Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Val de Marne : Bilan des sénatoriales 2017

Posted by olivier_anthore on 25 septembre 2017

Je n’ai pas l’habitude de faire des billets sur les résultats électoraux. Sans doute à tort, j’ai longtemps pensé qu’en tant que partie prenante des élections un avis post électoral tenait plus de la justification que de l’explication.

Les mauvais résultats pour les sénatoriales m’obligent cependant à sortir de cette réserve.

Tout d’abord, je tiens à féliciter Laurent Lafon qui a pu reconquérir un siège pour le centre dans un département historiquement très à gauche. Avec un grand pragmatisme, le futur ex-maire de Vincennes a su rassembler autour de lui de nombreuses sensibilités du centre du Modem à LR. Sa personnalité et la clarté de ses choix, surtout lors de ce début de séquence électoral, ont sans doute énormément contribué à ce succès.

J’aimerai pouvoir tenir le même discours en ce qui concerne les listes LREM et Modem.
Unies, ces deux listes totalisent 215 voix. Pour un département comme le Val de Marne, pour espérer avoir un élu, il en faut au moins 250 me direz-vous. Cependant, même dans ce genre d’élection, il existe une dynamique électorale. Et, pour en avoir discuté avec quelques-uns, la disparition du centre dans le Val de Marne lors des dernières sénatoriales a poussé des grands électeurs à voter utile. Ceci se ressent par la poussée notable sur le nombre de voix reçues par la liste menée par M. Lafon.

L’incapacité à trouver un accord a enclenché la machine à perdre.

Avec plusieurs représentants du Modem, nous avions averti les responsables Modem et LREM que nous allions vers un « accident industriel » alors que nous pouvions espérer avec un choix judicieux de faire largement plus que les 250 voix.

L’obstination côté Modem d’imposer une personne plutôt que de ne demander que la tête de liste s’est heurté au refus catégorique de LREM de se voir imposer cette tête de liste.

La volonté d’imposer une femme en tête de liste côté LREM les a amené à choisir une candidate qui n’a pas su faire l’union du centre et de la gauche modérée derrière elle.

Les ego d’un côté, l’erreur de casting de l’autre ont été les Charybde et Sylla de cette élection pour notre département.

N’étant pas candidat aux sénatoriales, je pourrais me contenter de secouer tristement la tête en méditant sur la vanité de chacun.

Mon problème, et je pense celui de tous ceux qui sont engagé dans la majorité présidentielle, c’est que nous devons d’urgence changer nos manières de penser. Outre la nécessité de pacifier nos relations, il nous faut changer nos mentalités pour travailler ensemble à de vrais projets locaux.

Nous connaissons maintenant le prix de la division, et nos concitoyens nous le feront payer encore plus rudement lors des échéances à venir.

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Colbert et Lee, même combat ?

Posted by olivier_anthore on 21 septembre 2017

Il est parfois navrant de voir à quel point les intellectuels français sont à la remorque des États-Unis. La récente tribune visant Colbert parue dans Le Monde en est une illustration caricaturale.

Des mouvements américains se sont mobilisés pour demander l’éviction des statues rappelant l’existence de grandes figures de la lutte des confédérés esclavagistes ? Il leur apparaît donc nécessaire d’en faire autant et, tant qu’à faire, autant taper haut pour qu’on soit sûr du bruit médiatique.

L’attaque est tellement caricaturale que ce qu’il y a de moins recommandable parmi les milieux racistes s’en donne à cœur joie. Ce qui permettra de noyer ceux qui pensent cette demande stupide dans la boue de ces réactionnaires. Tactique qui a parfaitement fonctionné pour l’extension du mariage aux homosexuels, il n’y a donc pas de raison de s’en priver.

Clarifions d’abord les choses, je pense que ce qui se passe aux États-Unis est une bonne chose. Non que je pense que le général Lee était un esclavagiste. Il ne l’était que « par héritage » et a plus accepté son commandement par patriotisme que par volonté de perpétuer un crime contre tous les humains.  Mais tout simplement parce que ces statues ont été élevées bien des années après par des gens qui refusaient l’égalité des droits entre tous les américains. Elles ont pour but de montrer dans l’espace public le refus de l’égalité.

Et c’est d’ailleurs là que se trouve le nœud du sujet pour moi.

