Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Archive for septembre, 2017

Val de Marne : Bilan des sénatoriales 2017

Posted by olivier_anthore on 25th septembre 2017

Je n’ai pas l’habitude de faire des billets sur les résultats électoraux. Sans doute à tort, j’ai longtemps pensé qu’en tant que partie prenante des élections un avis post électoral tenait plus de la justification que de l’explication.

Les mauvais résultats pour les sénatoriales m’obligent cependant à sortir de cette réserve.

Tout d’abord, je tiens à féliciter Laurent Lafon qui a pu reconquérir un siège pour le centre dans un département historiquement très à gauche. Avec un grand pragmatisme, le futur ex-maire de Vincennes a su rassembler autour de lui de nombreuses sensibilités du centre du Modem à LR. Sa personnalité et la clarté de ses choix, surtout lors de ce début de séquence électoral, ont sans doute énormément contribué à ce succès.

J’aimerai pouvoir tenir le même discours en ce qui concerne les listes LREM et Modem.
Unies, ces deux listes totalisent 215 voix. Pour un département comme le Val de Marne, pour espérer avoir un élu, il en faut au moins 250 me direz-vous. Cependant, même dans ce genre d’élection, il existe une dynamique électorale. Et, pour en avoir discuté avec quelques-uns, la disparition du centre dans le Val de Marne lors des dernières sénatoriales a poussé des grands électeurs à voter utile. Ceci se ressent par la poussée notable sur le nombre de voix reçues par la liste menée par M. Lafon.

L’incapacité à trouver un accord a enclenché la machine à perdre.

Avec plusieurs représentants du Modem, nous avions averti les responsables Modem et LREM que nous allions vers un « accident industriel » alors que nous pouvions espérer avec un choix judicieux de faire largement plus que les 250 voix.

L’obstination côté Modem d’imposer une personne plutôt que de ne demander que la tête de liste s’est heurté au refus catégorique de LREM de se voir imposer cette tête de liste.

La volonté d’imposer une femme en tête de liste côté LREM les a amené à choisir une candidate qui n’a pas su faire l’union du centre et de la gauche modérée derrière elle.

Les ego d’un côté, l’erreur de casting de l’autre ont été les Charybde et Sylla de cette élection pour notre département.

N’étant pas candidat aux sénatoriales, je pourrais me contenter de secouer tristement la tête en méditant sur la vanité de chacun.

Mon problème, et je pense celui de tous ceux qui sont engagé dans la majorité présidentielle, c’est que nous devons d’urgence changer nos manières de penser. Outre la nécessité de pacifier nos relations, il nous faut changer nos mentalités pour travailler ensemble à de vrais projets locaux.

Nous connaissons maintenant le prix de la division, et nos concitoyens nous le feront payer encore plus rudement lors des échéances à venir.

Posted in politique | Commentaires fermés sur Val de Marne : Bilan des sénatoriales 2017

Colbert et Lee, même combat ?

Posted by olivier_anthore on 21st septembre 2017

Il est parfois navrant de voir à quel point les intellectuels français sont à la remorque des États-Unis. La récente tribune visant Colbert parue dans Le Monde en est une illustration caricaturale.

Des mouvements américains se sont mobilisés pour demander l’éviction des statues rappelant l’existence de grandes figures de la lutte des confédérés esclavagistes ? Il leur apparaît donc nécessaire d’en faire autant et, tant qu’à faire, autant taper haut pour qu’on soit sûr du bruit médiatique.

L’attaque est tellement caricaturale que ce qu’il y a de moins recommandable parmi les milieux racistes s’en donne à cœur joie. Ce qui permettra de noyer ceux qui pensent cette demande stupide dans la boue de ces réactionnaires. Tactique qui a parfaitement fonctionné pour l’extension du mariage aux homosexuels, il n’y a donc pas de raison de s’en priver.

Clarifions d’abord les choses, je pense que ce qui se passe aux États-Unis est une bonne chose. Non que je pense que le général Lee était un esclavagiste. Il ne l’était que « par héritage » et a plus accepté son commandement par patriotisme que par volonté de perpétuer un crime contre tous les humains.  Mais tout simplement parce que ces statues ont été élevées bien des années après par des gens qui refusaient l’égalité des droits entre tous les américains. Elles ont pour but de montrer dans l’espace public le refus de l’égalité.

Et c’est d’ailleurs là que se trouve le nœud du sujet pour moi.

Les statues de Colbert n’ont pas été érigées pour célébrer l’esclavage. Les établissements publics n’ont pas été nommés pour honorer un homme qui aurait eu une haine viscérale des noirs.

