Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Burkina Faso : le cycle des violences s’accélère

Posted by olivier_anthore on 14 octobre 2019

Après le Mali, c’est le Burkina Faso qui s’enfonce inexorablement dans le cycle des violences. Au vu de la situation au Cameroun, il n’est d’ailleurs qu’une étape dans la spirale de la violence entamée au Nigeria et au Soudan.
Car, si vous regardez chaque pays à son rythme suit les mêmes étapes avec des nuances nationales dans les raisons et les modalités.
Il reste qu’à chaque fois les morts sont les mêmes…
La grande tradition de fierté et d’indépendance du Burkina, pousse une partie de la population à voir ces attaques comme une manœuvre étrangère. Une version géopolitique du pompier pyromane selon M. Korbéogo.
Ils ont, à mon avis, raison et tort à la fois.
Raison car la coopération militaire avec la France, a permis aux militaires du Faso de se reposer sur les moyens et les tactiques françaises. Cela les a rendu dépendant et apparemment incapable de gérer la situation.
Tort car le djihadisme ne naît pas n’importe où et sur une simple volonté étrangère. C’est toujours dans les périphérie qu’il commence son œuvre jusqu’à frapper le cœur.
Nous avons vécu cela même en France où ceux qui nous ont frappés se sentaient, à tords ou à raison, rejeté et cantonné dans les zones périphériques de la société.
Et tant qu’on en sera à la recherche de coupables réels ou imaginaires, la crise humanitaire enflera. Rappelons que selon le HCR, elle atteint 1,5 millions de Burkinabés.

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En mémoire d’Alep et des bombes

Posted by olivier_anthore on 13 octobre 2019

« La résistance, c’était le choix du bonheur malgré les circonstances »

Apparemment certains envisageraient d’abandonner les Kurdes à la vindicte du gouvernement Erdogan. L’antienne de ce gouvernement aux abois et la même que les bonnes âmes qui défendent le clan Assad : leurs ennemis sont des terroristes islamistes.
Nous avons abandonnés Alep Est en nous laissant bercés par cette comptine mortifère.
C’est pour cela que ce témoignage mérite d’être lu. Il dit tout d’un peuple qui a tenté de se libérer et qui a été piégé dans cette fausse alternative entre djihadisme et dictature.
Tous les peuples sont fait pour vivre libre de l’oppression. Mais le chemin pour y arriver n’est ni droit ni facile. Et le prix à payer est souvent exorbitant..

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Réflexions sur la mort de Jacques Chirac

Posted by olivier_anthore on 1 octobre 2019

Je viens de visualiser une vidéo inquiétante d’un syndicaliste enseignant tentant d’expliquer pourquoi il invitait ses adhérents à ne pas rendre hommage à la mémoire du président Jacques Chirac.
Beaucoup ont dit de belles choses sur le départ de celui qui reste un grand homme de notre république. Je ne pourrais rien ajouter à ce sujet.
J’ai été sincèrement ému des messages d’Algérie et du Liban d’amis attristés par cette nouvelle.
Il ne s’agit pas pour moi de dire ce que je pense du bilan des mandats du président Chirac. La simple décence amène à respecter la douleur de sa famille d’abord et des Français ensuite.
Mais qu’un enseignant oublie que le deuil national soit une marque de respect pour un homme qui nous a représenté pendant 12 ans m’afflige.
L’école est la forge de la citoyenneté. Si cette forge oublie d’enseigner à nos enfants les symboles de la République, néglige ces moments où notre peuple se rassemble, de quel métal sera fait ceux qui prendront le flambeau après nous ?
Car la République n’est pas un acquis. Les ennemis de la démocratie seront toujours nombreux. Si nous n’apprenons pas aux enfants à se rassembler au-delà des différences de vues sur l’essentiel alors nous nous livrons divisés à ceux qui ne rêvent qu’à nous asservir.
Une maison divisée contre elle-même ne peut tenir debout.

