Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Un quartier numérique

Posted by olivier_anthore on 15th décembre 2013

Quand on a découvert dans le même temps, lors d’un stage à l’INRIA, la puissance de l’internet et l’indifférence française dans les années 90, on mesure mieux les progrès accomplis. Aujourd’hui, Créteil cherche à mettre en place un quartier numérique. C’est tard ? Peut être. Trop tard ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Il y a dans la démarche de mise en place quelque chose de neuf par rapport au projets habituels. Plutôt que de fomenter un outil loin des yeux des citoyens, l’idée a été d’impliquer des utilisateurs volontaires dès la conception de l’outil. Le choix, qui peut paraître anecdotique, de tenir des séances en dehors des heures de travail assurerait de plus que toutes les volontaires pouvaient y participer. Je rêve que les enquêtes d’utilités publiques aient le même soucis d’inclure tous les citoyens.

L’ancrage au quartier semble paradoxal pour un outil destiné à améliorer la relation des citoyens avec leur ville. Il faut se rappeler que Créteil reste une ville en pleine croissance. Un ville dont la population bouge et où le tissu urbain mute en permanence. Le quartier reste un point d’attache fort. On est « de la Croix des Mèches, « de la Habette », « du Palais », « du Halage », etc…

De l’ancrage ferme, il est possible de faire une base pour se projeter dans la ville. De ce point de vue, le quartier numérique est un bon outil pour faire ville. J’utilise ce terme de « faire ville » car une ville n’est pas une collection de grappes de constructions.La ville est un nœud de flux, une zone d’échange avec le monde et ses habitants mais aussi un lieu de mémoire. La régulation de ses flux, leurs ordonnancements, et la préservation de sa mémoire , c’est ce qui constitue chaque ville de manière unique.

Flux, un mot qui paraît abstrait, mais qui se traduit aisément concrètement. Les transports du domicile au travail, le traitement des ordures, des eaux usées, tous sont des flux. Visibles ou invisibles, leur dysfonctionnement peut étouffer la ville. Leur fonctionnement est vitale au corps qu’elle constitue.

Ce que je trouve intéressant dans ce projet c’est qu’il rend visible certains de ces flux. Il permet au citoyen de s’approprier l’organisation de la ville. Informations sur les travaux, possibilités de signaler des dysfonctionnements, ces outils permettront à chacun de savoir et donc d’être en capacité de participer aux décisions.

Autre point, la volonté de construire collectivement la mémoire de la ville. La communauté urbaine n’est pas qu’un présent, c’est aussi un passé qu’elle transporte et qu’elle transmet. La question dans ce genre de projet est de savoir ce qui doit faire mémoire et surtout quel doit être le processus de choix.

Un vrai projet qui avance donc et qui ouvre des perspectives passionnantes pour l’avenir. Je pense qu’il faudra suivre de prêt la mise en place pour ne pas trahir les belles promesses qu’il recèle.

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Le spaghetti le plus long du Monde

Posted by olivier_anthore on 9th avril 2012

L’ambiance de cette campagne est proprement surréaliste. Il semblerait que la France, comme le signale The Economist, s’enfonce de plus en plus dans le déni de réalité.

Pas moins de trois candidats se sont précipités devant les micros avides pour défendre un permis de moins en moins cher pour arriver au permis gratuit. Un peu comme une compétition de spaghetti le plus long où chaque concurrent tire un peu plus pour gagner un millimètre sur son voisin.

Il n’y a plus qu’à attendre celui qui proposera de payer ceux qui le passent.

Il est cependant à craindre que le spaghetti casse à force de tirer dessus.

Loin de moi l’idée de dénier l’importance d’avoir son permis ! Mais, comme le remarquait plaisamment Jérôme Charré sur Twitter, pour que son permis soit utile il faut que l’économie fonctionne.

Finalement, tout est à l’avenant. Une série de mesures qui s’empilent avec un soi-disant chiffrage basé sur une hypothèse de croissance de 2,5%. Michel Rocard affirmait le 13 février dernier que cette hypothèse était « non plausible » et, surtout, que le pire était à venir.

Ne trouvez vous d’ailleurs pas étrange qu’aucun journaliste ne se soit aventuré à poser la question aux deux grands prometteurs ?

