.

Le nouveau pouvoir cherche aussi à se distinguer du précédent dans ce domaine. C’est heureux. Je ne peux malheureusement pas m’affranchir d’un doute quand j’entends les fameux « éléments de langages » utilisés qui ne semblent finalement que les symétriques de ceux des précédents ministres. Tout semble donner l’impression que le l’on passe d’un discours de ressources humaines de grandes entreprises à un discours volontaristes basés sur les moyens sans réflexions sur les organisations.

En effet, dans les deux cas, les décisions sont toujours prisent au sommet et aucune analyse sérieuse des différents rapports de bilan fait ne semble devoir être prise en compte. Aurons-nous en ce domaine, comme dans tant d’autres, une nouvelle mission interministérielle ou, mieux, un Grenelle de l’Education ? Tout cela faisant fi, bien entendu, de ce qui les a précédé.

Un exemple sur notre région a été la répartition des postes supplémentaires. J’avais déjà signalé que Paris était très richement doté par rapport aux autres départements et en particulier le 93 et le 94. Et pourtant, dans un silence étonnant, Paris a eu le droit à sa ration de postes supplémentaires.

Je ne m’oppose pas par principe à la création de poste. Ce qui me trouble c’est de me rendre compte que le niveau baisse sans qu’aucune réflexion sur les méthodes d’enseignement soit faite. Nous avons certes de grands théoriciens de la pédagogie en France. Selon la couleur du président, ces grands théoriciens via les ministères arrivent à faire partiellement appliquer leurs réformes muries au fond de leurs bureaux. Jusqu’à ce que la couleur du président change, ou tout simplement qu’il quitte par usure de l’âge, et les nouveaux conseillers du prince viennent avec leurs idées remplacer les précédentes.

Les enseignants résistent plus ou moins à la pression au nom de leur autonomie pédagogique. Ce qui entraine que l’enseignement devient illisible pour les non initiés. Or ceci est de moins en moins bien supporté dans une époque qui demande de la transparence et de la communication.

D’où des stratégies d’évitement via le privé et le jeu des adresses pour être dans un collège ou un lycée à bonne réputation. Il est toujours troublant de se rendre compte le nombre croissant de professeurs qui pratiquent ces stratégies pour leurs propres enfants.

Plutôt qu’une réforme de l’enseignement, il serait peut être opportun de penser à un plan stratégique pour l’école en remettant au centre les professeurs comme prescripteurs et en pensant à une évaluation systématique des méthodes. Notre baisse inexorable dans toutes les évaluations internationales devraient nous convaincre de l’importance d’un sursaut national sur ce sujet.

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Un monde où l’argent bouge plus facilement que les hommes

Posted by olivier_anthore on 27th mai 2012

Après la séquence navrante de la droitisation extrême de l’UMP, les premiers signes de ces législatives montrent que l’ambiance risque de ne pas changer. Même si le discours reste apparemment ferme au sommet, la base de l’UMP semble se rapprocher de plus en plus du FN.

Un des discours qui semble rapprocher ces deux partis est celui de l’immigration. C’est pour cela que je voudrais attirer votre attention sur un débat qu’organise le vendredi premier juin le CCFD – Terre solidaire.

Car, aidé par des images appropriées, il est facile de faire croire à un envahissement de l’Europe par des hordes venues du Sud. Nous sommes tous dominés par l’idée que la chute de l’Empire Romain était liée à la venue de hordes de l’Est. Mais il est intéressant de se confronter aux chiffres de temps en temps.

L’estimation par les Nations Unies du nombre de migrants dans le monde est de 230 millions. Seulement, ces migrations sont majoritairement d’un pays du Sud vers un autre pays du Sud. L’émigration vers un pays développé ne concerne que 40% de ce chiffre soit 90 millions. Si on imaginait que ces « hordes » arrivant sur l’Europe, il faut se rappeler que nous étions 502 millions en 2011. On ne peut pas dire que nous risquions d’être débordés.