Les statues de Colbert n’ont pas été érigées pour célébrer l’esclavage. Les établissements publics n’ont pas été nommés pour honorer un homme qui aurait eu une haine viscérale des noirs.

Colbert est présent dans notre espace public parce qu’il a été un serviteur de l’État. Un grand et bon serviteur de l’État qui l’a fait en suivant ce qu’il pensait être le bien. Cette vision du bien qui déclare comme inférieure par naissance une part de l’Humanité a été contestée et mise à bas depuis. Il reste qu’à son époque Colbert n’en avait pas conscience.

Pour mémoire, la fameuse controverse de Valladolid pris fin en 1951. Soit 68 ans avant la naissance de Colbert. Il ne fallut pas moins de deux mois à l’époque pour que les européens admettent que les Amérindiens avaient une âme et devaient être considérés comme des êtres humains. C’est dire si nous partions de loin.

Est-il bon de garder mémoire de ces errements de la pensée européenne ? Oui. Cette mémoire est notre assurance pour éviter les monstruosités dont notre continent a été si friand jusqu’au XXème siècle.

Pour autant, faut-il effacer de l’espace publique la trace de tous les hommes de cette époque ? Non car ce serait nous assurer que cet oubli arriverait d’autant plus vite. Nous ne devrions que nous assurer que quand nous parlons de Colbert, Montesquieu, Voltaire et de tous les grands hommes de ces âges nous n’oublions pas que même eux ont pu trouver cette monstruosité normale. Et c’est notre leçon trop vite oubliée : le mal peut être banal.

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Petit point de situation

Posted by olivier_anthore on 20 septembre 2017

La situation de l’économie s’améliore mais quand est-il de l’état de la France ?

Nous sommes aujourd’hui à la veille de la fin de la plus longue séquence électorale que notre pays n’ait jamais vue. Depuis les primaires écologistes en Octobre 2016, suivie par celles de la droite puis de la gauche et l’incroyable séquence des scrutins nationaux, nous aurons vécu un an plein d’élections.

Il est maintenant peu probable que la vague de renouvellement modifie la composition du sénat de manière notable. Il y aura des sénateurs LREM mais la droite modérée continuera d’être majoritaire au sénat.

Le pouvoir va donc être obligé par une phase de négociation avec elle pour rallier suffisamment d’élus et faire passer les réformes constitutionnelles souhaitées par le président.

Cela ne devrait pas être un gros problème avec le premier ministre actuel et une équipe gouvernementale qui mène grosso modo une politique économique que n’aurait pas désavouée la droite.

Pour éviter de s’aliéner définitivement les électeurs de gauche, le gouvernement va mener sur le front sociétal une série de transformation qui devrait apaiser les plus capables de s’exprimer dans ce camp.

C’est habile et cela montre que malgré une situation inédite, et parfois déroutante, le président fait preuve d’une habileté rare.

Ce qui me pose question toutefois c’est que cette manière de gouverner laisse un pan de la population dans l’ombre. Il s’agit de ce qu’il est convenu d’appeler les sans-voix et qui se faisaient entendre principalement à travers le Front National. La nouveauté est que cet électorat est maintenant visé par les Insoumis.

Il reste que pour l’instant la tentative de récupération de cet électorat par les insoumis est parcellaire et limitée aux bastions de la gauche ouvriériste.

Cette population laissée dans l’ombre n’a rien à gagner dans les réformes sociétales proposées et risque, comme en Allemagne, d’être en première ligne des évolutions économiques. Même si ces évolutions seront à terme bénéfiques pour tous, il serait dangereux de négliger ce risque.

Dangereux car, contrairement à l’Allemagne, les Français se ressentent comme profondément divisés et n’adhèrent plus unanimement au même projet de société.

Alors que faire ?

Il me semble que ce qui rend cette population intéressée par les discours extrêmes et le fait qu’elle se ressent comme obligée de subir. Et c’est cette soumission qui devient intolérable. C’est d’ailleurs probablement ce qui explique le succès du terme insoumis même si la discipline de FI est à des années lumières d’une structure autonomiste.

Et c’est, à mon avis, le point aveugle aujourd’hui des propositions politiques. Certains parlent d’assouplir, d’autres de protéger mais je ne vois aucune proposition construite autour de l’autonomie économique.