Mais il faut faire rêver ! Mais il faut du spectacle ! Confirmation risible de ce qu’annonçait, déjà, en 1967 Guy Debord. Notre société est devenu un spectacle où seule compte la marchandise.

Pour qu’un programme ait du sens, il faut partir d’un constat de l’état actuel de la société. Le baser sur un état probable n’a pas de sens dans la période d’incertitude que nous vivons. Compter sur la croissance, c’est jouer à la roulette russe sans savoir combien de balles sont dans le barillet.

Notre constat est d’abord l’impossibilité à continuer sans une remise en ordre profonde de nos finances. Une fois que l’hémorragie aura été jugulée, alors nous aurons les marges de manœuvres.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille rien promettre. Cela veut juste dire qu’il s’agit de promettre ce qui est utile et que nous sommes capable de financer effectivement.

Et, surtout, comme le défend François Bayrou, cela implique que l’on retrouve un débat démocratique sain qui laisse de coté l’accessoire pour ne tenir compte que de l’essentiel.

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Chassez le naturel !

Posted by olivier_anthore on 7th février 2012

Vous trouverez ci-dessous le texte de ma chronique diffusée sur www.133b.fr

 

S’il y a un mot qui bénéficie d’un fort sentiment de sympathie de nos jours c’est bien naturel. Comment s’en étonner dans une période où toutes les technologies sont sujettes au soupçon ? Pourtant la définition, issue de Wikipedia, du mot naturel laisse rêveur. En effet ce mot « qualifie effectivement parfois un objet ou une substance qui n’a pas été transformé, mélangé ou altéré par un artifice quelconque ». Car parler de naturel a-t-il un sens ?

C’est ce que soulevait déjà le sociologue Ulrich Beck dans une tribune du Monde en écrivant « on parle de “catastrophes naturelles” et de “dangers pour l’environnement” à un moment de l’histoire où n’existe précisément plus quelque chose comme une “pure nature” que l’on pourrait opposer à la technique et à la société. »

Cette notion de naturel devient encore plus floue quand on parle de nourriture. Un exemple troublant est celui de l’eau minérale. Pourtant, en apparence, il n’y a rien de plus simple et de moins transformable que l’eau. La première chose qu’il faut comprendre est que l’eau que vous consommer est soumise à une réglementation assez stricte. C’est assez rassurant de se dire que l’Etat n’a pas envie que nous buvions de l’eau de mauvaise qualité.

Là où les choses se compliquent un peu est que selon la qualification de l’eau en bouteille, eau de source ou minérale, la réglementation n’est pas la même. Cette qualification, et cette obligation de qualité, impose déjà au producteur d’effectuer un certains nombres de contrôle pour mériter son appellation. Jusque là, pas de transformation me direz vous. Mais que se passe t’il quand, par exemple, un producteur se rend compte que la qualité de son eau évolue suite aux méthodes d’agriculture utilisée dans sa région de production ? C’est exactement ce qui s’est passé avec l’eau de Vittel où la société exploitante s’est rendue compte de l’augmentation des taux de nitrate de sa source. Il faut savoir que la loi définie, dans ce cas, un périmètre de protection des sources qui peut amener à contraindre les propriétaires des terrains dans ce périmètre. En l’occurrence, la société exploitante a travaillé en concertation avec la chambre locale d’agriculture. Des ingénieurs agronomes, des chercheurs furent mobilisés pour aider les agriculteurs à changer leurs méthodes.

Cela ressemble à une « success story » car avec de la bonne volonté de tous, et pas mal de moyens, la qualité minérale de la source a été préservée. Là où les choses se compliquent un peu c’est que nous avons quitté se faisant la notion de naturel. En effet, même si la qualité de l’eau n’est pas modifiée après captage, c’est en amont que les mesures sont prises pour la maintenir dans un état qui est légalement acceptable.

Nous avons donc une transformation qui apparaît certes de bon sens mais une transformation quand même. Que dire aussi des transformations post extraction avec par exemple, pour certaines eaux gazeuses, une injection de gaz afin d’en uniformiser le pétillement ?