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Un dégagisme européen

Posted by olivier_anthore on 27 mai 2019

Lors de cette campagne, un vieil électeur de gauche m’avait déclaré de manière péremptoire « Quand on cogne sur les Français, lors des élections, ils se rappellent toujours qui tiens le manche ». Comme beaucoup d’autres, il annonçait un vote sanction lors de ces élections.
Et, à son grand désarroi sans doute, les faits lui ont donné raison. Hier les vieux partis de gouvernement qui structuraient la vie politique depuis les années 70 ont été renvoyés au profondeur du classement.
Les Français se sont rappelés toutes ces années de double discours permanent et la colère de 2017 n’est pas retombée.
Pour autant, nous ne devons pas triompher. Même si c’est de peu, nous n’avons pas été plébiscité par les Français. Après le coup de semonce des Gilets Jaunes, cela en dit long sur les attentes des Français en matière de résultats.
Nous avons appliqué la politique que nous nous étions engagé à tenir. Les Français nous en sont gré. Mais il nous faudra appliquer toute la politique promise. Aussi bien en terme de pouvoir d’achat que d’écologie, les attentes sont fortes. Et le gouvernement avait déjà commencé à infléchir dans ce sens. Il faudra sans doute marquer plus le coup dans la semaine à venir. C’est maintenant entre les mains du président.
Pour ma part, je retiens à quel point le rejet du double discours est fort chez les électeurs que j’ai pu rencontrer.
Certains élus viennent pleurer dans une MJC sur une économie qui privilégie les produits à bas coûts, en permettant l’ouverture le dimanche des magasins qui vendent ces produits en Conseil Municipal. Le t-shirt à 1 € dont accuse l’Europe, est vendu dans le magasin Primark du Centre Commercial. Et voter pour l’ouverture du dimanche du centre, c’est leur laisser encore plus de place au détriment de magasin plus petit qui vendent des produits plus chers. Dans tous les cas, il serait bien naïf de croire qu’un jour le pot au rose ne soit pas découvert.
Et les Français font payer chèrement ceux qui se pavanent et se mettent à hurler au n’importe quoi quand on pointe la contradiction. Il va falloir se soumettre à cette volonté du peuple ou se démettre. Il n’y a là pas d’alternative.

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Un lendemain de nausée démocratique

Posted by olivier_anthore on 2 décembre 2018

J’ai longtemps hésité à donner ma position exacte sur les événements se déroulants dans notre pays ces dernières semaines. Malgré quelques demandes sur le sujet, je suis resté volontairement sur une simple condamnation des débordements sans rentrer dans le fond du sujet.

Le phénomène des « Gilets Jaunes » n’est guère facile à appréhender car il ne se présente pas comme un mouvement uniforme. Il ne s’adresse pas à un sujet en particulier mais vise un mal être diffus dans notre société qui ne date pas d’hier.

Le président Jacques Chirac, en son temps, avait été élu sur le constat d’une fracture sociale. Il n’a jamais lors de ses mandats pu expliquer en quoi il luttait d’une manière ou d’une autre contre. Aucun de ses deux successeurs n’a d’ailleurs fait mieux.

Il m’a fallu avant de me décider à en parler d’essayer de mieux mesurer au-delà des chiffres ce qui pouvait être le ressort de cette mobilisation. Le fait est que pour commencer à comprendre, il m’a fallut aller jusqu’à Saint Étienne pour voir en action un petit groupe de gilet jaune et mesurer le soutient massif de la population à leur égard.

Il m’a fallu reprendre patiemment beaucoup d’éléments d’analyse sur l’évolution de notre société tout le long des années 90 et du début des années 2000.

Cela ne facilité pas une prise de parole rapide mais au vu des ratages éclatants de MM. Dupont-Aignant, Wauquiez, Mélenchon et de de Mme Le Pen sur le sujet, je pense y gagner.

Il n’y a rien d’évident dans un mouvement qui dénie toute représentation. Rien de compréhensible dans l’attitude de gens qui mettent leur vie en danger et s’étonnent des conséquences.

Une chose ressort de toutes les interventions : une colère puissante et dévastatrice. Ce genre de colère qui pousse au pire et qui le réalise. C’est ce que nous avons vu, effarés, dans la dégradation de l’Arc de Triomphe et de la tombe du soldat inconnu.

Cette colère a une conséquence immédiate : elle rends impossible tout exercice démocratique. En niant toute représentation du mouvement, en disqualifiant le pouvoir comme interlocuteur, ce mouvement invite alors à mettre en place des gens non-élus comme représentant d’un peuple qui n’a pas eu l’occasion de se prononcer.

Il est donc impossible au gouvernement, issu d’une majorité régulièrement élue, de se soumettre au dictat des barricades.