Cependant, pour la France, la seule émigration qui génère la peur est celle issue de l’Afrique. Il est intéressant dans ce cas de remarquer que seulement 1% de la population Africaine vit en Europe. Soit 9,2 millions de personnes si je me réfère à la démographie du continent Africain en 2005.  Bref pas de quoi effrayé les 63,6 millions de personnes de nationalités françaises.

Nous voyons là que tous raisonnement faisant premier l’immigration n’est pas rationnel.

Par contre, il est clair que la perte générée par l’évasion fiscale, 590 milliards d’euros, largement plus élevée que le budget de la sécurité sociale. Elle est donc plus impactante sur notre modèle de société que l’immigration.

Je serais donc présent à ce débat, curieux de voir ce qu’il s’y dira.

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Le troupeau aveugle de l’UMP contre une alternative centrale

Posted by olivier_anthore on 8th mai 2012

François Hollande a été élu. Résultat inéluctable, annoncé sur tous les tons par les sondeurs, depuis que la route s’est singulièrement dégagée devant lui l’année dernière. Nous verrons où il nous mènera mais la surprise, pour certains, a été LA décision de François Bayrou.

Surprise très relative pour ceux qui s’étaient donné la peine de lire ses livres depuis 2006 qui tous tendaient à s’opposer de manières frontales aux valeurs que défendait Nicolas Sarkozy. Je parle bien de valeurs et non pas de personne et c’est là tout le drame.

Maintenant qu’il est à peu près certain que nous ne verrons pas de sitôt M. Sarkozy sur la scène politique, il reste l’idéologie dominante de l’UMP dont il n’était que le porteur. Le rapprochement avec le FN devient de plus en plus évident, au grand dam de Mme Jouanno, et la volonté d’éliminer toutes voix discordantes se fait sentir.

M. Copé veut la peau de François Bayrou. Personne ne parle encore de croc de boucher mais on entend d’ici le bruit des couteaux qu’on affûte. Je ne m’inquiète pas pour François Bayrou, il en a vu d’autres.

Cela dénote juste l’état de décomposition idéologique de l’UMP. Aucune remise en question sur ce qui a pu pousser autant de gens à se détourner ainsi de ce parti. Mon bureau de vote, traditionnellement centre droit, a ainsi offert une majorité confortable à François Hollande. Du jamais vu ici.

Pourquoi ?

Il est clair que ce n’est pas pour le programme économique du président Hollande. Je serais d’ailleurs bien en peine de le défendre. Mais je pense que, comme moi, beaucoup se sont dit que l’on peut négocier un programme économique mais qu’on ne négocie pas avec l’Honneur.

« Tout est perdu sauf l’Honneur » écrivait à sa mère François Ier après Pavie. Et ce qui me navre c’est que visiblement l’UMP n’a pas su retenir cette leçon. Pour être plus direct, je reprendrais les paroles de Michel Volle, quand on prétend que le but de la politique c’est de gagner les élections, il ne faut pas s’étonner que trahison et prostitution deviennent la norme.

Notre opposition aux thèses du FN n’est pas une fausse pudeur. Elle est l’âme même de notre combat politique. Car, du MRP d’hier au Modem d’aujourd’hui, solidarité et fraternité font parties de notre ADN politique. La rigueur dans la gestion des comptes publics est une constante chez nous mais uniquement pour servir ces objectifs supérieurs.

J’ose rêver que certains à l’UMP se ressaisiront et sauront s’opposer. Ce troupeau aveugle qu’est devenu l’UMP va vers la désintégration de la droite républicaine. Je suis pessimiste. La logique d’appareil est souvent trop forte contre les individus. Mais s’il existe des esprits libres, qu’ils sachent qu’il y a une alternative et un rassemblement possible au centre.

C’est ce que nous devons construire dans les années à venir.

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L’éducation dans la campagne : un silence assourdissant

Posted by olivier_anthore on 1st mai 2012

Si je devais ne retenir qu’un phénomène dans la manière dont cette campagne présidentielle se déroule c’est la manière dont les journalistes et la majeure partie des candidats s’acharnent à éviter les sujets de fonds.

