Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Archive for the 'politique' Category

Chassez le naturel !

Posted by olivier_anthore on 7th février 2012

Vous trouverez ci-dessous le texte de ma chronique diffusée sur www.133b.fr

 

S’il y a un mot qui bénéficie d’un fort sentiment de sympathie de nos jours c’est bien naturel. Comment s’en étonner dans une période où toutes les technologies sont sujettes au soupçon ? Pourtant la définition, issue de Wikipedia, du mot naturel laisse rêveur. En effet ce mot « qualifie effectivement parfois un objet ou une substance qui n’a pas été transformé, mélangé ou altéré par un artifice quelconque ». Car parler de naturel a-t-il un sens ?

C’est ce que soulevait déjà le sociologue Ulrich Beck dans une tribune du Monde en écrivant « on parle de “catastrophes naturelles” et de “dangers pour l’environnement” à un moment de l’histoire où n’existe précisément plus quelque chose comme une “pure nature” que l’on pourrait opposer à la technique et à la société. »

Cette notion de naturel devient encore plus floue quand on parle de nourriture. Un exemple troublant est celui de l’eau minérale. Pourtant, en apparence, il n’y a rien de plus simple et de moins transformable que l’eau. La première chose qu’il faut comprendre est que l’eau que vous consommer est soumise à une réglementation assez stricte. C’est assez rassurant de se dire que l’Etat n’a pas envie que nous buvions de l’eau de mauvaise qualité.

Là où les choses se compliquent un peu est que selon la qualification de l’eau en bouteille, eau de source ou minérale, la réglementation n’est pas la même. Cette qualification, et cette obligation de qualité, impose déjà au producteur d’effectuer un certains nombres de contrôle pour mériter son appellation. Jusque là, pas de transformation me direz vous. Mais que se passe t’il quand, par exemple, un producteur se rend compte que la qualité de son eau évolue suite aux méthodes d’agriculture utilisée dans sa région de production ? C’est exactement ce qui s’est passé avec l’eau de Vittel où la société exploitante s’est rendue compte de l’augmentation des taux de nitrate de sa source. Il faut savoir que la loi définie, dans ce cas, un périmètre de protection des sources qui peut amener à contraindre les propriétaires des terrains dans ce périmètre. En l’occurrence, la société exploitante a travaillé en concertation avec la chambre locale d’agriculture. Des ingénieurs agronomes, des chercheurs furent mobilisés pour aider les agriculteurs à changer leurs méthodes.

Cela ressemble à une « success story » car avec de la bonne volonté de tous, et pas mal de moyens, la qualité minérale de la source a été préservée. Là où les choses se compliquent un peu c’est que nous avons quitté se faisant la notion de naturel. En effet, même si la qualité de l’eau n’est pas modifiée après captage, c’est en amont que les mesures sont prises pour la maintenir dans un état qui est légalement acceptable.

Nous avons donc une transformation qui apparaît certes de bon sens mais une transformation quand même. Que dire aussi des transformations post extraction avec par exemple, pour certaines eaux gazeuses, une injection de gaz afin d’en uniformiser le pétillement ?

Ce que je cherche à illustrer là c’est combien la citation de Beck est lourde de sens. Si nous prenions par exemple les produits biologiques. Certains veulent voir dans ces produits, des produits naturels au sens cité au début de cette chronique. Ce serait là encore une erreur encore plus lourde que pour l’eau minérale. Car biologique veut dire que certains produits sont interdits mais certainement pas qu’aucun traitements n’est effectué. Ne serait ce que pour des raisons de législations, l’agriculture biologique est une activité tout aussi anti-naturelle qu’une autre au sens retenu ici.

Bien entendu, je ne cherche pas à poser le problème des bienfaits réels ou supposés de ce type de culture. Des études contradictoires ont été faites et je serais tenté d’attendre qu’un consensus scientifique se dégage avant de prendre parti.

Ce qui devient gênant en fait, c’est qu’une confusion se met en place entre les notions de naturels et de bienfaits. L’utilisation du mot nous pousse à croire que le naturel est forcément bon et que ce qui ne l’est pas forcément mauvais. Cette dérive est inquiétante car elle tue tout débat. Si le naturel est le bien, comment ne pas se soumettre ? Le problème est que non content de ne pas exister, ce que l’on prétend naturel n’est pas nécessairement bon. Une eau minérale naturelle, par exemple, serait considérée comme non potable si elle sortait de votre robinet. De quoi faire réfléchir n’est ce pas ?