Cette colère ne vient pas de nulle part. Personne, politique ou syndicaliste, n’a été en mesure de l’entendre et de lui donner forme avant qu’elle ne s’exprime. Elle traduit un sentiment profond et massif d’une injustice faite à toute une part de la population.

Ce constat maint fois entendu d’un État qui disparaît de l’espace rural, d’un emploi qui se raréfie et de taxes qui pèsent sur les budgets interpelle toute personne qui s’occupe de politique.

Ce sentiment d’injustice est fondé. On ne peut regarder la transformation insidieuse de notre pays sans réaliser que nous avons laisser sans alternative toute une part de la société.

Notre pays doit se transformer, c’est une nécessité vitale. Pour autant, il n’est plus envisageable que cette transformation soit faite sans que les conséquences soient partagées avec des population qui n’en peuvent mais.

Ce gouvernement, que je soutient, a essayé de faire ce qui n’a pas été fait depuis des années. Il a essayé de le faire le plus vite possible. Le problème c’est qu’on ne peut pas agir pour le bien d’un peuple sans ce même peuple.

Il y a un moment où il faut que chacun fasse un pas vers l’autre.

Il est temps que l’on revienne à la raison et qu’une table ronde publique soit mise en place.une négociation claire sous l’œil des caméras.

Il est temps que ceux qui se présente comme étant les chefs de file des Gilets Jaunes assument leurs responsabilités en tant que tels.

Il est temps que le climat insurrectionnels que veulent faire régner dans les rues de Paris finissent.

Il est temps que l’on mette les moyens d’enquêtes pour que ceux qui profitent de ce chaos soient déférés et jugés comme il se doit.

Il n’y a pas de démocratie sans lois, pas de démocratie sans discussions, pas de démocratie sans responsabilités.

Et, je n’envisage pas mon cher pays, France bien aimée, sans la démocratie.

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Une main attachée dans le dos

Posted by olivier_anthore on 12 juin 2018

Un billet sur un sujet très local mais qui me tient à cœur. J’ai l’habitude de penser que la démocratie commence au seuil de sa porte dans le sens où elle a besoin pour vivre d’un espace public dans lequel la rencontre et le dialogue sont libres et possibles.

J’ai eu l’occasion de l’éprouver jeudi lors d’un comité de quartier où tous les habitants étaient conviés pour une présentation du service prévention et sécurité de la mairie. Cette présentation tombait bien car depuis quelques temps que les nuits sont de moins en moins calmes et les habitants de mon quartier se plaignent de manière de plus en plus virulente de nuisances et d’incivilités.

Sachant cela, je m’attendais donc à ce que des questions fusent sur le sujet. A mon grand étonnement, j’ai réalisé que loin de se limiter à mon quartier, les autres quartiers du secteur relevaient tous des problèmes similaires.

Les constantes étaient sur le niveau de bruit surtout la nuit, l’apparente impunité des magasins vendant de l’alcool jusque tard dans la nuit et des dégradations en tout genre voire d’agressions physiques de passants.

Face à cela, le responsable de la mairie nous a clairement indiqué son dénuement. Son service ne dispose après 19h que d’une surveillance des bâtiments municipaux. Il a à sa disposition 50 agents assermentés, qui sont des Agents de Surveillance de la Voie Publique (ASVP) et pas des Agents de Police Judiciaire Adjoint (APJA). En clair, il nous a indiqué qu’il n’avait pas de Policiers Municipaux aptes à intervenir dans ce genre de cas. Sans moyens, il se retrouve comme avec une main attachée dans le dos.

J’ai pris la parole pour prendre acte de son exposé et faire ainsi remarquer que son service ne pouvait pas adresser les plaintes des habitants. Son service n’est en effet pas en mesure de vérifier l’application des arrêtés de fermeture pris par le maire. Seule la Police Nationale le pourrait. Sauf que, pour les points de ventes en retrait de la rue, il semble très compliqué pour les policiers de le faire.

Cette prise de parole m’a valu une charge publique de la part du représentant des élus qui a trouvé que ce constat était « insultant pour les services de la mairie que vous accusez de ne rien faire ».