Les propositions qui s’en rapprochent le plus parlent des autoentrepreneurs qui ne peuvent intéresser que des marchés réduit et des activités surtout tournées vers le service. Encore une fois, il y a à prendre chez nos voisins en particulier sur des expériences de cogestion. Encore une fois, sans copier servilement, il serait bon de regarder comment par exemple les entreprises allemandes travaillent la codécision entre patronat et ouvrier.

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Créteil 11ème ville la plus dynamique de France selon le Figaro

Posted by olivier_anthore on 27 août 2017

Quand le Figaro classe Créteil comme la onzième ville la plus dynamique de France sur cent treize, il y a de quoi être étonné. Le Figaro n’est pas le journal le plus favorable à la ligne politique qui a dominé la ville depuis 1977. On peut y voir là une obligation due à l’honnêteté.
Cependant, tout classement ne prends sa signification qu’à travers les critères qui ont été retenus.
Créteil est première pour la couverture 4G. Il est difficile d’y voir le fruit d’une volonté déterminée de la mairie.
Notre ville est aussi huitième pour la création des entreprises. C’est excellent mais encore une fois, difficile d’y voir un effet de la politique municipale. C’est un effet essentiellement de la vitalité de notre population. Surtout que, le taux de survie a 5 ans est catastrophique : nous sommes 111ème sur 113. Ce chiffre demande des analyses plus poussées mais mon expérience de la ville montre que nous souffrons ici plus qu’ailleurs du manque de structures adaptées pour aider les entreprises à croître.
Surtout que notre ville depuis 2010 construit de moins en moins malgré des grands projets qui masquent la réalité. Surtout que notre ville a très peu de logement de vacants. De quoi expliquer les plaintes régulières de nos concitoyens qui constatent que leurs enfants doivent partir de Créteil. Et qui justifie le discours amer quand ils voient arriver dans les logements sociaux de la ville des personnes d’autres départements.
Créteil a deux chances : être une préfecture et être proche de Paris. Nous sommes les passagers clandestins d’une prospérité générale. Il y a un potentiel énorme dans cette ville. Il faut juste se donner les moyens de le faire fructifier. Être une des villes les plus dynamique de France donne plus d’obligation pour les responsables politiques que de motif d’auto-célébration.
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En mémoire des enfants du Vel’ d’Hiv’

Posted by olivier_anthore on 16 juillet 2017

Je me demande s’il faisait chaud ces jours là. Et, comme beaucoup, je me demande comment j’aurais réagis si la police était venu chercher les voisins. Ou bien s’ils étaient venus me chercher moi et ma famille.

C’était il y a 75 ans. Si loin et pourtant si proche. Les humains n’ont pas tellement changés. Depuis l’expérience de Stanford, on sait que des gens tout à fait normaux peuvent devenir les pires tortionnaires. Hannah Arendt en a même expliqué le fondement : la banalité du mal.

Les hommes, les femmes et les enfants qui ont été raflés les 15 et 16 juillet ont été désignés par la France. Ils ont été enlevés et séquestrés par la France. Et c’est la France qui les a livré aux nazis. C’est un fait entendu depuis la déclaration historique du président Jacques Chirac. A peine une centaine de survivant sur les treize mille raflés. Aucun enfant n’a survécu.

Mais ces décisions et ces actes ont été portés par des hommes. Des hommes qui n’ont pas refusés ce rôle. Des hommes qui ont fait si peu pour gêner la machine. Bien sûr certains ont été jugés. Le préfet de police Émile Hennequin a été condamné à 8 ans de travaux forcés à la libération. Il fut gracié un an plus tard. Pierre Laval a été fusillé. Jacques Doriot, lui, est mort dans un mitraillage en Allemagne où il avait suivi les troupes allemandes.

Mais René Bousquet a échappé à l’épuration et a été assassiné par un raté avant que son procès ne puisse se tenir. De même Jean Legay mourut avant son procès. Mais André Tulard ? Il n’a même pas perdu sa légion d’honneur. Et les chevilles ouvrières de cette organisation ont échappé à tout procès. Car il faut des gens pour donner des ordres, organiser les camps et en assurer la logistique.

La France reconnaît sa culpabilité mais je n’ai pas entendu parler d’une enquête sérieuse pour établir toutes les responsabilités. Pas de commission d’enquête pour dire qui a fait, qui a porté ces actes.