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Un état impartial : retour sur une proposition de François Bayrou

Posted by olivier_anthore on 31st janvier 2012

Cette campagne présidentielle est à l’image des temps : surprenante. Annoncé comme fini il y a deux mois, François Bayrou vient bousculer le petit jeu convenu et le scénario écrits d’avance du duel d’un affrontement gauche droite sous la menace de l’hydre d’extrême droite. Rien de nouveau sous le soleil.

François Bayrou a ressurgi sans doute grâce à sa capacité à mettre sur la place publique un de ces débats qui hante le peuple Français. Les dirigeants habituels avaient déjà baissé pavillon et n’osaient plus porter le débat sur le produire en France. Maintenant chacun se bat à être le plus francophile des producteurs. Quel ténor n’est il pas prêt à se précipiter dans une usine de soutien-gorge en annonçant apporter avec lui la solution miracle ?

Mais, comme souvent, on se trompe sur François Bayrou. Car cet homme est loin d’être l’homme destiné à se focaliser sur un seul problème. La lecture de ses livres montre à quel point il est capable de développer une vision cohérente d’un projet global pour une société.

Or, un des aspects qui est aujourd’hui le moins mis en avant dans son projet, est la volonté de construire un Etat impartial.
http://www.dailymotion.com/video/xo1d0x

Bien sur, un précédent candidat nous avait fait le coup de l’Etat irréprochable. On a vu ce qu’il en a été quand le candidat est devenu président.

Mais si vous voulez vous convaincre qu’il s’agit d’une vision et pas d’une formule, il vous suffit d’écouter les propositions de François Bayrou.

La nomination du garde des sceaux par exemple. Ce ministre au titre si particulier deviendrait un ministre approuvé par les trois quarts du parlement. Autant dire qu’il ne pourrait plus être nommé sans l’accord d’une part significative de l’opposition. Dans cette atmosphère de fin de règne où le soupçon rode dans toutes les affaires financières d’importance, avoir au dessus des procureurs une personnalité indiscutable changerait considérablement les choses.

De même, sa volonté de réformer les nominations des hauts fonctionnaires pour qu’ils soient approuvés, et plus empêchés, par une majorité qualifiée du parlement. De quoi s’agit il ? Tout simplement d’éviter les petits jeux de nominations qui ressemblent étrangement au système des prébendes de l’ancien régime.

Est il normal qu’un directeur de musée soit nommé par le président de la République ? Il est possible qu’un choix heureux soit fait mais comment éviter le soupçon quand il s’agit d’un ancien ministre ou collaborateur.

Mais à quoi bon me direz vous ? Qu’est ce que cela changera ? C’est simple tout.

Comment pouvons nous dire à nos enfants de se donner à l’école, qu’ils auront la récompense de leurs efforts s’ils entendent parler de telles nominations ? Nous même, arriverions nous à croire à la récompense de nos efforts si tous les jours on nous met sous le nez les soupçons de copinages ?

Un État impartial c’est un État exemplaire. C’est changer l’atmosphère de fin de règne pour une émulation collective vers le mieux.

On entend souvent dire qu’il n’y a pas de paix sans justice. La justice c’est de baser le fonctionnement d’un État sur le mérite. Le mérite ne dépendant pas d’une carte ou d’amitiés, vous ferez tout pour remplir au mieux votre rôle. Et n’est ce pas ce que nous pouvons légitimement attendre de ceux qui souhaitent servir l’État ?

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Voeux pour une année décisive

Posted by olivier_anthore on 2nd janvier 2012

C’est un exercice particulièrement difficile de présenter ses vœux dans la période qui est la notre. Il faut trouver un équilibre entre un optimisme béat et un pessimisme qui tue toute idée d’avenir.
Nous entrons dans une année d’incertitude où de grands changements sont déjà à l’œuvre. Changements internationaux mais aussi changements nationaux car nous entrons dans une année particulière dans la vie démocratique de notre pays.

Pour ceux qui me connaissent et qui suivent mon engagement, ils ne seront pas surpris de savoir quel changement je soutiens.