Ce que je cherche à illustrer là c’est combien la citation de Beck est lourde de sens. Si nous prenions par exemple les produits biologiques. Certains veulent voir dans ces produits, des produits naturels au sens cité au début de cette chronique. Ce serait là encore une erreur encore plus lourde que pour l’eau minérale. Car biologique veut dire que certains produits sont interdits mais certainement pas qu’aucun traitements n’est effectué. Ne serait ce que pour des raisons de législations, l’agriculture biologique est une activité tout aussi anti-naturelle qu’une autre au sens retenu ici.

Bien entendu, je ne cherche pas à poser le problème des bienfaits réels ou supposés de ce type de culture. Des études contradictoires ont été faites et je serais tenté d’attendre qu’un consensus scientifique se dégage avant de prendre parti.

Ce qui devient gênant en fait, c’est qu’une confusion se met en place entre les notions de naturels et de bienfaits. L’utilisation du mot nous pousse à croire que le naturel est forcément bon et que ce qui ne l’est pas forcément mauvais. Cette dérive est inquiétante car elle tue tout débat. Si le naturel est le bien, comment ne pas se soumettre ? Le problème est que non content de ne pas exister, ce que l’on prétend naturel n’est pas nécessairement bon. Une eau minérale naturelle, par exemple, serait considérée comme non potable si elle sortait de votre robinet. De quoi faire réfléchir n’est ce pas ?

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Voeux pour une année décisive

Posted by olivier_anthore on 2nd janvier 2012

C’est un exercice particulièrement difficile de présenter ses vœux dans la période qui est la notre. Il faut trouver un équilibre entre un optimisme béat et un pessimisme qui tue toute idée d’avenir.
Nous entrons dans une année d’incertitude où de grands changements sont déjà à l’œuvre. Changements internationaux mais aussi changements nationaux car nous entrons dans une année particulière dans la vie démocratique de notre pays.

Pour ceux qui me connaissent et qui suivent mon engagement, ils ne seront pas surpris de savoir quel changement je soutiens.

Car, dans la situation qui est la notre, comment ne pas voir que nous n’avons d’autre espoir que dans la fin de la guerre des clans ? Nous sommes dans une période où il est impossible de sortir le pays de l’ornière en dressant une partie de la France contre l’autre.

Nous devons retrouver ce génie Français de l’union dans la nécessité. A travers l’histoire, nous avons toujours su faire face dans l’union. Génie d’un peuple même s’il a toujours fallu un homme pour l’incarner, pour en être le catalyseur. Cet homme, pour moi, ne peut être que François Bayrou.

La tâche qui l’attend est immense et il ne pourra pas l’embrasser seul. Nombreux sont ceux qui, avec lui, relève la tête et le rejoignent.

Face aux inquiétudes des Français sur la pérennité du système social et de la retraite, il est important dès maintenant de penser aux réponses. L’augmentation de l’épargne des Français est un signe qui ne trompe pas. Face à la crainte de l’effondrement, chacun tente de se prémunir. Le problème est que tous ne peuvent pas épargner et que rien ne garanti que chacun aura suffisamment.

Ceci impose de trouver une réponse claire pour assurer cet avenir. Pour financer notre système, seul une augmentation de la production de richesse sera capable de fournir une solution pérenne.

C’est malheureusement une solution de long terme. Il faudra pour assurer le court terme que les Français acceptent des efforts. Mais aucun effort ne sera acceptable sans une répartition juste. Le contrat social ne peut se maintenir que si chacun accepte de faire des efforts à la hauteur de ses capacités. La mythologie de la relance par les hauts revenus à vécu.

Pour assurer la justice et le réalisme de ces efforts, il faudra une majorité nouvelle. Une majorité qui ne s’est pas compromise avec des mesures injustes ou des promesses démagogiques à visée uniquement électoraliste. C’est cette majorité, soucieuse du bien être et consciente des temps, que je souhaite pour la France.

C’est aussi l’émergence de cette majorité que je veux favoriser de toutes mes forces dans les mois à venir.

En attendant, recevez mes meilleurs vœux personnels pour cette année.  Que cette année vous soit douce et agréable, remplie de ces bonheurs qui réchauffent nos cœurs et maintiennent l’espoir.

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La sécurité et la violence

Posted by olivier_anthore on 16th novembre 2011

Voici le texte de ma cinquième chronique sur 133b

Que peut on raisonnablement attendre de l’équipement des forces de sécurité ? Voilà une des questions de la démocratie qui apparaît rarement ainsi dans le débat démocratique. Pourtant, vous avez entendu parler de ce problème dès que vous avez entendu parler des débats autour du Taser.