Non pas que je veuille m’instituer procureur dans une affaire dans laquelle je n’ai aucune légitimité. Mais je ne peux accepter que mon pays, et donc moi-même, soit considéré comme coupable d’un crime sans en connaître toutes les responsabilités.

Il faut la mémoire. C’est important. Mais il faut la justice aussi. Car qu’est ce que la mémoire sans la justice ? De quoi faisons nous mémoire si nous oublions qui a porté ces actes et si nous ne mettons pas une bonne fois pour toute au jour tous les faits ?

Si je dois léguer cette douloureuse mémoire à mes descendants, je leur doit une mémoire complète. Ce ne sont pas des fantômes qui ont agit mais des êtres de chair et de sang. Même si comme le soutien Hannah Arendt, beaucoup ont cédé à la banalité du mal, c’est justement pour établir cette banalité que la justice prends du sens.

C’est en ayant une plaine connaissance de la mécanique de déshumanisation que nous pourrons garder une mémoire utile pour les générations futures. C’est la méconnaissance qui permet la reproduction.

Pour que plus jamais des enfants soient enlevés un jour d’été pour être engloutis dans une nuit étouffante.

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Une femme est morte, une mémoire reste

Posted by olivier_anthore on 1 juillet 2017

Mme Simone Veil a été pour la France une de ses figures tutélaires européennes.
Elle portait dans sa chair la trace de l’horreur qui avait ravagé notre continent. Elle avait fait partie de ceux qu’on désignait comme Untermenschen. Et elle avait survécu. Sans doute par rage autant que par détermination. Elle le reconnaissait lors d’une interview : les doux mourraient dans les camps. Il fallait être dur. Mais, et c’est ce qui fait d’elle un être exceptionnel, on pouvait être dur sans cesser d’être humain. Je me rappelle le témoignage d’une déportée parlant d’elle avec émotion et du cadeau d’une robe qu’elle lui avait faite.
Les camps ne l’avaient pas brisé. Elle est revenue vivre ce que la barbarie voulait lui retirer. Et quelle vie de femme a-t-elle eu ! Magistrate d’abord. Elle s’est intéressée aux prisons et aux conditions de détentions ensuite. Tocqueville l’avait fait aussi. Ce qui l’a amené à la politique.
Et c’est sans doute là que l’on peut voir que, malgré son fichu caractère, elle n’a jamais perdu le sens de la mesure. Appelée au gouvernement par un premier ministre de droite, Jacques Chirac, elle pris rapidement une position centriste dont elle ne s’est jamais départie.
Elle incarnait ce centrisme soucieux des valeurs humaines, historique et ouvert à la modernité. Elle pouvait dans un gouvernement de droite défendre et faire passer des lois identifiées à la gauche.
Car ce qui compte n’est pas de savoir d’où vient l’idée mais ce qu’elle peut apporter à nos frères humains.
Elle fut donc la ministre du droit à l’avortement. C’est ainsi que j’entendis la première fois son nom. A la radio, dans la voiture de mon père, je me souviens de cela. Du commentaire du journaliste dont je comprenais difficilement les mots, mais d’où ressortait une image d’une femme seule face à une assemblée hostile. Je me souviens des images au journal télévisée de cette dame élégante assise attentive devant des hommes parlant à la tribune. Calme, fermeté, ce sont des images qui marquent l’enfance.
Et puis il y eut Simone Veil porteuse de la cause des femmes. Avec la mise en place des femmes-relais. Simone Veil l’Européenne, première femme présidente du parlement européen et ce mémorable emportement lors de la guerre de la guerre de Yougoslavie. Simone Veil écrivaine et académicienne qui témoigna de notre passé tourmenté avec force et élégance.
Quelle vie. Quelle belle vie ! Quel cadeau fut elle pour notre pays !
Quelle immense tristesse de la voir partir.
Mais il nous reste une chose importante sur laquelle elle insistait avec obstination : la mémoire. C’est son leg et, si nous avons pour elle un sentiment d’admiration, c’est ce que nous devons faire fructifier.
La route est devant nous.
Aujourd’hui, 60 ans après, un nouvel engagement doit être pris pour que les hommes s’unissent au moins pour lutter contre la haine de l’autre, contre l’antisémitisme et le racisme, contre l’intolérance.
Les pays européens qui, par deux fois, ont entraîné le monde entier dans des folies meurtrières, ont réussi à surmonter leurs vieux démons.
C’est ici, où le mal absolu a été perpétré, que la volonté doit renaître d’un monde fraternel, d’un monde fondé sur le respect de l’homme et de sa dignité.
Venus de tous les continents, croyants et non croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la communauté des hommes.
Nous devons être vigilants, et la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes.
Nous, les derniers survivants, nous avons le droit, et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le  » plus jamais ça  » de nos camarades devienne réalité.
Extrait de l’Allocution de Mme Simone Veil au nom des anciens prisonniers juifs à l’occasion de la cérémonie internationale de commémoration du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau- Auschwitz – Birkenau (Pologne) – jeudi 27 janvier 2005
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Je Me Souviens