Car, dans la situation qui est la notre, comment ne pas voir que nous n’avons d’autre espoir que dans la fin de la guerre des clans ? Nous sommes dans une période où il est impossible de sortir le pays de l’ornière en dressant une partie de la France contre l’autre.

Nous devons retrouver ce génie Français de l’union dans la nécessité. A travers l’histoire, nous avons toujours su faire face dans l’union. Génie d’un peuple même s’il a toujours fallu un homme pour l’incarner, pour en être le catalyseur. Cet homme, pour moi, ne peut être que François Bayrou.

La tâche qui l’attend est immense et il ne pourra pas l’embrasser seul. Nombreux sont ceux qui, avec lui, relève la tête et le rejoignent.

Face aux inquiétudes des Français sur la pérennité du système social et de la retraite, il est important dès maintenant de penser aux réponses. L’augmentation de l’épargne des Français est un signe qui ne trompe pas. Face à la crainte de l’effondrement, chacun tente de se prémunir. Le problème est que tous ne peuvent pas épargner et que rien ne garanti que chacun aura suffisamment.

Ceci impose de trouver une réponse claire pour assurer cet avenir. Pour financer notre système, seul une augmentation de la production de richesse sera capable de fournir une solution pérenne.

C’est malheureusement une solution de long terme. Il faudra pour assurer le court terme que les Français acceptent des efforts. Mais aucun effort ne sera acceptable sans une répartition juste. Le contrat social ne peut se maintenir que si chacun accepte de faire des efforts à la hauteur de ses capacités. La mythologie de la relance par les hauts revenus à vécu.

Pour assurer la justice et le réalisme de ces efforts, il faudra une majorité nouvelle. Une majorité qui ne s’est pas compromise avec des mesures injustes ou des promesses démagogiques à visée uniquement électoraliste. C’est cette majorité, soucieuse du bien être et consciente des temps, que je souhaite pour la France.

C’est aussi l’émergence de cette majorité que je veux favoriser de toutes mes forces dans les mois à venir.

En attendant, recevez mes meilleurs vœux personnels pour cette année.  Que cette année vous soit douce et agréable, remplie de ces bonheurs qui réchauffent nos cœurs et maintiennent l’espoir.

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La sécurité et la violence

Posted by olivier_anthore on 16th novembre 2011

Voici le texte de ma cinquième chronique sur 133b

Que peut on raisonnablement attendre de l’équipement des forces de sécurité ? Voilà une des questions de la démocratie qui apparaît rarement ainsi dans le débat démocratique. Pourtant, vous avez entendu parler de ce problème dès que vous avez entendu parler des débats autour du Taser.

Sans rentrer dans le débat sur la dangerosité de cette arme, il faut comprendre que son arrivée dans les forces de sécurité correspond à un mouvement de fond qui a accompagné la mise en place de la démocratie.

En effet, le 13 Vendémiaire par exemple, quand Barras demanda au jeune Bonaparte de contenir une émeute royaliste, il le fit en tirant sur la foule au canon et au fusil. Difficile d’envisager aujourd’hui ce type de maintien de l’ordre.

Donc, petit à petit, le maintien de l’ordre s’est démilitarisé et, en parallèle de la démocratisation, l’arsenal du maintien de l’ordre s’est considérablement transformé. En effet, même turbulent, la république ne pouvait pas durablement maltraiter ceux qu’elle était sensé représenter.

Les forces de polices vont petit à petit sortir du giron purement militaire pour les missions de maintient de l’ordre. Ceci va se traduire par un changement dans leur équipement. Il faudra attendre un siècle pour voir le préfet Lépine, celui du concours, équiper en 1893 les policiers de bâton appelé matraque. Mot originaire d’Algérie d’où justement ce préfet républicain revenait d’avoir été gouverneur général.

La matraque restait une arme contondante, mais ce changement avait un sens profond. Les forces de police, même si elles pouvaient exercer la force, n’avaient pas pour vocation de tuer. Ceci est même fixé, en 1944, dans les règles d’utilisation des armes à feu pour les policiers : la légitime défense de soi-même ou d’autrui. A noter que la gendarmerie, faisant partie de l’armée, n’avait pas les mêmes contraintes.

Toujours sous l’impulsion du préfet Lépine, les gaz lacrymogènes firent leur apparition dès 1912. Mais c’est surtout à partir des années 30 qu’ils furent utilisés pour disperser les foules.

