Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Du spectacle politique…

Posted by olivier_anthore on 23 avril 2009

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Mercredi Jean Sarkozy, le fils qui marche sur les traces de son père, a eu le droit à sa manifestation rien que pour lui.

N’étant qu’au début de sa carrière seulement 10 manifestant s’était déplacés toutefois plus du double de journalistes étaient présent.

Même si cette manifestation avait semble t’il un véritable fond revendicatif, j’ai eu en écoutant le Cartier libre de ce matin, qui y était consacré, une profonde impression de malaise. Mon malaise est venu du constat de la journaliste Mathilde de Radio Nova sur le nombre de journaliste : « C’est normal, c’est fun ».

Quelque part la société de spectacle semble perdurer car, si vous voulez vous faire entendre, il faut être spectaculaire. Selon vos envies et vos moyens, soit vous allez faire un joyeux happening ou détruire une sous-préfecture, peut importe. Le tout est que ce soit spectaculaire.

Encore une fois, mains sur le cœur, les journalistes vont affirmer qu’ils ne font pas l’actualité mais qu’ils choisissent ce qu’on leur propose mais cela parait un peu faible.

J’ai eu l’immense plaisir en Octobre dernier de visiter les bâtiments du parlement Européen à Bruxelles où nous avons pu parler avec les députés MoDem : Jean-Luc Bennahmias Marielle de Sarnez et Bernard Lehideux. Un de leur constat était le profond désintérêt des rédactions nationales pour l’Europe à tel point qu’aucune chaine de télévision française n’avait de correspondant permanent auprès du parlement Européen. Les Anglais, grands européens devant l’éternel, si.

Depuis quelques jours, je constate toutefois que France 2 tente régulièrement de faire un sujet européen par journal de 20h. Mais force est de constater que face aux politiques, les journalistes sont plus tentés de leur poser des questions franco-françaises qu’européennes. Sans céder à l’imitation de Jacques Chancel, j’aimerais que les journalistes rappellent à ceux qui prennent la parole que le 7 juin des élections vont avoir lieu en leur demandant « Et l’Europe dans tout ça ? ». Ces élections vont avoir une influence sur le choix du président de la commission de Bruxelles et, au vu de la situation mondiale, nous devons avoir un président à la hauteur.

Un parlement fort et légitimé par une forte participation à son élection, voilà ce qui permettrait à l’Europe de prendre un véritable virage démocratique. Oui des présidents de rencontre peuvent, presque malgré eux, donner l’impression d’une construction européenne mais passé l’agitation que reste t’il ?

Il faut une action de longue durée qui sache influer sur l’évolution de l’Europe comme a su le faire un Jacques Delors en son temps. Mais pour cela il faut présenter les enjeux au Français, qu’ils sentent en quoi les décisions prisent à Bruxelles peuvent être notablement influencées par les députés européens. Pour preuve, la loi Hadopi tant décriée va se trouver bloquer au niveau européen par un rappel simple à un principe fondamental : on ne peut pas condamner quelqu’un sans jugement.

Caton l’ancien ne terminait jamais un discours sans conclure qu’il fallait détruire Carthage (Et ceterum censeo Carthaginem esse delendam). Pour ma part, je pense en outre qu’il faut construire l’Europe.

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