Posted by olivier_anthore on 11 janvier 2016

Je me souviens, et je me souviendrais longtemps, de ce 11 janvier. Cette foule incroyable, ces gens étonnés d’être là. Des gens gardant avec peine le contact de ceux qui les accompagnaient tellement la presse était forte.

Il y avait comme une dimension ridicule et incroyable d’être resté pendant trois heures à moins de 100 mètres de la place de la République et de n’avoir jamais pu s’y rendre. Il fallait tenter les rues de traverses pleines elles aussi pour espérer avancer.

Nous aurions pu être une foule informe et sans leitmotiv. Une masse sombre et menaçante et pourtant… Dès que les premiers mots de la Marseillaise étaient prononcés, des centaines de bouches, bientôt des milliers l’entonnaient à gorge déployées. Nous nous regardions mutuellement avec une bienveillance rare. Nous nous parlions. Nous riions. Nous étions ensemble. Nous étions ce peuple qui se levait en masse face aux menaces. Nous étions les Français et nous répondions à l’appel de la République comme nos pères et les pères de nos pères.

Peuple querelleur depuis la nuit des temps, nous avons toujours su faire front. La France n’est réellement elle-même que si elle est au premier rang. Et ce jour là nous l’avons été. Face au massacre de nos frères et de nos sœurs, il y eut la levée en masse pour rappeler que si nous sommes souvent divisé entre nous, notre pays reste indivisible. Mais une levée aux antipodes des espoirs de ceux qui l’avaient provoquer.

C’est une consolation sans égale de savoir que ce jour là la cellule terroriste de Verviers, en Belgique, regardait l’écran de télévision et encaissait le coup de notre mobilisation. La division qu’ils rêvaient d’établir entre nous ne prenait pas. Nous avions des images d’imams et de rabbins se jetant dans les bras les uns des autres. Des prêtres en habit sacerdotaux veillant sur la tranquillité de la prière musulmane. Des messes dites pour le repos de bouffeurs de curés notoires.

Oui ce jour ne pouvait pas durer. Nous aimons trop la querelle pour cela. Mais ce jour a existé. Mes enfants l’ont vu, y ont participé. Et je porterai longtemps témoignage que la France vit toujours malgré les cyniques et les déclinistes.

Nous sommes ce peuple qui a pensé que la Fraternité méritait de figurer au fronton de nos édifices avec la Liberté et l’Égalité. C’est dans cette Fraternité que nous sommes invincibles. Nous sommes ce peuple qui porte ce témoignage au Monde. Cela fait nous des cibles. Mais nous devons rester debout et fier de ce que nous sommes.

Je me souviens que ce jour là j’ai été le plus passionnément Français qu’aucun autre jour de ma vie…

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L’alternative pour Créteil

Posted by olivier_anthore on 10 février 2014

Lorsque je me suis engagé en politique en 2007, mon choix s’était porté sur une parole libre qui osait dire non. Un parole qui refusait de dire ce que l’on croyait bon pour les Français et qui disait haut et fort ce qui leur serait utile de savoir.

La parole d’un homme d’abord, François Bayrou. D’un parti ensuite, le Modem. Nous avons porté, contre vents et marrées, ce discours. Cette aventure passionnante quoi que dure électoralement, ce chemin d’indépendance et de vérité, je l’ai suivi avec passion. Accompagné par l’équipe d’un nouveau souffle pour Créteil, j’ai appris au contact des Cristoliens ce que la politique voulait dire.