A la fin des années 60, le besoin d’autres armes dite non létales se fit jour essentiellement aux Etats Unis suite à des morts dans des manifestations contre la guerre du Vietnam. Apparurent alors, les bâtons caoutchoutés, les balles en plastiques, les flash-ball et enfin les Tasers.

On voit que l’équipement n’a fait qu’accompagner une volonté claire des démocraties de faire baisser l’intensité des violences lors du maintien de l’ordre. Parallèlement est apparu aussi le besoin de protéger les forces de l’ordre des violences. En effet, plus vous cherchez à limiter la violence, plus vous vous rapprochez des opposants et devenez vulnérables. Les casques et les boucliers furent la première réponse. Ils n’ont pas cessé d’évoluer, de plus en plus enveloppant et protecteur, ils deviennent aussi une barrière psychologique entre le policier et son opposant. Pour renforcer cela, les protections individuelles, gilet pare-balle et les protections des membres, apparurent aussi, transformant les policiers en véritables soldats en armures.

C’est finalement le coté paradoxal de cette évolution, alors que dans les faits la répression est de moins en moins mortelle, elle en devient de plus en plus effrayante et déshumanisée.

Le problème est aussi que cet équipement devient général. En effet, que des manifestants violents se retrouvent face à une force organisée et effrayante, je serais tenté de dire : c’est le jeu. Ce qui est plus inquiétant c’est de voir des policiers avec un équipement aussi peu rassurant patrouiller dans les cités. Cela renforce l’idée que, contrairement à ce que montre les statistiques, nous serions face à une augmentation dramatique de la violence.

L’équipement n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg et, tout en s’assurant du niveau correct de nos forces de polices, il serait peut-être temps de se poser la question de la doctrine d’emploi de ces forces et de leur équipement. Un débat trop souvent laissé de coté et pourtant essentiel à la démocratie.

Liens intéressants :

Historique des armes de la police nationale (site Police Nationale) : http://www.policefr.com/docs/arme_PN.pdf

L’article de l’encyclopédie Larousse sur l’histoire de la police française : http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Histoire_de_la_Police_en_France/11005570

Interview de Bernard Huyghe « Il est normal de réfléchir sur les armes non létales » : http://www.fluctuat.net/6807-Armes-non-letales-entretien-avec-Bernard-Huyghe

Les quartiers ont ils la police qu’ils méritent, un débat sur France Culture dans l’émission du grain à moudre : http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-les-quartiers-ont-ils-la-police-qu-ils-meritent-2011-10-27.html

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Un réseau neutre ?

Posted by olivier_anthore on 31st octobre 2011

Voici le texte de ma quatrième chronique diffusée sur 133b

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui hante votre quotidien sans que vous en ayez forcément conscience : la neutralité du réseau ou neutralité du net.

En quelques années, vous avez tous appris à vous familiariser avec internet et, sans être de grand spécialistes, vous avez déjà entendu parler des techniques qui tournent autour. Même si vous ne savez pas toujours ce que cela veut dire, ADSL, fibre optique, HTML sont des mots que vous avez pu rencontrer dans l’univers du net. Vous savez aussi qu’Internet est un réseau qui maille maintenant la plupart des continents et dont les premières branches sont apparues dans les années 70 aux États-Unis.

Alors qu’est ce que cette fameuse neutralité et à quoi peut elle bien servir ? En fait, la première chose à comprendre, c’est que, dans la conception d’internet, les ingénieurs ont utilisé un modèle, dit modèle OSI, qui répartissait tous les éléments qui font un réseau en couche indépendante entres elles. Ce modèle découpe en 7 couches les composantes d’un réseau de la couche physique, la base, à la couche applicative, celle que vous utilisez sur le net.

La neutralité concerne en fait toutes les couches entre ces deux couches. En effet, pour des raisons historiques, les réseaux physiques appartenait à des opérateurs privés pour la plupart et Internet s’est construit en s’appuyant sur ces réseaux physiques. Le principe de neutralité, à cet époque, à permis de développer internet car il consiste essentiellement à mettre en place des protocoles de communications non propriétaires et ouverts.

En clair, il s’agissait de permettre à des ordinateurs qui n’étaient pas fabriqués par les mêmes constructeurs et qui n’utilisaient pas les mêmes systèmes de se parler quand même. Pour cela il fallait que la manière de se parler soit connue de tous, qu’elle n’avantage personne et qu’elle ne puisse pas être modifié au profit de l’un et au détriment de l’autre. Si l’on voulait que tous les ordinateurs puissent aller sur internet, il fallait que tous puisse y aller. C’était simple et évident.