Sans rentrer dans le débat sur la dangerosité de cette arme, il faut comprendre que son arrivée dans les forces de sécurité correspond à un mouvement de fond qui a accompagné la mise en place de la démocratie.

En effet, le 13 Vendémiaire par exemple, quand Barras demanda au jeune Bonaparte de contenir une émeute royaliste, il le fit en tirant sur la foule au canon et au fusil. Difficile d’envisager aujourd’hui ce type de maintien de l’ordre.

Donc, petit à petit, le maintien de l’ordre s’est démilitarisé et, en parallèle de la démocratisation, l’arsenal du maintien de l’ordre s’est considérablement transformé. En effet, même turbulent, la république ne pouvait pas durablement maltraiter ceux qu’elle était sensé représenter.

Les forces de polices vont petit à petit sortir du giron purement militaire pour les missions de maintient de l’ordre. Ceci va se traduire par un changement dans leur équipement. Il faudra attendre un siècle pour voir le préfet Lépine, celui du concours, équiper en 1893 les policiers de bâton appelé matraque. Mot originaire d’Algérie d’où justement ce préfet républicain revenait d’avoir été gouverneur général.

La matraque restait une arme contondante, mais ce changement avait un sens profond. Les forces de police, même si elles pouvaient exercer la force, n’avaient pas pour vocation de tuer. Ceci est même fixé, en 1944, dans les règles d’utilisation des armes à feu pour les policiers : la légitime défense de soi-même ou d’autrui. A noter que la gendarmerie, faisant partie de l’armée, n’avait pas les mêmes contraintes.

Toujours sous l’impulsion du préfet Lépine, les gaz lacrymogènes firent leur apparition dès 1912. Mais c’est surtout à partir des années 30 qu’ils furent utilisés pour disperser les foules.

A la fin des années 60, le besoin d’autres armes dite non létales se fit jour essentiellement aux Etats Unis suite à des morts dans des manifestations contre la guerre du Vietnam. Apparurent alors, les bâtons caoutchoutés, les balles en plastiques, les flash-ball et enfin les Tasers.

On voit que l’équipement n’a fait qu’accompagner une volonté claire des démocraties de faire baisser l’intensité des violences lors du maintien de l’ordre. Parallèlement est apparu aussi le besoin de protéger les forces de l’ordre des violences. En effet, plus vous cherchez à limiter la violence, plus vous vous rapprochez des opposants et devenez vulnérables. Les casques et les boucliers furent la première réponse. Ils n’ont pas cessé d’évoluer, de plus en plus enveloppant et protecteur, ils deviennent aussi une barrière psychologique entre le policier et son opposant. Pour renforcer cela, les protections individuelles, gilet pare-balle et les protections des membres, apparurent aussi, transformant les policiers en véritables soldats en armures.

C’est finalement le coté paradoxal de cette évolution, alors que dans les faits la répression est de moins en moins mortelle, elle en devient de plus en plus effrayante et déshumanisée.

Le problème est aussi que cet équipement devient général. En effet, que des manifestants violents se retrouvent face à une force organisée et effrayante, je serais tenté de dire : c’est le jeu. Ce qui est plus inquiétant c’est de voir des policiers avec un équipement aussi peu rassurant patrouiller dans les cités. Cela renforce l’idée que, contrairement à ce que montre les statistiques, nous serions face à une augmentation dramatique de la violence.

L’équipement n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg et, tout en s’assurant du niveau correct de nos forces de polices, il serait peut-être temps de se poser la question de la doctrine d’emploi de ces forces et de leur équipement. Un débat trop souvent laissé de coté et pourtant essentiel à la démocratie.

Liens intéressants :

Historique des armes de la police nationale (site Police Nationale) : http://www.policefr.com/docs/arme_PN.pdf

L’article de l’encyclopédie Larousse sur l’histoire de la police française : http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Histoire_de_la_Police_en_France/11005570

Interview de Bernard Huyghe « Il est normal de réfléchir sur les armes non létales » : http://www.fluctuat.net/6807-Armes-non-letales-entretien-avec-Bernard-Huyghe

Les quartiers ont ils la police qu’ils méritent, un débat sur France Culture dans l’émission du grain à moudre : http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-les-quartiers-ont-ils-la-police-qu-ils-meritent-2011-10-27.html

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Un réseau neutre ?