La politique, pas le spectacle télévisé qui en tient trop souvent lieu.Tenir un discours contre vents et marrées et l’incarner au quotidien, voici ce qui fait pour moi l’engagement politique.

Marier l’analyse des dossiers sur le financement et sur les projets urbanistiques avec le contact quotidien des Cristoliens. Faire cet aller retour permanent entre la technique et la vie quotidienne. L’investissement personnel dans les comités de quartiers avec cette joie de faire ensemble.

C’est aussi participer et proposer dans le cadre des projets numériques de la ville sans s’arrêter à des considérations partisanes.

C’est ce travail qui fait vraiment la politique selon moi.

Arrive ensuite le moment de faire un choix pour les années à venir. Un choix à faire pour ma ville mais aussi pour ceux qui m’ont accompagné sur cette route.

Pour moi l’essentiel était de participer à un projet de ville fidèle à ce que nous avions défendu tout au long de ces six années et porteur d’avenir.

Face à une municipalité enfermée dans ses certitudes et qui s’assoupit sur la certitude d’une victoire facile, il faut apporter un changement.

Dès le début, il nous est apparu que seul le rassemblement de toutes l’opposition était en mesure de faire changer les choses.

Las, les ego ont souvent plus de poids en politique que celui de l’intérêt général. Après des mois à essayer de trouver un partenaire désireux de réellement faire changer les choses, nous avons enfin trouvé.

Les idées rapprochent mais il faut des personnes pour un accord. Cette personne c’est Sylvie Smaniotto-Gruska.

C’est pourquoi j’ai décidé, ainsi que le Modem Créteil, de soutenir et rejoindre Sylvie pour cette belle campagne qui s’annonce.

 

Vous pouvez suivre l’actualité de Sylvie sur son blog de campagne

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Un quartier numérique

Posted by olivier_anthore on 15 décembre 2013

Quand on a découvert dans le même temps, lors d’un stage à l’INRIA, la puissance de l’internet et l’indifférence française dans les années 90, on mesure mieux les progrès accomplis. Aujourd’hui, Créteil cherche à mettre en place un quartier numérique. C’est tard ? Peut être. Trop tard ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Il y a dans la démarche de mise en place quelque chose de neuf par rapport au projets habituels. Plutôt que de fomenter un outil loin des yeux des citoyens, l’idée a été d’impliquer des utilisateurs volontaires dès la conception de l’outil. Le choix, qui peut paraître anecdotique, de tenir des séances en dehors des heures de travail assurerait de plus que toutes les volontaires pouvaient y participer. Je rêve que les enquêtes d’utilités publiques aient le même soucis d’inclure tous les citoyens.

L’ancrage au quartier semble paradoxal pour un outil destiné à améliorer la relation des citoyens avec leur ville. Il faut se rappeler que Créteil reste une ville en pleine croissance. Un ville dont la population bouge et où le tissu urbain mute en permanence. Le quartier reste un point d’attache fort. On est « de la Croix des Mèches, « de la Habette », « du Palais », « du Halage », etc…

De l’ancrage ferme, il est possible de faire une base pour se projeter dans la ville. De ce point de vue, le quartier numérique est un bon outil pour faire ville. J’utilise ce terme de « faire ville » car une ville n’est pas une collection de grappes de constructions.La ville est un nœud de flux, une zone d’échange avec le monde et ses habitants mais aussi un lieu de mémoire. La régulation de ses flux, leurs ordonnancements, et la préservation de sa mémoire , c’est ce qui constitue chaque ville de manière unique.

Flux, un mot qui paraît abstrait, mais qui se traduit aisément concrètement. Les transports du domicile au travail, le traitement des ordures, des eaux usées, tous sont des flux. Visibles ou invisibles, leur dysfonctionnement peut étouffer la ville. Leur fonctionnement est vitale au corps qu’elle constitue.

Ce que je trouve intéressant dans ce projet c’est qu’il rend visible certains de ces flux. Il permet au citoyen de s’approprier l’organisation de la ville. Informations sur les travaux, possibilités de signaler des dysfonctionnements, ces outils permettront à chacun de savoir et donc d’être en capacité de participer aux décisions.