Internet a pris depuis un essor à peine imaginable et il nous semble maintenant tellement évident que, dans les conversations, le « je l’ai vu sur le net » remplace maintenant le « je l’ai vu à la télé ». En 2009, Benjamin Bayart, tenant compte de l’évolution des techniques a alors posé quatre principes qui permettent de s’assurer que cette neutralité puisse être garantie au bénéfice de tous.

  • Transmission des données par les opérateurs sans en examiner le contenu
  • Transmission des données sans prise en compte de la source ou de la destination des données
  • Transmission des données sans privilégier un protocole de communication
  • Transmission des données sans altérer le contenu

Pourquoi ces quatre principes ?

On peut reconnaître facilement dans les deux principes centraux ce qui a fait internet et lui a permis de s’imposer. Permettre a tout ordinateur d’utiliser le réseau et de communiquer avec n’importe quel ordinateur du réseau. Pourtant ces deux vénérables principes sont remis en question par les opérateurs. Leur argument est assez simple : aujourd’hui des entreprises comme Google ou Facebook utilise une grande partie de la bande passante sans supporter les coût de déploiement de cette bande passante. Petite précision de vocabulaire, la bande passante, pour schématiser, c’est la grosseur du tuyau disponible pour faire passer les données. Plus elle est grande, plus vous pouvez faire passer beaucoup de données rapidement. Or plus nous sommes nombreux, et plus nous utilisons le réseau, plus les opérateurs doivent investir. Pour se maintenir, ces opérateurs souhaiteraient donc pouvoir proposer des sortes de forfaits premium garantissant à ceux prêt à payer plus un débit minimum.

Le premier et le quatrième principe semblent moins liés à la définition originelle de la neutralité mais sont tout aussi essentiels. En effet, ces deux principes vous garantissent que votre fournisseur d’accès ne va pas s’amuser à vous empêcher d’accéder à certains type de contenu. Lui ou l’état dont il dépend.

Cela est bel et bon me direz vous mais, dans une démocratie, ces principes sont ils vraiment nécessaires ? Une première réponse est de dire que c’est justement parce que de tels principes existent que nous somme en démocratie. Un autre point est, qu’en France, des sociétés comme Free et Cegetel n’ont pas hésité à mettre à mal cette neutralité lors de négociations avec d’autres sociétés pour leur mettre la pression. Le non-respect de cette neutralité fait de vous, à votre corps défendant, un argument de négociation non pas dans votre intérêt mais de celui de votre fournisseur. De quoi faire réfléchir et être attentif aux arguments des défenseurs de cette neutralité ne croyez vous pas ?

Lien intéressant :

Dossier de l’association « La Quadrature du net » sur la neutralité

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L’enfermement planétaire

Posted by olivier_anthore on 27th octobre 2011

Voici le texte de la troisième chronique diffusée sur 133b

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais je suis très souvent fasciné par les images de la conquête spatiale. En particulier quand on parle de la colonisation de Mars.

Tout ceci a un petit parfum de merveilleux qui rappelle furieusement les chroniques martiennes de Ray Bradbury. Et puis, incidemment, cette conquête ne serait elle pas la solution à tous nos problèmes environnementaux ?

Ne pourrait on pas aller dans la ceinture d’astéroïdes chercher les minéraux manquants  sur Terre ? Ne trouverons nous pas sur Mars un havre pour absorber le surplus de la population humaine ? Et, une fois le système solaire conquis, pourquoi ne pas envisager d’en sortir ?

Tout n’est malheureusement pas si simple.

Parlons prix d’abord, pour envoyer 5 à 6 personnes sur la lune, le coût serait d’à peu près 100 milliards de dollars. On peut comprendre le peu d’entrain du président Obama à financer le programme de vol habité. En temps de crise, il y a certainement de meilleures manières d’utiliser une telle somme. Quand on sait que Mars est 194 fois plus éloignées de la Terre que la Lune, le coût pour y emmener ne fusse que la population d’une petite ville doit être proprement astronomique.