Toutes l’année dernière avec les pays arabes et avec les indignés grecs, espagnols et même canadiens actuellement, la question de la démocratie a été posée. Force est de constater que cette question a été soigneusement évitée si l’on excepte Mélenchon et Bayrou. Vaguement, mollement devrais je dire, Hollande semble vouloir aborder ce sujet. Nous verrons ce que les mois qui viennent amèneront.

Mais une des conditions de cette démocratie est l’éducation. Or nous constatons que cette condition se dégrade en France. Petit à petit notre pays lâche prise et ceci se voit dans les classements de notre pays au niveau mondial.

C’est pour cela que je suis étonné que le rapport de la cour des comptes caractérisants la répartition inégalitaire des moyens de l’éducation nationale ait fait aussi peu de bruit. On apprend en lisant l’article du Monde des choses que je trouve effrayantes.

Tout d’abord que l’Éducation Nationale peut se permettre de ne pas communiquer des informations à la cour des comptes. Comment peut on parler de surveillance du fonctionnement de l’État si la cour des comptes ne dispose pas des informations nécessaires ? Parle t’on d’enquête administrative ? Non. De sanction en cas de rétention d’information avérée ? Encore moins. Tout se passe comme si chacun admettait que l’Éducation Nationale n’est pas tenue de donner de manière impérative les informations à la cour des comptes.

Mais avec les informations fournies, la cour des comptes arrive à démontrer qu’il n’est pas bon d’être élève dans l’académie de Créteil. Je m’étais déjà étonné de l’incohérence des suppressions de postes annoncés l’année dernière dans l’académie.

Le rapport de la cour des comptes ne fait que confirmer que quelque chose ne va pas. Et lire que pour M. Jean-Michel Blanquer : « son affectation des moyens tient compte des nécessités de compensation » et que son mode d’attribution est « complexe mais pas opaque » me fait littéralement bondir. La simplicité et la lisibilité des actions de l’État sont aussi une des conditions de la démocratie. Car, sans cela, comment les citoyens peuvent ils se prononcer en conscience sur les grands choix de la Nation ?

La responsabilité de l’État est énorme et, ce que je crains, c’est qu’aucun des deux candidats ne s’attaquent sérieusement à ce problème.

Que feront 60 000 postes supplémentaires s’ils ne sont pas affectés là où les besoins sont réels ? Sans compter que leur financement me parait toujours très hypothétique

Que donneront des heures supplémentaires si elles sont effectuées par des professeurs dans des zones où les besoins sont déjà largement couverts ? Et là aussi le financement ne tient que sur une hypothèse de croissance que le FMI ne valide pas.

Il est regrettable que le seul capable d’avoir un discours cohérent sur ce qui déterminera notre avenir démocratique ai été aussi peu entendu dans cette campagne. Entendre des responsables d’associations de parents d’élèves ou des adversaires politiques le regretter n’a été qu’une faible consolation pour moi.

Bref, je vais suivre attentivement très attentivement le débat du 2 mai mais j’avoue que, sauf arguments nouveaux sur la répartitions des moyens de l’éducation, la tentation de les renvoyer dos à dos sera grande.

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Le spaghetti le plus long du Monde

Posted by olivier_anthore on 9th avril 2012

L’ambiance de cette campagne est proprement surréaliste. Il semblerait que la France, comme le signale The Economist, s’enfonce de plus en plus dans le déni de réalité.

Pas moins de trois candidats se sont précipités devant les micros avides pour défendre un permis de moins en moins cher pour arriver au permis gratuit. Un peu comme une compétition de spaghetti le plus long où chaque concurrent tire un peu plus pour gagner un millimètre sur son voisin.

Il n’y a plus qu’à attendre celui qui proposera de payer ceux qui le passent.

Il est cependant à craindre que le spaghetti casse à force de tirer dessus.