Autre point, la volonté de construire collectivement la mémoire de la ville. La communauté urbaine n’est pas qu’un présent, c’est aussi un passé qu’elle transporte et qu’elle transmet. La question dans ce genre de projet est de savoir ce qui doit faire mémoire et surtout quel doit être le processus de choix.

Un vrai projet qui avance donc et qui ouvre des perspectives passionnantes pour l’avenir. Je pense qu’il faudra suivre de prêt la mise en place pour ne pas trahir les belles promesses qu’il recèle.

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Visite Berlinoise

Posted by olivier_anthore on 30 août 2013

Aller visiter Berlin pendant les vacances d’été n’est pas le premier réflexe de tout un chacun. J’avoue qu’en l’annonçant, j’ai eu plusieurs réactions surprises. Certains sont même aller imputer cette envie à un vieux fond de jansénisme familial.

Peu m’importe en fait car Berlin ne m’a pas déçue. Culturellement, architecturalement, urbanistiquement et, bien sur, culinairement c’est une ville qui vaut le détour. Et bien entendu, le séjour s’est avéré trop court pour ne faire ne serait ce que la moitié de ce que je voulais y faire. Peu importe, j’y retournai.

J’avais réservé une visite au Reichstag, vieux souvenir de cours d’histoire et envie de voir de près l’architecture de ce qui abrite un des modèles démocratique occidentaux. On oublie trop souvent que les bâtiments marquent dans l’espace physique l’imaginaire d’une nation.

Je reviendrai peut être plus tard sur le Reichstag, et son dôme transparent, mais je voudrais parler d’un monument qui se trouve non loin.

Soyons honnête, j’ai d’abord été attiré par le nom de la rue qui le longe. Un peu comme une plaisanterie mais comment résister dans une ville ou les rues portent des noms comme Kant ou Marx à rendre hommage à la rue Hannah Arendt ?

Cette rue borde le monument dédié au souvenir de la Shoah. J’avais encore un vague souvenir des polémiques qui avait eu lieux pour son édification.

Quand on le regarde de l’extérieur, ce monument a quelque chose d’anodin. Il ressemble à un alignement bien sage et ordonné de bloc de bétons. On pourrait presque passer à coté, noter sa présence, sans plus sans émouvoir.

Mais en s’approchant, il y a quelque chose de véritablement étrange à regarder ses alignements bien droits de blocs.

L’état d’étrangeté s’installe au fur et à mesure qu’on s’en approche. Le soleil est là mais l’ombre qui se dessine entre les blocs fait mentir le coté anodin du monument vu de loin.

On se sent presque happé dans ces allées dans lesquelles on s’enfonce presque à son corps défendant, les blocs que l’on domine de l’extérieur prennent alors l’ascendant. Chacun d’eux vous domine.

J’ai vu des traces de chaussures de gens qui ont visiblement essayé de monter au sommet des blocs. Les traces s’arrêtaient à mi-hauteur. Au milieu de ses blocs, là où la lumière du soleil ne vous atteins plus, il n’y a pas d’échappatoire par le haut.

Il faut continuer, presque en baissant la tête sous le poids, pour enfin sortir du ventre du monstre. Ce qui est étrange c’est la douceur de ces blocs qui vous écrasent. Ils n’ont rien de rêche et, sauf l’absence de chaleur, on a la sensation de toucher une peau en les effleurant.

Les blocs finissent par perdre de leur hauteur et la pente de l’allée ramène au niveau de la rue. On se retrouve alors face au grand parc du centre de Berlin sous un beau soleil d’été. En se retournant, on a alors l’impression que ce que l’on vient de vivre n’a pas pu se passer. Les blocs sont toujours là sous un soleil souriant. Il est impossible de dire si ce que l’on vient de vivre c’est bien passé.

J’ai longuement lu le livre de Thimothy Snider « Terres de sang ». Ce monument, même s’il n’est dédié qu’à une part des massacres européens, m’a aidé à comprendre ce qu’il y écrivait. Il m’a aussi rappelé que même ce qu’il y a de plus monstrueux ne peut pas échapper à l’explication et à l’analyse. C’est la meilleure garantie pour pouvoir garder notre humanité. Cette humanité que n’a cessé de défendre Hannah Arendt justement.

Je retournerai à Berlin, voir beaucoup d’autres choses, mais je repasserai aussi par cette rue. Et par ce monument.

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