Une vue excentrée

Regards de la périphérie

De la corrida et du meurtre animal

Posted by olivier_anthore on 11 mai 2011

La corrida a été mise au patrimoine culturel immatériel de la France. Beaucoup de réactions parfois très virulentes des deux cotés on accueilli cette annonce.

Petite pierre à jeter dans la mare, je voulais donner mon avis sur la question. Je trouve cette pratique profondément immorale car elle compte pour rien le respect du à toute vie.

Je n’ai pas d’argument à la mise au patrimoine. Il s’agit d’une pratique hyper locale, moins de cinq pour cent du territoire, mais le simple fait que des français la considère comme faisant partie de leurs traditions et l’antériorité de la pratique légitime cette inscription.

Cependant, comme le remarquait plaisamment Muriel Marland-Militello députée UMP, ce n’est pas parce que les combats de gladiateur sont une pratique ancestrale qu’il faut continuer à encourager le meurtre dans des arènes.

Car finalement qu’y a-t-il de choquant dans la corrida ? Tous les jours des animaux sont tués dans les abattoirs. Les conditions de mort sont certes beaucoup plus hygiéniques mais je doute que la mort d’un animal même dans ces conditions soit plus jolie à voir.

Mais il faut distinguer la mort donnée par nécessité et la mort donnée par plaisir. Le simple fait de se maintenir en vie implique de devoir tuer. S’il faut vous en convaincre, posez-vous la question de ce qui se passe quand un virus essaye de coloniser votre corps.

Cependant, nous sommes des êtres moraux et il nous incombe de distinguer les cas où la nécessité nous autorise à tuer, pour nous défendre ou nous nourrir, et les cas où cette nécessité n’existe pas. La corrida n’entre pas dans la catégorie des morts données non-nécessaires.

La seule raison qui me pousse à n’en pas demander l’interdiction c’est que cette pratique est en déclin et que l’interdiction risque de lui donner une aura qu’elle ne mérite pas.

Cependant cela ne justifie pas de financer une pratique que la morale réprouve. Et la mise au patrimoine pourrait justement justifier ce financement. C’est simplement inacceptable. Réunir une troupe d’homme pour tourmenter un animal et finalement, après plusieurs minutes de souffrances, le tuer n’est pas précisément ce que j’appellerai une bonne utilisation des fonds publics.

Certes la corrida fait partie de notre histoire, voir du patrimoine culturel de l’humanité, via Picasso, Hemingway et Manet. Que l’art soit capable de la magnifier, n’est ce pas finalement le propre de l’art ? Devrons-nous justifier les répressions des mouvements démocratiques au prétexte des magnifiques peintures de Francisco de Goya ?

Nous devrions laisser la corrida s’éteindre doucement et sans regrets comme une pratique issue d’un passé lointain. Vouloir la protéger, c’est se tromper entre la victime et le bourreau.

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2 Responses to “De la corrida et du meurtre animal”

  1.   Fultrix Says:

    Voici une connaissance qui a donné son point de vue d’homme du sud.
    http://leblogdelaubergiste.fr/WordPress3/?p=158
    L’idée est qu’il faut conserver la corrida pour conserver la race bovine …comme s’il n’était pas possible d’avoir un conservatoire des espèces avec des bêtes destinées à un autre usage …

  2.   olivier_anthore Says:

    Sauvons les bourreaux pour qu’il puisse toujours y avoir des victimes ! :)

    Non sérieusement rien ne peut à mon sens justifier la corrida sauf la persistance de traditions séculaires contestables.

    Petites remarques sur la vision très personnelle du dogme de cet « homme du sud ».

    Si l’Église avait été aussi sure du manque d’âme des animaux, elle n’aurait pas canonisée François d’Assise. Saint qui, je l’avoue, m’a très largement influencé dans ma prise de position.

    Enfin en ce qui concerne la douleur, considérer que la souffrance humaine mérite le respect ne signifie pas qu’il est bon de l’infliger à soi-même ou aux autres. Cela veut juste dire qu’il s’agit d’un acte grave qui doit être murement réfléchis et jamais gratuit.

    Qu’il y ai des dérives est indéniables que ce soit en Espagne hier ou aux Philippines aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier la constance de l’Église dans ses injonctions de modérations voir d’interdictions des débordements les plus malsains.