J’ai quand même insisté pour comprendre en quoi cette prise de parole était un problème. En insistant, j’ai fini par comprendre que ce qui gênait n’était pas le fond de mon propos mais le fait que ce soit moi qui le tienne. Faute de pouvoir trouver le moindre propos insultant dans ma prise de parole ni même de décalages par rapports aux faits, j’ai même eu le droit à un « ta manière de manipuler (sic) l’art oratoire est assez ambiguë pour que chacun comprenne ce qu’il souhaite ». Je découvre là le concept d’insulte qui n’en est pas vraiment une….

Le jour où ce qui devient un problème n’est pas le contenu du message mais le porteur, nous pouvons commencer à nous inquiéter pour le principe même de la démocratie.

Surtout qu’en l’occurrence ce que demandent les citoyens c’est une écoute active. C’est-à-dire une étude réelle des points relevés sur chaque quartier et la mise en place de plans d’action. Les considérations vagues sur le monde comme il va occupent l’espace mais ne répondent pas aux attentes.

Puisqu’on me reproche de faire de la politique, je me permets de rappeler une citation que je chéris de la grande philosophe politique Hannah Arendt : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat »

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SNCF : une grève efficace pour un service public en perdition

Posted by olivier_anthore on 5 avril 2018

Nous venons donc de vivre les deux premiers jours d’une grève qui va s’étaler sur trois mois. Reconnaissons-le d’emblée, la mobilisation pour ce démarrage est un succès pour la CGT et SUD. Avec un tiers de gréviste, ils ont réussi à bloquer en région parisienne une ligne aussi vitale que le RER D et à perturber fortement les autres lignes. Les usagers du métro et de la route ont pu mesurer en direct l’efficacité syndicale.

Il est maintenant acquis que ces syndicats estiment que la condition de leur survie en tant que syndicat ne se mesure pas à l’aune du service public ou de la défense des salariés mais à leur capacité à empêcher le gouvernement d’agir. Et ce même s’il est arrivé au pouvoir suite à des élections où ces réformes avaient été clairement annoncées. Surtout que la grève a commencé alors que les discussions avec les syndicats sont encore en cours.

L’argument de la défense du service public ne tient pas. Le gouvernement a déjà annoncé qu’il ne fermera pas les « petites lignes ». On peut d’ailleurs le regretter mais, après tout, si les Français préfèrent payer plus d’impôts, c’est leur liberté de vouloir que ces lignes soient plus subventionnées.

Mais la privatisation de la SNCF alors ? Il faudrait pour cela que la SNCF soit privatisée. Or, si son statut va effectivement changer, les parts de l’Etat seront incessibles. Donc l’Etat sera toujours actionnaire de la SNCF. Au pire, d’autres actionnaires pourraient s’ajouter pour apporter du capital. Vu la capitalisation totale de la SNCF, il faudrait des sommes faramineuses pour que l’Etat en perde la majorité.

Il y a le sacro-saint sujet du statut. Il s’agit sans doute de la plus incompréhensible des raisons. D’abord parce que d’ores et déjà tous les employés de la SNCF ne bénéficient pas de ce statut. Et, surtout, car il s’agit juste de ne plus en avoir pour les nouveaux embauchés mais pas de le retirer aux anciens. L’idée est de permettre plus de souplesse comme sur la ligne privée Carhaix-Paimpol (une petite ligne justement) qui fonctionne très bien entre autre grâce à cela.

Car le paradoxe est que la rigidité actuelle de la SNCF est la quasi-certitude de la dégradation du service public justement.

Alors pourquoi une telle grève ? Parce qu’il faut faire payer l’impudence d’un gouvernement qui s’estime tenu par les promesses faites. Peu importe que cette obstination fasse payer au pays un régime de retraite largement déficitaire. Peu importe que le fonctionnement actuel empêche toute amélioration de service et grève les capacités d’investissements. Peu importe que des concurrents plus efficaces viennent faire leurs preuves et mettrons eux-réellement en danger la survie de l’entreprise.

Ce qui compte c’est de se montrer fort pour impressionner et garantir un succès électoral aux prochaines élections professionnelles. Pour les usagers, ils sont priés de souffrir en silence…

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Val de Marne : Bilan des sénatoriales 2017

Posted by olivier_anthore on 25 septembre 2017

Je n’ai pas l’habitude de faire des billets sur les résultats électoraux. Sans doute à tort, j’ai longtemps pensé qu’en tant que partie prenante des élections un avis post électoral tenait plus de la justification que de l’explication.