Posted by olivier_anthore on 31st octobre 2011

Voici le texte de ma quatrième chronique diffusée sur 133b

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui hante votre quotidien sans que vous en ayez forcément conscience : la neutralité du réseau ou neutralité du net.

En quelques années, vous avez tous appris à vous familiariser avec internet et, sans être de grand spécialistes, vous avez déjà entendu parler des techniques qui tournent autour. Même si vous ne savez pas toujours ce que cela veut dire, ADSL, fibre optique, HTML sont des mots que vous avez pu rencontrer dans l’univers du net. Vous savez aussi qu’Internet est un réseau qui maille maintenant la plupart des continents et dont les premières branches sont apparues dans les années 70 aux États-Unis.

Alors qu’est ce que cette fameuse neutralité et à quoi peut elle bien servir ? En fait, la première chose à comprendre, c’est que, dans la conception d’internet, les ingénieurs ont utilisé un modèle, dit modèle OSI, qui répartissait tous les éléments qui font un réseau en couche indépendante entres elles. Ce modèle découpe en 7 couches les composantes d’un réseau de la couche physique, la base, à la couche applicative, celle que vous utilisez sur le net.

La neutralité concerne en fait toutes les couches entre ces deux couches. En effet, pour des raisons historiques, les réseaux physiques appartenait à des opérateurs privés pour la plupart et Internet s’est construit en s’appuyant sur ces réseaux physiques. Le principe de neutralité, à cet époque, à permis de développer internet car il consiste essentiellement à mettre en place des protocoles de communications non propriétaires et ouverts.

En clair, il s’agissait de permettre à des ordinateurs qui n’étaient pas fabriqués par les mêmes constructeurs et qui n’utilisaient pas les mêmes systèmes de se parler quand même. Pour cela il fallait que la manière de se parler soit connue de tous, qu’elle n’avantage personne et qu’elle ne puisse pas être modifié au profit de l’un et au détriment de l’autre. Si l’on voulait que tous les ordinateurs puissent aller sur internet, il fallait que tous puisse y aller. C’était simple et évident.

Internet a pris depuis un essor à peine imaginable et il nous semble maintenant tellement évident que, dans les conversations, le « je l’ai vu sur le net » remplace maintenant le « je l’ai vu à la télé ». En 2009, Benjamin Bayart, tenant compte de l’évolution des techniques a alors posé quatre principes qui permettent de s’assurer que cette neutralité puisse être garantie au bénéfice de tous.

  • Transmission des données par les opérateurs sans en examiner le contenu
  • Transmission des données sans prise en compte de la source ou de la destination des données
  • Transmission des données sans privilégier un protocole de communication
  • Transmission des données sans altérer le contenu

Pourquoi ces quatre principes ?

On peut reconnaître facilement dans les deux principes centraux ce qui a fait internet et lui a permis de s’imposer. Permettre a tout ordinateur d’utiliser le réseau et de communiquer avec n’importe quel ordinateur du réseau. Pourtant ces deux vénérables principes sont remis en question par les opérateurs. Leur argument est assez simple : aujourd’hui des entreprises comme Google ou Facebook utilise une grande partie de la bande passante sans supporter les coût de déploiement de cette bande passante. Petite précision de vocabulaire, la bande passante, pour schématiser, c’est la grosseur du tuyau disponible pour faire passer les données. Plus elle est grande, plus vous pouvez faire passer beaucoup de données rapidement. Or plus nous sommes nombreux, et plus nous utilisons le réseau, plus les opérateurs doivent investir. Pour se maintenir, ces opérateurs souhaiteraient donc pouvoir proposer des sortes de forfaits premium garantissant à ceux prêt à payer plus un débit minimum.

Le premier et le quatrième principe semblent moins liés à la définition originelle de la neutralité mais sont tout aussi essentiels. En effet, ces deux principes vous garantissent que votre fournisseur d’accès ne va pas s’amuser à vous empêcher d’accéder à certains type de contenu. Lui ou l’état dont il dépend.