Loin de moi l’idée de dénier l’importance d’avoir son permis ! Mais, comme le remarquait plaisamment Jérôme Charré sur Twitter, pour que son permis soit utile il faut que l’économie fonctionne.

Finalement, tout est à l’avenant. Une série de mesures qui s’empilent avec un soi-disant chiffrage basé sur une hypothèse de croissance de 2,5%. Michel Rocard affirmait le 13 février dernier que cette hypothèse était « non plausible » et, surtout, que le pire était à venir.

Ne trouvez vous d’ailleurs pas étrange qu’aucun journaliste ne se soit aventuré à poser la question aux deux grands prometteurs ?

Mais il faut faire rêver ! Mais il faut du spectacle ! Confirmation risible de ce qu’annonçait, déjà, en 1967 Guy Debord. Notre société est devenu un spectacle où seule compte la marchandise.

Pour qu’un programme ait du sens, il faut partir d’un constat de l’état actuel de la société. Le baser sur un état probable n’a pas de sens dans la période d’incertitude que nous vivons. Compter sur la croissance, c’est jouer à la roulette russe sans savoir combien de balles sont dans le barillet.

Notre constat est d’abord l’impossibilité à continuer sans une remise en ordre profonde de nos finances. Une fois que l’hémorragie aura été jugulée, alors nous aurons les marges de manœuvres.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille rien promettre. Cela veut juste dire qu’il s’agit de promettre ce qui est utile et que nous sommes capable de financer effectivement.

Et, surtout, comme le défend François Bayrou, cela implique que l’on retrouve un débat démocratique sain qui laisse de coté l’accessoire pour ne tenir compte que de l’essentiel.

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Un état impartial : retour sur une proposition de François Bayrou

Posted by olivier_anthore on 31st janvier 2012

Cette campagne présidentielle est à l’image des temps : surprenante. Annoncé comme fini il y a deux mois, François Bayrou vient bousculer le petit jeu convenu et le scénario écrits d’avance du duel d’un affrontement gauche droite sous la menace de l’hydre d’extrême droite. Rien de nouveau sous le soleil.

François Bayrou a ressurgi sans doute grâce à sa capacité à mettre sur la place publique un de ces débats qui hante le peuple Français. Les dirigeants habituels avaient déjà baissé pavillon et n’osaient plus porter le débat sur le produire en France. Maintenant chacun se bat à être le plus francophile des producteurs. Quel ténor n’est il pas prêt à se précipiter dans une usine de soutien-gorge en annonçant apporter avec lui la solution miracle ?

Mais, comme souvent, on se trompe sur François Bayrou. Car cet homme est loin d’être l’homme destiné à se focaliser sur un seul problème. La lecture de ses livres montre à quel point il est capable de développer une vision cohérente d’un projet global pour une société.

Or, un des aspects qui est aujourd’hui le moins mis en avant dans son projet, est la volonté de construire un Etat impartial.
http://www.dailymotion.com/video/xo1d0x

Bien sur, un précédent candidat nous avait fait le coup de l’Etat irréprochable. On a vu ce qu’il en a été quand le candidat est devenu président.

Mais si vous voulez vous convaincre qu’il s’agit d’une vision et pas d’une formule, il vous suffit d’écouter les propositions de François Bayrou.

La nomination du garde des sceaux par exemple. Ce ministre au titre si particulier deviendrait un ministre approuvé par les trois quarts du parlement. Autant dire qu’il ne pourrait plus être nommé sans l’accord d’une part significative de l’opposition. Dans cette atmosphère de fin de règne où le soupçon rode dans toutes les affaires financières d’importance, avoir au dessus des procureurs une personnalité indiscutable changerait considérablement les choses.

De même, sa volonté de réformer les nominations des hauts fonctionnaires pour qu’ils soient approuvés, et plus empêchés, par une majorité qualifiée du parlement. De quoi s’agit il ? Tout simplement d’éviter les petits jeux de nominations qui ressemblent étrangement au système des prébendes de l’ancien régime.