Ensuite, il faut comprendre que l’espace en dehors de notre Terre est un espace hostile. La Terre avec son atmosphère et son magnétisme, nous protège des vents solaires et autres radiations venues de l’espace. Hors de notre cocon protecteur, nous serions livrés à un bombardement intense source de cancers. Il suffirait peut être de faire des engins blindés contre ces radiations ? Le remède serait alors pire que le mal. En effet, les particules du blindage seraient transformées en projectiles par l’effet de ces radiations. Bref, nous n’avons pas aujourd’hui de solutions techniques qui nous permettent de sortir de la proche banlieue de notre planète.

Ces constats ont été exposés au public français par Serge Brunier, journaliste scientifique, et surtout par André Lebeau, ancien directeur du Centre National d’Études Spatiales (CNES).

Chacun en tire ses conclusions qui ne sont pas forcément contradictoire. Le premier tirant les conséquences des impossibilités techniques, pousse pour que la conquête de l’espace continue par l’intermédiaire des robots dans les siècles à venir.

Le second, plus radical, développe une théorie de l’enfermement planétaire où l’espèce humaine doit radicalement changer ses modes de vies car elle n’aura pas d’autres planètes à disposition.

Bien sur, ces conclusions ne sont tirées qu’à partir d’un état des connaissances actuelles. Une découverte exceptionnelle d’une technologie particulière pourrait changer la donne. Il ne faut jamais désespérer du génie humain. Et après tout, Magellan et Colomb s’embarquant sur des navires fragiles n’ont ils pas contribué à amener des changements qui rendent aujourd’hui la Terre si petite ?

Mais, la prochaine fois que, comme moi, vous rêverez sur des images de Mars terra-formée, garder à l’esprit que tout cela risque de ne rester qu’un beau rêve. Avant que nous puissions envisager de nous sortir de la banlieue terrestre nous devrons régler nos problèmes ici et maintenant.

Liens intéressants :

Planète Mars, rouge, rouille, bleue ? émission scientifique indispensable du lundi, Continent Science parle de la planète mars

« L’enfermement planétaire » Présentation du livre de André (livre dont la présentation m’a donnée l’idée de cette chronique)

« Le tourisme spatial est la preuve que les vols habités ne servent à rien » Une interview décapante de Serge Brunier

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Et si on parlait de science économique ?

Posted by olivier_anthore on 25th octobre 2011

Ma deuxième chronique diffusée sur 133b

C’est la crise. Combien de fois déjà avons nous entendu cette phrase ? Avons nous souvenir d’une période où justement ce n’était pas la crise ? Pour ma part, depuis ma naissance, je suis né en 1970, ou du moins depuis que j’ai conscience du monde, j’ai l’impression que la crise est un état permanent.

Or, par définition la crise est passagère correspondant au passage d’un état vers un autre. Alors quid ? La France, patrie des armes et des lois, aurait elle inventé la crise permanente à défaut de la révolution permanente ?

Ou alors serait-ce pas que nous vivons en permanence dans un pays où discours politique et réalité seraient en déconnexion permanente depuis plus de trente ans ?

Cette déconnexion est rendue criante par l’apparente incapacité des hommes politique à parler clairement d’économie. Des petites phrases sont jetées en pâtures aux médias et, sans s’attacher au fond, nous n’arrivons à retenir que la forme. Force de la formule, misère de la réflexion.

Il y a pourtant des grandeurs simples qui permettent de comprendre rapidement un problème : Produit Intérieur Brut (PIB), inflation, valeur importée et exportée.

Mais ces quelques grandeurs ne prennent sens que si on admet quelques hypothèses. Une de ces hypothèse est que nous vivons dans un monde ouvert. Cette hypothèse peut être contestée, c’est une hypothèse et donc elle peut être soumise à un choix politique.

La question, si l’on souhaitait la remettre en cause, serait de définir un espace clos ou quasi-clos à dimension nationale ou européenne.

Nous retrouverions cette tentation récurrente de l’autarcie. Autarcie qui générerait alors ses propres problèmes, il n’y a pas de solution miracle, comme par exemple un coût beaucoup plus élevé des importations et donc un changements assez radical de mode de vie. Un choix démocratique qui mériterait d’être débattu donc en particulier sur les aspects de sa faisabilité.