Les mauvais résultats pour les sénatoriales m’obligent cependant à sortir de cette réserve.

Tout d’abord, je tiens à féliciter Laurent Lafon qui a pu reconquérir un siège pour le centre dans un département historiquement très à gauche. Avec un grand pragmatisme, le futur ex-maire de Vincennes a su rassembler autour de lui de nombreuses sensibilités du centre du Modem à LR. Sa personnalité et la clarté de ses choix, surtout lors de ce début de séquence électoral, ont sans doute énormément contribué à ce succès.

J’aimerai pouvoir tenir le même discours en ce qui concerne les listes LREM et Modem.
Unies, ces deux listes totalisent 215 voix. Pour un département comme le Val de Marne, pour espérer avoir un élu, il en faut au moins 250 me direz-vous. Cependant, même dans ce genre d’élection, il existe une dynamique électorale. Et, pour en avoir discuté avec quelques-uns, la disparition du centre dans le Val de Marne lors des dernières sénatoriales a poussé des grands électeurs à voter utile. Ceci se ressent par la poussée notable sur le nombre de voix reçues par la liste menée par M. Lafon.

L’incapacité à trouver un accord a enclenché la machine à perdre.

Avec plusieurs représentants du Modem, nous avions averti les responsables Modem et LREM que nous allions vers un « accident industriel » alors que nous pouvions espérer avec un choix judicieux de faire largement plus que les 250 voix.

L’obstination côté Modem d’imposer une personne plutôt que de ne demander que la tête de liste s’est heurté au refus catégorique de LREM de se voir imposer cette tête de liste.

La volonté d’imposer une femme en tête de liste côté LREM les a amené à choisir une candidate qui n’a pas su faire l’union du centre et de la gauche modérée derrière elle.

Les ego d’un côté, l’erreur de casting de l’autre ont été les Charybde et Sylla de cette élection pour notre département.

N’étant pas candidat aux sénatoriales, je pourrais me contenter de secouer tristement la tête en méditant sur la vanité de chacun.

Mon problème, et je pense celui de tous ceux qui sont engagé dans la majorité présidentielle, c’est que nous devons d’urgence changer nos manières de penser. Outre la nécessité de pacifier nos relations, il nous faut changer nos mentalités pour travailler ensemble à de vrais projets locaux.

Nous connaissons maintenant le prix de la division, et nos concitoyens nous le feront payer encore plus rudement lors des échéances à venir.

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Colbert et Lee, même combat ?

Posted by olivier_anthore on 21 septembre 2017

Il est parfois navrant de voir à quel point les intellectuels français sont à la remorque des États-Unis. La récente tribune visant Colbert parue dans Le Monde en est une illustration caricaturale.

Des mouvements américains se sont mobilisés pour demander l’éviction des statues rappelant l’existence de grandes figures de la lutte des confédérés esclavagistes ? Il leur apparaît donc nécessaire d’en faire autant et, tant qu’à faire, autant taper haut pour qu’on soit sûr du bruit médiatique.

L’attaque est tellement caricaturale que ce qu’il y a de moins recommandable parmi les milieux racistes s’en donne à cœur joie. Ce qui permettra de noyer ceux qui pensent cette demande stupide dans la boue de ces réactionnaires. Tactique qui a parfaitement fonctionné pour l’extension du mariage aux homosexuels, il n’y a donc pas de raison de s’en priver.

Clarifions d’abord les choses, je pense que ce qui se passe aux États-Unis est une bonne chose. Non que je pense que le général Lee était un esclavagiste. Il ne l’était que « par héritage » et a plus accepté son commandement par patriotisme que par volonté de perpétuer un crime contre tous les humains.  Mais tout simplement parce que ces statues ont été élevées bien des années après par des gens qui refusaient l’égalité des droits entre tous les américains. Elles ont pour but de montrer dans l’espace public le refus de l’égalité.

Et c’est d’ailleurs là que se trouve le nœud du sujet pour moi.

Les statues de Colbert n’ont pas été érigées pour célébrer l’esclavage. Les établissements publics n’ont pas été nommés pour honorer un homme qui aurait eu une haine viscérale des noirs.