Est il normal qu’un directeur de musée soit nommé par le président de la République ? Il est possible qu’un choix heureux soit fait mais comment éviter le soupçon quand il s’agit d’un ancien ministre ou collaborateur.

Mais à quoi bon me direz vous ? Qu’est ce que cela changera ? C’est simple tout.

Comment pouvons nous dire à nos enfants de se donner à l’école, qu’ils auront la récompense de leurs efforts s’ils entendent parler de telles nominations ? Nous même, arriverions nous à croire à la récompense de nos efforts si tous les jours on nous met sous le nez les soupçons de copinages ?

Un État impartial c’est un État exemplaire. C’est changer l’atmosphère de fin de règne pour une émulation collective vers le mieux.

On entend souvent dire qu’il n’y a pas de paix sans justice. La justice c’est de baser le fonctionnement d’un État sur le mérite. Le mérite ne dépendant pas d’une carte ou d’amitiés, vous ferez tout pour remplir au mieux votre rôle. Et n’est ce pas ce que nous pouvons légitimement attendre de ceux qui souhaitent servir l’État ?

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Voeux pour une année décisive

Posted by olivier_anthore on 2nd janvier 2012

C’est un exercice particulièrement difficile de présenter ses vœux dans la période qui est la notre. Il faut trouver un équilibre entre un optimisme béat et un pessimisme qui tue toute idée d’avenir.
Nous entrons dans une année d’incertitude où de grands changements sont déjà à l’œuvre. Changements internationaux mais aussi changements nationaux car nous entrons dans une année particulière dans la vie démocratique de notre pays.

Pour ceux qui me connaissent et qui suivent mon engagement, ils ne seront pas surpris de savoir quel changement je soutiens.

Car, dans la situation qui est la notre, comment ne pas voir que nous n’avons d’autre espoir que dans la fin de la guerre des clans ? Nous sommes dans une période où il est impossible de sortir le pays de l’ornière en dressant une partie de la France contre l’autre.

Nous devons retrouver ce génie Français de l’union dans la nécessité. A travers l’histoire, nous avons toujours su faire face dans l’union. Génie d’un peuple même s’il a toujours fallu un homme pour l’incarner, pour en être le catalyseur. Cet homme, pour moi, ne peut être que François Bayrou.

La tâche qui l’attend est immense et il ne pourra pas l’embrasser seul. Nombreux sont ceux qui, avec lui, relève la tête et le rejoignent.

Face aux inquiétudes des Français sur la pérennité du système social et de la retraite, il est important dès maintenant de penser aux réponses. L’augmentation de l’épargne des Français est un signe qui ne trompe pas. Face à la crainte de l’effondrement, chacun tente de se prémunir. Le problème est que tous ne peuvent pas épargner et que rien ne garanti que chacun aura suffisamment.

Ceci impose de trouver une réponse claire pour assurer cet avenir. Pour financer notre système, seul une augmentation de la production de richesse sera capable de fournir une solution pérenne.

C’est malheureusement une solution de long terme. Il faudra pour assurer le court terme que les Français acceptent des efforts. Mais aucun effort ne sera acceptable sans une répartition juste. Le contrat social ne peut se maintenir que si chacun accepte de faire des efforts à la hauteur de ses capacités. La mythologie de la relance par les hauts revenus à vécu.

Pour assurer la justice et le réalisme de ces efforts, il faudra une majorité nouvelle. Une majorité qui ne s’est pas compromise avec des mesures injustes ou des promesses démagogiques à visée uniquement électoraliste. C’est cette majorité, soucieuse du bien être et consciente des temps, que je souhaite pour la France.

C’est aussi l’émergence de cette majorité que je veux favoriser de toutes mes forces dans les mois à venir.

En attendant, recevez mes meilleurs vœux personnels pour cette année.  Que cette année vous soit douce et agréable, remplie de ces bonheurs qui réchauffent nos cœurs et maintiennent l’espoir.

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