Faisabilité car, pour la mettre place il faut savoir sur quel territoire on se base. Une dimension nationale stricte semble aujourd’hui difficile pour la majorité. Ce serait le glas de l’Union Européenne, ce qui peut être encore un choix politique mais qui apparaîtrait contre le sens de l’histoire au vu des grands blocs qui structurent le monde d’aujourd’hui.

Alors au niveau européen ? L’idée est séduisante. En effet, avec ses 27 pays, 33 avec les potentiels entrants, nous aurions un marché suffisant et des capacités de production permettant, presque, de nous passer du reste du monde.

Mais il apparaît difficile à la France de décider seule, quand bien même nous serions convaincu, car, pour le coup, on comprendrait que sur un tel sujet seule l’unanimité serait juste. Une économie comme l’Allemagne, tournée vers le monde avec près de 30% de ses importations et 25% de ses exportations hors d’Europe en 2006, se remettrait difficilement d’un tel choix.

On voit ici un des enjeux qui se dessinent dans les débats économiques. C’est une question de choix, que sommes nous prêt à accepter comme évolution pour notre pays ? L’illusion serait de croire que ces choix soient sans incidences sur notre quotidien. Encore pire serait l’illusion de croire que l’un d’entre eux nous ramènerai à une époque bénie, et illusoire, où coulait le lait et le miel.

Fondamentalement, ce qui explique l’apparence complexité du discours sur l’économie, c’est que contrairement au discours sur l’économie, l’économie a changée. Les choix sont alors de décider de nous adapter résolument à la nouvelle donne comme l’Allemagne et le Royaume Uni ou de nous y opposer partiellement ou totalement. Pour ce dernier choix, il faudra juste réaliser que nous serons les seuls en Europe à faire ce choix et en tirer les conséquences.

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Science et démocratie

Posted by olivier_anthore on 5th octobre 2011

Vous trouverez ci-dessous le texte de la chronique diffusée cette semaine sur la webradio 133b

 

Je reprends avec plaisir un cycle de chroniques pour partager avec vous le fruit de mes lectures et de mes réflexions.

L’année dernière, j’avais axé ces chroniques sur les collectivités locales et leur organisation, je souhaitai cette année changer de domaine et parler plus de science et de démocratie.

Rapprochement étrange en apparence mais qui vous apparaîtra plus clairement à la fin de cette chronique. En effet, ce que je veux faire c’est illustrer ce en quoi science et technologie ont besoin d’un réel débat démocratique.

Mais, me direz vous, ce débat existe déjà ! Par exemple, un Grenelle de l’environnement a eu lieu. Les mouvements contre les OGM, type faucheurs volontaires, et contre l’extraction des gaz de schistes sont très présents dans les médias.

Or ces deux types de débats engagent, à chaque fois, des franges minoritaires de la population et se règlent dans des cadres qui sont, à chaque fois, éloignés du vote.

Ceci est devenu tellement systématique que vous trouverez des penseurs politiques qui vous expliqueront, doctement, qu’il est impossible qu’il en soit autrement.

Parmi ces penseurs vous trouverez des extrémistes « anti-démocratiques », comme Hans Jonas, William Ophuls [1] et Robert Heilbroner. Pour eux, le temps et l’espace démocratique ne permettent pas une prise en compte des enjeux scientifique dans des délais compatibles avec l’urgence. Ils professent donc une sorte « d ‘écolo-terrorisme » basé sur l’utilisation de « mots obus » afin de pousser par la peur le peuple dans la bonne direction.

D’autres, beaucoup plus modérés, comme MM. Dominique Bourg et Kerry Whiteside, professent une adaptation de la démocratie représentative afin de lui permettre de s’adapter aux changements d’échelles des problèmes[2]. En fait, en lisant leurs propositions, il s’agit essentiellement de mettre en place un pouvoir supplémentaire basé sur l’expertise. Cette expertise proviendrait d’un collège de scientifique, expertise théorique, et des Organisations Non Gouvernementales écologiques, expertise pratique.

Ce qui me frappe dans ces deux visions, que je pense sincères, c’est de vouloir faire le bien du peuple sans lui demander son avis. L’Histoire est pleine de ces utopie dont la réalisation a amené les plus sinistres catastrophes.

Mais il est facile de réaliser que les gens autour de nous, et nous même, nous sentons vite dépassé lorsqu’il est question de science. Impression étrange de se retrouver à l’époque de la démocratie balbutiante en France où le peuple, sans éducation, sentait intuitivement ce qui était bon pour lui mais se trouvait incapable de formaliser ce qu’il voulait.

