Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Ceux qui traversent l’eau

Posted by olivier_anthore on 10 novembre 2009

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Nous venons, en grandes pompes, de célébrer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, et notre grand président, ou M. Guaino, n’a pas manqué l’occasion de signaler qu’il restait des murs à faire tomber à travers le monde.

Beaucoup, à cette occasion ont pensé au mur qu’Israël érigeait pour se séparer de la la Palestine. D’autres, peut être, auront pensé au mur de séparation entre catholique et protestant en Irlande du Nord.

Mais combien ont pensé à ce mur quasi-invisible et bien plus meurtrier que le mur de Berlin qui entoure l’Europe ? Face au 300 morts du mur de la honte (1 135 selon certaines sources) pendant toute son existence que valent les plus de 900 morts rien qu’en Espagne en 2007, de la forteresse Europe ?

Je me souviens d’une conversation, avec un ami américain datant de 2006, alors que la France et les Etats Unis prenaient parallélement des décisions concernant l’immigration. A l’époque cet ami me disait : « Oui, je suis pour que tous ceux qui le veulent viennent aux Etats Unis et y travaillent et s’y construisent une meilleure vie pour eux même mais ils doivent être tenus aux même règles que ceux qui y ont toujours vécu sinon c’est injuste. C’est le plus gros problème avec ça, la drogue ou la porte ouverte aux terroristes c’est secondaire et ne laisse pas GW te dire autre chose. Les taxes c’est tout ce qu’il veut. »

Le point de vue français lui est de considéré que l’immigré vient forcément profiter de notre système et ne peut qu’occasionnellement apporter au pays d’accueil. Cette vision a commencé à être exposé par Michel Rocard avec son tristement célèbre : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde » dont le complément trop souvent oublié « , mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part.» ne corrige qu’à peine l’utilisation qui en a été faite.

Cependant, il serait injuste de penser que cette mentalité est propre à la France, de nombreux pays européen ont la même attitude vis à vis de l’immigration. En effet, dans notre construction et de par notre histoire, chaque pays européen est fermement convaincu qu’il est composé de population qui ont toujours vécu dans ses frontières. Les invasions barbares et les mouvements de populations qui ont jalonné l’histoire européenne ne semblent réveiller aucun souvenir. Qui aime d’ailleurs se rappeler ces périodes rarement heureuses ?

L’autre point, c’est que nous avons basé toute notre société sur un système protégeant le citoyen et lui offrant une qualité de vie et un confort rarement égalé. Seulement faute d’avoir su le faire évoluer, il se trouve maintenant en quasi faillite et payé à crédit. N’est-il pas plus facile de penser que l’étranger est le problème plutôt que notre propre apathie ?

Aux Etats Unis, pays ou l’immense majorité a conscience d’être venu d’ailleurs pour profiter de ce droit au bonheur que garanti la constitution ce raisonnement n’a presque pas lieu d’être. Il serait angélique de croire qu’il est inexistant et qu’il n’y a pas son influence mais les régularisations régulières des clandestins illustre que cette position n’est pas majoritaire aux Etats Unis.

Même si nous européens avons souvent du mal à l’admettre, les Etats Unis nous donne une leçon à leur manière. L’étranger, si on lui laisse sa chance et s’il accepte les régles du pays est avant tout une chance pour ce pays.

Quel qu’il soit et d’où qu’il vienne.

Lien intéressant :

Un retour de Michel Rocard sur l’exploitation de sa citation

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One Response to “Ceux qui traversent l’eau”

  1.   Solre-le-Château : informations, photos, carte, vue satellite Says:

    […] qu’elle n’est pas près d’oublier. ‘Il était 17 h 30, la nuit venait de tomber et tout était …Une vue excentrée » Blog Archive » Ceux qui traversent l'eauNée à Solre-Le-Chateau-Nord. 4 enfants. Propriétaire de gites et chambres d’hôtes au coeur de la […]