Cela est bel et bon me direz vous mais, dans une démocratie, ces principes sont ils vraiment nécessaires ? Une première réponse est de dire que c’est justement parce que de tels principes existent que nous somme en démocratie. Un autre point est, qu’en France, des sociétés comme Free et Cegetel n’ont pas hésité à mettre à mal cette neutralité lors de négociations avec d’autres sociétés pour leur mettre la pression. Le non-respect de cette neutralité fait de vous, à votre corps défendant, un argument de négociation non pas dans votre intérêt mais de celui de votre fournisseur. De quoi faire réfléchir et être attentif aux arguments des défenseurs de cette neutralité ne croyez vous pas ?

Lien intéressant :

Dossier de l’association « La Quadrature du net » sur la neutralité

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Petit retour sur la corrida

Posted by olivier_anthore on 21st juillet 2011

Un petit billet pour signaler un sujet réalisé par une amie pour le magazine du Sénat. Le sujet est une initiative d’un sénateur soutenu par des parlementaire de tout bord visant à l’interdiction de toute torture envers les animaux sans exceptions.

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Est il nécesseraire de dire que je soutiens bien évidemment cette initiative parlementaire ?

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Dis moi comment tu te déplace, je te dirai ta catégorie socioprofessionelle

Posted by olivier_anthore on 17th avril 2011

Ce qu’il y a de bien avec l’INSEE c’est qu’elle génère, avec une belle régularité, des études qui donnent envie d’être commentées. Son étude sur les déplacements en Île de France ne déroge pas à cette règle. Les commentaires sont d’ailleurs tellement nombreux qu’il faut en choisir un pour éviter d’embrouiller son lecteur.

Dans un premier temps, mon attention a été attiré sur deux tableaux. Le premier compare la distance parcourue et le temps de parcours selon que l’on soit parisien, habitant de la petite couronne (91, 92, 93, 94, 95) ou de la grande couronne (77, 78). Le deuxième réparti selon la catégorie socioprofessionnelle le mode de transport principal.

 

Quels enseignements peut on tirer de ces deux tableaux ?

 

Tout d’abord que plus vous habitez loin du centre de Paris, plus vous devez parcourir de kilomètres pour aller à votre travail. 8 km de plus en moyenne, pour un temps de parcours de 5 minutes de plus en moyenne, quand vous habitez en grande couronne par rapport à un habitant de Paris intra-muros.

 

Ensuite, que plus vous avez les moyens plus vous pouvez vous permettre de laisser votre voiture au garage au profit des transports en communs. 46% des cadres utilisent les transports en commun en région parisienne mais 31,5% des ouvriers seulement. Les ouvriers utilisent majoritairement la voiture en Île de France.

 

En mettant en résonance ces informations avec d’autres, cela dessine une Île de France où moins vous avez les moyens plus vous êtes contraints pour avoir un cadre de vie agréable,selon vos moyens, de résider loin de votre lieu de travail et, surtout, loin des alternatives à la voiture comme moyen de transports.

 

Confirmation de ce qui c’était dit lors de la tentative d’instauration de la taxe carbone me direz vous ?

 

Oui et avec les chiffres précis pour voir l’impact qu’aurait eu cette idée. Cela confirme aussi un phénomène rarement mis en avant.

 

Nous vivons dans une région qui se désindustrialise, comme le confirme les chiffres de l’emploi du quatrième trimestre en Île de France, et qui impose aux ouvriers qui restent des conditions telles qu’ils se retrouvent fragilisés, entre autres, par le prix du carburant.

 

Ceci est accentué par la tendance à la concentration de l’emploi dans des zones où le coût d’achat des maisons repoussent ceux qui veulent devenir propriétaire loin de leur lieu de travail.

 

La solution définitive serait bien entendu de mettre en place une véritable politique du logement pour permettre l’accession à la propriété des plus modestes proche des zones d’emplois. Il faudrait aussi harmoniser la fiscalité entre les départements franciliens qui font que les emplois sont à l’Ouest et la force de travail à l’Est.

 

En attendant, on comprends que si l’on veut faire diminuer la part de la voiture, le seul levier est l’amélioration de l’offre de transports en commun. Et que la taxe carbone ne sera qu’une charge supplémentaire sur les ménages les plus modestes tant qu’aucune alternative bon marché aux moteurs à essence ne sera disponible.