Pourtant, si nous voulons redonner au débat politique ses lettres de noblesses, il me paraît impensable de ne pas donner les éléments de réflexions nécessaires au peuple. Toute la difficulté est d’essayer d’aborder les sujets sans affects, de faire l’effort de comprendre les arguments de chacun et surtout d’être simple sans être simpliste.

C’est mon ambition pour ce cycle de chroniques.


Références :

  1. Gilles Paquet – Gouvernance restaurée pour le nouveau millénaire (2010)
  2. Le Débat, n°164, mars-avril 2011 – Autour de Vers une démocratie écologique de Dominique Bourg et Kerry Whiteside

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L’étrange agitation sur le genre

Posted by olivier_anthore on 2nd septembre 2011

La rentrée approche, les professeurs s’acheminent vers les écoles et pendant ce temps l’actualité politique semble vouloir focaliser sur les programmes.

Pendant que Luc Chatel souhaite rétablir la morale dans les programmes, une lettre de 80 députés UMP lui a été adressée. M. Copé a d’ailleurs repris à son compte l’inquiétude exprimée de l’apparition des « gender studies » dans certains manuels scolaires destinés aux classes de premières.

Cette inquiétude n’est pas nouvelle. Déjà, au mois de Juin, l’épiscopat français et la direction de l’enseignement catholique s’étaient émus de formulations maladroites présentes dans un manuel sur l’influence de la culture dans l’identité sexuelle.

Je trouves étonnante de cette lettre et cette polémique. En effet, contrairement à ce qui est demandé dans cette lettre, le ministère ne contrôle pas les manuels scolaires quelle que soit la matière. Ces députés, à tout le moins M. Copé, devraient le savoir. Sur ce point, il serait bon de rappeler la liberté de choix du manuel de l’enseignant et, encore plus important, sur sa liberté de prendre la distance qu’il juge utile vis à vis de ce manuel.

Nous avons là clairement une instrumentalisation d’un débat obtenue en tordant la signification des mots. « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » disait Camus, nous en voyons là une nouvelle illustration. En effet, nous passons de la notion d’identité sexuelle, cœur d’étude des gender studies, à la notion de pratique sexuelle. Ce qui est dit, dans les extraits cités dans cette lettre, est que le fait de se sentir masculin ou féminin, et la manière de le ressentir, est aussi une construction culturelle. Il n’est donc rien dit des pratiques sexuelles.

Le plus piquant est que ce point de vue est aussi admis par Monseigneur Ginoux : « Il faut d’abord reconnaître que, effectivement, la culture, ce qui est acquis, participe à la construction de notre sexualité ». Son inquiétude se situant sur une utilisation de ces études pour nier la différence biologique entre homme et femme.

Retournons à la prise en main de ce débat par la droite populaire. Cette polémique apparaît comme une sorte de tradition que l’UMP semble vouloir créer lors de l’été des discours chocs à connotations rétrograde. Après l’échec du discours sécuritaire, aurons-nous une tentative de remise au pas de ce qui doit être enseigné aux lycéens ? Où alors, ceci permet de créer le bruit nécessaire pour faire oublier des « repérages » qui violent manifestement la loi.

Pour ma part, je souscris à la vision d’un lycée où se construit une architecture de connaissances et de capacités ainsi qu’une autonomie de jugement. Proposer, en élément de réflexions, la notion de genre aux lycéens apparaît donc comme propre à les aider à construire les choix qu’ils seront amenés à faire en tant que citoyen. Cette réflexion étant accompagnée par un enseignant qui permet la mise à distance de ce que peux affirmer un simple manuel.

Il est essentiel de clarifier ces points car ces confusions participent aux débordements homophobes que nous avons à déplorer trop souvent. Car bien nommer les choses participent à atténuer les malheurs du monde.

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Petit retour sur la corrida

Posted by olivier_anthore on 21st juillet 2011

Un petit billet pour signaler un sujet réalisé par une amie pour le magazine du Sénat. Le sujet est une initiative d’un sénateur soutenu par des parlementaire de tout bord visant à l’interdiction de toute torture envers les animaux sans exceptions.

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Est il nécesseraire de dire que je soutiens bien évidemment cette initiative parlementaire ?

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