Colbert est présent dans notre espace public parce qu’il a été un serviteur de l’État. Un grand et bon serviteur de l’État qui l’a fait en suivant ce qu’il pensait être le bien. Cette vision du bien qui déclare comme inférieure par naissance une part de l’Humanité a été contestée et mise à bas depuis. Il reste qu’à son époque Colbert n’en avait pas conscience.

Pour mémoire, la fameuse controverse de Valladolid pris fin en 1951. Soit 68 ans avant la naissance de Colbert. Il ne fallut pas moins de deux mois à l’époque pour que les européens admettent que les Amérindiens avaient une âme et devaient être considérés comme des êtres humains. C’est dire si nous partions de loin.

Est-il bon de garder mémoire de ces errements de la pensée européenne ? Oui. Cette mémoire est notre assurance pour éviter les monstruosités dont notre continent a été si friand jusqu’au XXème siècle.

Pour autant, faut-il effacer de l’espace publique la trace de tous les hommes de cette époque ? Non car ce serait nous assurer que cet oubli arriverait d’autant plus vite. Nous ne devrions que nous assurer que quand nous parlons de Colbert, Montesquieu, Voltaire et de tous les grands hommes de ces âges nous n’oublions pas que même eux ont pu trouver cette monstruosité normale. Et c’est notre leçon trop vite oubliée : le mal peut être banal.

Posted in Réflexions | Commentaires fermés sur Colbert et Lee, même combat ?

Petit point de situation

Posted by olivier_anthore on 20th septembre 2017

La situation de l’économie s’améliore mais quand est-il de l’état de la France ?

Nous sommes aujourd’hui à la veille de la fin de la plus longue séquence électorale que notre pays n’ait jamais vue. Depuis les primaires écologistes en Octobre 2016, suivie par celles de la droite puis de la gauche et l’incroyable séquence des scrutins nationaux, nous aurons vécu un an plein d’élections.

Il est maintenant peu probable que la vague de renouvellement modifie la composition du sénat de manière notable. Il y aura des sénateurs LREM mais la droite modérée continuera d’être majoritaire au sénat.

Le pouvoir va donc être obligé par une phase de négociation avec elle pour rallier suffisamment d’élus et faire passer les réformes constitutionnelles souhaitées par le président.

Cela ne devrait pas être un gros problème avec le premier ministre actuel et une équipe gouvernementale qui mène grosso modo une politique économique que n’aurait pas désavouée la droite.

Pour éviter de s’aliéner définitivement les électeurs de gauche, le gouvernement va mener sur le front sociétal une série de transformation qui devrait apaiser les plus capables de s’exprimer dans ce camp.

C’est habile et cela montre que malgré une situation inédite, et parfois déroutante, le président fait preuve d’une habileté rare.

Ce qui me pose question toutefois c’est que cette manière de gouverner laisse un pan de la population dans l’ombre. Il s’agit de ce qu’il est convenu d’appeler les sans-voix et qui se faisaient entendre principalement à travers le Front National. La nouveauté est que cet électorat est maintenant visé par les Insoumis.

Il reste que pour l’instant la tentative de récupération de cet électorat par les insoumis est parcellaire et limitée aux bastions de la gauche ouvriériste.

Cette population laissée dans l’ombre n’a rien à gagner dans les réformes sociétales proposées et risque, comme en Allemagne, d’être en première ligne des évolutions économiques. Même si ces évolutions seront à terme bénéfiques pour tous, il serait dangereux de négliger ce risque.

Dangereux car, contrairement à l’Allemagne, les Français se ressentent comme profondément divisés et n’adhèrent plus unanimement au même projet de société.

Alors que faire ?

Il me semble que ce qui rend cette population intéressée par les discours extrêmes et le fait qu’elle se ressent comme obligée de subir. Et c’est cette soumission qui devient intolérable. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique le succès du terme insoumis même si la discipline de FI est à des années lumières d’une structure autonomiste.

Et c’est, à mon avis, le point aveugle aujourd’hui des propositions politiques. Certains parlent d’assouplir, d’autres de protéger mais je ne vois aucune proposition construite autour de l’autonomie économique.

Les propositions qui s’en rapprochent le plus parlent des autoentrepreneurs qui ne peuvent intéresser que des marchés réduit et des activités surtout tournées vers le service. Encore une fois, il y a à prendre chez nos voisins en particulier sur des expériences de cogestion. Encore une fois, sans copier servilement, il serait bon de regarder comment par exemple les entreprises allemandes travaillent la codécision entre patronat et ouvrier.

Posted in Réflexions | Commentaires fermés sur Petit point de situation

 
Visit Us On TwitterVisit Us On Facebook