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Agir avec nos Aînés et développer lʼintergénérationnel

Posted by olivier_anthore on 16th mars 2011

Nous voulons que la vie de la cité se fasse avec nos aînés et non à coté d’eux. Ce principe doit nous conduire à aider et partager. Aider activement là où il y a perte d’autonomie, difficultés financières, difficultés à maintenir le lien. Partager, et non reléguer, c’est offrir à ceux de nos ainés qui le souhaitent la possibilité de partager connaissances et expérience.

Aujourd’hui, nos aînés vivent mieux et plus longtemps, afin d’anticiper l’avenir, nous souhaitons
également étendre l’offre de service afin de développer le maintient à domicile.

  • Nous souhaitons créer un centre d’écoute téléphonique départemental, sans abonnement, dédié aux personnes âgées afin de simplifier leurs démarches administratives et leurs demandes sociales.
  • Nous voulons mener une politique active de « cohabitation » : pour que les générations vivent à nouveau ensemble. Une société prospère quand chacun y trouve une place digne. La force et l’enthousiasme de la jeunesse ont tout à gagner à la cohabitation avec l’expérience et la sagesse de l’âge.
  • Nous voulons mettre en place une politique ambitieuse de conventions avec les associations de toutes natures (sociale, culturelle, sportive, etc….). Chaque association possède un potentiel à exploiter pour renforcer le tissu social mais nous devons les faire se rencontrer et fixer avec elles des objectifs partagés.

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un urbanisme démocratique et durable

Posted by olivier_anthore on 22nd février 2011

cheret

Samedi dernier nous sommes allés à la rencontre des cristoliens pour présenter ma candidature. Moment essentiel de la vie de l’élu, cette rencontre est toujours pleine de surprises. C’est en effet le moment où vous sortez des dossiers et des chiffres pour « entrer dans le réel ».

En discutant avec une commerçante du centre commercial Chéret, elle me demandait si quelque chose ne pouvait pas être fait pour rendre un peu plus attractif la petite place au cœur de ce centre.

En discutant avec elle de ce qui serait souhaitable, je me suis vite rendu compte que sa demande était beaucoup plus profonde qu’un simple coup de pinceau. L’état des trottoirs, qui sont un parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite, sont déjà un indicateur du travail à faire. Sa demande était aussi de rendre ce quartier plus vivable en transformant ce lieu de passage en lieu de vie. La comparaison qui est souvent venue était de comparer ce centre au quartier de Créteil Village.

Ceci amène une réflexion de fond sur la manière dont les institutions pensent l’urbanisme dans notre ville et notre département. J’étais présent au comité de quartier des Bleuets lors de la présentation du réaménagement de la place des bouleaux. Déjà à ce moment, j’avais mesuré que les idées qui gouvernaient l’ensemble du projet conservaient la sacro-sainte séparation entre piétons et voitures et oubliait d’autres modes de circulation douce comme le vélo.

Bien entendu, la promesse est faite de mettre des panneaux de limitation de vitesse. Mais la conception de ces projets n’intègre ni ralentisseur, ni tracé de route empêchant des vitesses excessives, ni même un espace dédié aux vélos. Les aménagements ultérieurs seront à faire à la charge du comité de quartier.

Des réunions sont organisées, les citoyens amenés à se prononcer sur chaque projet. Mais lorsqu’une proposition est faite, aucune alternative n’est proposée. Vous pouvez vous prononcer, certes, mais sur les aménagements à la marge comme le positionnement des arbres. Pour la ville, aucune concertation sur le Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.) n’est aujourd’hui organisée. Au niveau départemental, depuis le bilan des déplacements de 2009, pas de rapport d’étape annoncés ni de concertations avec les habitants.

Pourtant, nous avons tous a gagné à changer la manière dont notre ville a été conçu jusqu’ici. Les déplacements vont coûter de plus en plus cher. Les « petits commerces » vont reprendre de l’importance car ils rendent de grands services. Les grandes chaînes de distributions l’ont très bien anticipé : elles réinvestissent en force les surfaces moyennes.

Il est de notre rôle de prévoir les impacts de ces changements et d’adapter les investissements en conséquence. Par exemple, en réfléchissant avec les habitants de la rue Chéret, sans oublier les commerçants du centre, pour rendre le centre commercial plus facile d’accès et plus agréable à vivre. C’est ce que je veux pour ce canton.

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