Colbert est présent dans notre espace public parce qu’il a été un serviteur de l’État. Un grand et bon serviteur de l’État qui l’a fait en suivant ce qu’il pensait être le bien. Cette vision du bien qui déclare comme inférieure par naissance une part de l’Humanité a été contestée et mise à bas depuis. Il reste qu’à son époque Colbert n’en avait pas conscience.

Pour mémoire, la fameuse controverse de Valladolid pris fin en 1951. Soit 68 ans avant la naissance de Colbert. Il ne fallut pas moins de deux mois à l’époque pour que les européens admettent que les Amérindiens avaient une âme et devaient être considérés comme des êtres humains. C’est dire si nous partions de loin.

Est-il bon de garder mémoire de ces errements de la pensée européenne ? Oui. Cette mémoire est notre assurance pour éviter les monstruosités dont notre continent a été si friand jusqu’au XXème siècle.

Pour autant, faut-il effacer de l’espace publique la trace de tous les hommes de cette époque ? Non car ce serait nous assurer que cet oubli arriverait d’autant plus vite. Nous ne devrions que nous assurer que quand nous parlons de Colbert, Montesquieu, Voltaire et de tous les grands hommes de ces âges nous n’oublions pas que même eux ont pu trouver cette monstruosité normale. Et c’est notre leçon trop vite oubliée : le mal peut être banal.

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Petit point de situation

Posted by olivier_anthore on 20 septembre 2017

La situation de l’économie s’améliore mais quand est-il de l’état de la France ?

Nous sommes aujourd’hui à la veille de la fin de la plus longue séquence électorale que notre pays n’ait jamais vue. Depuis les primaires écologistes en Octobre 2016, suivie par celles de la droite puis de la gauche et l’incroyable séquence des scrutins nationaux, nous aurons vécu un an plein d’élections.

Il est maintenant peu probable que la vague de renouvellement modifie la composition du sénat de manière notable. Il y aura des sénateurs LREM mais la droite modérée continuera d’être majoritaire au sénat.

Le pouvoir va donc être obligé par une phase de négociation avec elle pour rallier suffisamment d’élus et faire passer les réformes constitutionnelles souhaitées par le président.

Cela ne devrait pas être un gros problème avec le premier ministre actuel et une équipe gouvernementale qui mène grosso modo une politique économique que n’aurait pas désavouée la droite.

Pour éviter de s’aliéner définitivement les électeurs de gauche, le gouvernement va mener sur le front sociétal une série de transformation qui devrait apaiser les plus capables de s’exprimer dans ce camp.

C’est habile et cela montre que malgré une situation inédite, et parfois déroutante, le président fait preuve d’une habileté rare.

Ce qui me pose question toutefois c’est que cette manière de gouverner laisse un pan de la population dans l’ombre. Il s’agit de ce qu’il est convenu d’appeler les sans-voix et qui se faisaient entendre principalement à travers le Front National. La nouveauté est que cet électorat est maintenant visé par les Insoumis.

Il reste que pour l’instant la tentative de récupération de cet électorat par les insoumis est parcellaire et limitée aux bastions de la gauche ouvriériste.

Cette population laissée dans l’ombre n’a rien à gagner dans les réformes sociétales proposées et risque, comme en Allemagne, d’être en première ligne des évolutions économiques. Même si ces évolutions seront à terme bénéfiques pour tous, il serait dangereux de négliger ce risque.

Dangereux car, contrairement à l’Allemagne, les Français se ressentent comme profondément divisés et n’adhèrent plus unanimement au même projet de société.

Alors que faire ?

Il me semble que ce qui rend cette population intéressée par les discours extrêmes et le fait qu’elle se ressent comme obligée de subir. Et c’est cette soumission qui devient intolérable. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique le succès du terme insoumis même si la discipline de FI est à des années lumières d’une structure autonomiste.

Et c’est, à mon avis, le point aveugle aujourd’hui des propositions politiques. Certains parlent d’assouplir, d’autres de protéger mais je ne vois aucune proposition construite autour de l’autonomie économique.

Les propositions qui s’en rapprochent le plus parlent des autoentrepreneurs qui ne peuvent intéresser que des marchés réduit et des activités surtout tournées vers le service. Encore une fois, il y a à prendre chez nos voisins en particulier sur des expériences de cogestion. Encore une fois, sans copier servilement, il serait bon de regarder comment par exemple les entreprises allemandes travaillent la codécision entre patronat et ouvrier.

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