Une vue excentrée

Regards de la périphérie

Un débat pour la galerie : La Poste

Posted by olivier_anthore on 3rd novembre 2009

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Pour illustrer le propos de mon billet précédent, et en montrer l’implication, je souhaiterais prendre un exemple dans l’actualité.

Le débat sur le changement de statut de la poste a commencé au Sénat. Ce débat, se place dans un contexte où la gauche, après avoir sinon approuvé du moins laissé faire toutes les privatisations, a décidé de s’opposer de manière frontale à se changement de statut.

Le débat est, à mon sens caractéristique car nous avons d’un coté une droite « pragmatique » qui explique qu’il n’y a pas d’autres choix possible et d’un autre coté une gauche qui nous explique qu’une entreprise de droit privée ne peut rendre une mission de service public.

De part et d’autre, ce débat est d’une rare hypocrisie pour les deux camps mais reconnaissons à l’UMP ce mérite, le seul, de la cohérence. Après nous avoir expliqué en long et en large que seule l’entreprise privée avait le bon modèle pour assurer l’efficacité de l’Etat, il aurait été incompréhensible qu’il ne l’applique pas à la Poste. Cependant, l’argument selon lequel c’est sous pression de Bruxelles que ce changement de statut est nécessaire ne tient pas. Si la Poste était restée franco-française, Bruxelles n’aurait rien trouvé à redire au statut de la Poste.

De l’autre coté, la gauche navigue dans une sorte de logorrhée mélangeant allégrement statu de l’entreprise et service rendu aux citoyens. En effet, la Poste n’a pas attendu son changement de statu pour fermer des bureaux de Poste jugés peu rentable, ni pour filialiser certaines de ses activités et remplacer ainsi à peu de frais les fonctionnaires par des salariés de droits privés taillables et corvéables à merci. Les salariés de Médiapost, filiale du groupe La Poste, de Saint Laurent du Var peuvent en témoigner.

Comme on le voit, tout ceci est un faux débat et, pour vous en convaincre, j’appellerai un pape de l’organisation des entreprises, Henri Mintzberg, qui face au tenant du tout public et du tout privé répondait « Peste soit sur vos deux maisons ».

En fait, le vrai débat, car il en existe un, serait de se poser les questions sur ce que les citoyens attendent de la Poste et du prix qu’ils sont prêt à payer pour cela. Mais ce débat est soigneusement évité car le citoyen en France n’a pas décider de ce qui est bon pour lui mais à accepter ce qu’on lui propose.

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Le management Voyage au centre des organisations

Posted by olivier_anthore on 8th avril 2009

Le management

Pourquoi lire un livre sur le management vieux de 10 ans ?

Tout d’abord il faut sortir du titre : ce livre ne vous apprendra pas comment devenir le nouveau Steve Jobs ou le remplaçant de Carlos Ghosn. Henry Mintzberg est un spécialiste des organisations et c’est bien des organisations dont il est question dans ce livre.

La première partie de ce livre s’attache effectivement à regarder les méthodes de management et montre à quels points la volonté de rationalisé ces méthodes fini par aboutir à des méthodes déshumanisées et inefficaces sur le terrain. Le titre du dernier chapitre de cette partie en dis d’ailleurs long sur son propos : Former des managers et non des diplômés de MBA. J’ai trouvé cette partie pleine de bon sens et par certains coté jubilatoire car elle rappelle que l’humain n’est pas un matériau neutre et que manager vient du mot français ménager.

La deuxième partie est plus un exposé de classification des différents types d’organisations et de la manière de les recombiner entre eux afin de décrire et de comprendre le fonctionnement des organisations. Cette partie est utile pour comprendre les raisonnements de Mintzberg mais j’avoue que c’est la partie la plus aride de l’ouvrage. J’ai personnellement eu beaucoup de mal à arriver au bout de cette partie.

La troisième et dernière partie de cet ouvrage justifie à elle seule la lecture de ce livre à mon sens. Cette partie est sans doute la plus politique est permet de comprendre beaucoup de choses sur les causes objectives qui ont permis la crise actuelle. L’attaque en règle de Mintzberg sur le management superficiel qui oublie la profondeur des choses pour ne se baser que sur des collections de chiffres sans substances sonne comme un cri d’alarme qui n’a pas été écouté à temps. Mintzberg reconnaît qu’il n’a pas de réponse simple et toute faite mais par contre il propose une démarche mesurée et n’hésite pas à renvoyer dos à dos ultra-libéraux (Milton Friedman en tête) et tenant de l’économie planifiée avec un « Peste soit sur vos deux maisons » bien senti.

Pour lui le problème n’est pas la propriété des organisations : la nationalisation n’est ni un problème ni une solution. Par contre le souci majeur reste comment faire entrer la démocratie dans les organisations quand elles deviennent trop grosses.

Un problème d’actualité quand on voit des milliards injectés dans des entreprises trop grosses devenues incontrôlables même par leurs propres managers.

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